17 octobre 2009
Château Haut-Lignières - Jérôme Rateau
Rencontré à Bercy où il présentait ses Faugères,
Jérôme Rateau du Château Haut-Lignières,
A bien voulu se prêter à une grande première,
Sans tapis rouge ni grandes manières;
Ce blog au nom pourri,
Vous propose en effet aujourd'hui,
Son interview sans langue de bois ni chichis,
Pour vous éviter l'ennui!
Une interview à la Ardisson,
Que j'ai nommée "Slip ou caleçon".
Désolée pour cette envolée poétique digne d'un élève de CE2...Pour info, nous sommes donc dans l'Hérault (34), chez Jérôme Rateau, qui fait du vin de Faugères au Château Haut-Lignières depuis 2007. Sur 12,6 ha il travaille cinq cépages principaux (syrah, greanche, mourvèdre, carignan, cinsault) sur un terroir schisteux, pour produire 55 à 60 000 bouteilles/an (du calme, du calme, y'en aura pour tout le monde!). Bonne lecture!
- Vendanges manuelles ou mécaniques ?
Rouge! Sans conteste. Pour l’épicurien que je suis c’est
dans les vins rouges que je trouve mon bonheur, et en tant que viticulteur
c’est dans leur élaboration que je m’éclate! Tant dans le travail des cuves
pendant les vinifications que lors des assemblages. Mais je ne délaisse pas
blanc sec et rosé pour autant. Ce sont des vins que j’adore, désaltérant
et plus facile d’accès. Et toujours synonyme de joie et de bon moment car je
les consomme bien souvent au soleil et avec mes amis. Nous élaborons déjà du rosé
au Château Haut Lignières mais vous avez raison pour l’instant il n’y a pas de
blanc (l’appellation Faugères blanc étant toute récente) mais j’ai planté mes premières
vignes de blanc l’hiver dernier : roussane, grenache blanc et vermentino.
Maintenant il faudra être patient pour déguster nos premiers blancs d’ici
quelques années.
Rosé, la question ne se pose même pas! En tout cas en ce qui me concerne! Nous produisons un rosé de saigné haut de gamme, sec, fruité, très désaltérant avec beaucoup de rondeur, impossible à élaborer par coupage (et puis nous ne faisons pas de blanc pour l’instant !). Mélanger blanc et rouge pour faire du rosé ??? Je ne vois pas l’intérêt au moins du point de vue gustatif; après si cela permet aux grands groupes de produire des vins de consommation courante en masse à moindre coup tout en trompant le consommateur sur ce qu’il boit ??? Mais c’est avant tout un respect du consommateur que de produire des vins vrais, j’ai presque envie de dire « naturels » mais c’est un autre débat !
Alors là…la question est vaste, surtout depuis le reportage
d’Envoyé Epécial récemment diffusé sur France 2 qui m’a fait sortir de mes gonds !
Globalement je trouve l’idée du bio louable et allant dans le bon sens pour
nous tous. Après j’ai deux problèmes avec le bio.
Le premier qui est la tendance actuelle à sacraliser le bio
comme « évidemment meilleur » que le non bio, systématiquement dénigré.
Je ne supporte plus les personnes en extase devant des vins aux odeurs douteuses
liées à des états sanitaire calamiteux des raisins, et qui vous répondent que
« ça c’est le vrai goût du vin ». Je ne dis pas que les vins bio sont
mauvais, au contraire et il y en a de très bons exemples à Faugères parmi mes
collègues viticulteurs, mais les ayatollah du bio non merci, il y a de bons et
de mauvais vins bios et non bios!
L’autre problème que j’ai c’est de penser que balancer du
cuivre et du souffre en grande quantité sur la vigne, et donc dans les sols (car
ces produits sont lessivés par la pluie) pollue les sols, surtout quand ceux-ci
sont acides. Alors l’idée du bio j’adhère complètement, il est indispensable
d’aller dans ce sens, mais je ne suis aujourd’hui pas convaincu par les méthodes
employées. Alors en attendant de trouver mieux, de mon coté je pratique la
« viticulture raisonnée » ça veut pas dire grand-chose….mais en 2009
j’ai divisé par 3 mes traitement en appliquant cette philosophie.
Bien que mes vins aient été médaillés par Decanter cette année, définitivement dindonswine ! Votre blog apporte un peu de fraîcheur et d’ouverture d’esprit sur le monde du vin qui est de plus en plus fermé, élitiste et convenu. En effet je trouve que l’ensemble de la presse spécialisée du vin enfonce des portes ouvertes depuis bien trop longtemps maintenant, ils ne prennent plus de risque, ne critiquent plus, et surtout ne découvrent plus. Il y a un célèbre producteur de Saint- Emilion qui tient un blog très populaire qui dénonçait il y peu cet état de fait…depuis quand a-t-on vu un journaliste poussé la porte d’un chai autre que celui d’un cru renommé pour autre chose que se faire passer la brosse à reluire ???? Je suis un peu dur mais c’est la triste réalité. Je lisais récemment un classement des meilleurs vins du Languedoc…je ne dis pas ça pour moi je n’ai pas la prétention d’en faire partie…mais ne sont classés que ceux qui ont participé…en ce qui me concerne je n’étais même pas au courant que l‘on pouvait participer…cherchez l’erreur !
Oui parce que notre région a su resté sauvage et authentique, Faugères fait partie du parc naturel du haut Languedoc qui est en cela protégé, et surtout l’aire d’appellation a été très bien délimitée à l’époque car ici on trouve une certaine homogénéité de terroir que l’on a pas dans certaines AOC. Chez nous, que ce soit dit...c'est du schiste!
Merci Jérôme pour cette interview qui nous permet de mieux connaître votre travail, vos opinions, et bien sûr le Château Haut-Lignières et la région de Faugères!!!!!
Pour une première, je trouve que c'est plutôt très réussi! Que je dédicace à mes "collaborateurs" que je saoûle (c'est le cas de le dire) régulièrement avec mon blog: Bug, Sly, Dan et Al.
26 septembre 2009
Random bottles
Deux vins sympas et bien faits, un excellent vin, et un vin d'occasion, pour ces bouteilles "en vrac" dégustées récemment.
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Dans l'ordre chronologique on commence par l'excellent vin, et j'appelle à la barre un Chinon. Des vins que j'ai d'habitude du mal à apprécier, car du fait du terroir ils me paraissent souvent terreux;celui-ci pas du tout, il est juste parfait, le cabernet et le terroir ligérien s'expriment dans toute leur splendeur et on en redemande! The info: le Domaine de Pallus qui fait ce brillant Chinon sera présent au prochain salon des vignerons indépendants!!
Ah le Syrah nord-sud de chez monsieur Miquel, un vin qui fait mouche à tous les coups. On est d'abord envoûté par des parfums de raisin, de cassis, et de fumé, avant de succomber sur les notes poivrées qui s'exprime en bouche. Le vin vraiment bien fait qu'il faut toujours avoir à dispo dans un coin de sa cave!
L'Iris 2005 de chez Bérénas et qui fait partie de la caisse de dégustation dont je parlais récemment: franchement c'est pas mal mais attention, on est sur du costaud. Mieux vaut l'accompagner d'un plat qui tient la route, sinon le vin va tout manger. Bon je vous dis tout de suite il y a par exemple mieux que la pizza pour tenir la comparaison!
On termine par le vin d'occasion, j'ai nommé le Vin de Pétanque du Mas de Libian. Acheté un peu par hasard mais surtout pour l'occasion chez Ochato, on m'avait précisé que c'était un assemblage de syrah et grenache (dominant), en bio et vinifié plutôt de façon naturelle, sans ajout de souffre ni de levures par exemple. Au nez à l'ouverture tout le monde reconnaît son côté "naturel", à savoir la bonne odeur animale bien forte, ou oeuf pourri comme diraient certains. Heureusement en bouche point d'arômes désagréables, on est de façon assez surprenante sur un vin léger et plutôt sur le fruit. Je m'attendais à un truc costaud et en fait on est dans la finesse, le plaisir sans exéburance. Dégusté en mode pétanque place Dauphine charcuterie fromage c'était parfait. Et en plus j'étais dans l'équipe vainqueur! :-)
Vous l'aurez compris les premiers et derniers vins sont de véritables découvertes et de jolis coups de coeur!!!!!
13 février 2009
Dégustation #0
Une dégustation #0 qui me tenait particulièrement à coeur, complètement éclectique, ludique et conviviale, au Café Rouge à la Défense. Six vins nous étaient proposés ce soir:
Picpoul de Pinet (blanc), domaine Fougeray de Beauclair, 2006: minéral, salin, pas très expressif, une entrée en matière discrète, un peu amère, avec un cépage que je connaissais absolument pas! Certains ont trouvé à celui qu'on appelle le muscadet du Languedoc des arômes de fleurs blanches, de miel d'acacia, ou encore de pêche de vigne...
Côtes du Rhône blanc Borry, domaine Saint-Amand 2006: un 100% viognier (95 viognier-5 roussane en fait), qui a passé six mois en cuve et six mois en fûts; un nez discret mais tout de même caractéristique du cépage, sur l'abricot sec; en bouche c'est assez rond, avec une belle trame acide, j'ai beaucoup aimé. Un domaine qui sera présent au prochain salon des vignerons indépendants du 27 au 30 mars prochain à l'espace Champerret.
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Montlouis "Les Quarts de Nouy" moelleux 2003, Laurent Châtenay: au nez des notes de miel, de cire, un certain côté bonbon (fraise tagada?); en bouche le côté sucré est vite estompé par l'acidité du vin. A garder quelques années ou à boire tel quel tout de suite sur un dessert! Le site de monsieur Châtenay est ici.
Pinot noir d'Alsace, 2006, GAEC Metz Bleger: notre premier rouge de la soirée nous surprend par sa limpidité, on aurait presque cru avoir à faire à un rosé! Le nez est marqué par le fruit, c'est comme du sirop, du cassis, de la fraise, de la mûre. En bouche ça passe comme une lettre à la poste, pas de tanins, peu d'amertume, du fruit. Original, mais pas forcément facile à accorder à table!
Un Côt de Touraine, sur lequel il faut que je me renseigne car plus beaucoup de souvenirs...mise à part que ce cépage est l'ancêtre du malbec, cépage que l'on retrouve notamment à Cahors ou en Argentine, et que ça allait bien avec la charcuterie...Je triche, voici sa fiche technique! Et le site du domaine Bellevue!
Gigondas Cuvée Fauquet O Petit Montmirail, domaine La Fourmone 2005: le seul vin d'assemblage de ce soir (syrah, grenache, mourvèdre), le plus complexe, et le plus tannique également. Un vin qui présente au tout début des notes de pruneaux et de poivre. Leur site web.
Pas de prise de tête, pas de mal de tête non plus, des découvertes, des débats, des belles surprises, une dégustation au cours de laquelle chacun a pu exercer ses sens et comprendre un peu mieux pourquoi il aime ou pas un vin. Thank you all!
24 octobre 2008
Le tour du monde en 12 vins
Nouvelle soirée de cours hier soir, toujours à l'Union des Oeunologues de France dans le 13ème. On poursuit notre apprentissage avec les vins du monde. Douze vins dégustés, de dix pays différents: Brésil, Nouvelle-Zélande, Australie, Liban, Chili, Israel, Afrique du Sud, Etats-Unis, Uruguay, Canada.
Comme d'hab j'ai écrit sur ma fiche de dégustation des notes et des appréciations très personnelles (bof, nul, pas mal, original), et je vais vous en épargner certains. Quoique, je vais quand même les citer et vous faire part de mon classement:
Les Nuls: ces vins n'expriment rien
- Serra Gaucha: Chandon brut réserve, un méthode traditionnelle Chardonnay, Pinot Noir, Riesling du Brésil
- Vallée de la Bekaa, Château Kefraya, Blancs de Blanc 2007: un viognier, sauvignon, clairet, ugni blanc, chardonnay qui nous vient du Liban
- Establecimiento Juanico Tannat roble Don Pascual 2006: un vin d'Uruguay, qui ne vous propose rien au nez et rien en bouche. En plus c'est sec et ça assèche la bouche. Un scandale quand on sait ce que l'on fait avec le tannat dans le Madiran!
Les Bofs: des vins intéressants (ou pas) mais qui ne m'ont pas séduit
- The Black Stump Verdelho Chardonnay Pinot grigio 2007: un vin du sud-est de l'Australie fait avec du pinot gris, du chardonnay et du Verdelho
- Barkan Réserve Altitude Cabernet sauvignon élevé en fûts de chêne: un vin d'Israel bien fait, avec un nez expressif sur la mûre et la ronce, une belle robe rubis, des tanins fondus, de la matière, mais qui manque de finesse.
- 1865 Carmenere single vineyard 2006: un vin de la Valle del Maule au Chili, fait avec du Carmenere
- AVA Central Coast Western Cellars Zinfandel 2007: un vin intéressant de Californie aux Etats-Unis, bien fait, sur les fruits mûrs, les fruits compotés, et doté d'un bel équilibre sucre-acidité.
- Settler's Cove Shiraz cabernet sauvignon 2005: une robe rubis brillante, une bouche tout en souplesse, des tanins fondus, une finale sur le fruit. Un vin sympa d'Australie.
Les coups de coeur, pour leurs qualités, le plaisir, ou leur originalité
- Sentinel Sauvignon blanc single vineyard 2007: le top de la soirée pour moi, un sauvignon de Malborough en Nouvelle-Zélande, soit disant le meilleur terroir d'expression du sauvignon. Je confirme j'ai adoré ce nez de fruits exotiques, d'orange mûre, sur la goyave (vous savez, le jus qu'on sert à Florence Foresti?). C'est expressif, c'est dépaysant. En bouche c'est frais, rond, long, avec une dernière note fruitée en finale, c'est très beau. On lui pardonne sa robe un peu palotte et sa capsule à vis!
- Luis Felipe Edwards Chardonnay gran reserva 2007: un chardonnay du Chili, un vin surprenant, qui ne laisse pas indifférent. Un nez discret, qui ne demande qu'à se stabiliser, une belle bouche acide avec une finale piquante presque poivrée assez originale. Un chardonnay comme je n'en avais jamais bu.
- Escapades pinotage 2006 (Stellenbosch): ah le pinotage d'Afrique du Sud, ce fameux croisement entre le pinot noir et le Cinsault. Une belle robe intense et des arômes fumé, boisé, de cuir au nez. En bouche c'est fort, sur le brûlé, l'épicé, avec un milieu de bouche sur le cuir (si si je vous assure!). On a l'impression qu'il y a du sucre, je ne sais pas d'où ça vient mais apparemment ça plaît aux américains.
- La face cachée de la pomme, cidre de glace, Neige 2006: comme son nom l'indique un cidre de glace, en provenance du Canada. Comme pour le vin du même nom les pommes gèlent et on en extrait le jus dont la teneur en eau est limitée. Au nez c'est sur la compote de pommes et la tarte tatin, en bouche on retrouve l'acidité de la pomme, et la finale est grasse et légèrement beurrée. Une belle gourmandise pas trop lourde pour finir sur une note sucrée!
Je vous rassure on a pas fait que picoler lors de cette soirée on a aussi eu pas mal d'infos théoriques sur la viticulture des différents pays traversés. Fort intéressant ma foi.
24 août 2008
Les Brome, Lac Brome
Enfin un domaine situé sur un vrai coteau !!!!! Rien que pour ça on se sent dans un endroit plus familier. En plus « d’en haut » on a une vue plutôt sympa sur le lac.
Accueillies par une dame charmante dont je ne connais pas le prénom, et qui avait travaillé avant à l’Orpailleur. La question que je suis obligée de poser, pourquoi avoir quitté l’Orpailleur ?? Parce qu’il y avait trop de travail, et pas toujours intéressant, elle en avait marre de faire cinq visites guidées par jour. Elle a aimé la « jeunesse » (que ce soit l’âge du domaine ou l’âge de ceux qui y travaillent) des Brome, la dynamique, les projets etc…
Pas de visites ce jour-là donc nous avons eu le droit à une heure de présentation particulière, pendant que dans la salle derrière une équipe s’affairait à mettre en bouteille le vin de glace.
Bon là y'a plus personne sur la photo mais quelques minutes avant il y avait encore quelques personnes qui mettaient en bouteille le vin de glace. Elle se fait à la main car les bouteilles sont plus petites (200 ml) et ils n'ont pas de machine adaptée.
Ce domaine existe depuis 2000, a ouvert au public depuis 2005, a une superficie de 10,5 ha, et plante 10 000 nouveaux pieds de vigne par an. A noter que dans la plupart des domaines que nous avons visité, du moins les domaines crées récemment, il y a des projets d’agrandissement ou d’extension, et ce toujours de manière raisonnée. Ils souhaitent accorder plus d’importance à la qualité qu’à la quantité.
Les "étiquettes" bleues ce sont les nouveaux plants
Douze cépages sont cultivés aux Brome : Riesling, Chardonnay, Geisenheim, Baco Noir, Vidal, Seyval Blanc, Seyval Noir, De Chaunac, Maréchal Foch, Cabernet Franc, Saint-Pépin, Pinot Noir . Le domaine qui en termes de cépage, d’emplacement, et d’esprit se rapproche le plus de nos vignobles français !
Pourquoi le vin de glace est toujours fait avec du vidal ? Parce qu’il a une peau plus épaisse et qu’il résiste mieux aux températures négatives tout en gardant du jus. Pour info avec 100 kg de raisin on obtient environ 85l de jus alors qu'avec 100 kg de raisin de glace on obtient moins de 15l de jus.
Dégustation
Rosé: très clair, frais et léger, le vin de l'été qui ne vous fera pas mal à tête!
Blanc sec Cuvée Charlotte: la fille du domaine s'appelle Charlotte, elle a donc sa cuvée! Vin très agréable, des notes de fleurs blanches au nez, minéral et frais en bouche, acidité discrète en finale ce qui fait que ce vin est étonnament doux pour un sec!
Blanc demi sec Vidal avec 15% de Chardonnay: un vin très très agréable à boire, très bien décrit sur leur site.
Rosé plus foncé (Péché): assemblage de seyval noir et de maréchal Foch, avec une robe bien plus intense que le premier rosé. Un vin qui ne me laisse pas un souvenir impérissable.
De Chaunac: au nez des petits fruits noirs et rouges, des notes de bleuets et de canneberges pour citer les fruits locaux (j'ai bu du jus de canneberge et manger un muffin aux bleuets donc forcément j'étais influencée...) et surtout une dominate terreuse pas désagréable, car ce vin est doté d'un bel équilibre entre tous les éléments qui font ses caractéristiques.
Cuvée Julien: nommé ainsi car le fils du domaine s'appelle Julien. Assemblage de Maréchal Foch, de Chaunac et Baco. Des notes fruitées dominent au nez comme en bouche. De la cerise noire, de la mûre, de la fraise des bois. Très agréable.
Baco: un vin caractérisé par des notes épicées, au nez comme en bouche, notamment le poivre.
De Chaunac Réserve passé 16 mois en fûts : boisé et encore plus terreux que le premier de Chaunac
Et en bonus les vins de glace:
Vin de glace régulier 2005 : au nez agrumes pamplemousse, acidité ; en bouche on retrouve des notes de miel et de fruits secs mais toujours avec une très belle acidité caractérisées par des notes d'agrumes. J'en ai acheté une bouteille j'espère pouvoir la garder un moment, et je vous en reparlerai!
Vin de glace fûts de chêne 2004 : au nez des notes plus subtiles d’épices de vanille, un peu comme un whisky. Excellent et très fin mais trop typé pour moi.
Cette rencontre restera un excellent souvenir!!!!
Ici la technique de protection de la vigne pour l’hiver n’est pas la même qu’à l’Orpailleur : on met simplement de la paille aux pieds des vignes pour les protéger du froid. Idem pour le vin de glace, ici une fois cueillis les raisins ne sont pas attachés à la vigne, ils mûrissent dans leurs caisses, sous la grange.
21 août 2008
L'Orpailleur
Crée en 1982 par deux français et deux québécois, qui étaient persuadés qu’ils pouvaient faire pousser de la vigne au Québec, la première récolte du domaine a eu lieu en 1985.
Pourquoi se sont-ils installés ici ? Trois raisons : la première donnée par notre guide est que l’emplacement est stratégique commercialement parlant : un peu plus d’une heure de Montréal, pas très loin de la frontière américaine, à trois heures de Québec. Bizarre comme première raison, j’étais un peu étonnée qu’elle commence par celle-ci. Seconde et troisième raison un peu plus classiques, le climat et le terroir. Comme tous les domaines visités le domaine bénéficie d’un micro climat avec une saison végétative plus longue qu’ailleurs, et un sol fait d'argile et d'ardoise.
Comment protègent-ils la vigne du froid ? En recouvrant les pieds de vigne de terre : comme on le voit sur la photo les rangées de vigne sont assez espacées ce qui permet de creuser une tranchée au milieu et de remonter la terre de chaque côté sur les pieds de vigne. Ca s'appelle le buttage.
Enfin, pour lutter contre les gels de printemps, après avoir pendant de longues années utilisé l’altogel (des torches à l’huile qu’il faut allumer une par une et surveiller consciencieusement pour s'assurer que les vignes ne prennent pas feu...) le domaine a opté pour une éolienne, au milieu de la parcelle. En tournant elle remue l’air, et fait ainsi remonter l’air chaud qui est au ras du sol. Ceci permet de maintenir au niveau des bourgeons une température qui les empêche de geler. A noter qu’une éolienne suffit à « réchauffer la parcelle » mais que la butte que l’on voit sur la photo n’est pas atteinte par l’éolienne ; et en fait il n’y a pas besoin car la température sur la butte est supérieure à celle de la parcelle devant.
Le domaine produit 10 vins (divin?),du blanc, du vin gris, du vin de glace et du vin muté. La visite guidée fut très agréable et très instructive. Je vais d'ailleurs tenter de mettre en ligne une vidéeo, parce que c'est beaucoup plus joli avec l'accent (on entend pas bien mais c'est adorable):
Les jarres que l'on voit en haut sur cette photo contiennent un vin muté, c'est à dire que l'on a ajouté de l'eau de vie (de l'alocool) pour stopper la fermentation. Ce vin passe six ans dehors dans ces jarres quelque soit la température extérieure, qui sont ouvertes, d'où évaporation, d'où le nom de ce vin, La Part des Anges.
Le pressoir, un pressoir français; à l'intérieur deux plaques se rapprochent progressivement pour presser le raisin. Pour le vin de glace le pressoir est plus petit et c'est un ballon qui se gonfle à l'intérieur et presse ainsi le raisin:
Passons à la dégustation:
Blanc fûts de chêne : un 100% seyval blanc doté d'une belle acidité, et d'un boisé complètement fondu. Un blanc léger mais qui a du caractère.
Vin gris : trois cépages composent ce vin, le seyval blanc, le muscat de New York, et le geisenheim. La première chose qui marque sur ce vin c'est sa robe. Une couleur à laquelle on est clairement pas habitués: gris clair avec des reflets violacés, tout en transparence et en nuances, "saumonné" comme c'est écrit sur leur site, un peu peau de saumon en fait. Au nez et en bouche c'est clairement litchi, litchi et encore litchi. Quelques notes florales et exotiques également, de celles que l'on retrouve dans certains vins d'Alsace. Ca surprend, c'est agréable et efficace, par contre j'aurais du mal à le servir car c'est très typique et très original et je ne vois à quoi l'associer. Et seul ça me paraît trop "fort". Si vous connaissez et que vous avez des suggestions n'hésitez pas.
La Marquise: encore un 100% seyval blanc, fortifié, très sucré, arômes de fruits macérés, de pruneaux à l’eau de vie, et qui titre 17% d'alcool. Trop fort pour moi.
Blanc régulier : le même 100% seyval blanc que le premier, mais sans le passage en fûts de chêne: un peu fade par rapport à celui qui est passé en fûts, peut-être aussi parce qu’on l’a goûté après la marquise….
Résultat j'ai acheté une bouteille du blanc fûts de chêne, et une bouteille de leur vin de glace. Notre guide l'a très très bien vendu et je l'ai donc acheté sans le goûter. Bouh, pas bien...Mais quel plaisir de raconter son histoire quand je l'ouvrirai (même s'il est pas bon :-), de toutes façons il sera forcément bon avec une belle histoire comme ça!).
29 juillet 2008
Le Café Rouge, Esplanade de la Défense
"Birthday Lunch", c'est l'occasion qui a fait le larron pour ce déjeuner au Café Rouge, un restaurant, café, bar à vins qui a ouvert il y a moins de deux mois Cours Michelet à la Défense (en bas à droite quand est dos à la Grande Arche). Ce post ne va concerner que les gens qui bossent à la Défense parce que je ne vois absolument aucune raison d'aller traîner dans ce coin. Si ce n'est, peut-être, les vignes de la Défense...
Le décor est simple, avec une terrasse sur le devant du resto. A l'intérieur une banquette, de l'espace, de grandes armoires avec tout plein de bouteilles dedans, à consommer sur place ou à emporter, avec des prix raisonnables et transparents (+4€ sur les prix affichés pour les bouteilles consommées sur place), et on peut aussi consommer au verre. La carte des vins est riche et variée, avec uniquement des vins français me semble t-il. Il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses, avec des vins originaux comme du Chinon blanc ou du Cherverny rouge. Les responsables Medhi et Julien sont cools et aiment le vin, c'est toujours plus sympa quand on peut discuter un peu avec les responsables de l'endroit.
Au niveau de la cuisine la carte n'est pas démentielle mais là encore chacun y trouvera son compte. Une cuisine simple mais "travaillée", la purée maison c'est toujours plus agréable que la purée de la cantoche. Au menu ce midi pour nous c'était travers de porc pour les uns, saumon pour les autres, tous avec de la purée, on a tout fini!
A boire c'était Montlouis (je lâche pas l'affaire avec le Montlouis, découvert chez Frantz Saumon, redécouvert pétillant avec Les Loges de la Folie), un moelleux de 2003 de chez Laurent Chatenay, sucré, "miel" (dixit Ticiô), un peu déçue sur la finale qui aurait méritée d'être relevée, par un peu d'acidité par exemple...C'est mon dada l'acidité en finale en ce moment. Quand y'en a on ne se rend pas compte, mais quand on commence à y faire attention, eh ben on se rend très vite compte quand ça manque!!!! En rouge un Syrah Merlot 2005 du domaine Fougeray de Beauclair, une famille qui fait du vin en Bourgogne et dans le Languedoc. Un bon petit rouge bien fait, fruit, matière, équilibre, tanins, 8€ la bouteille à emporter, ça reste un bon rapport qualité prix.
Un resto dont j'aurai j'espère, l'occasion de vous reparler...
Le Café Rouge, 43 Cours Michelet, 92 800 Puteaux. M° Esplanade de la Défense, 01 47 44 92 43
04 mai 2008
La Pie Rouge, Peca Peca 2006
Suite du dej entre collègues: La Pie rouge. Le vin du pote d'un collègue.
Le gars qui réalise un peu notre rêve enfoui à tous, faire son propre vin.
Bon comme il le raconte dans son blog tout n'a pas toujours été facile, mais il a bien été aidé par Hervé Bizeul (Clos des Fées) qui a mis à sa disposition du matériel. Pour l'instant il achète des raisins et élève ensuite son vin. Le La Pie Rouge 2006 est donc son premier millésime, et son Peca Peca est plutôt réussi!
Quelques caractéristiques techniques:
Assemblage : Grenache noir 70%, Carignan noir 25% et Syrah 5%
Terroir : Village de Maury (Pech Lauzie et Cabirou Bas) Schistes et marnes schisteuses
Vendanges manuelles en comportes de 50 litres (env. 40 kg de raisins) les 16 et 17 septembre 2006. Egrappage complet.
Macération de 15 jours avec 2 remontages quotidiens et un délestage par jour en phase pré-fermentaire.
Elevage en cuve.
Mise en bouteille le 20 juillet 2007.
Le vin a une jolie couleur rubis (bon je ne suis pas encore top en couleur la bibliothèque qui se construit dans mon cerveau n'est pas encore très garnie...), pas opaque du tout, c'est très joli dans un verre Mikasa (qui casse les molécules).
Nez sur le fruit, rouge et frais (le fruit, pas mon nez).
En bouche c'est léger, agréable, facile à boire; pas de tanins qui assèchent la bouche, ça se boit tout seul!
Servi avec des salades de pâtes (recettes sur demande) et un plateau de charcuterie c'était top! Je crois que le succès a vraiment été unanyme. Certains m'ont fait remarquer que le vin s'était considérablement ouvert deux heures après ouverture donc j'y prêterai attention la prochaine fois.
Et pour finir quelques détails qui peuvent faire la différence: la bouteille lourde, verre épais, "cul profond", tout de suite ça fait très qualitatif; tout comme le bouchon qui reprend le logo La Pie Rouge, ainsi que l'emballage autour du bouchon (ça doit avoir un vrai nom ce truc mais je suis sûre que vous voyez de quoi je veux parler). Même le carton de 6 fait classe je trouve!
Merci Stéphane et bonne continuation!
Note: VinsurVin parle de La Pie Rouge
21 avril 2008
Bu à bû, sans abus: coup de coeur "domaine"
Le 19 avril dernier avait lieu un salon du vin à Bû (28), à peine 2000 habitants selon Wikipedia. C'est ici que Laurent Baraou, l'artisan caviste comme il se définit, avait invité 11 de ses amis vignerons.
Aujourd'hui je vous fais part de mon coup de coeur "domaine", demain ce sera mes coups de coeur "vins", et après-demain mes confirmations. Quand je dis coups de coeur j'entends vraies découvertes, le genre de vin qui nous fait voyager en les dégustant, le genre de vins où on se dit "tiens, celui-là j'ai envie de le partager avec mes amis, de leur raconter l'histoire qui va avec, j'ai envie d'aller voir les vignerons, de discuter avec eux et de voir comment ils travaillent, et j'ai envie d'apprécier leurs vins, tout simplement!
Domaine Saurigny
Un jeune couple qui a repris un domaine dans le Maine et Loire en 2005, et qui est en conversion bio depuis 2007. J'adore l'esprit, j'adore les vins, j'adore les noms des vins. L'esprit c'est généreux et familial, et expérimental: les vins sont aussi joyeux que les vignerons, qui "testent" tout un tas de petites choses et cherchent à sortir des sentiers battus. Le résultat ce sont des vins tous plus étonnants et surprenants les uns que les autres, tant au niveau des couleurs que des arômes.
90 C : vin pétillant naturel, 90% chenin, 10% sauvignon, dans des bouteilles avec des capsules comme les capsules à Champagne, c'est rigolo. Et pis c'est vraiment presque tout comme du Champagne car les bouteilles sont têtes en bas, tournées de temps en temps, dégorgées, puis reremplies au bon niveau et recapsulées! Ca donne un vin pétillant et léger très agréable à boire!
Sau7: de mémoire un 100% Sauvignon avec une note de grillée/fumé sur la fin très agréable. Et quand je demande à Jérôme d'où ça vient il me répond en toute honnêteté qu'il ne sait pas! Et tant mieux, heureusement que tout ne s'explique pas!
Pti Saur: 100% grolleau, un vin légèrement perlant de couleur orange, un peu trouble (les vins ne sont pas filtrés), excellent. Je suis sûre que vous n'avez jamais vu une telle couleur dans votre verre!
La Polissonne 2007: celui-là ça devait être du Cabernet Franc, à vérifier. Vin rosé naturellement pétillant, encore une couleur originale, du fruit, de la gourmandise, et les petites bulles donnent de la légèreté; excellent. Et je testerais bien les accords suggérés sur leur blog (http://domainesaurigny.over-blog.com/): apéro (classique), ou plats exotiques comme du colombo: why not? (Ouailles notes, ça pourrait presque être le nom d'un de leurs vins dis donc)
Conclusion: un domaine vrai et original, des vins de table à découvrir et à partager de toute urgence. Ce sont des vins explosifs dans le sens où on en prend plein les yeux et plein les papilles à chaque fois qu'on découvre une bouteille! Et après tout c'est aussi ce qu'on recherche en tant qu'amateur de vin, des choses originales, pas parfaites, un vin à l'image du terroir et des vignerons, et agréable à boire.
Merci Laurent de m'avoir, de nous avoir, fait découvrir ce domaine, et bravo pour l'organisation de Qui à Bû boira.




























