23 juin 2009
Concours des vins bios: le palmarès
Je vous parlais la semaine dernière de mon expérience de juré au concours des vins bios (aussi appelé concours amphore) et organisé par Pierre Guigui. Le palmarès n'étant pas encore publié je ne pouvais pas me permettre de citer des noms, car il serait assez malvenu de citer des noms de domaines qui n'ont pas été récompensé. Maintenant que le palmarès est plublic (ici), je peux donner plus de détails!
Tout d'abord sur la région pour laquelle j'ai officié, le Sud-Ouest: nous avons attribué quatre récompenses, deux médailles d'argent, et deux prix spécaiux car concernant des domaines en cours de conversion bio.
Les deux médailles d'argent ont été attribuées à deux Cahors 2006, du même domaine, La Capelle Cabanac (vigneron indépendant), un domaine découvert lors d'un Tupperwine. La Cuvée Prestige (fiche) obtient chez moi le score de 80/100. Une robe super concentrée presque noire, un nez est intense de fruits noirs, le vin est riche et bien structuré. Sa fraîcheur lui confère un bel équilibre et il séduit de par la souplesse de ses tanins. La Cuvée XL (fiche) obtient chez moi le score de 67/100 "seulement" car j'ai trouvé le vin un peu dur, trop concentré, avec une finale asséchante. Son passage de 18 mois de en fûts de chêne neuf y est peut-être pour quelques chose, et le temps estompera peut-être ces impressions.
Les deux Mentions Spéciales attribuées à des domaines en conversion bio ont elles aussi été attribuée à deux vins du même domaine. Il s'agit du Château Grinou, dont nous avons récompensé le Bergerac blanc Sauvignon 2008 et le Bergerac Rouge 2008 Réserve. Après recoupement (j'ai le n° des échantillons mais n'ayant pas regardé après pour tous à quels vins ça correspondait je ne sais pas forcément ce que j'ai goûté...) je pense pouvoir dire que leur rouge a obtenu chez moi le score de 93/100! Un pur merlot en barriques neuves selon le site du domaine, dont le nez est ouvert, épicé, sur les fruits noirs et mûrs (cerise, mûre). En bouche c'est légèrement fumé, et l'équilibre entre les différents arômes, les tanins, la matière, est admirable. J'ai écrit sur ma feuille "un vin riche, avec des choses intéressantes dedans". Por info la bouteille est vendue 6,75€ sur le site du domaine. Côté blanc je ne sais pas avec certitude à quel échantillon correspond le vin médaillé...dommage car j'en ai un qui a obtenu le score de 88/100...
D'autres domaines dont vous avez déjà entendu parler ici ont également à l'honneur:
Le Moitié Vide Moitié Plein du Domaine des Terres de Solence (vin de pays du Vaucluse rouge 2006), découvert lors du lancement du guide Gault&Millau obtient une belle médaille d'or.
Le Gewurtztraminer Grand Cru Sonnenglanz du Domaine Jean Becker (blanc, 2007), découvert lors d'un... Tupperwine mémorable avec Martine Becker, obtient une médaille d'argent. Martine, rapide ("pressée" en fait) et généreuse, nous avait fait découvrir plus de dix vins du domaine et nous avait expliqué les spécificités du terroir alsacien. Le Gewurtztraminer Rimelsberg (blanc, 2007) du domaine obtient une médaille de bronze, tout comme le Riesling Grand Cru Froehn (blanc, 2007).
Enfin, je tenais à mentionner ce vin car je l'ai dégusté en free tasting après le concours et j'ai beaucoup apprécié. C'est un Clos de Vougeot 2006 du Domaine de la Vougeraie qui a obtenu une médaille de bronze. Ce même domaine obtient une médaille d'argent ainsi que le prix Marc Jolivet pour son Gevrey-Chambertin rouge Les Evocelles 2006.
15 juin 2009
Concours National des Vins issus de Raisins de l'Agriculture Biologique
Aujourd'hui avait lieu à Paris à l'hôtel de Castiglione la 13ème édition du concours national des vins de raisins issus de l'agriculture biologique. Ce concours, organisé par Pierre Guigui (rencontré lors d'un Tupperwine), "vitrine de la viticulture biologique dans son ensemble, indépendant et reconnu par l'ensemble de la profession, contribue (si besoin, ndlr) à donner une image positive de la démarche bio, au travers de son sérieux, de sa reconnaissance par les instances professionnelles du vin et de la bio, et par le grand nombre de sollicitations, en qualité d'experts, dont font l'objet les organisateurs". Oui je sais la phrase est longue mais elle n'est pas de moi et je ne voulais pas la tronquer ou la reformuler. Et je ferai un post prochainement sur la viticulture bio, enfin j'essaierai parce que ce n'est pas évident de s'y retrouver.
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Pour moi c'est déjà un événement en soi que d'aller errer rue du Faubourg Saint-Honoré car je n'ai pas l'habitude d'aller "magasiner" dans ce quartier. Ca l'est encore plus quand je rentre dans un hôtel quatre étoiles, vous savez ces hôtels avec des grooms et des voituriers devant et dont on se demande souvent comment c'est à l'intérieur et qui séjourne dans ces endroits...Et bien là il fallait y aller, rentrer dans le tourniquet, et découvrir qu'à l'intérieur c'est tout ce qu'il y a de plus normal: pas d'effervescence particulière, pas de stars avec des lunettes noires, pas de hall monumental non plus, juste un bel endroit. Quelques marches à gravir et nous voici dans l'antichambre du concours; rapide pointage pour savoir qui est là et avoir son numéro de table; puis quelques minutes d'attente avant de démarrer les hostilités. Dans l'assemblée, d'une bonne soixantaine de personnes, une grande majorité d'hommes (qui ont de la bouteille, en tous cas de mon point de vue:-), quelques têtes connues (de moi) mais impossible de remettre un nom sur un visage. Il y a là des cavistes, des sommeliers, des négociants, et sans doute bien d'autres encore. Ils semblent tous se connaitrent, ça sert des pinces, ça se fait la bise, visiblement il n'y a pas beaucoup de néophytes comme moi...En même temps c'est le but puisque le jury est un jury de professionnels. Mais je ne sais pas s'il y avait d'autres bloggers par exemple!
10h, on entre dans l'antre (quel style!). Pour moi direction la table numéro 8, rencontre de mes a(l)c(o)olytes, et surtout découverte de la région pour laquelle je serai juré: le Sud-Ouest. Cool, c'est une région que j'apprécie, même si j'ai été "surprise" par les appellations proposées: Vin de Pays des Côtes de Gascogne (blanc), Bergerac (blanc, rouge, rosé), Irouléguy (blanc et rouge) et Cahors (rouge). "Surprise " dans le sens où ce ne sont pas les appellations que je connais le mieux, par rapport au Madiran, Gaillac ou Pacherenc. Autour de moi à ma table deux "étrangers": un américain qui exporte du vin français aux Etats-Unis et en Chine depuis plus de vingt ans (il est cité dans cet article du NY Times, à propos du Beaujolais Nouveau, et qui date de 1992), et une australienne qui a un domaine en Australie, qui étudie au Masters of Wine à Londres et dont vous trouverez un portrait ici. Moi qui bosse pas mal en anglais et dont la boss est australienne je n'étais pas dépaysée! Mais j'étais hyper contente de les avoir à ma table et d'avoir pu échanger avec eux, en anglais et en français, de divers sujets tournant autour du vin. Ah, j'oubliais, mon idole, Philippe Faure-Brac, parrain du concours, était aussi présent!
Echantillons numérotés, étiquettes et formes de bouteille cachées, jurés concentrés, c'est ça le concours des vins de raisins issus de l'agriculture biologique!
Maintenant que le décor est planté on passe à la dégustation, une dégustation de concours, une première pour moi. Même si mes collègues sont plus expérimentés que moi nous lisons attentivement la fiche présentant les instructions. Chacun dispose d'une feuille présentant (région, appellation, couleur, millésime) les quatorze vins à déguster, d'une feuille constituant l'échantillon de calage, et de plusieurs feuilles permettant de noter différents aspects du vin (visuel, olfactif intensité, olfactif qualité, gustatif qualité, gustatif persistance et impression générale, avec un coefficient de 2/3 plus important pour le dernier critère) ainsi que ses impressions. Le total nous donne une note sur 100. Avec mes compagnons de tablée nous avons dégusté les vins ensemble,
sans pour autant échanger nos impressions avant d'avoir attribué notre note finale. A la fin nous remplissons une feuille qui présente la note moyenne pour chaque échantillon, l'attribution éventuelle de médailles, et quelques commentaires. Cet exercice est difficile et intéressant à la fois. Intéressant parce que quand nous comparons nos impressions nous nous rendons compte que parfois nous sommes tous les trois complètement d'accord (sur le bien comme sur le moins bien), et parfois nous avons trois avis complètement différents! L'attribution éventuelle de médailles est également un "casse-tête" car ce n'est pas évident du tout d'émettre un avis à partir de trois notes...Et ça l'est encore plus pour moi qui n'ait absolument aucune expérience de ce genre d'exercice! Mais bon on a quand même réussi à s'accorder à peu près.
Tous ces échantillons dégustés en un peu plus de deux heures!
Après cette intense matinée de dégustation nous remettons notre feuille au responsable du concours. On nous débarrasse les bouteilles que l'on amène sur une grande table en bout de salle. Quel alignement! Et on peut enfin voir ce que l'on a dégusté, et ce que tous les autres ont dégusté! Un buffet nous permet de nous restaurer tout en goûtant aux vins présentés au concours. Quelques domaines connus et reconnus (de moi) font partie du groupe de cols, mais je ne les citerai pour les raisons que vous comprendrez.
Voilà, ma première expérience "concours" touche à sa fin et ce fut comme souvent très enrichissant et intéressant: j'ai découvert comme marche un concours (on se demande toujours comment sont attribuées les médailles, notes et récompenses, en voici une illustration, qui montre j'espère la transparence et la pertinence du processus de "notation"), j'ai dégusté des vins qui m'ont plu, et j'ai rencontré des pros du vin ouverts, passionnés et passionnants, et de carrures internationales en plus! Merci à Pierre Guigui de m'avoir permis de faire cette expérience, j'espère quant à moi que j'ai été à la hauteur (en fait je sais que non...) et que j'aurai d'autres occasions de participer à des événements de ce type.
30 mai 2009
Les Caprices du Vin
Un petit message rapide pour parler des Caprices du Temps, un vin fait par David Poutays et que j'avais déjà dégusté ici. A l'époque je l'avais trouvé un peu râpeux (je ne l'avais pas écrit mais je m'en rappelle...), alors les dernières fois que je l'ai dégusté récemment je n'ai pas eu du tout cette sensation. Il m'a au contraire paru plutôt juteux, bien fruité, et même assez complexe avec pas mal de sensations et d'arômes différents en bouche. Un bel exemple de vin vraiment bien fait, et qui j'ai l'impression a évolué au cours du temps puisqu'il y a quelques mois il ne m'avait pas fait autant bonne impression. En tous cas aujourd'hui je suis conquise! Si vous voulez en savoir plus sur le domaine, le Clos de Mounissens, un domaine bio et dynamique, vous pouvez aller sur leur site internet. Le vigneron détaille précisément les derniers millésimes, les travaux qu'il a fait dans la vigne avec les dates, très intéressant.
24 avril 2009
Vendredi du Vin 23: le printemps dans nos verres
Un thème assez ouvert pour ces 23ème vendredis du vin: le printemps. Eh oui qui ne l'a pas remarqué, le soleil brille, les températures montent, les arbres verdissent, les fleurs fleurissent, les terrasses se remplissent et les bouteilles se vident! J'ai choisi pour ce thème un vin naturel qui tout comme le soleil et la chaleur du moment, tombe du ciel. C'est un vin de table naturel fait par Frédéric Rivaton que j'avais acheté au salon Buvons Nature en décembre dernier. Un 100% carignan fait en macération carbonique (on met les grappes entières dans une cuve saturée en dioxyde de carbone, cette technique permet de révéler les arômes primaires de vin comme le fruit, et donne des vins peu tanniques, pour le reste vous faites comme moi vous tapez "macération carbonique" dans google:-). A l'ouverture de la bouteille ça sent un peu le renfermé, donc je décide de le carafer. C'est rigolo parce que le bouchon lui, sent la fleur, genre la pivoine (eh oui je sniffe les bouchons).
Dans le vert on a toujours cette odeur d'animal, arômes que l'on ne ressent absolument pas en bouche. C'est plutôt très fruit, noirs, cassis, mûres, myrtilles, il n'y a même pas l'assèchement de la bouche en finale que j'avais ressenti en le goûtant au salon, la finale est assez courte, c'est bon. Surtout après deux semaines passées au pays des caribous!
Autant pour le nom que pour ses caractéristiques gustatives, Tombé du Ciel convient parfaitement à ce thème printanier. Et il ne coûte pas très cher (7,5€).
23 mars 2009
Déguster dans les beaux quartiers
Un bon plan de monsieur C-drick pour ce premier week-end de printemps: le restaurant Le Basilic dans le 7ème avait invité 8 vignerons bios à venir faire déguster leurs produits. Le quartier est plutôt chic, ministères, ambassades, le resto est agréable bien que pas très adapté à l'affluence des dégustations. Car on peut parler d'affluence pour ce dimanche après-midi! De la famille et des amis des vignerons, des amateurs, des professionnels, des jeunes, des moins jeunes, les participants étaient nombreux pour découvrir les vins de huit domaines représentatifs de huit régions bien différentes comme l'atteste cette carte. Eh oui, les dégustations de vins c'est aussi une excellente occasion de réviser sa géographie:
(J'ai encore un peu de mal avec la carte donc merci de dézoomer pour la voir dans son intégralité...)
On commence par un énergumène nommé Jérémie Illouz, un oenologue de
formation qui avec son associé Mr Parlange vinifie et élève du vin à
Cahors et à Montlouis. Un invité de dernière minute qui n'est ni sur ma carte ni sur la feuille dégustation! Il n'est pas propriétaire mais achète du raisin à des vignerons, décide de la date des vendanges et produit ensuite ses vins. Ca donne le domaine Parlange & Illouz qui nous offre son premier millésime dans les deux appellations. On commence par le Clos Michet 2008, son Montlouis, des raisins issus d'une parcelle de 2 ha avec des vignes de 95 ans me semble t-il. Le vin est encore en élevage dans des barriques neuves, mais il est déjà agréable à boire: c'est sec et acide, avec une finale citronnée. Espérons que le bois l'arrondisse un peu et ça sera parfait. Son vin rouge, La Pièce 2008, un cahors, est encore en élevage lui aussi (20 mois en cuve). C'est un 100% malbec, une parcelle de 2 ha également. Au nez on a de fines notes de torréfaction, en bouche ce n'est pas trop tannique pour un cahors, j'ai trouvé la finale fruitée (cassis), et sur les épices (poivrée, ben oui ça attaque un peu le cahors quand même). Tout comme le premier c'est un vin qui se goûte déjà bien.
La dégustation fut plus rapide avec Jean-Pierre Comor du Domaine les Terres Promises dans les "Côteaux Varois en Provence". On commence par son rosé, l'Apostrophe 2008 (grenache 25%, cinsault 45%, carignan 30%), un vin qui sent bon les vacances, gourmand au nez, mais qui m'a déçu en bouche. Les arômes étaient très discrets, mais le vin faisait quand même preuve d'une belle subtilité (=trop discret pour moi...) parce qu'il y avait du fruit et du poivre. On enchaîne avec l'Antidote 2008, un 100% carignan 100% nature, un vin dans lequel le vigneron a laissé le cépage et le terroir s'exprimer. L'Abracadabrantesque 2008 (cinsault, mourvèdre, carignan) m'a plus plu, mais je n'ai pas pris de notes, quel boulet. Mais j'en ai quand même acheté une bouteille! A noter quand même le nom de la cuvée, qui n'est pas une référence au président Chirac, mais à un vers de Rimbaud (pour les curieux voir l'article de Wikipédia). Les prénoms de toutes les vendangeuses du domaine sont inscrites sur la bouteille: aux Terres Promises les filles ramassent et les garçons portent les caisses!
On termine par l'Alibi 2008, un syrah grenache élevé en cuves et en barrique. C'est chaud et tannique, je n'accroche pas trop...
L'intérieur du Basilic, rue Casimir Périer, qui nous accueillait le 22 mars 2009
On va ensuite dans le Minervois, du côté du Domaine Sénat (à deux pas de l'Assemblée Nationale c'est un comble...), un domaine que vous pouvez retrouver sur le blog Le Vin de mes Amis. Dix-huit hectares, toujours en bio, un domaine que JB Sennat a repris en 1995. On commence par la Nine 2007 (grenache, carignan, syrah, mourvèdre), le nez est sur le fruit, la finale sur le café, j'aime bien. On enchaîne avec Arpettes 2006 (merlot, carignan), on a toujours du fruit mais c'est plus rond, plus fluide, plus creux aussi, moi j'ai un peu de mal avec le merlot dans le Languedoc...On finit par un vin que j'ai trouvé excellent: Bois des Merveilles 2007 (grenache, mourvèdre, carignan, 1/3, 1/3, 1/3, passé seize mois en barriques), un vin qui m'a impressionné par son virage fruité en milieu de bouche, d'un coup on se prend un coulis de fruits rouge, c'est maîtrisé comme un virage de S.Loeb, et la finale est elle épicée, sur la guarrigue et le poivre. Une belle longueur vient prolonger le plaisir. C'est pas donné (18€) mais j'ai trouvé ça très très bon.
Deux bouteilles des vins du domaine Sennat, des vins du Minervois que j'ai beaucoup aimés!
On reste dans le Languedoc, du côté du Mas Foulaquier, en Pic Saint-Loup. On commence par Orphée 2007, un syrah grenache sur lequel je n'ai pas pris de notes. Grant 2006 (grenache carignan 50/50), un nez sur le fruit, sucré, très jus de raisin bien concentré quoi. Il y a 20 mois d'élevage en foudres de bois, la finale est grillée, épicée. Calades 2005, pas beaucoup de notes si ce n'est que le nez était boisé et que la finale asséchait méchamment la bouche...A noter leur huile d'olive, qui est excellente sur un petit morceau de pain!
Ce coq qui trônait à l'entrée du restaurant m'a beaucoup intriguée...
Un dernier domaine avant la pause café, direction Fronsac dans le bordelais, pour le Domaine Château Moulin Pey Labrie (Michel Rolland les a aidés à leurs débuts, c'est incroyable le nombre de domaines dans lesquels on retrouve la patte de cet homme). Château Moulin 2005, un 100% merlot sur le fruit, facile et agréable à boire. Château Haut Lariveau 2005, même cépage et même élevage (2 ans) , seul le terroir diffère. Ouais. Argh je me demande s'il y avait pas 5% de malbec dans celui-ci. Bref c'est pas déterminant mais sachez que dans ce vin là ou dans le suivant il y a du malbec! Le suivant c'est du Moulin Pey Labrie 2004, sur lequel j'ai pas trop accroché. Le 2008 que nous avons également dégusté est encore en élevage (la fermentation malo lactique (deuxième fermentation, celle de l'acide malique en acide lactique) n'a pas encore eu lieu) mais il se goûte déjà bien je trouve.
On va ensuite à quelques kilomètres de Nantes du côté de la Haye Fouassière, pour le Domaine de la Louvetrie qui nous faisait discuter son muscadet, ou plutôt ses muscadets, tous faits à partir du cépage Melon de Bourgogne. Le premier, Amphibolite 2008 sent incroyablement la mer, c'est très salin. En bouche c'est tendu, acide, minéral, super sec. Ca ne peut aller que sur des huîtres, mais ça doit bien aller avec. Le second, l'Hermine d'Or 2007 (2 ans d'élevage sur lies), propose un bel équilibre entre l'acidité et la rondeur. J'ai bien accroché sur le dernier, Fief du Breil 2007, qui est acide et droit en bouche, mais qui présente une finale légèrement beurré, un retour sucré, voir miellé. Un final très très agréable et une belle longueur pour bien en profiter!
Grande affluence au Basilic, pour la présentation de huit vignerons bios
Ensuite direction la Bourgogne, avec le Domaine Goisot, dont ni les rouges ni les blancs m'ont séduite. On a commencé par un Côtes d'Auxerre 2007 (photo de droite),
un chardonnay qui comme l'a dit C-Drick ressemblait quelque peu à un Chablis. On a enchaîné avec un Sauvignon 2007, et comme je préfère ceux que l'on fait du côté de Sancerre j'ai été un peu déçue, c'était trop marqué par l'acidité pour moi. En rouge le Côtes d'Auxerre 2007 était assez sympa, avec un nez de fraise et de violette, et une belle trame acide, plus marquée en finale. Le Corps de Garde 2006, un vin fait avec des raisins sélectionnés, et passé en barriques je pense. On sent que c'est plus complexe, plus tannique, mais en même temps le vin s'arrête net en finale, dommage, on reste un peu sur sa faim...
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On finit par un grand classique des vignerons bios, et un habitué des salons et dégustations parisiennes, le Domaine Catherine et Pierre Breton, dans la Loire, en Bourgueil, Chinon et Vouvray. Madame a l'air fatiguée, préoccupée, un peu speed, ça tombe bien moi aussi je commence à caler. Du coup on ne va pas tous les goûter. On comence par le Vouvray pétillant la Dilettante, l'attaque et la bouche sont uniquement marquées par les bulles, super intensives, qui cachent le mpindre arôme qui tenterait de se montrer. Ensuite une fois qu'on a bu on a des notes herbacées puis des notes presque de miel en finale. Du coup passé les bulles c'est assez sympa. On goûte ensuite le Vouvray sec, sur lequel j'ai écrit "bof". La Dilettante rouge est un vin fait avec du cabernet franc et qui est vinifié en macération carbonique (prochainement sur dindonswine: les macérations!): au nez on a du fruit, du fruit, et encore du fruit, c'est agréable. En bouche pas de tanins, ça coule tout seul, mais l'acidité ne me plaît guère, et le côté terreux encore moins... Une dernière chance avec les Perrières 2006, j'en retiens surtout le côté minéral et terreux, qui ne me plaît décidément pas...(cf dégustations aus Caves Augé au printemps dernier)
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A noter la bonne organisation du restaurant le Basilic, qui malgré un endroit pas adapté aux dégustations a su rendre l'événement convivial et intéressant; les verres et la feuille présentant les vins en libre service à l'entrée, le passage des commandes sur la terrasse, un format intéressant qui permet aux vignerons de faire déguster et non de faire les comptes. Pour les clients on ne sent pas obligés d'acheter, on achète ce qu'on veut à la fin et hop. Le format est bien également, huit vignerons, c'est bien et il n'aurait pas fallu qu'il en y ait plus! Merci et bravo à tous.
Le Basilic, 2 rue Casimir Périer, 75007 Paris, M° Solférino ou Invalides
22 février 2009
Légumes & Vins
C'est en allant dîner au Potager du Marais, un restaurant bio et végétarien des Halles que je me suis rendue compte de la difficulté d'accorder du vin et des légumes. Ben oui d'habitude on a toujours de la viande, un poisson, qui permet d'avoir une petite réflexion sur la meilleure façon de mettre en valeur un plat avec un vin. Associer un vin à des légumes seuls, c'est tout de suite beaucoup moins courant, et assez difficile. Et ça dépend d'énormément de choses: le type de légumes, leur cuisson (cru, vapeur, grillé), leur assaisonnement (sauce, épices). Et après tout une solution facile et logique peut être de boire un jus de fruits et/ou légumes, qui étaient largement proposés dans ce resto, et que vous pouvez également faire maison dans votre blender.
La tartiflette de légumes et le croustillant de quinoa (accompagné de crudités et d'une purée de brocolis) étaient au menu pour nous l'autre soir. Déjà avec une tartiflette je ne saurais limite pas quoi servir (si ce n'est un vin de classique de la montagne, un vin de Savoie par exemple), alors une tartiflette de légumes n'en parlons pas. La carte des du Potager du Marais est plutôt courte, bio, et tous les vins sont proposés au verre ou en bouteille. Avec la tartif j'ai opté pour un Sauvignon de Touraine (dont je n'ai pas le nom du domaine car je n'ai pas regardé la bonne ligne visiblement...sur internet je tombe sur un vin d'Ardèche), et le croustillant fut accompagné d'un Sancerre (idem, pas bien noté, je tombe sur les Côteaux d'Aix...). Franchement ces vins, servis dans un verre moche et pas agréable, n'avaient pas beaucoup d'intérêt. Mon Touraine blanc était ultra discret au nez, un peu plus expressif en bouche mais pas transcendant non plus. Il était inexistant à côté des haricots, petits pois, navets, brocolis et le reblochon de mon plat. Un bel exemple d'accord mets & vins ratés. La prochaine fois je prendrai un cocktail dynamisant de légumes, boisson qui avait apparemment la préférence de nos voisins!
Et on pourrait en parler des voisins, car au Potager, on est un peu serrés: le resto est tout en profondeur, tout en longueur; il doit y avoir en tout environ 15*2 places avant d'arriver au comptoir qui donne accès à la cuisine. Les tables sont regroupées en fonction des arrivées, pour 2/4/6 personnes. Ca peut en déranger certains; sur le principe ce n'est pas agréable mais là ça ne m'a pas choqué outre mesure. Peut-être parce qu'un certain nombre de clients sont étrangers, donc on ne risque pas d'être dérangés par leur conversation, et certainement parce que les gens parlent tout bas dans ce resto, y compris les serveurs. Et ça contribue à l'ambiance zen.
Conclusion: un resto mini, dont j'ai trouvé la cuisine originale (je ne suis pas une habitués des restos bio donc ce qui me paraît original ne l'est pas forcément pour tout le monde), équilibrée et goûtue. J'ai d'ailleurs repéré sur la carte quelques mets pour une prochaine visite (tartare d'algues, pâté de champignons, surprise d'aubergines etc...)...Par contre je ne pense pas que je prendrai de vins! Mais si vous êtes végétariens et que vous buvez du vin, faites-moi signe ça m'intéresse!
Le Potager du Marais, 22 rue Rambuteau, Paris 3ème - M° Rambuteau, Châtelet-Les Halles














