Alors que buvez-vous pour vous réchauffez??? Un thé, un chocolat chaud?
Perso l'hiver c'est le moment que je choisi pour boire des vins un peu costauds, des rouges tanniques et plein de matière, ou des blancs de garde. Quoique, je ne dirai pas non à un petit muscadet de ma Loire-Atlantique d'adoption avec des quelques huîtres. On verra ça au moment des fêtes, ou dans un bar à huîtres que j'ai repéré rue du Marché Saint-Honoré à Paris. Tout comme les liquoreux qui devraient être de vraies gourmandises (Pacherenc Cuvée Unique 1995 du château d'Aydie, Jurançon Cauhapé, vins de glace canadiens etc...) au coin de la cheminée. Oui évitez de les servir avec la bûche après le saumon, le foie gras, l'oie et le fromage, votre palais, voire votre estomac ne le supporterait pas.

Donc pour coller au thème hiver j'ai fait deux essais; le premier dont j'attendais beaucoup, parce que le vin et le vigneron m'avait marqué, parce que c'est une appelation que je connais peu et qui sonne prestigieuse, et parce que disons-le franchement j'avais payé la bouteille relativement cher (18€ je crois) au Buvons Nature l'année dernière. Je ne fais pas durer le suspens plus longtemps il s'agissait d'une bouteille de Jasnières 2004, Symphonie du Temps par Jean-Pierre Robinot. Au salon le vigneron m'avait dit que ça irait parfaitement avec du comté; l'idée de cette association me plaît donc j'achète exprès du comté (attention on a envie de se faire plaisir sur dindonswine:-). Eh ben franchement la grande déception. Le soufflé qui retombe, l'île flottante qui coule, la macaron sans collerette de dentelle, vinsurvin sans tupperwine, le FC Nantes sans Da Rocha, vous l'aurez compris, le cauchemar quoi. Tout s'écroule, plus rien ne va. Et ce dès l'ouverture du bouchon. Un nez super oxydatif. Mais oxydatif tendance dubitatif, on ne sait pas trop quoi penser, quoi espérer, si c'est normal ou pas, si c'est bon signe ou pas. Dans le verre c'est simple on a l'impression que le vin change de couleur à vue d'oeil, de plutôt blanc il passe à plutôt doré (j'exagère un peu). Bon là ça devient carrément craintif (paye ta rime). Surtout qu'en bouche la première sensation c'est festif, oui il y a des bulles. Pourtant je n'ai pas acheté un mousseux! En fait le vin est peut-être reparti en fermentation. Je décide donc (à tort ou à raison, enfin plutôt à tort comme vous le verrez après) de carafer le vin (pour qu'il élimine son gaz carbonique) et de le mettre au frais (pour stopper la fermentation). Je vous livre entre temps les commentaires d'un dégustateur lambda et anonyme (mais qui a quand même déjà fait les vendanges, non pas que ça lui donne de la légitimité, mais comme quoi il a déjà goûté du raisin): "ah c'est dégueulasse, il faut vraiment avoir du raisin pas bon pour faire un truc aussi imbuvable; et en plus on arrive même pas à voir si c'est du rouge ou blanc" (bon là il abuse un peu, c'est abusif je dirais). "Ouais mais c'est du vin naturel que je lui réponds" (l'explication/excuse qui tue). Bon certes les bulles ont un peu disparu après mes mesures paliatifes (accent allemand), mais le vin s'est carrément plus oxydé. C'est pas difficile au nez on aurait dit un alcool, genre alcool de pruneau, eau-de-vie. Pas désagréable, mais toujours imbuvable. Par contre le comté était très bon.

Enfin bon, j'étais hyper déçue, et je suis désolée d'avoir à tailler autant un vin parce que j'aime pas faire ça et je ne voudrais pas que vous généralisiez sur le domaine (d'ailleurs ils auront une seconde chance avec le Concerto d'Oniss, un 100% pineau d'aunis). Si ça se trouve je suis même tout simplement tombée sur une bouteille défectueuse. A suivre.

Photo1018Deuxième test, complètement improvisé, et dont je n'attendais rien. Je remonte trois bouteilles de rouge (Cahors, Bordeaux, Languedoc) de la cave, et je tombe sur une boîte de rillettes de canard. Résultat on choisit le Cahors (l'accord régional marche toujours). Un Fourmi 2004, du Clos Troteligotte, découvert lors d'un Tupperwine, acheté à Festibacchus, et que vous pouvez il me semble retrouver au salon des VI. Le vin est bien concentré, une robe super foncée, qui tire sur l'encre. Un nez de fruit rouges des bois, de sous-bois, de cuir, une vraie ballade en forêt l'hiver. En bouche franchement c'est excellent, on retrouve les mêmes arômes, de la matière, même pas trop tannique. Et franchement avec les rillettes de canard de la ferme du Haza c'est juste un régal. Juste un régal, simple et bon. Le genre de truc qui vous fait adorer la France et sa gastronomie. Le vin je n'ai plus le prix mais je dirais inférieur à 8€. Un plaisir simple à partager entre amis ou entre amoureux.

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