09 juillet 2009
Un peu d'eau dans mon vin
Il était une fois vingt Tupperwineurs qui
erraient dans les couloirs de Chatelet les Halles à la recherche d’une
sortie qui les amènerait sur les berges de la Seine. Malheureusement, ce
soir là la pluie tombait drue, et ils abandonnèrent l’idée d’aller pique-niquer
sur les bords du fleuve. Un peu dépités mais pas résignés ils appelèrent
le grand manitou des Tupperwine, Fabrice Vinsurvin. Heureusement, il avait
une solution :une agréable caviste de la rue Vaneau était prête à nous
accueillir. Cette caviste, Alex, on la connaît bien puisqu’elle nous avait
déjà reçu en fin d’année dernière pour un Tupperwine Champagne mémorable
en compagnie de Benoît Tarlant. Hier elle nous a sauvé la soirée, alors
pour la remercier on lui a organisé un pique-nique géant dans sa boutique.
Le bureau se couvrait de victuailles au fur et à mesure que les Tupperwineurs
VIPs ou anonymes arrivaient, les uns avec les glacières, les autres avec
leur sac à chaussures, certains avec des productions maisons ou des spécialités
régionales. Les deux guest stars de la soirée, Maryline Lottin de Château
Bas et Mireille Martin de l’Anticaille, en provenance directe des Bouches
du Rhône, arrivèrent également, après moult détours dans les rues de Paris.
Nous allions pouvoir commencer notre petite réunion Tupperwarewine
avec ces spécialistes des vins du sud, des vins de pique-nique, et du rosé
en particulier.
On commence par une brève présentation du domaine Château Bas, 72 ha situé à Vernègues, en cours de conversion en agriculture biologique et qui produit 50% de rouges, 40% de rosé et 10% de blanc. La présentation est vite mise en pratique à travers un premier vin blanc, Les Pierres du Sud 2008, un assemblage de sauvignon (40%), chardonnay, rolle et grenache blanc. L’assemblage paraît intéressant sur le papier (le rolle étant un cépage arômatique, le sauvignon donnant de la structure, de la fraîcheur, le chardonnay pouvant apporter son acidité) mais est un peu décevant dans le verre. La robe est très pâle, presque transparente, et le nez est très discret, assez difficile à cerner. Le rolle donne bien un peu de corps et de rondeur à ce breuvage, le chardonnay (sans doute) une petite acidité finale rafraîchissante mais ça s’arrête là, je n’accroche pas trop. On enchaîne avec le Pierres du Sud rosé, toujours dans le millésime 2008. Un assemblage de syrah, grenache, counoise, mourvèdre et rolle. Là encore la robe est très pâle (apparemment c’est à la mode, alors ils portent une attention certaine à la couleur), couleur malabar claire ; le nez à nouveau discret et difficilement descriptible. On est sur des arômes floraux, la rose (ça va bien avec la couleur d’ailleurs je trouve) notamment. En bouche j’ai rien noté, trop difficile.
On passe alors au second domaine, l’Anticaille,
représenté ce soir par Mireille Martin, la peau tannée par le soleil, on
sent qu’elle passe du temps dans les vignes. Le domaine fait 50 ha (dont
14 ha en « jachère » où ils cultivent du blé), n’est pas en bio (d’où
débat avec sa collègue de Château Bas) mais en agriculture raisonnée, et
produit à 95% du rosé. En fait son objectif premier est d’assurer la récolte,
ce qu’elle n’est pas sûre de pouvoir faire si elle était en bio. Evidemment
sur ce point chacun a son avis, et son homologue de Château Bas n’est
pas tout à fait d’accord…Elle ne considère pas que le fait d’être en
bio soit une « entrave » en quelque sorte à la quantité produite. Le domaine
appartient depuis quatre générations à la famille Féraud et emploie très
peu de monde (2 personnes + 1 personne à 1/3 temps pour le tracteur) par
rapport à la surface dont il faut s’occuper. Je n’ai pas fait attention
à la gamme mais nous n’avons goûté qu’un rosé hier soir, l’Anticaille
Sainte-Victoire 2008. Je suis un peu nulle je n’ai rien noté sur ce vin
alors que je me rappelle qu’il m’a plu…
Retour à Château Bas pour la cuvée un peu plus haut de gamme, le Temple 2008. Nous sommes ici sur un rosé de saignée, un assemblage de mourvèdre, syrah et grenache. Le vin passe huit mois en barriques, des fûts qui viennent d’un ou deux vins qui viennent de Mercurey (je crois) en Bourgogne. L’objectif du vigneron dans cette cuvée est de prouver (s’il en est besoin) qu’on peut faire des rosés de garde. Eh bien sur celui-ci le résultat est plutôt réussi : un nez sur le fruit, avec des agrumes, de l’orange sanguine. Une bouche agréable, avec du gras, une caractéristique immanquable du vin qui a passé un peu de temps en fûts. Mais comme le fait remarquer Fabrice on ne retrouve les notes typiques de bois et de vanille de certains vins rouges vieillis en barriques. Quand l’épouse du vigneron évoque un accord avec un magret sauce chocolat j’ai un petit temps d’arrêt : ah ouais, ça doit pas être mal quand même !
On finit par le rouge du domaine, une bouteille avec un B, dont je n’ai pas entendu les caractéristiques…Par contre le premier nez est une évidence, de la confiture, de cassis ou de mûre, un nez 100% sur le fruit. Certains (que je ne citerai pas) ont distingué d’autres arômes : le pétrole, ou le feudanslejardinenhiveravecdesbûcheshumides, et quelqu’un l’a trouvé « pyrotechnique ». Un vrai spécimen de feu d’artifice ce vin !
La pluie n’aura donc pas eu raison du 20ème Tupperwine et de ses Tupper Winners. L’accueil d’Alex, à l’improviste, a été irréprochable ; les vins, ces blancs et rosés d’été, « de pique-nique », étaient tous intéressants. Les échanges avec les vignerons (onnes en l’occurrence pour cette fois) et les participants étaient riches et animés. Le fait d’inviter deux domaines de la même appellation y est pour beaucoup car ça permet à chacun des vignerons d’exprimer son point de vue sur différents sujets. On peut d’ailleurs les en remercier car ce n’est pas un exercice évident, la dégustation pouvant rapidement glisser sur la comparaison des vins des deux domaines. Et et et évidemment merci à Fabrice pour l’organisation, qui jongle avec adresse entre les plans A et B et qui a toujours autant d’idées pour de futurs Tupperwine…
PS: lui aussi a écrit un petit billet, et il a de jolies photos, c'est ici.
PS 2: que pensez-vous de ces photos XXL? :-)
24 mai 2009
Apéro Bordeaux
On commence le week-end par un rosé sympa mais pas extraordinaire non plus, un Fronton du Domaine du Tembouret fait à partir de Syrah et de Cabernet Sauvignon. C'est assez différent des rosés du sud est, c'est moins chaleureux, moins fruité, plus sur l'acidité. Peut-être le côté "vert" du cabernet sauvignon, qui donne cette impression de fruits pas assez mûrs...Un rosé affiché sur leur site à 2,5€ en même temps, donc faut pas trop en demander...
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Bon en fait Fronton est bien loin de Bordeaux mais je laisse quand même apéro Bordeaux dans le titre...Pour ce Quintet by Tutiac, un sauvignon 2008. Les Vignerons de Tutiac ont une structure commerciale commune pour la cave des Hauts de Gironde et Alliance Bourg. Elle représente 4000 ha et 700 vignerons, et c'est le premier metteur en marché des vins blancs de Bordeaux. Le packaging est plutôt soigné et se veut haut de gamme, quant au "by Tutiac" 1/Ca sonne très exportation (au moins les English s'y retrouveront) 2/ Ca fait très parfum (Flower by Kenzo, Fuel for Life by Diesel), d'où ma question, peut-on vendre du vin comme du parfum??
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Premier fait marquant car on est encore loin d'y être habitué, la capsule à vis. Une fois passé l'impression de "j'ouvre mon sirop pour la toux" c'est assez pratique et adpaté aux vins à consommer rapidement.
Le second point remarquable c'est la robe: très très pâle, presque transparente. A la lumière du jour on a l'impression d'avoir de l'eau dans son verre; vraiment surprenant:
On passe à la dégustation: au nez arômes typiques du sauvignon, de la pêche, de l'ananas, de la fleur blanche, des arômes limites exotiques, un vin clairement très ouvert, espérons qu'il aura autant de choses à nous raconter en bouche. Malheureusement, c'est un peu plus discret. Je dis "malheureusement" car le "déséquilibre" entre le nez et la bouche est parfois très frustrant, mais là ce n'est pas décevant pour autant. Au contraire ça incite un peu à aller chercher le vin: et là on est très distinctement sur des arômes citronnés, sur l'acidité désaltérante en fin de bouche, donc c'est très bien. Un vin bu en apéro, sur du poisson et des asperges, et franchement ça passait bien avec tout.
Vinsurvin avait goûté le 2007, c'est ici, et d'autres impressions de dégustateurs ici.
Et toujours plus d'infos sur les vins de Bordeaux sur Apéro Bordeaux, avec notamment la possibilité de déguster gratuitement des Bordeaux et Bordeaux supérieur.
04 mai 2009
Bûes ce week-end, sans abus, pas à Bû
Deux rosés du Domaine des Féraud dans le Var: la Cuvée Spéciale rosé tout court, bien mais rien de spécial, et la Cuvée Spéciale Antiopolis, qui elle pour le coup vaut le détour. Même au cours d'un repas dans lequel le vin n'est pas l'élément central vous êtes obligés de vous arrêter deux secondes pour vous dire: waouah, je bois un rosé hyper sympa, qu'est ce que c'est? Au nez on a rapidement des fruits rouges frais, fraises, un peu framboises, et des notes épicées mais que j'aurais du mal à définir (cannelle?). En bouche on a du gras, du beurré, une sensation de passage en fûts qui me marque à tous les coups, un côté patiné qui franchement me plaît bien. Cette idée du passage en fûts est renforcée par des notes de fumé qu'ont devinées les convives. Sa légère acidité finale fait de ce vin, clairement un ton au dessus du premier, une vraie gourmandise. Malheureusemnt je n'ai rien trouvé sur ce vin sur le net, donc je vais me renseigner pour en savoir un peu plus sur le domaine et ce rosé en particulier.
La Cuvée Antiopolis 2007 du Domaine des Féraud, avec une petite mise en scène florale...
Avec le dessert on a le droit à un habitué de dindonswine, le Maydie (2007), du château d'Aydie. Je le redis, il s'agit d'un tannat (cépage du Madiran) muté, c'est à dire qu'on a ajouté de l'alcool pour stopper la fermentation. Il en ressort un vin riche en sucre et en alcool (17°), dont j'adore la robe hyper concentrée qui marque bien le verre de ses larmes violines et le disque bien vif. Au nez comme en bouche c'est très porté sur le fruit, de la cerise à l'eau de vie et du pruneau. C'est doux, c'est bon, et en dessert avec un gâteau opéra 100% chocolat, des brownies 100% chocolat et des fraises, eh bien ça a fait mouche, tout le monde a apprécié! Yes yes yes.












