Photo0644Un bon plan de monsieur C-drick pour ce premier week-end de printemps: le restaurant Le Basilic dans le 7ème avait invité 8 vignerons bios à venir faire déguster leurs produits. Le quartier est plutôt chic, ministères, ambassades, le resto est agréable bien que pas très adapté à l'affluence des dégustations. Car on peut parler d'affluence pour ce dimanche après-midi! De la famille et des amis des vignerons, des amateurs, des professionnels, des jeunes, des moins jeunes, les participants étaient nombreux pour découvrir les vins de huit domaines représentatifs de huit régions bien différentes comme l'atteste cette carte. Eh oui, les dégustations de vins c'est aussi une excellente occasion de réviser sa géographie:


(J'ai encore un peu de mal avec la carte donc merci de dézoomer pour la voir dans son intégralité...)

Photo0632On commence par un énergumène nommé Jérémie Illouz, un oenologue de formation qui avec son associé Mr Parlange vinifie et élève du vin à Cahors et à Montlouis. Un invité de dernière minute qui n'est ni sur ma carte ni sur la feuille dégustation! Il n'est pas propriétaire mais achète du raisin à des vignerons, décide de la date des vendanges et produit ensuite ses vins. Ca donne le domaine Parlange & Illouz qui nous offre son premier millésime dans les deux appellations. On commence par le Clos Michet 2008, son Montlouis, des raisins issus d'une parcelle de 2 ha avec des vignes de 95 ans me semble t-il. Le vin est encore en élevage dans des barriques neuves, mais il est déjà agréable à boire: c'est sec et acide, avec une finale citronnée. Espérons que le bois l'arrondisse un peu et ça sera parfait. Son vin rouge, La Pièce 2008, un cahors, est encore en élevage lui aussi (20 mois en cuve). C'est un 100% malbec, une parcelle de 2 ha également. Au nez on a de fines notes de torréfaction, en bouche ce n'est pas trop tannique pour un cahors, j'ai trouvé la finale fruitée (cassis), et sur les épices (poivrée, ben oui ça attaque un peu le cahors quand même). Tout comme le premier c'est un vin qui se goûte déjà bien.

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La dégustation fut plus rapide avec Jean-Pierre Comor du Domaine les Terres Promises dans les "Côteaux Varois en Provence". On commence par son rosé, l'Apostrophe 2008 (grenache 25%, cinsault 45%, carignan 30%), un vin qui sent bon les vacances, gourmand au nez, mais qui m'a déçu en bouche. Les arômes étaient très discrets, mais le vin faisait quand même preuve d'une belle subtilité (=trop discret pour moi...) parce qu'il y avait du fruit et du poivre. On enchaîne avec l'Antidote 2008, un 100% carignan 100% nature, un vin dans lequel le vigneron a laissé le cépage et le terroir s'exprimer. L'Abracadabrantesque 2008 (cinsault, mourvèdre, carignan) m'a plus plu, mais je n'ai pas pris de notes, quel boulet. Mais j'en ai quand même acheté une bouteille! A noter quand même le nom de la cuvée, qui n'est pas une référence au président Chirac, mais à un vers de Rimbaud (pour les curieux voir l'article de Wikipédia). Les prénoms de toutes les vendangeuses du domaine sont inscrites sur la bouteille: aux Terres Promises les filles ramassent et les garçons portent les caisses!

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On termine par l'Alibi 2008, un syrah grenache élevé en cuves et en barrique. C'est chaud et tannique, je n'accroche pas trop...

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L'intérieur du Basilic, rue Casimir Périer, qui nous accueillait le 22 mars 2009

On va ensuite dans le Minervois, du côté du Domaine Sénat (à deux pas de l'Assemblée Nationale c'est un comble...), un domaine que vous pouvez retrouver sur le blog Le Vin de mes Amis. Dix-huit hectares, toujours en bio, un domaine que JB Sennat a repris en 1995. On commence par la Nine 2007 (grenache, carignan, syrah, mourvèdre), le nez est sur le fruit, la finale sur le café, j'aime bien. On enchaîne avec Arpettes 2006 (merlot, carignan), on a toujours du fruit mais c'est plus rond, plus fluide, plus creux aussi, moi j'ai un peu de mal avec le merlot dans le Languedoc...On finit par un vin que j'ai trouvé excellent: Bois des Merveilles 2007 (grenache, mourvèdre, carignan, 1/3, 1/3, 1/3, passé seize mois en barriques), un vin qui m'a impressionné par son virage fruité en milieu de bouche, d'un coup on se prend un coulis de fruits rouge, c'est maîtrisé comme un virage de S.Loeb, et la finale est elle épicée, sur la guarrigue et le poivre. Une belle longueur vient prolonger le plaisir. C'est pas donné (18€) mais j'ai trouvé ça très très bon.

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Deux bouteilles des vins du domaine Sennat, des vins du Minervois que j'ai beaucoup aimés!   

Photo0640On reste dans le Languedoc, du côté du Mas Foulaquier, en Pic Saint-Loup. On commence par Orphée 2007, un syrah grenache sur lequel je n'ai pas pris de notes. Grant 2006 (grenache carignan 50/50), un nez sur le fruit, sucré, très jus de raisin bien concentré quoi. Il y a 20 mois d'élevage en foudres de bois, la finale est grillée, épicée. Calades 2005, pas beaucoup de notes si ce n'est que le nez était boisé et que la finale asséchait méchamment la bouche...A noter leur huile d'olive, qui est excellente sur un petit morceau de pain!

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Ce coq qui trônait à l'entrée du restaurant m'a beaucoup intriguée...

Un dernier domaine avant la pause café, direction Fronsac dans le bordelais, pour le Domaine Château Moulin Pey Labrie (Michel Rolland les a aidés à leurs débuts, c'est incroyable le nombre de domaines dans lesquels on retrouve la patte de cet homme). Château Moulin 2005, un 100% merlot sur le fruit, facile et agréable à boire. Château Haut Lariveau 2005, même cépage et même élevage (2 ans) , seul le terroir diffère. Ouais. Argh je me demande s'il y avait pas 5% de malbec dans celui-ci. Bref c'est pas déterminant mais sachez que dans ce vin là ou dans le suivant il y a du malbec! Le suivant c'est du Moulin Pey Labrie 2004, sur lequel j'ai pas trop accroché. Le 2008 que nous avons également dégusté est encore en élevage (la fermentation malo lactique (deuxième fermentation, celle de l'acide malique en acide lactique) n'a pas encore eu lieu) mais il se goûte déjà bien je trouve.

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On va ensuite à quelques kilomètres de Nantes du côté de la Haye Fouassière, pour le Domaine de la Louvetrie qui nous faisait discuter son muscadet, ou plutôt ses muscadets, tous faits à partir du cépage Melon de Bourgogne. Le premier, Amphibolite 2008 sent incroyablement la mer, c'est très salin. En bouche c'est tendu, acide, minéral, super sec. Ca ne peut aller que sur des huîtres, mais ça doit bien aller avec. Le second, l'Hermine d'Or 2007 (2 ans d'élevage sur lies), propose un bel équilibre entre l'acidité et la rondeur. J'ai bien accroché sur le dernier, Fief du Breil 2007, qui est acide et droit en bouche, mais qui présente une finale légèrement beurré, un retour sucré, voir miellé. Un final très très agréable et une belle longueur pour bien en profiter!

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Grande affluence au Basilic, pour la présentation de huit vignerons bios

Photo0646Ensuite direction la Bourgogne, avec le Domaine Goisot, dont ni les rouges ni les blancs m'ont séduite. On a commencé par un Côtes d'Auxerre 2007 (photo de droite), Photo0645un chardonnay qui comme l'a dit C-Drick ressemblait quelque peu à un Chablis. On a enchaîné avec un Sauvignon 2007, et comme je préfère ceux que l'on fait du côté de Sancerre j'ai été un peu déçue, c'était trop marqué par l'acidité pour moi. En rouge le Côtes d'Auxerre 2007 était assez sympa, avec un nez de fraise et de violette, et une belle trame acide, plus marquée en finale. Le Corps de Garde 2006, un vin fait avec des raisins sélectionnés, et passé en barriques je pense. On sent que c'est plus complexe, plus tannique, mais en même temps le vin s'arrête net en finale, dommage, on reste un peu sur sa faim...

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Photo0647On finit par un grand classique des vignerons bios, et un habitué des salons et dégustations parisiennes, le Domaine Catherine et Pierre Breton, dans la Loire, en Bourgueil, Chinon et Vouvray. Madame a l'air fatiguée, préoccupée, un peu speed, ça tombe bien moi aussi je commence à caler. Du coup on ne va pas tous les goûter. On comence par le Vouvray pétillant la Dilettante, l'attaque et la bouche sont uniquement marquées par les bulles, super intensives, qui cachent le mpindre arôme qui tenterait de se montrer. Ensuite une fois qu'on a bu on a des notes herbacées puis des notes presque de miel en finale. Du coup passé les bulles c'est assez sympa. On goûte ensuite le Vouvray sec, sur lequel j'ai écrit "bof". La Dilettante rouge est un vin fait avec du cabernet franc et qui est vinifié en macération carbonique (prochainement sur dindonswine: les macérations!): au nez on a du fruit, du fruit, et encore du fruit, c'est agréable. En bouche pas de tanins, ça coule tout seul, mais l'acidité ne me plaît guère, et le côté terreux encore moins... Une dernière chance avec les Perrières 2006, j'en retiens surtout le côté minéral et terreux, qui ne me plaît décidément pas...(cf dégustations aus Caves Augé au printemps dernier)

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A noter la bonne organisation du restaurant le Basilic, qui malgré un endroit pas adapté aux dégustations a su rendre l'événement convivial et intéressant; les verres et la feuille présentant les vins en libre service à l'entrée, le passage des commandes sur la terrasse, un format intéressant qui permet aux vignerons de faire déguster et non de faire les comptes. Pour les clients on ne sent pas obligés d'acheter, on achète ce qu'on veut à la fin et hop.  Le format est bien également, huit vignerons, c'est bien et il n'aurait pas fallu qu'il en y ait plus! Merci et bravo à tous.

Le Basilic, 2 rue Casimir Périer, 75007 Paris, M° Solférino ou Invalides