17 octobre 2009
Château Haut-Lignières - Jérôme Rateau
Rencontré à Bercy où il présentait ses Faugères,
Jérôme Rateau du Château Haut-Lignières,
A bien voulu se prêter à une grande première,
Sans tapis rouge ni grandes manières;
Ce blog au nom pourri,
Vous propose en effet aujourd'hui,
Son interview sans langue de bois ni chichis,
Pour vous éviter l'ennui!
Une interview à la Ardisson,
Que j'ai nommée "Slip ou caleçon".
Désolée pour cette envolée poétique digne d'un élève de CE2...Pour info, nous sommes donc dans l'Hérault (34), chez Jérôme Rateau, qui fait du vin de Faugères au Château Haut-Lignières depuis 2007. Sur 12,6 ha il travaille cinq cépages principaux (syrah, greanche, mourvèdre, carignan, cinsault) sur un terroir schisteux, pour produire 55 à 60 000 bouteilles/an (du calme, du calme, y'en aura pour tout le monde!). Bonne lecture!
- Vendanges manuelles ou mécaniques ?
Rouge! Sans conteste. Pour l’épicurien que je suis c’est
dans les vins rouges que je trouve mon bonheur, et en tant que viticulteur
c’est dans leur élaboration que je m’éclate! Tant dans le travail des cuves
pendant les vinifications que lors des assemblages. Mais je ne délaisse pas
blanc sec et rosé pour autant. Ce sont des vins que j’adore, désaltérant
et plus facile d’accès. Et toujours synonyme de joie et de bon moment car je
les consomme bien souvent au soleil et avec mes amis. Nous élaborons déjà du rosé
au Château Haut Lignières mais vous avez raison pour l’instant il n’y a pas de
blanc (l’appellation Faugères blanc étant toute récente) mais j’ai planté mes premières
vignes de blanc l’hiver dernier : roussane, grenache blanc et vermentino.
Maintenant il faudra être patient pour déguster nos premiers blancs d’ici
quelques années.
Rosé, la question ne se pose même pas! En tout cas en ce qui me concerne! Nous produisons un rosé de saigné haut de gamme, sec, fruité, très désaltérant avec beaucoup de rondeur, impossible à élaborer par coupage (et puis nous ne faisons pas de blanc pour l’instant !). Mélanger blanc et rouge pour faire du rosé ??? Je ne vois pas l’intérêt au moins du point de vue gustatif; après si cela permet aux grands groupes de produire des vins de consommation courante en masse à moindre coup tout en trompant le consommateur sur ce qu’il boit ??? Mais c’est avant tout un respect du consommateur que de produire des vins vrais, j’ai presque envie de dire « naturels » mais c’est un autre débat !
Alors là…la question est vaste, surtout depuis le reportage
d’Envoyé Epécial récemment diffusé sur France 2 qui m’a fait sortir de mes gonds !
Globalement je trouve l’idée du bio louable et allant dans le bon sens pour
nous tous. Après j’ai deux problèmes avec le bio.
Le premier qui est la tendance actuelle à sacraliser le bio
comme « évidemment meilleur » que le non bio, systématiquement dénigré.
Je ne supporte plus les personnes en extase devant des vins aux odeurs douteuses
liées à des états sanitaire calamiteux des raisins, et qui vous répondent que
« ça c’est le vrai goût du vin ». Je ne dis pas que les vins bio sont
mauvais, au contraire et il y en a de très bons exemples à Faugères parmi mes
collègues viticulteurs, mais les ayatollah du bio non merci, il y a de bons et
de mauvais vins bios et non bios!
L’autre problème que j’ai c’est de penser que balancer du
cuivre et du souffre en grande quantité sur la vigne, et donc dans les sols (car
ces produits sont lessivés par la pluie) pollue les sols, surtout quand ceux-ci
sont acides. Alors l’idée du bio j’adhère complètement, il est indispensable
d’aller dans ce sens, mais je ne suis aujourd’hui pas convaincu par les méthodes
employées. Alors en attendant de trouver mieux, de mon coté je pratique la
« viticulture raisonnée » ça veut pas dire grand-chose….mais en 2009
j’ai divisé par 3 mes traitement en appliquant cette philosophie.
Bien que mes vins aient été médaillés par Decanter cette année, définitivement dindonswine ! Votre blog apporte un peu de fraîcheur et d’ouverture d’esprit sur le monde du vin qui est de plus en plus fermé, élitiste et convenu. En effet je trouve que l’ensemble de la presse spécialisée du vin enfonce des portes ouvertes depuis bien trop longtemps maintenant, ils ne prennent plus de risque, ne critiquent plus, et surtout ne découvrent plus. Il y a un célèbre producteur de Saint- Emilion qui tient un blog très populaire qui dénonçait il y peu cet état de fait…depuis quand a-t-on vu un journaliste poussé la porte d’un chai autre que celui d’un cru renommé pour autre chose que se faire passer la brosse à reluire ???? Je suis un peu dur mais c’est la triste réalité. Je lisais récemment un classement des meilleurs vins du Languedoc…je ne dis pas ça pour moi je n’ai pas la prétention d’en faire partie…mais ne sont classés que ceux qui ont participé…en ce qui me concerne je n’étais même pas au courant que l‘on pouvait participer…cherchez l’erreur !
Oui parce que notre région a su resté sauvage et authentique, Faugères fait partie du parc naturel du haut Languedoc qui est en cela protégé, et surtout l’aire d’appellation a été très bien délimitée à l’époque car ici on trouve une certaine homogénéité de terroir que l’on a pas dans certaines AOC. Chez nous, que ce soit dit...c'est du schiste!
Merci Jérôme pour cette interview qui nous permet de mieux connaître votre travail, vos opinions, et bien sûr le Château Haut-Lignières et la région de Faugères!!!!!
Pour une première, je trouve que c'est plutôt très réussi! Que je dédicace à mes "collaborateurs" que je saoûle (c'est le cas de le dire) régulièrement avec mon blog: Bug, Sly, Dan et Al.






