photo_11Un endroit mythique dans le quartier de l'Opéra, c'est là que se réunit une fois par mois l'Académie Goncourt. Le décor du salon n'a presque pas changé depuis 1914, et je dois dire qu'on est très bien assis dans ce fameux salon Goncourt! Les cavistes de Mes Accords Mets Vins ont convié à notre table le vigneron d'Ampuis Stéphane Ogier, qui a ramené un certain nombre de flacons dans ses valises...Entre autres des Côte Rôtie et Condrieu, tout ça pour accompagner le dîner concocté par Antoine Westerman, célèbre chef alsacien (a obtenu trois étoiles Michelin au Buerehiesel, restaurant qu'il a acheté à 24 ans) qui a repris les commandes de Drouant en 2006. Beau challenge encore une fois que ce mariage de la gastronomie alsacienne et du vignoble du Rhône septentrionnal....

En attendant les retardataires on commence par quelques mises en bouche accompagnées du viognier de Rosine 2008. Un vin qui ne ressemble à rien, assez perturbant car le nez n'est pas typique du viognier (bien qu'on retrouve discrètement du fruit frais type abricot ou pêche blanche), et la bouche non plus! C'est plutôt rond, et un peu maritime, bref assez indescriptible, et pas le coup de coeur de la soirée!

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Viognier de Rosine 2008, Stpéhane Ogier

On passe à l'entrée; c'est marrant comme deux fois de suite les entrées m'ont fait peur (la dernière fois le gâteau pommes de terre foie gras à la Braisière): arrive une méga tranche de pâté en croûte; mais attention pas gras et gélatineux comme ceux qu'on trouve trop souvent, et accompagné d'une salade avec des lamelles de truffe. C'est impressionnant mais quand on a faim c'est diablement bon! Je ne saurais pas dire tout ce qu'il y avait dedans mais il y avait du foie gras c'est sûr, et d'autres trucs super bon, la croûte était elle aussi excellent. Deux vins pour accompagner cette entrée: un blanc (Condrieu 2008) et un rouge (Côte Rôtie 2007). Je commence par le blanc et là encore ça ne ressemble pas beaucoup au souvenir que j'avais du Condrieu. Peut-être qu'il avait besoin d'un peu d'aération parce qu'il était bien plus expressif une fois que j'avais terminé mon entrée. Le rouge est très syrah, franchement bien fait, épicé, y'a de la matière. Sur le coup impossible pour moi de dire quel est le meilleur accord, après quelques jours je crois que celui qui reste le plus en mémoire est celui avec le blanc.

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Pâté en croûte de volaille, salade verte à la truffe fraîche; Condrieu 2008 & Côte Rôtie 2007

Les influences alsaciennes se retrouvent également dans le plat, un pigeon rôti au foie foie gras avec ses petits légumes, le tout "emballé" dans une feuille de choux! Alors franchement c'est excellent, le pigeon était tendre et cuit à point, et la farce volaille champignon entre la feuille de chou et le pigeon se mariait parfaitement avec la viande. Les légumes imprégnés du jus de cuisson sont une tuerie, dommage qu'il n'y en avait pas plus, pour un chef qui aime cuisiner les légumes c'est un comble! Trois vins à déguster avec ce plat: le reste de Côte Rôtie 2007 qui se révèle un peu jeune face au plat, un Côte Rôtie Belle-Hélène 2006 (certainement celui qui allait le mieux avec le plat mais je ne me rappelle plus ses caractéristiques...), et en guest star un Côte Rôtie 1989. J'ai bien aimé ce dernier vin, une couleur évoluée mais qui se tient plus que bien, avec des arômes de cuir au nez, et vanillé en bouche. Un vin qui se boit pour lui-même et parfait pour déguster et discuter en attendant la suite.

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Pigeon rôti au foie gras et chou vert, carottes et céleris étuvés; Côte Rôtie Belle-Hélène 2006 & Côte Rôtie 1989

Fromages, fromages, je ne sais plus ce que c'était, des styles de comté affinés longuement, c'était bon. Pour les accompagner un blanc, le dernier né de Stéphane Ogier, une Roussane 2004. Difficilement descriptible, un côté peut-être un peu salin en bouche; enfin, ça allait bien avec les fro en tous cas.

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Ah le dessert, tout chocolat, comme chez Senderens, mais avec différentes textures: du croquant, du fondant, du glacé, ça explose en bouche, chaque bouchée est une surprise. Comme c'est majoritairement frais ça passe très bien. Le vin qui accompagne le dessert est un classique, un banuyls. Le jeu de la soirée: trouver son âge. Sa robe est déjà bien évoluée, plusieurs lancent des chiffres allant de 5 à 15 ans, je dis 12 (au pif) et c'est ça, chouette je gagne une bouteille de Roussane 2004!

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Tarte fondante au chocolat façon Westerman, tuile et sorbet au cacao; Banuyls "Gaby Vial", Domaine Vial Magnères

Conclusion: forcément on a extrêmement bien mangé, je me suis régalée, et j'allais écrire "rien d'extraordinaire non plus"; mais si tout était extra-ordinaire en fait, parce que du pâté en croûte comme ça je n'en avais jamais mangé et je n'en remangerai sans doute pas de sitôt, du pigeon je n'en avais jamais mangé, et le dessert était délicieux et original. Donc je vais plutôt écrire rien d'exceptionnel non plus parce que je doute de qu'il me restera dans quelques jours ou quelques mois. De chez Senderens tout le monde parle encore de la gambas, moi c'est plutôt la pastilla (et les deux vins dégustés avec) et le dessert qui m'avait époustouflés. La Braisière, le gâteau de pommes de terre foie gras était mythique, tout comme les arômes du plat, l'accord du vin sur le fromage, le dessert à l'ananas était méga bon et surprenant. Drouant et les vins de Stéphane Ogier on verra dans 3 mois ce qu'il m'en restera!