dindonswine

Le blog qui fait glou glou et qui parle du vin sous toutes ses formes!

26 novembre 2009

Du pain, du vin, du Bursin, à la Braisière

C’est dans un cadre intime et feutré qu’était organisé hier soir notre deuxième dîner dégustation d’accords mets et vins. Après Senderens, c'est le chef Jacques Faussat, une étoile Michelin, qui nous recevait dans son restaurant du 17ème arrondissement, La Braisière, dont il est aux commandes depuis 2002. Après avoir officié au Fouquet’s et au Carré des Feuillants et avoir été chef au Trou Gascon, Jacques Saussat propose une cuisine à l’image de son accent du Sud-Ouest, riche et généreuse.

Jérémie, célèbre caviste du 17ème dont on a déjà parlé sur ce blog, avait convié pour accompagner notre repas la pétillante Agathe Bursin, vigneronne depuis 2000 en Alsace, à Westhalten. Et si elle n’a que huit millésimes à son actif, elle n’en a pas moins la passion du vin depuis son plus jeune âge. Son arrière grand-père vinifiait déjà sur ses parcelles actuelles, et sa mère et grand-mère ont ensuite continué de vendre leur raisin à des négociants ou à la coopérative. A quatorze ans déjà, Agathe a l’occasion de tester ses qualités de vinificatrice en herbe, sa grand-mère lui faisant le cadeau (empoisonné pense t-elle) de la laisser d’occuper des pinots noirs. Agathe confirme que ça n’a rien donné de bien buvable, mais la passion était née. A 18 ans elle reçoit un tracteur, puis fait ses études à l’INRA à Strasbourg avant de faire ses classes en Côte Rôtie et dans le Chablisien. Et elle récupère donc en 2000 2.7 ha de la propriété familiale, qu’elle a agrandie pour atteindre 4 ha aujourd’hui, sur lesquels elle cultive les sept cépages principaux d’Alsace : Riesling, Sylvaner, Gewurtztraminer, Pinot blanc, Pinot noir, Pinot Gris, Muscat.

Quel grand écart entre notre cuisiner du Sud-Ouest et notre vigneronne du Nord-Est ! Un beau challenge en perspective que l’accord des mets et des vins de ces deux régions.

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Le premier est servi à l’aveugle en apéritif. Une robe brillante, sur le doré clair, un nez super expressif, assez droit en bouche, et avec une finale marquée par les sucres résiduels, qui confèrent à ce vin sa rondeur et sa longueur. Franchement vin très agréable en apéritif, qui fait rapidement penser à un muscat. Mais ça serait trop facile, ce n’est absolument pas un muscat mais un Sylvaner Eminence 2005. Ah, le Sylvaner, le cépage le plus difficile à travailler selon Agathe. Très productive, la vigne a besoin de toute l’attention du vigneron pour donner le meilleur d’elle-même. Si le prix était une fonction du travail nécessaire le Sylvaner serait le vin le plus cher. Les mises en bouche arrivent : rouget mariné sur une crème de fenouil. Couleurs sympas avec ces couches de rouge et de vert, fraîcheur, salinité, acidité. A première vue l’accord avec le Sylvaner n’est pas évident. Et là surprise, c’est en fait un bel équilibre qui naît sur nos papilles ; ce que l’on mange estompe complètement le côté sucré du vin, qui révèle alors toute sa droiture et sa minéralité. Impressionnant, et super agréable.

Photo1004On passe à l’entrée, qui réjouit d’abord nos yeux et notre nez…Des odeurs familières, chaleureuses…de pommes de terre et de foie gras ! Quand on vous annonce dès l’entrée un gâteau de pommes de terre et foie gras je peux vous assurer que vous vous demandez où la soirée va vous emmener. Un second vin nous est servi à l’aveugle en accompagnement. Une robe d’un doré et d’une brillance exceptionnels, des arômes de fruits/fleurs blanches, mais franchement impossible de deviner ce que c’est : Pinot Gris Grand Cru Zinnkoepflé 2004. Peut-être le seul accord de la soirée où le vin s’est fait dépassé par le plat, qui était franchement divin, d’une légèreté et d’une finesse à tomber par terre. Une entrée en matière franchement excellente, originale et surprenante.

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Photo1007Le plat ; là encore les yeux et le nez sont ravis dès que les serveuses apportent les assiettes. Et à nouveau ce côté familier des courgettes, des carottes, du cumin, qui attire et qui rassure. En plus on ne voit même pas la viande, de quoi attiser notre curiosité ! Et franchement quand on commence à casser notre petit monticule, c’est magique : l’agneau et les carottes s’entremêlent, le tout enrobé de courgettes. La viande, mijotée, presque confite, se défait toute seule, et est d’une tendresse exceptionnelle. Le meilleur ce sont ces petits morceaux de viande caramélisés, qui s’accordent à merveille avec le pinot noir 2004 que l’on nous sert, qui surprend par son premier nez de caramel. La bouche est sur le fruit, alors que les tanins se révèlent en finale, particulièrement face au plat. Jérémie trouvait que la viande était un peu forte pour le vin mais franchement je n’ai pas trouvé. Le plat était sublime, et le vin largement à la hauteur.

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Grand moment que le fromage. J’adore ça donc j’étais contente qu’il y en ait. Il s’agissait d’un fromage monté, je dirais fourré si l’on veut bien se rendre compte de ce à quoi ça ressemble: un Coulommiers dont la couche du milieu est garnie de noix, de raisins et de fromage à pâte persillée. Franchement que des trucs que j’apprécie, donc c’est top. Et le vin dans tout ça alors, d’une opulence, d’une richesse, une expression classique d’un vin alsacien, sur le litchi, « à la frontière de la rose » comme disent certains. Toutes ces caractéristiques nous amènent à penser qu’il s’agit d’un Gewurtztraminer ; ouf pour une fois on a bon, c’est un Grand Cru Zinnkoepflé ???? (. C’est peut-être l’accord le plus facile, mais c’est splendide, j’adore, je dirai que c’est l’accord le plus équilibré, le plus abouti, dans lequel le vin et le mets sont mis sur un pied d’égalité (pour ne pas dire d’estale).

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Et il faut encore avoir un peu d’appétit pour le dessert qui arrive. Une tarte, des amandes effilées sur le dessus, et une odeur de canelle. Je suis pas fan de la cannelle, et j’ai eu un peur que Jacques Faussat nous gratifie d’un dessert bien riche, qui aurait eu du mal à passer après tout ce que nous avions déjà dégusté. Et pourtant mon inquiétude se dissipe quand je coupe un morceau de cette tarte à l’ananas. Le bruit de la pâte feuilletée restera dans ma mémoire. On ne sent plus la cannelle, et c’est franchement excellent et original. Le tout accompagné d’un Gewurtztraminer vendanges tardives servi frais, une très belle façon de terminer le repas.

Par contre là on n’en peut plus. Les mignardises ne seront pas toutes mangées. Seule la truffe au chocolat passe vraiment bien avec le café après ce magnifique voyage pour papilles averties. On retiendra la générosité, la disponibilité, l’ouverture d’Agathe, qui nous a parlé de sa région et de ses vins avec passion. L’humilité et la gentillesse de Jacques, qui a pris la peine de passer du temps avec nous pour nous raconter son parcours et les plats qu’ils nous a servis hier soir. Et l’accueil irréprochable de l’équipe du restaurant, discret, efficace et passionné. Merci aux organisateurs et vivement la prochaine fois !
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La Braisière, 54 rue Cardinet, Paris 17. M° Malsherbes/Villiers.

Agathe Bursin sera présente au Grand Tasting au Carrousel du Louvre à Paris les 4 et 5 décembre prochain.

PS: coût de l'opération:145€, mais franchement on en a eu pour notre argent.

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25 octobre 2009

Le goût et le Pouvoir

Le bouquin du désormais célèbre Jonathan Nossiter, réalisateur de Mondovino, et auteur donc de ce livre. L'aurait-il écrit (2007) pour surfer sur le succès du film (2004)? Parce que sinon franchement, qui le connaît ce gars? Heureusement, passé le "cinéaste et autrefois sommelier, j'ai la chance d'avoir un double regard sur le vin" de la quatrième de couverture, le résumé fait plutôt envie: "anti-guide du vin", "parcours subjectif des endroits de Paris où l'on peut déguster", "portraits de vignerons", etc...Franchement j'avais bien aimé le film, donc je me lance dans le bouquin. Et plutôt que de le raconter, quoique je vais quand même vous dire qu'il est conforme à ce qui est écrit en 4ème de couv, je vous faire part de quelques petites citations qui m'ont fait corner la page:

"Comme nous, un vin devient plus intéressant quand il se confronte à des difficultés. Les prétendues grandes années engendrent souvent des vins moins nerveux, moins complexe, moins excitants-comme cela peut arriver avec des gens gâtés dès le berceau". Une idée que l'on retrouve tout au long livre, notamment au travers de vignerons (Roumier en Bourgogne ou Joguet du côté de Chinon) qui font déguster à Nossiter les vins de millésimes pas faciles, voire mauvais; du moins ils ne sortent pas THE bouteille, celle avec laquelle ils sont sûrs de faire mouche. On a l'impression qu'ils ont plus de facilité à raconter un vin difficile, et qu'ils lui trouvent plus d'intérêt, de complexité. Tout le monde fait un bon vin les bonnes années, par contre dans les millésimes où la météo n'est pas au rendez-vous c'est moins évident...C'est comme en sport finalement: Federer il préfère gagner 3-2 après un match acharné, que 3-0 avec aucun point qui dépasse trois échanges; et nous, les consommateurs spectateurs, on préfère aussi le match indécis. Donc sur point là , je suis d'accord avec Jonathan. Et à la fin du livre, Jonathan a une révélation: "je me dis tout à coup que le vin, au même titre que les individus, a besoin de subir certaines épreuves de progresser". Là j'ai envie de faire un parallèle avec une référence sportive que seule moi ou presque peut comprendre: c'est comme JP Gatien qui explique que s'il n'avait pas perdu la finale des JO à Barcelone en 92 il ne serait pas devenu champion du monde à Göteborg en 1993. Eh oui, bien vu Jonathan, la défaite de JP Gatien l'a fait progresser. Maintenant le vin n'est pas une personne, mais bon...

"Le côté surréaliste de cette soirée me fait penser, une fois de plus, à Gombrowicz et ses réflexions absurdes sur la maturité (notamment dans Ferdydurke et Cosmos". Oui Jonathan est un intellectuel, alors il faut aussi s'attendre à ne pas comprendre toutes les références...Heureusement Wikipedia est là pour nous aider. et il vaut mieux car quelques pages plus loin..."On est de nouveau chez Gombrowiscz, dans la sphère de Ferdydurke, où le héros est condamné, adulte, à revivre ses années de lycée". Dans le même style j'aurais envie de mettre toute la page 406: Nossiter y cite en 20 lignes Edward Bradley, Homère, Ulysse, Pénélope, les années 30, le fascisme, et si j'ajoute 5 lignes on a aussi Edward Gibbon. Oui y'a des moments faut vraiment s'accrocher pour suivre Jonathan.

"Car l'expérience de boire, de déguster un vin n'est pas loin de celle qu'on cherche avec n'importe quel film ou roman. Il y a une histoire, avec un début, un milieu et une fin". Après quand on dit "alors il raconte quoi ce vin", tout le monde se fout de nous. Mais le vin il raconte quand même une région, un terroir, le travail et les convictions d'un homme, d'une entreprise, d'une multinationale, une année, bref plein de choses! Y'a rien de pire qu'un vin qui ne raconte rien. On le boit et rien qui se passe, aucune émotion. Les vins qu'on aime ou pas racontent une histoire, les vins boisés racontent une histoire, les vins pas chers racontent une histoire, mais alors celui qui raconte rien, c'est la loose totale.

"Mais dès que tu emploies des mots associatifs, convenus, du monde du vin, comme "réglisse, goût de cerise". Oui Jonathan Nossiter, ancien sommelier, a dépassé ce stade des mots convenus. Lui, il parle d'émotions. Mais purée il y a des gens (moi la première:-) qui payent pour apprendre et connaître ce vocabulaire Jonathan! Ceci dit l'idée des cours est plutôt culturelle, conviviale, et personnelle: connaître ses goûts, savoir ce qu'on aime ou pas et pourquoi, et savoir quoi servir, à qui, quand, pour quelle occasion (très important le moment). Et puis après, intello ou pas, c'est des vins de plaisir qu'on cherche, des vins qui ont des choses à raconter. En plus, le pauvre Jonathan est tellement au-dessus de tout, qu'il ne comprend pas le langage des critiques: "Génial! Toi non plus alors. Les vignerons ne comprennent pas non plus le langage tarabiscoté des critiques!" Voilà si vous voulez être à la mode, dîtes que vous ne comprenez pas le langage des critiques, et n'employez pas de mots associatifs ou convenus.

Quelle idée du plaisir peuvent bien se faire les gens qui viennent faire leurs courses chez Auchan? Certes cette phrase est sortie de son contexte, mais je tiens à préciser que Nossiter ne parle pas de vin à ce moment-là, mais des courses en général. Oui, il faut quand même signaler qu'à plusieurs reprises dans le livre on sent qu'on est pas du même monde avec Jonathan. On va pas dans les mêmes restaurants, on boit pas les mêmes vins, on dîne pas avec les mêmes stars, et visiblement on fait pas nos courses au même endroit lol!

Une citation de Robert Vifian, patron du Tan Dinh, dans un quartier miteux de Paris (7ème) : "Pour moi, les alliances du vin sont basées sur la complémentarité ou l'analagie. Tu maries deux personnes qui se ressemblent ou deux personnes qui se complètent. Style un gros avec un maigre, ou bien deux semblables". Voilà j'aime bien cette technique de base des accords mets & vins, et c'est facile à retenir.

Nossiter qui interviewe un vigneron bourguignon (Christophe Roumier): "Te sens-tu submergé par le poids du terroir". Vous pouvez répéter la question? Pour des interviews plus "funs", rien de mieux que dindonswine.

Nossiter consacre également tout un chapitre à Senderens , "qui forme, avec Joël Robuchon et Alain Ducasse, le trio des chefs les plus célèbres de France". Waouh, j'ai mangé chez lui! Et je dois dire que le portrait pas très positif qu'il en fait est assez à l'image de ce que j'avais ressenti ce soir-là. Soirée qui reste néanmoins un grand souvenir pour la qualité de certains plats et les vins dégustés (qui eux n'avaient rien à voir avec Senderens).

Voilà, quelques bonnes ou mauvaises raisons de lire (ou pas) le bouquin de Nossiter, que j'ai pris, quand même, plaisir à dégsuster.

6,95€ dans toutes les bonnes crémeries.

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17 octobre 2009

Château Haut-Lignières - Jérôme Rateau

Rencontré à Bercy où il présentait ses Faugères,
Jérôme Rateau du Château Haut-Lignières,
A bien voulu se prêter à une grande première,
Sans tapis rouge ni grandes manières;

Ce blog au nom pourri,
Vous propose en effet aujourd'hui,
Son interview sans langue de bois ni chichis,
Pour vous éviter l'ennui!

Une interview à la Ardisson,
Que j'ai nommée "Slip ou caleçon".

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Désolée pour cette envolée poétique digne d'un élève de CE2...Pour info, nous sommes donc dans l'Hérault (34), chez Jérôme Rateau, qui fait du vin de Faugères au Château Haut-Lignières depuis 2007. Sur 12,6 ha il travaille cinq cépages principaux (syrah, greanche, mourvèdre, carignan, cinsault) sur un terroir schisteux, pour produire 55 à 60 000 bouteilles/an (du calme, du calme, y'en aura pour tout le monde!). Bonne lecture!

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- Vendanges manuelles ou mécaniques ?

Les deux ! Nous réalisons environ 70% de vendanges à la main et 30% à la machine. Les vendanges manuelles sont évidement un parti pris pour la qualité vu le surcoût par rapport à la machine, elles sont réalisées par une petite équipe d’une douzaine de vendangeurs à qui il faut rendre hommage car si nos schistes sont un terroir extra pour la vigne, ils ne font pas bon ménage avec les chevilles des vendangeurs! Ensuite, la vendange est transportés en cagette jusqu’au chai ou elle est éraflée. Pour la partie vendangée à la machine, c’est principalement le cinsault qui est concerné, et une petite partie de grenache; essentiellement pour des raisons techniques, car cela nous permet de saigner plus facilement et surtout beaucoup plus rapidement ces cépages pour l’élaboration du rosé (exclusivement de saigné).

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 - Syrah ou grenache ?

J’ai encore envie de vous répondre les deux avec une préférence pour la syrah dont j’aime beaucoup le coté puissant et épicé, mais j’ai surtout envie de dire les cinq ! C’est vrai que syrah et grenache sont nos cépages principaux, mais mourvèdre, cinsault et carignan même minoritaire sont des cépages extrêmement important dans nos assemblages, et ils représentent surtout l’essence même de la typicité des vins de Faugères. Surtout le carignan, qui donne ici sur nos terroirs de schistes des vins concentrés et très fruités mais surtout d’un équilibre hors pair qui donne envie de se resservir! C’est un cépage dont je n’avais pas entendu que de bonnes critiques avant d’arriver ici, mais j’apprend à le découvrir et il me séduit de plus en plus à vrai dire.

 - Rouge ou blanc ? (J. Rateau ne présentait pas de vins blancs à Bercy, ndlr)

Rouge! Sans conteste. Pour l’épicurien que je suis c’est dans les vins rouges que je trouve mon bonheur, et en tant que viticulteur c’est dans leur élaboration que je m’éclate! Tant dans le travail des cuves pendant les vinifications que lors des assemblages. Mais je ne délaisse pas blanc sec et rosé pour autant. Ce sont des vins que j’adore, désaltérant et plus facile d’accès. Et toujours synonyme de joie et de bon moment car je les consomme bien souvent au soleil et avec mes amis. Nous élaborons déjà du rosé au Château Haut Lignières mais vous avez raison pour l’instant il n’y a pas de blanc (l’appellation Faugères blanc étant toute récente) mais j’ai planté mes premières vignes de blanc l’hiver dernier : roussane, grenache blanc et vermentino. Maintenant il faudra être patient pour déguster nos premiers blancs d’ici quelques années.

 - Rosé, ou rouge+blanc ?

Rosé, la question ne se pose même pas! En tout cas en ce qui me concerne! Nous produisons un rosé de saigné haut de gamme, sec, fruité, très désaltérant avec beaucoup de rondeur, impossible à élaborer par coupage (et puis nous ne faisons pas de blanc pour l’instant !). Mélanger blanc et rouge pour faire du rosé ??? Je ne vois pas l’intérêt au moins du point de vue gustatif; après si cela permet aux grands groupes de produire des vins de consommation courante en masse à moindre coup tout en trompant le consommateur sur ce qu’il boit ??? Mais c’est avant tout un respect du consommateur que de produire des vins vrais, j’ai presque envie de dire « naturels » mais c’est un autre débat !

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 - le bio, la biodynamie, farce ou force ?

Alors là…la question est vaste, surtout depuis le reportage d’Envoyé Epécial récemment diffusé sur France 2 qui m’a fait sortir de mes gonds ! Globalement je trouve l’idée du bio louable et allant dans le bon sens pour nous tous. Après j’ai deux problèmes avec le bio.

Le premier qui est la tendance actuelle à sacraliser le bio comme « évidemment meilleur » que le non bio, systématiquement dénigré. Je ne supporte plus les personnes en extase devant des vins aux odeurs douteuses liées à des états sanitaire calamiteux des raisins, et qui vous répondent que « ça c’est le vrai goût du vin ». Je ne dis pas que les vins bio sont mauvais, au contraire et il y en a de très bons exemples à Faugères parmi mes collègues viticulteurs, mais les ayatollah du bio non merci, il y a de bons et de mauvais vins bios et non bios!

L’autre problème que j’ai c’est de penser que balancer du cuivre et du souffre en grande quantité sur la vigne, et donc dans les sols (car ces produits sont lessivés par la pluie) pollue les sols, surtout quand ceux-ci sont acides. Alors l’idée du bio j’adhère complètement, il est indispensable d’aller dans ce sens, mais je ne suis aujourd’hui pas convaincu par les méthodes employées. Alors en attendant de trouver mieux, de mon coté je pratique la « viticulture raisonnée » ça veut pas dire grand-chose….mais en 2009 j’ai divisé par 3 mes traitement en appliquant cette philosophie.

 - Filtrer, ça casse le vin ou ça élimine les impuretés ?

Ca élimine les impuretés, ca ne regarde que moi, mais je ne trouve pas mon café meilleur avec le marc au fond de la tasse…

 - Le millésime 2009, c’est plutôt 99/100 ou 34/100 ?

Définitivement 110/100 !!! On a eu une qualité exceptionnelle, qui je pense est généralisée sur l’ensemble des vignobles français. Evidemment les quantités produites sont ridiculement petites (chez nous environ 30% de moins soit environ 25Hl/Ha), mais faut savoir ce que l’on veut! On ne peu pas être déçu par un tel millésime. Les vins sont concentrés, expressifs et très complexes.

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 - Tradition ou modernité ?

Encore une fois les deux, mais il faut savoir faire la part des choses dans les deux cas. Je suis jeune et résolument tourné vers la modernité. La tradition a du bon tant qu’elle ne signifie pas vendanger pas mûr et faire pisser la vigne, mais la tradition c’est aussi l’âme de nos vins, la garantie de la typicité. Je n’irais pas sous prétexte de modernité ou de mode m’embarquer dans des aberrations œnologiques ou viticoless.

 - « Decanter » ou « Dindonswine » ?

Bien que mes vins aient été médaillés par Decanter cette année, définitivement dindonswine ! Votre blog apporte un peu de fraîcheur et d’ouverture d’esprit sur le monde du vin qui est de plus en plus fermé, élitiste et convenu. En effet je trouve que l’ensemble de la presse spécialisée du vin enfonce des portes ouvertes depuis bien trop longtemps maintenant, ils ne prennent plus de risque, ne critiquent plus, et surtout ne découvrent plus. Il y a un célèbre producteur de Saint- Emilion qui tient un blog très populaire qui dénonçait il y peu cet état de fait…depuis quand a-t-on vu un journaliste poussé la porte d’un chai autre que celui d’un cru renommé pour autre chose que se faire passer la brosse à reluire ???? Je suis un peu dur mais c’est la triste réalité. Je lisais récemment un classement des meilleurs vins du Languedoc…je ne dis pas ça pour moi je n’ai pas la prétention d’en faire partie…mais ne sont classés que ceux qui ont participé…en ce qui me concerne je n’étais même pas au courant que l‘on pouvait participer…cherchez l’erreur !

 - Pour conclure, Faugères = appellation Nature Schiste ?

Oui parce que notre région a su resté sauvage et authentique, Faugères fait partie du parc naturel du haut Languedoc qui est en cela protégé, et surtout l’aire d’appellation a été très bien délimitée à l’époque car ici on trouve une certaine homogénéité de terroir que l’on a pas dans certaines AOC. Chez nous, que ce soit dit...c'est du schiste!

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Merci Jérôme pour cette interview qui nous permet de mieux connaître votre travail, vos opinions, et bien sûr le Château Haut-Lignières et la région de Faugères!!!!!

Pour une première, je trouve que c'est plutôt très réussi! Que je dédicace à mes "collaborateurs" que je saoûle (c'est le cas de le dire) régulièrement avec mon blog: Bug, Sly, Dan et Al.

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26 septembre 2009

Random bottles

Deux vins sympas et bien faits, un excellent vin, et un vin d'occasion, pour ces bouteilles "en vrac" dégustées récemment.
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pallus_005Dans l'ordre chronologique on commence par l'excellent vin, et j'appelle à la barre un Chinon. Des vins que j'ai d'habitude du mal à apprécier, car du fait du terroir ils me paraissent souvent terreux;celui-ci pas du tout, il est juste parfait, le cabernet et le terroir ligérien s'expriment dans toute leur splendeur et on en redemande! The info: le Domaine de Pallus qui fait ce brillant Chinon sera présent au prochain salon des vignerons indépendants!!

Photo0983Ah le Syrah nord-sud de chez monsieur Miquel, un vin qui fait mouche à tous les coups. On est d'abord envoûté par des parfums de raisin, de cassis, et de fumé, avant de succomber sur les notes poivrées qui s'exprime en bouche. Le vin vraiment bien fait qu'il faut toujours avoir à dispo dans un coin de sa cave!

Photo0984L'Iris 2005 de chez Bérénas et qui fait partie de la caisse de dégustation dont je parlais récemment: franchement c'est pas mal mais attention, on est sur du costaud. Mieux vaut l'accompagner d'un plat qui tient la route, sinon le vin va tout manger. Bon je vous dis tout de suite il y a par exemple mieux que la pizza pour tenir la comparaison!

Photo0978 On termine par le vin d'occasion, j'ai nommé le Vin de Pétanque du Mas de Libian. Acheté un peu par hasard mais surtout pour l'occasion chez Ochato, on m'avait précisé que c'était un assemblage de syrah et grenache (dominant), en bio et vinifié plutôt de façon naturelle, sans ajout de souffre ni de levures par exemple. Au nez à l'ouverture tout le monde reconnaît son côté "naturel", à savoir la bonne odeur animale bien forte, ou oeuf pourri comme diraient certains. Heureusement en bouche point d'arômes désagréables, on est de façon assez surprenante sur un vin léger et plutôt sur le fruit. Je m'attendais à un truc costaud et en fait on est dans la finesse, le plaisir sans exéburance. Dégusté en mode pétanque place Dauphine charcuterie fromage c'était parfait. Et en plus j'étais dans l'équipe vainqueur! :-)

Vous l'aurez compris les premiers et derniers vins sont de véritables découvertes et de jolis coups de coeur!!!!!

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20 septembre 2009

Events

Gros événement local, le Salon du Goût et des Saveurs de Puteaux. Comme tous les ans les producteurs de fromages, saucissons, vins, produits corses, bretons et basques, et autres trucs bizarres prennent d'assaut la place de la mairie. Franchement la promenade est sympa mais on a rien vu d'extraordinaire non plus...si ce n'est le verre de jus de raisin gratuit qui sort du pressoir. Incroyable, un stand qui n'a rien à vendre et qui vous offre un verre de jus de raisin qui sort du pressoir! Plutôt sympa par cette belle journée d'été indien.

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Deuxième gros événement putélolien du week-end, l'inauguration du Jardin des Vignes. Pas de besoin de beaucoup de clics sur internet pour trouver les militants de la fronde anti-jardin, qui dénoncent le coût et la longueur des travaux. M'enfin, il y avait du monde à l'inauguration, et le Premières Côtes de Puteaux, c'est pour bientôt!?
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13 septembre 2009

Tupperwine 21: vacances...

C'est désormais une tradition pour Fabrice, quand il part en vacances il ramène des trésors et les partage avec ses Tupperwiners dans un Tupperendroit. L'endroit en question était L'Assiette Aveyronnaise, derrière la bourse de commerce et pas très loin des Halles. Vous voyez le Pied de Cochon? Eh bien c'est dans cet alignement de restos là.

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Photo0946Pour les vacances, Fabrice Vinsurvin est parti cet été dans le sud, le Languedoc-Roussillon, du côté d'Estagel, Maury, Banuyls, Collioure (et sa célèbre église). Ces villes évoquent clairement le soleil, la chaleur, la concentration des raisins...et des vins. On va boire du lourd ce soir. Et à l'aveugle s'il vous plaît. Oui parce que Vinsurvin fait les choses bien. Il dégotte un resto dans l'un des quartiers les plus touristiques de Paris, nous réserve la mezzanine pour qu'on soit à l'aise, et prépare les bouteilles pour qu'elles soient à température optimale, les cache, les numérote, et sort ses petites fiches pour nous en dire un peu plus sur chaque vin. Déformation professionnelle il distribue les feuilles blanches à l'arrivée des convives. Heureusement l'angoisse (de la feuille blanche, ndlr) ne nous taraude pas trop longtemps étant donné la qualité de ce qui nous attend.

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Photo0947Premier vin très bien, la preuve mon verre est presque vide. Bien qu'anihilé (peut-être par le froid) on a un nez de viognier évident: opulent, fruité, sur la pêche blanche. Il y a un petit creux en milieu de bouche pendant lequel se révèle l'amertume du vin, et la rétro est sur les fruits blancs. On a un nez et une bouche cohérents, c'est plaisant et rafraîchissant, on a de la tenue, tout ce qu'il faut pour bien commencer une dégustation. C'était quoi? Les Terrasses Blanches 2008, du Domaine des Schistes. Pour les cépages j'avais complètement faux ce vin est fait avec 80% de blanc et 20% de grenache gris.

Le nez du second blanc est plus expressif, marqué par l'amertume, avec une robe ultra claire. La bouche est elle plus discrète, on ne sent que l'acidité, au début. Il s'ouvre peu à peu avec le réchauffement. Domaine de l'Edre, vin de pays des côtes catalanes 2008. Mauvaise élève je n'ai même pas noté les cépages!

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Passons aux rouges. Notons qu'un rhume naissant (ou une grippe A) m'a progressivement empêché d'apprécier certains vins...

Photo0954On commence avec un Fitou 2006, Cuvée des 4. Quatre vignerons qui sélectionnent certaines de leurs parcelles de syrah, carignan, grenache pour produire cette cuvée collective. Une partition à huit mains donc, assez vif (un nez puissant, des tanins encore à fleur de peau), mais qui s'ouvre peu à peu sur des notes un peu plus subtiles de réglisse, ce qui laisse présager une évolution agréable. A revoir dans quelques années peut-être.

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On enchaîne avec du costaud, regardez-moi cette robe:

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Encre, extrêmement concentrée, noire, tout comme la couleur des fruits qui me viennent à l'esprit en me penchant sur le verre: la mûre. C'est un nez 100% confiture de mûre. Les 3 cépages sont élevés séparément pendant 14 mois, mais on ne le sent pas trop, ce qui est appréciable. Les tanins sont présents mais pas dérangeants, ils donnent au contraire beaucoup de matière à ce vin, qui se caractérise également par une très belle longueur. Une belle découverte que ce Terrasses rouges 2007 du Domaine des Schistes.

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Photo0960On enchaîne avec un vin philosophique. Le problème est qu'il est assez difficile de dissocier le vin du projet, qui se veut équitable. Allez, je me lance, on commence par le vin: un assemblage de syrah et de grenache 2006, un bel équilibre entre le nez et la bouche, malgré quelques notes de crâmé. J'ai pas pris de notes mais il m'a paru beaucoup mieux quand je l'ai regoûté à la fin. Un bon vin bien fait, qui donne du plaisir. C'est Walden 2006, un projet d'Hervé Bizeul. Décidément qu'est ce qu'il est présent ce monsieur dans la région! Quelques mots sur son projet quand même: des vignerons qui ne peuvent pas forcément vinifier leurs raisins les vendent à Hervé Bizeul à la seule condition de lui fournir des raisins mûrs et sains. Hervé Bizeul les vinifie et les commercialise, en grande partie sur internet, et à un prix lui permettant de rémunérer les vignerons participant au projet correctement. Et pourquoi Walden? En hommage au récit Walden, d'Henry David Thoreau, publié en 1854. Le poète et philosophe américain raconte son expérience de vie seul dans une cabane au bord d'un étang, "A l'écoute des saisons, des rivières, des animaux, de la terre et des plantes, il explique simplement la joie d'une vie contemplative en harmonie avec la nature et des émotions, simples mais intenses, que celle-ci procure".

Plus d'infos sur walden.fr, et dans l'interview d'Hervé Bizeul par JP Coffe. Comme quoi on peut faire du commerce équitable à côté de chez soi!

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Carrément Rouge 2008, du Domaine de l'Edre; un vin aérien et léger, avec de la matière. Je ne parle plus d'arômes, le rhume a du avoir raison de moi!

Photo0956Nous revoici en compagnie de la star régionale, Hervé Bizeul, pour un vin de son domaine, le Clos des Fées. Le nez est fin, élégant et complexe, épicé, complètement en cohérence avec la bouche. J'ai noté "un côté aérien et qui reste, sans assécher", et franchement c'est fort. C'est un Côtes du Roussillon villages 2007. Au risque de me faire taper dessus je vais dire pourquoi ce ne fut pas mon préféré de la soirée: parce qu'il était peut-être un peu trop lisse et trop parfait à mon goût!

Et pour finir un Collioure 2007 (syrah, grenache, carignan) de Pierre Gaillard, du Domaine Madeloc, Photo0958dégusté hier (et d'un jour à l'autre je ne ressens pas la même chose c'est ouf) chez Monoprix. Comme pour la plupart des vins de cette soirée on a encore de la concentration, et un très joli nez. Le milieu de bouche est un peu décalé, déséquilibré.

Bon ce post est tellement long que j'ai la flemme de faire une conclusion. Si ce n'est dire quand même que les vins étaient de qualité et plaisants, et après tout c'est une des premières choses qu'on leur demande. Un peu costauds pour une soirée d'été, mais bien dans l'air du temps, et avec un arrière goût de vacances. Du coup cette photo servira de conclusion:

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09 septembre 2009

La foire aux vins Monoprix

Comme je le disais avant-hier, la rentrée est synonyme de foire aux vins. Sur internet, dans les grandes surfaces, impossibles de les rater elles sont partout. L'occasion de faire des bonnes affaires? Peut-être,vins_monoprix_gourmet mais pas forcément plus que le reste de l'année non plus, puisqu'il est possible de se faire plaisir tout au long de l'année sans exploser son budget, car le vin, ce ne sont pas que les foires aux vins! Mais, puisque le vin est à l'honneur un peu partout en cette période de l'année autant en profiter! Et aujourd'hui profitons-en dans notre supermarché de proximité à tous (ou presque), Monop', dont la foire aux vins a lieu du 10 au 20 septembre. Le rayon est en général plutôt bien fourni et propose une offre variée en termes de régions et de prix. Et grande nouveauté apparue il y a moins d'un an, le label Monoprix Gourmet. Il s'agit d'un label établi par un jury de consommateurs, comme vous et moi. Lecteurs du guide Bettane & Desseauve (ou détenteurs de la carte Monoprix), 6/7 dégustateurs jouent chaque mois le rôle de jurés. Ils dégustent une vingtaine de vins à l'aveugle (on leur donne uniquement la région et le prix), et ceux qui à l'unanimité obtiennent un "je recommanderai ce vin" ou un "j'achèterai ce vin" obtiennent le fameux label. Bettane et Desseauve (critiques célèbres), dont le nom apparaît sur la collerette, valident les choix du jury de consom-acteurs, et ils ont un droit de véto (peu utilisé) au cas où il jugerait un vin "indigne" de recevoir le label. Un concept plutôt sympa et innovant, qui permet de s'y retrouver dans l'offre de son supermarché, et de dénicher des vins de plaisir prêt à boire et à des prix raisonnables.

Photo0945Les vins marqués par ce label seront donc à l'honneur cette année chez Monoprix; et j'ai eu la chance d'en déguster quelques-uns en avant-première lundi dernier. Voici ceux que j'ai préférés:

Crémant du Jura brut, cave de la reine Jeanne: un vin qui ressemble à un champagne au nez, avec des notes de grillé, et qui séduit par ses fines bulles explosives. C'est frais, il y a de l'acidité, de la structure, c'est du plaisir à 6,9€ la bouteille. A noter que les caves de la reine Jeanne ont été rachetées en 1997 par Stéphane Tissot, dont la renommé n'est plus à faire dans le Jura. Page 47 du catalogue.

Riesling Bihl, Pierre Frick: je ne m'y connais pas trop en Alsace, mais j'ai apprécié ce vin. J'ai noté que c'était tendu, riche, fin et élégant, ce qui est plutôt flatteur. Peut-être une bonne façon de rencontrer l'Alsace et la biodynamie pour moins de 10€ la bouteille, dans le Monop' en bas de chez vous. Page 42 du catalogue. Et grâce à Monsieur Septime qui relaie l'information, découvrez Pierre Frick sur TF1.

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En rouge je retiens un Cairanne Peyre Blanche 2007, de chez Perrin & fils: des notes de guarrigue et de fruits noirs confiturés, de l'amplitude, des tanins fondus, on tend vers des notes chocolatées et c'est agréable. Là encore pourquoi ne pas découvrir le sud de la vallée du Rhône avec cette bouteille à 8,5€? En page 24 du catalogue.

***

Egalement testés pour vous:

Chablis, Jean-Marc Brocard, Organic 2007 (page 38, 11,9€): un nez de brocolis, qui m'a calmée tout de suite...Après on est plus sur du tilleul, et ça reste finalement un Chablis classique.

Pouilly Loché, clos des Rocs, Monopole 2006 (page 40, 14,9€): une appellation de Bourgogne que je ne connaissais pas. Le nez est gras et beurré, ce qui est assez cohérent avec la bouche. Une acidité juste comme il faut, et au final beaucoup d'arômes. Un vin bien fait, mais auquel il devait manquer un grain d'originalité pour qu'il me marque un peu plus.

Languedoc 2007, Hecht et Bannier (page 20, 5,9€): un nez de fraise, c'est ouvert, super parfumé, la bouche est agréable mais ça retombe tout de suite, je suis un peu restée sur ma faim.

Côteaux du Languedoc, Château l'Hospitalet La Réserve 2007 (page 21, 6,9€): "doux arômes de fruits des bois au nez, mais rien en bouche".

Collioure, Domaine Madeloc, cuvée Seral 2006 (page 22, 12,9€): nez agréable de fruits noirs, de ronces, de grillés; la bouche est en phase mais c'est costaud. C'est peut-être ce côté "costaud" qui a fait que je n'ai pas accroché sur l'instant, mais il ne faut pas oublier que l'on est jamais déçu par un Collioure!

Vacqueyras, Domaine Montirius, Les Garrigues 2007 (page 27, 12,4€): nez mûre, super parfumé et agréable, un peu décevant en bouche.

Et vous, de belles découvertes?

En attendant retrouvez toutes les informations (catalogue, opérations promotionnelles etc...) sur la foire aux vins Monoprix ici. Retrouvez également l'avis d'Emmanuel Delmas, sommelier émérite, en cliquant ici.

Posté par Dindonswine à 22:07 - Salons et Foire aux Vins - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 septembre 2009

C'est la rentrée! Dur, dur...

Photo0936Dur dur pour le moral (la reprise du taf, les jours qui raccourcissent), dur dur pour le porte-monnaie (le cahier de textes, le nouveau survêtement...enfin, surtout les impôts en fait) et les foires aux vins...Vous ne pourrez pas y échapper elles sont partout, en particulier dans vos magazines (Le point, Marianne, la RVF etc...) et dans vos supermarchés avant d'atterir dans vos caddies. L'inconvénient c'est que dans la plupart des cas on ne sait pas ce qu'on achète; on ne voit pas bien d'où ça vient, comment c'est fait, par qui, et surtout on ne peut pas goûter...Pour ceux qui veulent goûter avant d'acheter, une seule solution pour ce week-end, Festi Bacchus! Un salon en plein air organisé depuis huit ans maintenant près du Cour Saint-Emilion à Paris. Si les premières éditions étaient dédiées aux vins du Sud-Ouest, ce sont maintenant les appellations bordelaises qui sont le plus (sur)représentées (à mon goût). Armés de notre verre à 5€ (vous pouvez amener le vôtre et déguster gratuitement, ou également "acheter" un gobelet en plastique à 3€...) nous nous attaquons aux 36 stands présents ce week-end. Dans l'esprit "en Bordeaux je ne sais pas ce qui est bon" j'influence mes co-dégustateurs d'un jour et nous évitons donc les stands de Bordeaux. Notons que ceci est une démarche purement personnelle et subjective et que je ne me permettrai pas de recommander.

Eh oui, je disais que la rentrée c'était dur dur, c'est aussi parce que la dégustation est un véritable sport, qui demande de l'entraînement, et on perd clairement en endurance pendant l'été...Les domaines rencontrés ce jour sont donc assez limités, limités à...3...eh oui ce n'est pas brillant je sais...Le pire c'est que malgré ma nouvelle trousse j'y suis allée sans stylo, donc je vous raconte pas la qualité des commentaires...M'enfin, quand c'est bon, pas la peine d'en mettre des tonnes.

Nous commençons par un domaine dont je parle régulièrement, le Château d'Aydie, en Madiran. Petite dégust' sympa en guise d'entrée en matière. Un Aramis (vin de pays des côtes de Gascogne) sec 2007, marqué par son acidité il est parfait servi frais en apéro, sur "des notes de pamplemousse et d'ananas" (7€). On enchaîne avec le même dans sa version moelleux (9€); bien mais sans plus, un moelleux qui garde de la fraîcheur et de l'acidité, qui n'est certainement pas alourdi par le sucre; pour ceux qui aiment le moelleux "léger". On goûte ensuite les Pacherenc, d'abord le sec 2007, auquel on reconnaît tout de suite un nez de pacherenc, un peu coing, pomme verte. Des quatre cépages qui le composent (gros et petit manseng, petit courbu et arrufiac (pas très sexy les noms) je ne sais pas lequel domine dans le nez mais en tous cas j'adore. Et encore, le sec (11€), a moins de personnalité que le doux (13€ les 50 cl pour le coup), dans lequel on retrouve les arômes ci-dessus mais avec de la force, représentée par le sucre, et de la complexité (l'acidité); là je m'emballe un peu mais depuis que je l'ai dégusté en cours aux Oenologues de France j'adore le Pacherenc. Je suis également repartie avec quelques bouteilles de Maydie (tannat muté), vin qui a fait fureur à chaque fois que je l'ai partagé, et qui accompagne particulièrement bien les desserts chocolatés (14€ les 50 cl).

Notre second stand nous amène dans la vallée de la vallée de la Loire, du côté de Savennières et des Côteaux du Layon (on est à l'ouest et au sud d'Angers). Le domaine de Château Soucherie de 30 ha a été repris récemment par des jeunes apparemment, qui ont donc réalisé leur premier millésime en 2008. Ils ne présentaient donc qu'un vin entièrement réalisé par leurs soins, un rouge que je n'ai pas goûté. Par contre j'ai goûté leurs Savennières "Clos des Perrières" en 2006 et 2007. Le 2006 très expressif, fin et élégant au nez, mais un peu décevant en bouche. Le 2007 élevé en fûts de chêne français (si je me souviens bien le 2006 c'était fûts de chêne américain) avait les mêmes qualités olfactives que le premier mais était plus rond en bouche. Du plaisir à 8,5€ et 12€,mais rien d'exceptionnel non plus.

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Par contre les Côteaux du Layon présentent selon moi un bon rapport qualité prix. Un soin particulier est apporté au raisin pendant les vendanges (manuelles par tries successives), ce qui donne un très joli résultat pour le 2007. Une couleur dorée encore assez claire mais déjà des arômes de fruits confits, d'abricots secs, de coing, le tout soutenu par une belle acidité qui fait que le vin n'est pas lourd du tout (7,5€ la bouteille de 75 cl). La version Vieilles Vignes n'est pas mal non plus, plus concentrée, plus de force, et tout aussi plaisante (11€)!

Photo0933Dernier arrêt avant pause déjeuner (il était déjà 16h quand même...) sur un stand de Faugères tenu par un gentil jeune meusieur. Autre tendance subjective de la journée, se diriger vers les stands tenus par des jeunes, que de discriminations aujourd'hui dis donc! Le gentil jeune meusieur, de 29 ans, que nous appellerons X1 (on voit tout de suite l'esprit mathématique) pour l'occasion puisque je ne connais ni son nom ni son prénom, nous présente donc sa gamme complète, du Château Haut Lignières, qu'il a repris en 2006. Eh oui, oenologue de formation, il en a eu marre de travailler pour les autres et il s'est donc endetté pour acquérir des vignes et faire ses vins. Comme pour le domaine précédent il présente donc également des cuvées qu'il n'a pas fait de bout en bout, notamment les cuvées les plus élaborées. Forkément, sans stylo et sans mémoire, je ne me rappelle plus bien de ce qu'on a dégusté, mais bon je vais me lancer quand même. Le Premier (non je ne suis pas soûle c'est bien son nom) 2006 est il me semble le premier vin réalisé par X1: Photo0934composé de cinq cépages (syrah, grenache, carignan, mourvèdre, cinsault) c'est selon X1 l'expression la plus simple de Faugères. Eh ben j'ai super bien aimé parce qu'on retrouve beaucoup de choses dans ce vin: du fruit, du corps, des tanins, des épices, un peu de longueur, beaucoup de plaisir, c'est très bien. Je pense qu'ensuite on a goûté Romy (fan de Schneider?) 2006, on a toujours les 5 cépages mais avec un peu de plus de syrah, et 50% du vin a été élevé en fûts. Alors c'est plus rond, plus ample, les tanins sont plus dilués, j'ai pas trop accroché, j'ai trouvé qu'au final ça avait moins de caractère que le premier (Premier). Les suivants que j'ai goûtés plus par curiosité qu'autre chose (je crois que c'était les Carmina Butis 2003 et 2004, je suis sûre des années mais pas du nom...) puisqu'ils n'ont pas été faits par X1, je n'ai pas trop accroché non plus. Plus complexes (3 cépages, plus d'élevage), après des Layons et des Pacherenc moelleux je ne les ai peut être pas appréciés à leur juste valeur.

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Regoûté avec la tartiflette (ou une crêpe, ou un sandwich à la raclette), le Premier 2006 du château Haut-Lignières est toujours aussi plaisant et excellent. Quant à l'ambiance musicale, elle est assurée par une pena du Sud-Ouest de Paris, qui revisite les grands classiques en version fanfare! 

Enfin, une nouvelle expérience sur dindonswine: Charles, que nous nommerons X2 (car on ne connaît ni son nom ni son nom), a testé pour nous, enfin pour moi, le stand le plus clinquant de Festi Bacchus, j'ai nommé So Chic Wines. Voilà sa prose:

"Vins uniquement rouges ciblant tout public mais quand même un public plutôt jeune assez aisé. Ce vin se différencie par un marketing et une com' originaux alliant le vin à la haute couture et à la mode en général. Boite créée par 2 frères provenant du domaine de la com'. Les bouteilles de vin se différencient par leur opacité (noir de couleur) et un design artistique. Ce vin peut faire l'objet de coffret cadeau et se vend notamment sous forme de fioles faisant penser à du parfum. Univers assez chic, comme la marque le dit. Alliance art, mode, et boisson.

C'est un concept sympa, un côté Marketing à exploiter... mais le fait que la bouteille soit opaque et donc que le vin ne soit pas visible m'a pas donné l'envie d'en acheter. Ca semble dur de changer l'image traditionnelle que les gens ont d'une bouteille de vin ! De plus ils font que du rouge et moi j'aime pas le rouge ;)) VIVE LE BLANC.. ça fait mal niveau part de marché.. c'est le genre de bouteille qui se vendra peut-être en boite de nuit des jeunes fils à papa.. mais pas convaincu !"

A noter que X2 ne nous dit même pas ce qu'il a bu (un Chateauneuf et un Gigondas je crois). On aurait presque l'impression qu'on pourrait mettre n'importe quoi la bouteille X2 nous aurait raconté exactement la même chose! Trop fort So Chic Wines! Et merci à X2 pour ta contribution!

Posté par Dindonswine à 14:21 - Salons et Foire aux Vins - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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02 août 2009

La saison est repartie!

Photo0889Eh oui c'est maintenant une tradition sur dindonswine, dès que les beaux jours Photo0885arrivent on se met à la pétanque. Après plusieurs parties acharnées l'été (ici ou ) dernier, on a remis ça la semaine dernière. L'occasion de montrer l'étendue de son talent (pour ceux qui en ont:-) et de goûter différents vins avec les mets traditionels du pique-nique: jambon, fromage, chips, tomates cerises.
Après un peu de cidre pour une réhydratation fruitée on passe aux choses sérieuses, avec ce qui est en train de devenir un grand classique sur ce blog, le Domaine Cazal Viel. Ce soir là c'était au tour du Syrah Nord Sud de passer dans nos gosiers. Ceux qui suivent auront reconnu le pendant rouge du Viognier Nord Sud, dont on a déjà parlé il y a peu. Pour être honnête le boulet que je suis n'a pas pris de notes. Tout ce que je me rappelle c'est que même dans un verre en plastique c'était remarquablement expressif, et que ça allait divinement bien avec le jambon cru!
Photo0891L'autre vin à l'honneur avec notre pétanque était le Sang de Taureau, Sangre Toro en version originale, un vin bu dans un restaurant espagnol et qui avait séduit deviner pourquoi? Pour le petit taureau en plastique accroché au goulot...comme quoi le succès d'une bouteille, disponible à Monop' apparemment, ne tient pas à grand-chose. C'est différent du Miquel, c'est plus plat, moins punchy, moins de caractère, mais ça se boit quand même. Et puis après tout ça a très bien fait l'affaire pour fêter la victoire!


Juste une photo de la place des hostilités, le rendez-vous incontournable des champions de la pétanque et de la dégustation (eh oui nous étions nombreux ce soir-là place Dauphien, et il fallait batailler sévère pour garder son bout de terrain :-):

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La photo est moche et petite, mais l'endroit est magnifique, au bout de l'ile de la Cité, une rue qui part du Pont Neuf

Posté par Dindonswine à 16:59 - Sud-Ouest - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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Le compte est bon

26 ans le 26, le compte est bon (anniversaire); petit message sympa reçu le 26, forcément. Pour fêter ça deux vins, entre autres, que j'apprécie tout particulièrement:

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Pour les bulles on reste fidèle à la DiscoBitch, la bouteille qui est de toutes les fêtes, les fines bulles qui vous réveillent les papilles, les arômes de raisins secs et l'acidité très citron pour finir. La bouteille fait un tabac, et le vin plaît à tous les coups, avec la DiscoBitch de Benoît Tarlant vous êtes sûrs de faire mouche. L'essayer c'est l'adopter, et justement vous pouvez en commander .



On enchaîne avec un autre vin qui me tient à coeur, celui qui m'a fait le plus vibrer dernièrement: il s'agit Photo0637du Bois des Merveilles 2007, un minervois de Jean-Baptiste Sennat, découvert ici. "C'est marrant ça sent rien mais c'est bon" ou "c'est violet dis donc" ont fait partie des réactions. C'est vrai que c'est super violet, couleur cassis, et puis violet concentré, violet jusque dans la petite mousse qui apparaît quand on verse. Franchement moi j'adore, c'est très sur le fruit, cassis, mûre, en ligne avec la robe quoi. Ca s'appelle le Bois des Merveilles et ça a passé plus d'un an en barriques mais on ne le sent pas le bois, tant mieux. Par contre j'aurais été curieuse de savoir comment ça vieillit comme vin, parce qu'il ne va certainement pas resté sur le fruit toute sa vie, et j'adorerais le voir évoluer vers des arômes tertiaires de chocolat, de café, de fumé...on peut toujours rêver car j'en avais qu'une bouteille; mais j'en rachèterai!

Posté par Dindonswine à 16:37 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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