13 septembre 2009
Tupperwine 21: vacances...
C'est désormais une tradition pour Fabrice, quand il part en vacances il ramène des trésors et les partage avec ses Tupperwiners dans un Tupperendroit. L'endroit en question était L'Assiette Aveyronnaise, derrière la bourse de commerce et pas très loin des Halles. Vous voyez le Pied de Cochon? Eh bien c'est dans cet alignement de restos là.
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Pour les vacances, Fabrice Vinsurvin est parti cet été dans le sud, le Languedoc-Roussillon, du côté d'Estagel, Maury, Banuyls, Collioure (et sa célèbre église). Ces villes évoquent clairement le soleil, la chaleur, la concentration des raisins...et des vins. On va boire du lourd ce soir. Et à l'aveugle s'il vous plaît. Oui parce que Vinsurvin fait les choses bien. Il dégotte un resto dans l'un des quartiers les plus touristiques de Paris, nous réserve la mezzanine pour qu'on soit à l'aise, et prépare les bouteilles pour qu'elles soient à température optimale, les cache, les numérote, et sort ses petites fiches pour nous en dire un peu plus sur chaque vin. Déformation professionnelle il distribue les feuilles blanches à l'arrivée des convives. Heureusement l'angoisse (de la feuille blanche, ndlr) ne nous taraude pas trop longtemps étant donné la qualité de ce qui nous attend.
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Premier vin très bien, la preuve mon verre est presque vide. Bien qu'anihilé (peut-être par le froid) on a un nez de viognier évident: opulent, fruité, sur la pêche blanche. Il y a un petit creux en milieu de bouche pendant lequel se révèle l'amertume du vin, et la rétro est sur les fruits blancs. On a un nez et une bouche cohérents, c'est plaisant et rafraîchissant, on a de la tenue, tout ce qu'il faut pour bien commencer une dégustation. C'était quoi? Les Terrasses Blanches 2008, du Domaine des Schistes. Pour les cépages j'avais complètement faux ce vin est fait avec 80% de blanc et 20% de grenache gris.
Le nez du second blanc est plus expressif, marqué par l'amertume, avec une robe ultra claire. La bouche est elle plus discrète, on ne sent que l'acidité, au début. Il s'ouvre peu à peu avec le réchauffement. Domaine de l'Edre, vin de pays des côtes catalanes 2008. Mauvaise élève je n'ai même pas noté les cépages!
Passons aux rouges. Notons qu'un rhume naissant (ou une grippe A) m'a progressivement empêché d'apprécier certains vins...
On commence avec un Fitou 2006, Cuvée des 4. Quatre vignerons qui sélectionnent certaines de leurs parcelles de syrah, carignan, grenache pour produire cette cuvée collective. Une partition à huit mains donc, assez vif (un nez puissant, des tanins encore à fleur de peau), mais qui s'ouvre peu à peu sur des notes un peu plus subtiles de réglisse, ce qui laisse présager une évolution agréable. A revoir dans quelques années peut-être.
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On enchaîne avec du costaud, regardez-moi cette robe:
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Encre, extrêmement concentrée, noire, tout comme la couleur des fruits qui me viennent à l'esprit en me penchant sur le verre: la mûre. C'est un nez 100% confiture de mûre. Les 3 cépages sont élevés séparément pendant 14 mois, mais on ne le sent pas trop, ce qui est appréciable. Les tanins sont présents mais pas dérangeants, ils donnent au contraire beaucoup de matière à ce vin, qui se caractérise également par une très belle longueur. Une belle découverte que ce Terrasses rouges 2007 du Domaine des Schistes.
On enchaîne avec un vin philosophique. Le problème est qu'il est assez difficile de dissocier le vin du projet, qui se veut équitable. Allez, je me lance, on commence par le vin: un assemblage de syrah et de grenache 2006, un bel équilibre entre le nez et la bouche, malgré quelques notes de crâmé. J'ai pas pris de notes mais il m'a paru beaucoup mieux quand je l'ai regoûté à la fin. Un bon vin bien fait, qui donne du plaisir. C'est Walden 2006, un projet d'Hervé Bizeul. Décidément qu'est ce qu'il est présent ce monsieur dans la région! Quelques mots sur son projet quand même: des vignerons qui ne peuvent pas forcément vinifier leurs raisins les vendent à Hervé Bizeul à la seule condition de lui fournir des raisins mûrs et sains. Hervé Bizeul les vinifie et les commercialise, en grande partie sur internet, et à un prix lui permettant de rémunérer les vignerons participant au projet correctement. Et pourquoi Walden? En hommage au récit Walden, d'Henry David Thoreau, publié en 1854. Le poète et philosophe américain raconte son expérience de vie seul dans une cabane au bord d'un étang, "A
l'écoute des saisons, des rivières, des animaux, de la terre et des
plantes, il explique simplement la joie d'une vie contemplative en
harmonie avec la nature et des émotions, simples mais intenses, que
celle-ci procure".
Plus d'infos sur walden.fr, et dans l'interview d'Hervé Bizeul par JP Coffe. Comme quoi on peut faire du commerce équitable à côté de chez soi!
Carrément Rouge 2008, du Domaine de l'Edre; un vin aérien et léger, avec de la matière. Je ne parle plus d'arômes, le rhume a du avoir raison de moi!
Nous revoici en compagnie de la star régionale, Hervé Bizeul, pour un vin de son domaine, le Clos des Fées. Le nez est fin, élégant et complexe, épicé, complètement en cohérence avec la bouche. J'ai noté "un côté aérien et qui reste, sans assécher", et franchement c'est fort. C'est un Côtes du Roussillon villages 2007. Au risque de me faire taper dessus je vais dire pourquoi ce ne fut pas mon préféré de la soirée: parce qu'il était peut-être un peu trop lisse et trop parfait à mon goût!
Et pour finir un Collioure 2007 (syrah, grenache, carignan) de Pierre Gaillard, du Domaine Madeloc,
dégusté hier (et d'un jour à l'autre je ne ressens pas la même chose c'est ouf) chez Monoprix. Comme pour la plupart des vins de cette soirée on a encore de la concentration, et un très joli nez. Le milieu de bouche est un peu décalé, déséquilibré.
Bon ce post est tellement long que j'ai la flemme de faire une conclusion. Si ce n'est dire quand même que les vins étaient de qualité et plaisants, et après tout c'est une des premières choses qu'on leur demande. Un peu costauds pour une soirée d'été, mais bien dans l'air du temps, et avec un arrière goût de vacances. Du coup cette photo servira de conclusion:
09 juillet 2009
Un peu d'eau dans mon vin
Il était une fois vingt Tupperwineurs qui
erraient dans les couloirs de Chatelet les Halles à la recherche d’une
sortie qui les amènerait sur les berges de la Seine. Malheureusement, ce
soir là la pluie tombait drue, et ils abandonnèrent l’idée d’aller pique-niquer
sur les bords du fleuve. Un peu dépités mais pas résignés ils appelèrent
le grand manitou des Tupperwine, Fabrice Vinsurvin. Heureusement, il avait
une solution :une agréable caviste de la rue Vaneau était prête à nous
accueillir. Cette caviste, Alex, on la connaît bien puisqu’elle nous avait
déjà reçu en fin d’année dernière pour un Tupperwine Champagne mémorable
en compagnie de Benoît Tarlant. Hier elle nous a sauvé la soirée, alors
pour la remercier on lui a organisé un pique-nique géant dans sa boutique.
Le bureau se couvrait de victuailles au fur et à mesure que les Tupperwineurs
VIPs ou anonymes arrivaient, les uns avec les glacières, les autres avec
leur sac à chaussures, certains avec des productions maisons ou des spécialités
régionales. Les deux guest stars de la soirée, Maryline Lottin de Château
Bas et Mireille Martin de l’Anticaille, en provenance directe des Bouches
du Rhône, arrivèrent également, après moult détours dans les rues de Paris.
Nous allions pouvoir commencer notre petite réunion Tupperwarewine
avec ces spécialistes des vins du sud, des vins de pique-nique, et du rosé
en particulier.
On commence par une brève présentation du domaine Château Bas, 72 ha situé à Vernègues, en cours de conversion en agriculture biologique et qui produit 50% de rouges, 40% de rosé et 10% de blanc. La présentation est vite mise en pratique à travers un premier vin blanc, Les Pierres du Sud 2008, un assemblage de sauvignon (40%), chardonnay, rolle et grenache blanc. L’assemblage paraît intéressant sur le papier (le rolle étant un cépage arômatique, le sauvignon donnant de la structure, de la fraîcheur, le chardonnay pouvant apporter son acidité) mais est un peu décevant dans le verre. La robe est très pâle, presque transparente, et le nez est très discret, assez difficile à cerner. Le rolle donne bien un peu de corps et de rondeur à ce breuvage, le chardonnay (sans doute) une petite acidité finale rafraîchissante mais ça s’arrête là, je n’accroche pas trop. On enchaîne avec le Pierres du Sud rosé, toujours dans le millésime 2008. Un assemblage de syrah, grenache, counoise, mourvèdre et rolle. Là encore la robe est très pâle (apparemment c’est à la mode, alors ils portent une attention certaine à la couleur), couleur malabar claire ; le nez à nouveau discret et difficilement descriptible. On est sur des arômes floraux, la rose (ça va bien avec la couleur d’ailleurs je trouve) notamment. En bouche j’ai rien noté, trop difficile.
On passe alors au second domaine, l’Anticaille,
représenté ce soir par Mireille Martin, la peau tannée par le soleil, on
sent qu’elle passe du temps dans les vignes. Le domaine fait 50 ha (dont
14 ha en « jachère » où ils cultivent du blé), n’est pas en bio (d’où
débat avec sa collègue de Château Bas) mais en agriculture raisonnée, et
produit à 95% du rosé. En fait son objectif premier est d’assurer la récolte,
ce qu’elle n’est pas sûre de pouvoir faire si elle était en bio. Evidemment
sur ce point chacun a son avis, et son homologue de Château Bas n’est
pas tout à fait d’accord…Elle ne considère pas que le fait d’être en
bio soit une « entrave » en quelque sorte à la quantité produite. Le domaine
appartient depuis quatre générations à la famille Féraud et emploie très
peu de monde (2 personnes + 1 personne à 1/3 temps pour le tracteur) par
rapport à la surface dont il faut s’occuper. Je n’ai pas fait attention
à la gamme mais nous n’avons goûté qu’un rosé hier soir, l’Anticaille
Sainte-Victoire 2008. Je suis un peu nulle je n’ai rien noté sur ce vin
alors que je me rappelle qu’il m’a plu…
Retour à Château Bas pour la cuvée un peu plus haut de gamme, le Temple 2008. Nous sommes ici sur un rosé de saignée, un assemblage de mourvèdre, syrah et grenache. Le vin passe huit mois en barriques, des fûts qui viennent d’un ou deux vins qui viennent de Mercurey (je crois) en Bourgogne. L’objectif du vigneron dans cette cuvée est de prouver (s’il en est besoin) qu’on peut faire des rosés de garde. Eh bien sur celui-ci le résultat est plutôt réussi : un nez sur le fruit, avec des agrumes, de l’orange sanguine. Une bouche agréable, avec du gras, une caractéristique immanquable du vin qui a passé un peu de temps en fûts. Mais comme le fait remarquer Fabrice on ne retrouve les notes typiques de bois et de vanille de certains vins rouges vieillis en barriques. Quand l’épouse du vigneron évoque un accord avec un magret sauce chocolat j’ai un petit temps d’arrêt : ah ouais, ça doit pas être mal quand même !
On finit par le rouge du domaine, une bouteille avec un B, dont je n’ai pas entendu les caractéristiques…Par contre le premier nez est une évidence, de la confiture, de cassis ou de mûre, un nez 100% sur le fruit. Certains (que je ne citerai pas) ont distingué d’autres arômes : le pétrole, ou le feudanslejardinenhiveravecdesbûcheshumides, et quelqu’un l’a trouvé « pyrotechnique ». Un vrai spécimen de feu d’artifice ce vin !
La pluie n’aura donc pas eu raison du 20ème Tupperwine et de ses Tupper Winners. L’accueil d’Alex, à l’improviste, a été irréprochable ; les vins, ces blancs et rosés d’été, « de pique-nique », étaient tous intéressants. Les échanges avec les vignerons (onnes en l’occurrence pour cette fois) et les participants étaient riches et animés. Le fait d’inviter deux domaines de la même appellation y est pour beaucoup car ça permet à chacun des vignerons d’exprimer son point de vue sur différents sujets. On peut d’ailleurs les en remercier car ce n’est pas un exercice évident, la dégustation pouvant rapidement glisser sur la comparaison des vins des deux domaines. Et et et évidemment merci à Fabrice pour l’organisation, qui jongle avec adresse entre les plans A et B et qui a toujours autant d’idées pour de futurs Tupperwine…
PS: lui aussi a écrit un petit billet, et il a de jolies photos, c'est ici.
PS 2: que pensez-vous de ces photos XXL? :-)
03 juin 2009
Tupperwine 18: Rhône en Seine
Eh oui quel succès pour les Tupperwine de Fabrice, nous en sommes déjà à l'épisode 18. Les participants sont de plus en plus nombreux, les endroits de plus en plus fous, et les vignerons toujours d'aussi grande qualité. C'est sur l'eau que nous étions mardi soir, au
niveau du bras de la monnaie, un passage étroit juste en face de Notre-Dame; c'est là qu'est amarée le Six-Huit, la péniche avec de la musique, du vin, et de la bonne ambiance dedans. L'endroit est tout simplement magique. Michel Arnaud, du Domaine de la Millière dans la vallée du Rhône, nous a honoré de sa présence hier soir. Au programme la dégustation de son Chateauneuf blanc, du Côte du Rhône, du Côte du Rhône Villages, et une verticale de Chateauneuf du Pape. Alléchant, non?
Le pont est noir de monde; les passants se demandent ce qu'il se passe, les japonais nous prennent en photo, distribution des verres, feuille de dégustation et stylo en main, nous sommes prêts à attaquer. On commence donc par le Chateauneuf blanc 2008 (j'avais adoré leur 2007 gouté au salon des vignerons indépendants, dont les arômes de citron m'avaient marquée). Nous avons ici une robe très claire, presque transparente, et un nez plutôt discret bien que laissant deviner des arômes de citron et de miel. La bouche n'est pas encore super expressive, amer, une belle acidité, une finale assez courte. Peut-être encore un peu jeune pour qu'on puisse apprécier cet assemblage de grenache, clairette et bourboulenc à sa juste valeur.
Chateauneuf du Pape blanc 2008, Domaine de la Millière
On enchaîne avec les rouges et on commence avec un Côtes du Rhône 2006. Une belle robe pourpre, limpide, au nez des petites notes de crêpe caramel. Ah non, ça c'est le gars derrière nous qui depuis qu'on est arrivés nous nargue avec ses crêpes salées et sucrées...Plus sérieusement, après aération, je lui ai trouvé des notes de poivre à ce vin. En bouche il y a de la matière, c'est tannique sans assécher la bouche, ce qui est du au cépage grenache (assemblé à de la syrah et du mourvèdre) d'après Michel. Une excellente entrée en matière.
Côtes du Rhône rouge 2006, Domaine de la Millière
Le Côtes du Rhône Villages 2006 nous emmène vers des notes plus fruitées. La robe est similaire au précédent ("typique", "couleur villageoise", dixit XXXX), le nez est sur le fruit noir, je dirais les mûres et les ronces qui vont avec, en septembre, quand les fruits sont mûrs et les ronces presque sèches. Nous sommes ici sur un assemblage de grenache, cinsault et mourvèdre. C'est sympa mais je crois que j'ai préféré le précédent. Et puis on commence un peu à se disperser, c'est l'heure de la pause...

Côtes du Rhône Villages rouge 2006, Domaine de la Millière
La pause, la pause, on fait des pauses maintenant dans les Tupperwine?? Eh oui, c'est pause ravito, on craque pour des assiettes de fromages et de charcuteries, certains estomacs sur pattes ne pouvaient plus résister. Et qu'est que ça fait du bien de grignoter un morceau, accompagné des vins de Michel Arnaud. Eh oui le coin Tupperwine on ne le reverra, car la dégustation se poursuit à table. Le Chateauneuf rouge du domaine, en version 2007 puis 2006. Le 2007 ne s'exprime pas encore totalement mais le 2006 a déjà beaucoup de choses à raconter; il marche sur les traces du 2005, découvert lors d'un Tupperwine, déjà!
Encore une très très belle soirée, presque un Tupperwine d'un nouveau genre, merci et bravo à tous, et vivement la prochaine "réunion"!
04 février 2009
Tupperwine Alain Chabanon
L'Hardi Vin, le caviste de la rue des dames, habitué des Tupperwine, nous accueillait mardi soir pour la quinzième (déjà?) édition des Tupperwine...quel succès! Cette fois-ci c'est le Languedoc, représenté par Alain Chabanon, qui était à l'honneur. Dans l'assemblée quelques têtes connues, l'équipe de Findawine (tout juste de retour d'Angers où Julien et Damien ont reçu le Wine Blog Trophy de meilleur blog professionnel), un internaute/oenophile/photographe, un monsieur responsable d'un guide célèbre, et quelques personnes travaillant dans la finance...
Alain Chabanon n'étant pas issu d'une famille de vigneron il fait partie de ces gens qui font du vin non pas par tradition familiale mais par choix. Après des études à Bordeaux et Montpellier il fait ses armes à divers endroits (Corse) et a notamment la chance de rencontrer Alain Brumont (Montus & Bouscassé en Madiran) auprès duquel il apprendra beaucoup. De retour dans le Languedoc il achète ses quinze premiers hectares de vignes (vignes qui appartenaient à la cave coopératives) sur des sols argilo calcaire et vinifie son premier millésime en 1992. L'encépagement évolue un petit peu avec la diminution des pieds de carignan. Le carignan, objet du premier débat de la soirée, car n'étant pas le fétiche de Mr Chabanon: pour lui même le plus grand des carignans ne rivalise pas avec les meilleurs syrah ou grenache! En 1995 coup de pouce du destin il fait la couverture du magazine Gault&Millau, ce qui lui apporte, si ce n'est la consécration, des clients et des débouchés.
Au second plan sur la photo, accroché à son blackberry :-), Julien Pichoff, P ou DG de Findawine.com, récent lauréat du Wine Blog Trophy à Angers
Homme de convictions il s'engage en certification bio en 2002 et est maintenant sur la voie de la biodynamie; les vendanges sont manuelles , les "traitements" limités à leur strict minimum, les levures indigènes, les rendements maîtrisés. Ces fameux rendements ont été l'occasion d'une discussion intéressante à propos de la rentabilité d'une exploitation viticole: passer d'un rendement de 27 ho/ha à 35 ho/ha permettrait de multiplier les bénéfices par 3 ou 4...
Fabrice, monsieur 20/20, inventeur des Tupperwine et élève attentif
On passe à la dégustation, en commençant par ses vins d'entrée de gamme (important les vins d'entrée de gamme, à ne pas zapper, car le vigneron qui fait des vins d'entrée de gamme sérieux a des chances d'être réglo et de porter au moins la même attention à ses cuvées suivantes...):
Campredon 2007: syrah-mourvèdre + grenache-carignan, élevé un an en cuve; la robe est bien concentrée, couleur cassis. Au nez c'est une explosion de fruits, ça sent le jus de cassis ou de myrtille à plein nez, c'est gourmand à souhait. En bouche c'est très fin, les tanins sont discrets et maîtrisés, en fait j'ai retrouvé la sensation "jus de fruits" ressentie au nez. Un vrai concentré de fruits, une excellente entrée en matière!
Le Merle aux Alouettes 2007: eh bien le petit merlot (+carignan) ne m'a pas séduite du tout; un nez discret, marqué par une odeur de réduction (essence comme dirait Titiô). J'ai pas accroché, mais visiblement ce n'était pas le meilleur moment pour le déguster, on a pas pu l'apprécier à sa juste valeur.
Les Boissières 2004: un grenache élevé trois ans en cuve; une robe bien moins concentrée que les précédents, très limpide. Le nez est discret mais s'ouvre sur d'agréables notes de pruneaux, de réglisse, de fruits compotés, qui font penser aux vins du Rhône sud. En bouche je l'ai trouvé un peu creux, pas assez excitant, malgré une finale qui vient réhausser le tout.
L'Esprit de Fontcaude 2004: 50/50 syrah-mourvèdre, trois ans d'élevage dont 2 en barriques (barriques achetées d'occasion à des grands châteaux bordelais). On retrouve une robe plus concentrée, bien brillante. Le nez est fin, complexe, marqué par les petits fruits noirs (cassis) et les épices (types herbes séchées). En bouche c'est une agréable montée en puissance: on commence par de la douceur et du fruit et puis les tanins se révèlent peu à peu pour une finale chaude et épicée. Un vin qui parce qu'il m'a fait ressentir toutes ces sensations différentes m'a beaucoup plu!
L'Esprit de Fontcaude 1998: le même que le précédent mais quelques années plus tard. Un nez discret (à carafer?), peut-être un peu long à se mettre en place en bouche, mais marqué par une belle puissance tannique.
L'Esprit de Fontcaude 1998. Le monsieur à lunettes dans le verre, c'est le caviste de l'Hardi Vin
Trélans 2005 (blanc sec): un assemblage de vermentino et de chenin élevé 30 mois dont 12 en barriques. J'ai bien accroché sur le nez, frais, agrumes, acide, avec derrière quelques notes de fleurs blanches. En bouche c'est rond, il y a du gras, mais ça manque un peu d'acidité et du coup ça m'a paru un peu creux car je m'attendais à retrouver ce petit côté frais et acide ressenti au nez.
Merci à tous pour cette belle soirée!
L'Hardi Vin, 109 rue des Dames, Paris 17, M° Villiers ou Rome
Les vins d'Alain Chabanon sont disponibles ici.
03 décembre 2008
I'm not crazy, I'm just fond of you
Alex, caviste récemment installée dans le 7ème et associée de Fabrice (Lya), nous recevait hier dans sa boutique de la rue Vaneau pour le Tupperwine 13.0. Fabrice, de vinsurvin celui-ci, avait invité pour l'occasion Benoît Tarlant, digne héritier de la lignée Tarlant, famille installée à Oeuilly en Champagne depuis 1687.
Armée de mon carnet d'inspecteur gadget, j'ai pris quelques notes que je vous fait partager ce soir. Plutôt que de faire une verticale classique, Benoît nous a proposé ce soir de suivre le cycle de fabrication d'un champagne, c'est à dire de partir des jus de raisins issus de la vendange 2008 pour finir avec un champagne de 1988. La trame de ce soir est la Cuvée Louis Tarlant, cuvée phare du domaine, composée à 50/50 de pinot noir et de chardonnay. Les vignes, replantées après la seconde guerre mondiale, sont celles du lieu dit Les Crayons, et nous sommes en bas du coteau qui borde la Marne. Chaque année Benoît produit entre 0 et 10 000 bouteilles de la cuvée Louis. Prêt pour le voyage? Go!
Les Baby wines
On commence donc avec les jus de raisins (pinot noir puis chardonnay, les deux cépages qui composent la fameuse Cuvée Louis) issus des vendanges 2008, raisins qui sont issus d'une première fermentation en fûts de chêne. Le batonnage hivernal est en cours. La robe est claire et un peu trouble, le pinot noir sent la pomme verte et la poire (plus légèrement). Le nez est clairement sur des arômes primaires de fruit, et c'est plutôt agréable. En bouche, wouaille, c'est acide tout du long!!!!! Première fois que je vois autant de gens cracher lors d'un Tupperwine! Pour un info c'est un bébé vin qui titre 10,3° d'alcool.
Le pinot noir
Le chardonnay est plus discret au nez, et la finale est hyper marquée par l'acidité (comme les bonbon rubans verts acides). Ca fait penser au citron, personnellement ça me rappelle l'acidité de certaines limonades, sauf que là on a pas du tout le côté sucré.
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Nous sommes ici sur un vin issu des vendanges 2005, qui a été mis en bouteille en avril 2006. C'est avant la MISE que le vigneron décide de l'assemblage et ajoute du sucre (25g/litre) et des levures champenoises au vin. Les bouteilles que nous dégustons ce soir fermentent donc depuis 2 ans et demi, et la pression à l'intérieur est montée à 6 bar. Avant de venir jusqu'à Paris les bouteilles reposaient donc tranquillement à l'horizontal (le contact entre les lies et le vin est ainsi optimal) dans les caves de la famille Tarlant. Avant le dégorgement, les bouteilles passent un petit peu de temps la tête en bas afin que les lies aillent s'accumuler dans la capsule (c'est le remuage je crois). Et là c'est THE MISSION. Le réveil brutal de l'adolescent. Il avait déjà la tête à l'envers, voilà qu'on lui trempe la tête dans un bac de saumure à environ -25°. L'idée est d'emprisonner les lies dans un glaçon dans la capsule, et d'expulser le tout.
Problème: ce soir nous n'avons pas de bac de saumure. Heureusement, Benoît a une solution; je le laisse vous expliquer le "dégorgement à volée" (je vous conseille de mettre le son à fond et un casque, sinon on entend rien):
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Nous sommes ici toujours sur le même assemblage (50/50 pinot
noir/chardonnay), mais avec des vendanges de 1998 (80%) et des vins de
réserve de 1997 et 1996. La cuvée a subi un dégorgement et un dosage
léger et est donc prête pour la commercialisation. Le nez est sur le beurre, le toast, le grillé, avec quelques notes de miel selon Dan, dégustateur émérite et chroniqueur de dindonswine. En bouche les bulles sont fines et vives, et la finale nous laisse des notes beurrées/toastées sur les papilles. Quant au nom de la cuvée, Benoît nous explique qu'il avait entendu la chanson sur Radio FG; la suite, il vous la raconte dans cette petite vidéo (idem, son à fond et casque):
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Cuvée Papy, Anti-Alzeihmer
La cuvée Louis nous est ici présentée dans sa version 1988, et seul ce millésime a été utilisé cette année-là (l'info de la soirée: 2008 a été un millésime exceptionnel en Champagne, à bon entendeur...), pas de vins de réserve. Ici forcément la robe vire au doré, ça brille, ça plaît aux femmes. Et là on détecte très facilement le miel au nez, avec toujours ce côté beurré. En bouche il y a moins de bulles que dans le précédent, et c'est long, long, c'est très joli, avec des notes de coing après coup comme me l'a soufflé C-Drick.
Voilà, encore une belle soirée de passer en compagnie de Tupperwiners de plus en plus nombreux et de plus en plus aguerris et "techniques". Fabrice, excellent maître de soirée, a pu nous montrer son talent naturel pour le dégorgement à la volée (par contre je crois qu'il restait une lie dans le verre de Dan...mais bon on le pardonne!). Benoît merci pour cette dégustation pédagogique et ludique, pour ta présence avec nous mardi soir, et pour ton audace. Merci à tous et à la prochaine.
Alex caviste: 40 rue de Vaneau, Paris 7
Lya caviste: rue d'Orsel, Paris 18
Champagne Tarlant:ici
27 novembre 2008
Vins & Chocolat, mmmmh....
Mercredi dernier – 12 novembre – les TupperWine
soufflaient leur première bougie. Et à jour exceptionnel, soirée
exceptionnelle : tout le glatin parisien (désolé Fabrice, il fallait
vraiment que je la place celle-là !) avait été convié aux Caves Elzévir pour
une dégustation qui restera dans les (bacch)annales !
Une volée de
marches, comme suspendues dans le vide, nous a déposés sur le gravier, au beau
milieu d’une pièce aux murs de pierre et au plafond voûté. Nous étions là, une
vingtaine environ, à attendre avec impatience le début de la cérémonie.
Car il s’agissait
bien d’une cérémonie : la célébration simultanée de 3 mariages d’amour,
placés sous le signe de la douceur, de la tendresse et du fondant avec toutefois
ce qu’il faut de piquant et de craquant pour entretenir la passion.
C’est Fabrice, en
grand prêtre du TupperWine, qui a lancé les festivités par un discours
inaugural empreint d’émotion et de solennité : nous allions fêter
dignement l’anniversaire des TupperWine, non pas autour du traditionnel gâteau,
mais par la dégustation de 3 accords vin et chocolat !
Pou cela, Fabrice avait su s’entourer : Pierre Schneider, du Château Saint-Nicolas, était « monté » de son Roussillon à la capitale pour nous présenter deux Rivesaltes ; Didier Richou, vigneron en Anjou, était venu accompagné d’un Coteaux de l’Aubance ; enfin, le maître-chocolatier Arnaud Larher, Meilleur Ouvrier de France 2007, établi à Montmartre, était venu avec 3 ganaches rigoureusement sélectionnées pour s’harmoniser avec les vins présentés.
Les quatre acteurs principaux de la soirée, Fabrice de Vinsurvin, Didier Richou, vigneron en Anjou, Arnaud Lahrer, chocolatier pâtissier, et Pierre Schneider, vigneron dans le Roussillon
Le premier accord réunissait un 100% muscat de Rivesaltes de Pierre Schneider et une ganache mi-amère tout droit venue du Venezuela.
Elaboré à partir de muscat petits grains, le vin doux naturel à la robe claire, jaune pâle, nous révéla au nez des arômes de fruits mûrs d’automne qui se confirmèrent à la dégustation : des pommes, des poires, pas de scoobidoo-bidoo mais la fraîcheur et le plaisir étaient bien là ! Quant au chocolat… de la finesse et du croquant, une belle persistance en bouche et surtout cette légère amertume du cacao qui s’accordait parfaitement avec les arômes suaves de fruits mûrs du vin. Et pour en être tout à fait certains, nous en avons repris deux fois !
Pierre Schneider nous présente le premier vin de la soirée
Deuxième alliance de la soirée : le Coteaux de l’Aubance « Les Violettes » 2005 de Didier Richou, accompagné d’une pure merveille de ganache au zestes de citron vert – qui avait donné des frissons de désir à l’assistance rien qu’à son évocation au début de la soirée !
Le nectar, élaboré à partir de chenin, ce cépage tardif qui donne un vin « naturellement doux », évoquait au nez le coing. Sur la langue, un léger arôme de pêche et peut-être une petite touche de pamplemousse – rose, le pamplemousse ! Une belle acidité lui confère de la fraîcheur et va accompagner la dégustation d’un chocolat - à mon humble avis - extraordinaire, subtil mélange entre le fondant et l’onctuosité du chocolat noir et l’amertume et le parfum de l’agrume ! Celui-là, je pense qu’on a dû le goûter… au moins 3 fois !!
Les Violettes, de Didier Richou
Enfin, troisième et dernier accord de la soirée : Pierre Schneider nous présentait un Rivesaltes 2003, « Elixir du Roy », que notre « humble serviteur » Fabrice et notre MOF Arnaud avaient choisi de marier avec un autre très, très grand chocolat qui cachait sous son écorce de praliné aux noisettes un cœur de chocolat fondant au pain d’épices grillé et à la marmelade d’oranges… (soupirs d’extase et d’impatience dans l’assistance à la perspective de tant de délices !)
Le vin est élaboré à partir de grenaches blanc et gris issus de vieilles vignes poussant sur des coteaux ensoleillés. Vieilli 18 mois en fûts, il présente une couleur ambrée naturelle qui étonne et fascine à la fois. Le nez est complexe. Le nectar envahit la bouche et délivre des arômes de miel et de fruits confits, compotés ; indéniablement, c’est le pruneau qui domine, ou plutôt une note de confiture de prunes. Une vraie merveille ! Que dire alors du chocolat ? Une autre merveille ! C’est bien simple, si je devais voter aujourd’hui pour les nouvelles merveilles du Monde, je proposerai cet accord vin/chocolat ! La complexité, la rondeur et la suavité du vin doux naturel se marient parfaitement au croquant du praliné à la noisette et des pépites de pain d’épices, à la douce amertume de la marmelade.
Et voici notre dernier vin
Merci également à Sophie avec son petit accent argentin grâce à qui j’ai pu goûter une deuxième fois à ce vin exceptionnel. Pour le chocolat, par contre…. Vous me croirez ou pas, mais il n’en restait plus un seul lorsque nous avons voulu y croquer à nouveau… Tant pis – ou plutôt tant mieux ! J’irai rendre visite à Monsieur Arnaud Larher dans sa chocolaterie !
Un grand merci et un grand bravo à Fabrice pour cette dégustation - qui était vachement mieux que les réceptions de l’ambassadeur avec ses chocolats de supermarché !
Et longue vie au TupperWine : quelques centilitres de finesse dans un monde de brutes !
PS: compte-rendu posté avec quelques jours de retard, car écrit par Dan. C'est tellement bien raconté que je vais mettre la clef sous la porte d'ailleurs! On notera en passant l'influence du grand maître blogueur Fabrice dans le style de cet article. Cher professeur Fabrice, tu constates ici que tes élèves suivent!
11 octobre 2008
Tupperwine à l'aveugle : les rouges
La suite de la dégustation, avec les quatre rouges:
Le premier était au frais, et présentait une robe rosée, un peu trouble; oui rouge clair comme un rosé, ou de la grenadine bien chargée. Le nez est...spécial. Un nez de réduction, qui sent la ferme humide, l'animal. Perso je suis pas fan, mais je dois dire qu'il s'est plutôt amélioré après quelques minutes d'aération. En bouche c'est un poil perlant, léger, fluide, aucun arôme dérangeant comme ce qu'il y avait au nez. Etant enrhumée je ne peux pas en dire plus. Nous étions en Anjou avec ce vin, c'était le Vin de Jardin de la Grange aux Belles, fait par Marc Houtin. Un Gamay-Grolleau, 100% naturel. Vous trouverez des infos sur ce vigneron ici et là, Fabrice avait également écrit un article très sympa sur ce vigneron. Ca sera mon number three des rouges.
La robe du second vin est un peu plus intense, on sent qu'on va vers quelque chose de plus concentré. Au nez je sens d'abord l'alcool, ensuite des arômes de cerises à l'eau de vie, de pruneaux à l'eau de vie, de fruits macérés dans l'alcool. Alcool, alcool et alcool quoi. En bouche ça chauffe, je ne sens que l'alcool. Rien de bien excitant dans ce vin du Lubéron, La Merlchiorte 2003 du Domaine des Vadons (Louis-Michel Brémont). Effet millésime? 2003, canicule, chaleur, soleil, sucre, alcool? Du coup c'est mon number four...
Grande concentration pour Damien de Findawine; plus on ouvre de bouteilles et plus on rigole, plus on parle...Belle soirée de découvertes et de rencontres.
On continue avec un vin dont la robe est intense, avec un joli disque rubis. Le nez est léger, frais, sur le fruit. En bouche je trouve ça plutôt agréable, il y a des arômes de vanille (bois), et la finale est plutôt agréable sur le réglisse, le caramel. J'aime bien, c'est bien fait, c'est plaisant, et c'est le premier rouge de la soirée qui me "convient". Nous sommes descendus encore un peu dans le Sud de la France, dans le Minervois, au château d'Agel, et nous avons dégusté un Caudos 2004. Un assemblage syrah-grenache (50-50), passé 12 mois en fûts de 1 ou 2 vins. J'apprécie, ça sera mon number two.
Si vous avez suivi vous aurez compris qu'on va finir par mon number one. Un vin humide et épicé au nez, assez complexe mais en même temps très structuré, on sent qu'on va avoir un vin bien fait, équilibré, on ne s'emmêle pas les nerfs olfactifs quoi. En bouche c'est soyeux, effectivement bien équilibré, agréable, sur les fruits confiturés et les épices, le poivre, les notes de garrigue. Un vin qui passe très bien en dernier, et qui est appréciable malgré le fait que ce soit le huitième de la soirée. Nous sommes dans le sud de la Vallée du Rhône, il s'agit d'un Chateauneuf du Pape 2005 du Domaine de la Millière. Une belle réussite, mon number one:
Le vigneron Michel Arnaud sera présent au Salon des Vignerons Indépendants à Paris à la fin du mois de novembre.
Merci à tous pour cette belle soirée! Fabrice, Canelle, Mathieu, merci pour l'organisation et pour l'accueil. Fabrice nous a même "interviewé" pour recueillir notre classement des rouges :-) A voir prochaineement sur vinsurvin sans doute!
10 octobre 2008
Interro surprise & best of
Ce Tupperwine restera un grand souvenir; autant je suis fan des dégustations avec les vignerons et avec plein de gens différents, autant celui-ci sans vignerons et entre "habitués" restera dans ma mémoire.
Fabrice a joué à "Viens chez moi j'habite chez une copine" pour cette fois; en effet il nous a invités chez des amis, Cannelle et Mathieu, adorables, appartement magnifique. Eux aussi ont dû apprécier car ils se sont vite prêtés au jeu de la dégustation à l'aveugle. Merci à eux de nous avoir accueillis en tous cas. Tupperwine 11.0, rentrée scolaire oblige, c'était dégustation à l'aveugle, pour vérifier qu'on avait bien écouté les cours du maître et qu'on méritait un vin sur vin.
Non ceci n'est pas un débat entre philosophes; juste un Tupperwine
Quatre blancs, quatre rouges, des vins de gauche et de droite, de toutes les régions de France, Fabrice nous a proposé hier soir un très beau voyage à travers les terroirs français:
Le premier blanc nous a emmené dans le Sud-Ouest, du côté de Cahors; une robe très pâle, un nez très arômatique, sur les fruits exotiques, et qui évolue vers le citron vert. La finale est fraîche et légèrement acide, c'est un vin parfait pour l'apéro. Il s'agit d'un CSbV du Clos Troteligotte, 60% Chardonnay, 30% Sauvignon, 10% Viognier, déjà commenté sur dindonswine ici. Sans me vanter je l'ai reconnu. Et j'adore. C'est mon number one des blancs pour ce soir.
Le second vin avait une robe d'un jaune un peu plus prononcé, mais toujours très pâle. Le nez et la bouche sont iodés, le nez légèrement sur la pâte pas cuite comme l'ont dit certains. Je l'ai trouvé un peu fade, et je n'aurais jamais reconnu le chenin. Nous étions donc dans la Vallée de la Loire et il s'agissait d'un Côteaux de l'Aubance Les Rogeries 2005 de chez Didier Richou. Un peu fade à mon goût. Number three.
Troisième vin, une robe toujours jaune pâle. Le nez est très discret, légèrement iodé. En bouche c'est beurré (surtout avec le fromage...), donc tout de suite ça me fait penser à du Chardonnay en Bourgogne. C'était pas loin nous étions dans le Mâconnais: il s'agissait d'un Saint Veran Les Brulées de chez Sangouard. Pareil je l'ai trouvé un peu fade. Number four.
Eh oui on a pas triché, c'était vraiment à l'aveugle! Mais pas trop studieux non plus, c'était très intéressant d'écouter chacun donner ses impressions et son avis.
Quatrième vin, la robe? Jaune pâle bien sûr! Plus brillant, et avec des reflets verts pour celui-ci. Le nez est discret, légèrement iodé. En bouche c'est rond, c'est gras, c'est beurré. J'aurais parié sur la Bourgogne, un Chardonnay passé en fûts. Presque complètement raté! Il s'agissait de l'Archet du Domaine Gayda. Un 100% maccabeu fait dans le Langedoc Roussillon, passé 12 mois en fûts de chêne, 20% de fûts neufs. Je n'avais pas accroché avec ce vin quand je l'avais dégusté à Festi Bacchus, et là il m'a beaucoup plus plû. Donc ça sera mon number two.
Et Fabrice avait bien fait les choses, chacun avait sa petite fiche de dégustation, bien pratique pour noter ses impressions, celles des autres, et les infos sur le vin!
Cette soirée était hyper sympa, avec quatre régions différentes et une grande variété de cépages pour les blancs. Demain je vous donne mon classement des rouges!
Et je vais faire un peu de buzz pour le prochain Tupperwine, qui s'annonce énorme! Plus d'infos ici. Et si tu as un appartement avec une terrasse sur les Champs Elysées je pense que tu intéresses Fabrice.
05 septembre 2008
Tupperwine 10.0 ou les vacances de Vinsurvin
Heureusement il nous a dispensés des diapos:-) Quand Vinsurvin part en vacances il ne nous ramène que des bonnes choses, de bons flacons et de belles histoires. Il en raconte d'ailleurs quelques-unes sur son blog. Et le reste il nous le fait découvrir lors d'un Tupperwine, évidemment. Avec des vins du Lubéron puisque c'est là qu'il a passé une partie de ses vacances.
Côtes du Lubéron Château Grand Callamand 2004: (grenache blanc- ugni blanc) : robe brillante jaune soutenu, vraiment foncée pour un blanc sec, un vin qui assurément respire le soleil. On ferme les yeux on entend les cigales. Perlant dont la première sensation est agréable, les fines bulles donnant de la vivacité mais j'ai ensuite été un peu embêtée par le côté alccolique je pense (soleil=>sucre=>alcool?), qui masquait les arômes sur la fin, et qui donnait une finale assez chaude j'ai trouvé.
Des Tupperwiners
Château La Dorgonne 2007: grenache blanc 70%, Roussane 25%, rolle (vermentino) et ugni blanc: une robe plus claire que le premier vin, mais toujours bien brillante. Des notes de fruits exotiques, au nez comme en bouche. A la fois agréable et surprenant, et en même temps pas facile à marier avec un mets: poulet à l'ananas, ou tout autre plat sucré salé; tajine peut-être?
Blanc 100% Chardonnay de la Bastide du Claux 2007 par Sylvain Morey , le pti gars de Bourgogne qui fait du vin dans le Lubéron. Une robe jaune soutenue, et au nez des notes de fruits blancs. J'aurais jamais dit que c'était un 100% Chardonnay. Bon une fois qu'on l'a dit j'ai cru décelé de légères notes beurrées, toastées, le type d'arômes que l'on retrouve dans certains Chardonnay. Bel équilibre pour ce vin, qui est à la fois frais (acidité) et rond. Assez représentatif du vigneron et du climat finalement, le Chardonnay qui a pris le soleil nous révèle ici des arômes auxquels on ne s'attend pas.
Un tupperwiner, Fabrice le caviste Lya qui nous a accueillis, et Fabrice Monod, venu nous présenter les vins du Château Fontvert
Fabrice Monod du domaine Château Fontvert nous a présenté le domaine qui appartient à sa famille et les vins qu'ils y font. Une propriété qui appartenait à son grand-père et dont la production était amenée à la cooperative locale jusqu'au début des années 2000, date depuis laquelle la famille vinifie à la propriété. La philosophie du domaine est focalisée sur la qualité du vin, et ils obtiendront leur certification bio en 2011 me semble t-il.
Château Fontvert Blanc 2007: (grenache vermentino): arg gros blanc je ne me rappelle plus de grand-chose. Je sais simplement que ce vin était charmeur. Peut-être grâce à ses notes de vanille; il y a un arôme qui dominait les autres sans les écraser, et qui donnait tout son charme au vin. Un vin qui pourrait se marier avec des poissons pas trop forts et grillés.
On passe en rouge, c'est une horizontale de 2004 que nous avons fait. Trois rouges de 2004, avec les mêmes cépages mais des proportions et des vignes différentes, et des passages respectifs de 12, 14 et 16 mois en fûts de Bordeaux de 1 ou 2 vins.
Château Fontvert rouge 2004: 50 - 50 syrah grenache: sur le fruit, robe rubis, cassis, mûre, astringent.
Château Fonvert Les Sarrazins 2004: 80-20 syrah grenache, robe rubis plus intense, plus concentrée, plus sur les épices, le poivre, c'est mois sur le fruit et c'est plus raffiné, avec des notes empyreumatiques (trop la classe ce mot).
Château Fontvert Collet de Pierrouret 2004: 100% syrah, des vignes de 45 ans, un peu fermé au début avec des notes terreuses, de terre mouillée, un côté animal comme les odeurs dans la cour d'une ferme après une averse (moi j'ai ressenti des notes de saucisson, c'est moins classe qu'animal mais ça parle à tout le monde; à moins que ça ne soit le saucisson que j'ai mangé avant?). Au fur et à mesure des conversations le vin s'est ouvert et a libéré des notes poivrées et de cuir, plus agréable et plus fin que les arômes terreux du début...A revoir carafé peut-être, car je suis pas sûre que nous ayons pu juger de toutes les subtilités de ce vin hier soir, on a tout bu trop vite!
L'odeur qui reste dans le verre après tous ces vins: une impressionnante odeur animale!! Clairement due au dernier vin, mais alors quelle puissance, et quelle persistance!
Les bouteilles de Château Fontvert dégustées mardi soir; remarquez la forme de la bouteille la plus à droite, la dernière dégustée. Elle était aussi beaucoup plus lourde que les autres! (cette remarque n'a pas beaucoup d'intérêt mais bon...)
En conclusion j'ai beaucoup plus apprécié la typicité et la diversité des blancs que les rouges que nous avons dégustés. Les blancs, de par la variété des cépages (grenache blanc, ugni blanc, vermentino, chardonnay), présente des caractéristiques extrêmement variées et intéressantes; même si certains paraissent difficile à associer à des mets la diversité de leurs arômes, de leurs structures, de leur acidité permet justement de les marier à un large éventail de mets, allant du poisson à la volaille sans oublier les plats un peu aigre-doux. Les rouges étaient plus "classiques".
Merci aux Fabrice! De Vinsurvin, Monod du Château Fontvert, et de chez Lya, le caviste qui accueillait son troisième Tupperwine. Super boutique rue d'Orsel dans le 18ème, et super accueil. D'ailleurs j'y ai acheté des bouteilles dont je parlerai prochainement. Et merci à Al pour les photos.
16 juillet 2008
Martine, reviens!
A peine arrivée, Martine Becker est déjà repartie. En deux heures elle a réussi à nous faire goûter 12 vins et nous raconter l'histoire de sa famille et de l'Alsace, nous expliquer son travail et son amour pour sa région. Belle performance Martine.
L'Hardi Vin, rue des dames, nous accueillait pour un second Tupperwine (le premier était consacré à Chablis avec Daniel-Etienne Defaix). Fabrice avait donc cette fois invité Martine Becker, du Domaine Jean Becker en Alsace. Un domaine qui existe depuis 1610 il me semble, qui fait 18 ha, et qui est en conversion bio depuis 1998 ou 1999. Ils produisent au moins une trentaine de vins, rouge comme blanc, je crois même qu'ils font du rosé. Jeudi soir dernier nous en avons donc goûté 12 dont voici la liste (grâce à monsieur Septime):
- Gentil
- Riesling Grand Cru Schoenenbourg 2004
- Riesling Grand Cru Schoenenbourg 2002
- Riesling Grand Cru Froehn 2001
- Riesling Grand Cru Schlossberg 2004
- Riesling Vendanges Tardives Sonnenglanz 2001
- Pinot Gris Grand Cru Froehn 2002
- Pinot Gris Grand Cru Sonnenglanz 2002
- Gewurztraminer Grand Cru Sonnenglanz 2004
- Gewurztraminer Grand Cru Schoenenbourg 2003
- Gewurztraminer Grand Cru Froehn 2004
- Gewurztraminer Rimelsberg
Une fois de plus impossible de vous donner des commentaires de dégustation pour chaque vin. Fabrice a fait une tentative mais il a dû lâché prise avant la fin. Juste quelques mots pour dire qu'à part le premier vin (un rince gueule selon Martine) qui est un assemblage de riesling, gewurtz, muscat tous les autres sont des vins monocépages. Très intéressant ce voyage à travers les cépages, terroirs et millésimes du domaine. Surtout quand c'est agrémenté des commentaires de Martine qui n'a pas sa langue dans sa poche et qui ne manquait pas une occasion de nous donner une leçon d'histoire.
Les vins qui m'ont marquée ce soir: le premier Riesling, Grand Cru Shoenenbourg 2004, pour son incroyable nez de pétrole; le genre qu'on pourrait ressentir dans une station service ou un aéroport. C'est pas très flatteur comme commentaire mais c'est la première fois que je ressentais cette impression. Spécial, et incroyable de voir ce que le terroir peut transmettre au vin. Mon coup de coeur de la soirée ira aux Pinot Gris: Grands Crus Froehn 2002 et Sonnenglanz 2002; une vraie surprise. D'abord parce que c'est la première fois que je goûtais ces cépages, ensuite parce que ces vins "déconcertants": au nez on se demande si on a à faire à un vin sec ou à un vin sucré; et j'aime cette déorientation, cette incertitude. On est sur les fruits mûrs mais on ne sait pas encore précisément si ce sont des mirabelles, du citron, du coing, de la poire. En bouche on retrouve ce fruité très agéable, cette douceur, cette rondeur qui vient tapisser la bouche. Une finale acide vient relever le tout et empêche complètement que ce vin soit trop lourd. Une vraie belle surprise. Et une fois plus très intéressant de goûter ces vins dans le même millésime mais sur un terroir différent. Les deux étaient clairement différents, surtout au nez, et aussi déconcertant l'un que l'autre. Un mot sur les Gewurtz pour finir: c'est clairement sur le litchi, c'est sucré, voire lourd, ça ne plaît pas à tout le monde. Moi j'apprécie ces vins, surtout s'ils sont associés aux mets qui vont bien avec: tarte aux pommes, tarte aux mirabelles pour rester en Alsace, ou tarte à la rhubarbe dont l'acidité pourrait bien se marrier avec le côté sucré et exotique du vin.
"Votre Humble Serviteur" et l'invitée de la soirée, Martine Becker
Merci Martine, merci Fabrice, merci Mr Septime, et merci à tous les participants de cette réunion tupperwine. Au début on ne connaît (presque) personne, et à la fin on discute avec tout le monde, et c'est aussi ce qui contribue à la richesse des tupperwine. Merci à tous et à la prochaine!













































