1596489946Ce n'est pas la première fois que je participe à ce genre de dégustations. Toujours le même concept, un endroit improbable, quelques dégustateurs anonymes réunis, et des bouteilles un peu moins anonymes, elles, qui viennent de partout et de nulle part. Aujourd'hui l'organisation était meilleure que la première fois, il y avait largement de quoi boire et manger, et tester quelques accords mets et vins. Différentes régions étaient représentées, divers couleurs également. En fait la seule chose qui a péché pour la dégustation c'est que le blanc n'était pas au frais. Résultat on a dû commencé par un Pauillac 2003, Château La Tour l'Aspic. Photo0861Franchement pas mal du tout, une belle robe limpide, brillante, et sur laquelle on note déjà quelques notes d'évolution. Un nez franchement expressif, élégant, qui mérite de s'y reprendre à plusieurs fois pour le cerner.  On est légèrement sur le fruit mûr mais je serais bien incapable de dire lesquels, du fumé, du boisé, mais ça reste très naturel on a pas non plus l'impression de croquer dans un fût. En bouche c'est franchement très fin, des Photo0869tanins complètement fondus, de la structure, de la richesse, et un plaisir qui dure en bouche. Je trouve définitivement que les Pauillac sont une caresse pour les papilles. Très bien avec un sauciflard coupé fin, mais on ne peut s'empêcher de penser à carré d'agneau bien tendre...
Une rapide recherche sur le net m'apprend que nous avons ici à faire à un crû bourgeois, second du château Haut-Batailley. Plus d'infos sur ce vin sur la fiche descriptive ici. Où le trouver? Aucune idée, ce vin nous venait d'un caviste breton. Si aller, en cherchant un peu sur le net vous saurez où l'acheter, ou vous le commanderez sur le net!

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Le blanc est enfin à point. Et il s'agit d'un grand blanc! Du moins pour nous. Nous sommes sur le Photo0862Viognier Vérité (2007), fait par Laurent Miquel, le pote de Dan, celui de qui vous pouvez vivre la vie ici. La gamme en dessous c'est le Viognier Nord Sud, qui est déjà très expressif et qui procure déjà beaucoup de plaisir (voir ici). Là, c'est franchement très grand. Un nez d'une richesse! Des notes d'abricot, frais ou sec, de la pêche blanche, et des notes limites exotiques genre litchi ou mangue. On retrouve ce genre d'arômes en bouche, ce qui est toujours agréable; le tout est soutenu par une acidité discrète, et on dénote même quelques saveurs poivrées (blanc le poivre, comme le vin) en fin de bouche (c'est écrit sur leur site, je ne l'aurais pas dit sans cette influence mais c'est vrai). La longueur est très très belle, beaucoup de plaisir sur ce vin qui séduit tout le monde.Photo0863

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On reste chez Laurent Miquel mais on passe au rouge, le Saint-Chinian Bardou 2005. Un 100% syrah très typique, sur les épices et le poivre en bouche. Le nez reste assez frais, avec des notes mentholées, réglissées, je n'ai pas ressenti le bois alors qu'apparemment le vin est passé en fût. On a là un vin bien équilibré, élégant et fin, qui correspond assez bien à ce que Laurent Miquel cherche à faire.

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On descend encore un peu plus au sud, du côté de Collioure, la ville célèbre pour son église...Nous sommes en compagnie d'un Collioure 2007, Domaine de la Casa Blanca. Franchement même si les papilles commencent à être émoussées là encore nous avons un vin très agréable. Je le trouve un peu chargé en alcool (on dit puissant dans ces cas là, si on veut avoir l'air de s'y connaître et d'avoir du vocabulaire...), mais c'est peut-être dû à l'accumulation. On est donc sur de la puissance et de la concentration (dans le verre on ne voit rien à travers le vin), des notes de garrigue, on imagine assez facilement une pente recouverte d'herbes et d'arbustes séchés en été, descendant doucement vers la mer...ouh, il est temps que les vacances arrivent! PS: le Collioure est très bien passé avec un vieux Comté.

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Collioure 2007, Domaine de la Casa Blanca. Apparemment un vigneron indépendant que vous pourrez donc peut-être retrouver lors du prochain salon des vignerons indépendants.

On garde le plus original pour la fin. Original au moins pour moi, car je n'avais jamais bu ni vu un tel Photo0866breuvage. Vous connaissez le Macdo? Le MacDrive? Le Mac Chicken? Eh bien voici le Macvin, du Domaine Geneletti, nous sommes donc dans le Jura, et sur une appellation qui existe depuis 1991. Wikipedia nous explique comment c'est fait: les raisins (poulsard, pinot noir, trousseau, chardonnay et savagnin sont les 5 cépages jurassiens) sont récoltés tard, pour qu'ils soient concentrés en sucre. Le jus de raison non fermenté (non transformé en alcool) appelé le moût est élevé 12 mois en fûts de chêne. A un litre de ce breuvage on en ajoute deux de marc du Jura (raisin fermenté distillé, ça donne un alcool qui titre 47/50° d'alcool...). En résumé on mélange du jus de raisin concentré en sucre et élevé en fût à de l'eau de vie de raisin élevée en fût elle aussi. On attend que le tout se fonde, que l'alcool, le jus de raisin et le fumé s'harmonisent, et voici le Macvin. Le nôtre titrait 17,5° je crois, la couleur était magnifique, blanc avec des reflets rosés (bon en fait c'est peut-être qu'il restait un peu de rouge dans mon verre...). Un nez superbe également. Comme dirait l'un des participants anonymes: "au nez on ne sait pas si c'est un vin ou un alcool". On est un peu sur les fruits macérés de grand-mère, le pruneau, la mirabelle. Servi frais c'est très agréable, pas lourd du tout. C'est rustique mais c'est bon. "Lors d'une soirée d'été qui dure un peu, parfait après le barbec". Bon nous on l'a mangé avec ma tarte tatin au chocolat (spéciale dédicace à Guillaume), pas trop mal pour un premier essai et la deuxième fois de ma vie que je faisais un caramel....

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Une bien belle dégustation sauvage!