13 avril 2009
Good Friday
Not so good en fait, puisqu'il s'agit du vendredi saint et que tous les vignobles de la péninsule de Niagara étaient fermés pour l'occasion! Ca n'empêche pas de profiter des célèbres chutes, de la rivière et du lac Ontario mais GRRRR quand même. Pour l'usine à touristes que constitue la région c'est décevant! Parce que ici on ne se pointe pas à l'improviste, tout est indiqué et organisé, c'est une vraie industrie (à touristes). Aucun risque de tomber sur un vignoble du genre "tourner à droite au croisement avec le D62, longer le chemin de terre jusqu'à la cabane, le domaine est là". Et ce n'est pas faute d'avoir essayé, la fille du Visitor Information a appelé tous les domaines! Je n'ai donc que quelques photos à proposer même pas très intéressantes puisque les ceps sont taillés bien ras. On remarque juste que comme au Québec l'été dernier c'est complètement plat, et que la plupart des domaines disposent de la fameuse éolienne qui réchauffe l'air au printemps pour éviter les gelées:
Heureusement les magasins pour touristes restent ouverts et vous proposent les produits locaux: confiture de Chardonnay et de Icewine...
12 octobre 2008
Tour d'Europe des Vins
La suite de mes cours de l'année dernière, à l'Union des Oenologues de France. Après les régions de France nous passons à l'Europe, puis bientôt au monde. Bien qu'il soit impossible de faire un tour d'Europe en 2h30 je trouve que nous avons évoqué pas mal de pays, régions, cépages. Tous ne sont pas des coups de coeur bien sûr, mais ça reste néanmoins une soirée intéressante, au cours de laquelle nous avons dégusté la bagatelle de 12 vins. Rien à voir avec les 31 vins de l'ami SuperFred, mais 12 c'est déjà beaucoup pour moi...Quelques commentaires rapides donc, et plus de détails et d'impressions sur ceux qui m'ont plus plû!
- Crémant du Luxembourg, Caves Jean Schlink-Hoffeld, Brut méthode traditionnelle 2005: un nez floral, légèrement grillé, un vin fait à base de Pinot Auxerrois (clône du Pinot Blanc). Nul.
- Nyetimber Classic méthode traditionnelle 2001, un vin d'Angleterre: oxydé, iodé, un nez de pommes mûres. En bouche il y a beaucoup de trop de bulles, et la finale est rêche et acide. Nul.
DOCG Vermentino di Gallura, Cantina Gallura, Genesi 2006: ah le vermentino, aussi appelé rolle en Provence. Une robe dorée claire, pas très intense, un nez frais, fruité, citronné, assez agréable et qui s'ouvre avec le temps. Malheureusement la bouche est dominée par l'alcool, la chaleur, l'acidité. Dommage, ça donne un vin bof. Ce petit tour en Italie ne m'aura pas convaincue.
Le Crémant du Luxembourg, et le Vermentino d'Italie
- DO rias baixas, Fulget 2006: un vin blanc d'Espagne, à la robe jaune pâle légèrement brillante, un nez arômatique qui me fait penser à du viognier mais en plus léger (pêche blanche, abricot sec). Un nez qui évolue sur les agrumes. En bouche nous avons une belle structure, et une belle acidité finale, avec des notes de citron. J'aime bien, c'est pas mal.
AOC Valais, Petite Arvine 2005: nous voilà en Suisse! La robe est dorée, le nez est solaire et sur les agrumes ainsi que de façon très légère sur les fruits exotiques. Il s'ouvre d'ailleurs sur des notes de mangue. En bouche ce vin nous propose une belle ampleur et est doté d'une belle acidité. J'aime bien, je dis "bien" ("bien" c'est mieux que "pas mal")
'
On passe aux rouges:
- AOC Valais, Maître de Chais Cornalin 2006 (on reste en Suisse): la robe est rubis brillante, le nez est terreux, sur la terre humide; il s'ouvre sur des notes de petits fruits noirs, et reste sur la fraîcheur. En bouche belle colonne vertébrale acide, et finale sur le fruit, mais je ne suis pas fan, c'est bof.
- Topikos Inos Heraklion: Estate Michalakis Merlot 2005: vous l'aurez deviné, nous sommes en Grèce. La robe est rouge et intense, avec limite des reflets tuilés, le nez est lourd et chargé, en bouche quelques notes empyreumatiques, comme le café par exemple. Je ne sais pas si c'est dû au climat chaud du pays; en tous cas pas de coup de coeur pour moi, j'ai mis bof.
- DO ribera del Duero: Secreto 2005: un nez très chaud, sur les fruits confiturée: cassis, mûre, fraise. C'est un assemblage de tempranillo et de grenache qui est passé en fûts; en bouche c'est rapeux et hyper astringent, j'aime pas, aucun plaisir sur ce vin d'Espagne. Encore un bof.
Vinho regional terras-do-sado: Adega de Pegoes Touriga Nacional 2004: la robe est très concentrée pour ce vin du Portugal, le nez est marqué par l'alcool, en bouche c'est amer et légèrement astringent, avec une finale sur le café. Bof.
'
'
On retourne en Italie:
- DOC montepulciano d'abruzzo: Torre Galasso Invecchiato in barriques di rovere 2004: la robe est brillante, les larmes sont fines, brillantes et rapides. C'est un peu fade en bouche, marqué par le bois et la vanille. J'ai mis "pas mal" mais je ne sais plus pourquoi!
Et, on finit par les liquoreux, qui vont nous emmener dans l'Est de l'Europe:
d'abord en Autriche avec un Burgenland: Neuburger Trockenbeerauslese 2006:
comme son nom l'indique c'est un vin fait à partir de grains de raisins touchés par la pourriture noble et désséchés. La robe est orangée pâle, les larmes sont incroyablement lentes! Le nez est sur la mandarine; en bouche c'est poire, melon, abricot. C'est comme un bonbon mais du coup c'est trop sucré, trop lourd, ça manque d'acidité. Dommage, je lui mets "pas mal".
'
On finit notre tour d'Europe par un vin assez extraordinaire qui nous vient de Hongrie. Un Tokay évidemment. Plus exactement un Tokajhegyalja: Heidrich Pince Tokaji 5 puttonyos Aszu 2003. Quelques infos sur ce nom à rallonge: aszu est un des cinq types de Tokay qui existe. Il est fait à partir de raisins rotis attaqués par la pourriture noble qui macèrent dans un vin de base sec. Plus la quantité le pâte aszu (grains rôtis) ajoutée (définie en puttonyos généralement 3, 4, 5 ou 6) est élevée plus le vin final sera riche en sucre. Pour avoir le droit à l'appellation aszu le vin doit avoir séjourné au moins deux ans en fûts et un an en bouteille.
Pour celui qui nous intéressait ce soir-là on a ajouté 5 seaux (5 puttonyos) de 25 kg de raisins désséchés à 136 litres de vin sec. La robe était ambrée, le nez marqué par l'alcool (éther) et le vieillissement. En bouche je me rappelle surtout d'une belle acidité et d'une longueur en bouche assez extraordinaire. C'est ce qui m'a marqué par rapport au vin précédent, qui manquait complètement d'acidité. C'était pas mal du tout, à croire qu'ils avaient gardé le meilleur pour la fin!
24 août 2008
Les Brome, Lac Brome
Enfin un domaine situé sur un vrai coteau !!!!! Rien que pour ça on se sent dans un endroit plus familier. En plus « d’en haut » on a une vue plutôt sympa sur le lac.
Accueillies par une dame charmante dont je ne connais pas le prénom, et qui avait travaillé avant à l’Orpailleur. La question que je suis obligée de poser, pourquoi avoir quitté l’Orpailleur ?? Parce qu’il y avait trop de travail, et pas toujours intéressant, elle en avait marre de faire cinq visites guidées par jour. Elle a aimé la « jeunesse » (que ce soit l’âge du domaine ou l’âge de ceux qui y travaillent) des Brome, la dynamique, les projets etc…
Pas de visites ce jour-là donc nous avons eu le droit à une heure de présentation particulière, pendant que dans la salle derrière une équipe s’affairait à mettre en bouteille le vin de glace.
Bon là y'a plus personne sur la photo mais quelques minutes avant il y avait encore quelques personnes qui mettaient en bouteille le vin de glace. Elle se fait à la main car les bouteilles sont plus petites (200 ml) et ils n'ont pas de machine adaptée.
Ce domaine existe depuis 2000, a ouvert au public depuis 2005, a une superficie de 10,5 ha, et plante 10 000 nouveaux pieds de vigne par an. A noter que dans la plupart des domaines que nous avons visité, du moins les domaines crées récemment, il y a des projets d’agrandissement ou d’extension, et ce toujours de manière raisonnée. Ils souhaitent accorder plus d’importance à la qualité qu’à la quantité.
Les "étiquettes" bleues ce sont les nouveaux plants
Douze cépages sont cultivés aux Brome : Riesling, Chardonnay, Geisenheim, Baco Noir, Vidal, Seyval Blanc, Seyval Noir, De Chaunac, Maréchal Foch, Cabernet Franc, Saint-Pépin, Pinot Noir . Le domaine qui en termes de cépage, d’emplacement, et d’esprit se rapproche le plus de nos vignobles français !
Pourquoi le vin de glace est toujours fait avec du vidal ? Parce qu’il a une peau plus épaisse et qu’il résiste mieux aux températures négatives tout en gardant du jus. Pour info avec 100 kg de raisin on obtient environ 85l de jus alors qu'avec 100 kg de raisin de glace on obtient moins de 15l de jus.
Dégustation
Rosé: très clair, frais et léger, le vin de l'été qui ne vous fera pas mal à tête!
Blanc sec Cuvée Charlotte: la fille du domaine s'appelle Charlotte, elle a donc sa cuvée! Vin très agréable, des notes de fleurs blanches au nez, minéral et frais en bouche, acidité discrète en finale ce qui fait que ce vin est étonnament doux pour un sec!
Blanc demi sec Vidal avec 15% de Chardonnay: un vin très très agréable à boire, très bien décrit sur leur site.
Rosé plus foncé (Péché): assemblage de seyval noir et de maréchal Foch, avec une robe bien plus intense que le premier rosé. Un vin qui ne me laisse pas un souvenir impérissable.
De Chaunac: au nez des petits fruits noirs et rouges, des notes de bleuets et de canneberges pour citer les fruits locaux (j'ai bu du jus de canneberge et manger un muffin aux bleuets donc forcément j'étais influencée...) et surtout une dominate terreuse pas désagréable, car ce vin est doté d'un bel équilibre entre tous les éléments qui font ses caractéristiques.
Cuvée Julien: nommé ainsi car le fils du domaine s'appelle Julien. Assemblage de Maréchal Foch, de Chaunac et Baco. Des notes fruitées dominent au nez comme en bouche. De la cerise noire, de la mûre, de la fraise des bois. Très agréable.
Baco: un vin caractérisé par des notes épicées, au nez comme en bouche, notamment le poivre.
De Chaunac Réserve passé 16 mois en fûts : boisé et encore plus terreux que le premier de Chaunac
Et en bonus les vins de glace:
Vin de glace régulier 2005 : au nez agrumes pamplemousse, acidité ; en bouche on retrouve des notes de miel et de fruits secs mais toujours avec une très belle acidité caractérisées par des notes d'agrumes. J'en ai acheté une bouteille j'espère pouvoir la garder un moment, et je vous en reparlerai!
Vin de glace fûts de chêne 2004 : au nez des notes plus subtiles d’épices de vanille, un peu comme un whisky. Excellent et très fin mais trop typé pour moi.
Cette rencontre restera un excellent souvenir!!!!
Ici la technique de protection de la vigne pour l’hiver n’est pas la même qu’à l’Orpailleur : on met simplement de la paille aux pieds des vignes pour les protéger du froid. Idem pour le vin de glace, ici une fois cueillis les raisins ne sont pas attachés à la vigne, ils mûrissent dans leurs caisses, sous la grange.
21 août 2008
L'Orpailleur
Crée en 1982 par deux français et deux québécois, qui étaient persuadés qu’ils pouvaient faire pousser de la vigne au Québec, la première récolte du domaine a eu lieu en 1985.
Pourquoi se sont-ils installés ici ? Trois raisons : la première donnée par notre guide est que l’emplacement est stratégique commercialement parlant : un peu plus d’une heure de Montréal, pas très loin de la frontière américaine, à trois heures de Québec. Bizarre comme première raison, j’étais un peu étonnée qu’elle commence par celle-ci. Seconde et troisième raison un peu plus classiques, le climat et le terroir. Comme tous les domaines visités le domaine bénéficie d’un micro climat avec une saison végétative plus longue qu’ailleurs, et un sol fait d'argile et d'ardoise.
Comment protègent-ils la vigne du froid ? En recouvrant les pieds de vigne de terre : comme on le voit sur la photo les rangées de vigne sont assez espacées ce qui permet de creuser une tranchée au milieu et de remonter la terre de chaque côté sur les pieds de vigne. Ca s'appelle le buttage.
Enfin, pour lutter contre les gels de printemps, après avoir pendant de longues années utilisé l’altogel (des torches à l’huile qu’il faut allumer une par une et surveiller consciencieusement pour s'assurer que les vignes ne prennent pas feu...) le domaine a opté pour une éolienne, au milieu de la parcelle. En tournant elle remue l’air, et fait ainsi remonter l’air chaud qui est au ras du sol. Ceci permet de maintenir au niveau des bourgeons une température qui les empêche de geler. A noter qu’une éolienne suffit à « réchauffer la parcelle » mais que la butte que l’on voit sur la photo n’est pas atteinte par l’éolienne ; et en fait il n’y a pas besoin car la température sur la butte est supérieure à celle de la parcelle devant.
Le domaine produit 10 vins (divin?),du blanc, du vin gris, du vin de glace et du vin muté. La visite guidée fut très agréable et très instructive. Je vais d'ailleurs tenter de mettre en ligne une vidéeo, parce que c'est beaucoup plus joli avec l'accent (on entend pas bien mais c'est adorable):
Les jarres que l'on voit en haut sur cette photo contiennent un vin muté, c'est à dire que l'on a ajouté de l'eau de vie (de l'alocool) pour stopper la fermentation. Ce vin passe six ans dehors dans ces jarres quelque soit la température extérieure, qui sont ouvertes, d'où évaporation, d'où le nom de ce vin, La Part des Anges.
Le pressoir, un pressoir français; à l'intérieur deux plaques se rapprochent progressivement pour presser le raisin. Pour le vin de glace le pressoir est plus petit et c'est un ballon qui se gonfle à l'intérieur et presse ainsi le raisin:
Passons à la dégustation:
Blanc fûts de chêne : un 100% seyval blanc doté d'une belle acidité, et d'un boisé complètement fondu. Un blanc léger mais qui a du caractère.
Vin gris : trois cépages composent ce vin, le seyval blanc, le muscat de New York, et le geisenheim. La première chose qui marque sur ce vin c'est sa robe. Une couleur à laquelle on est clairement pas habitués: gris clair avec des reflets violacés, tout en transparence et en nuances, "saumonné" comme c'est écrit sur leur site, un peu peau de saumon en fait. Au nez et en bouche c'est clairement litchi, litchi et encore litchi. Quelques notes florales et exotiques également, de celles que l'on retrouve dans certains vins d'Alsace. Ca surprend, c'est agréable et efficace, par contre j'aurais du mal à le servir car c'est très typique et très original et je ne vois à quoi l'associer. Et seul ça me paraît trop "fort". Si vous connaissez et que vous avez des suggestions n'hésitez pas.
La Marquise: encore un 100% seyval blanc, fortifié, très sucré, arômes de fruits macérés, de pruneaux à l’eau de vie, et qui titre 17% d'alcool. Trop fort pour moi.
Blanc régulier : le même 100% seyval blanc que le premier, mais sans le passage en fûts de chêne: un peu fade par rapport à celui qui est passé en fûts, peut-être aussi parce qu’on l’a goûté après la marquise….
Résultat j'ai acheté une bouteille du blanc fûts de chêne, et une bouteille de leur vin de glace. Notre guide l'a très très bien vendu et je l'ai donc acheté sans le goûter. Bouh, pas bien...Mais quel plaisir de raconter son histoire quand je l'ouvrirai (même s'il est pas bon :-), de toutes façons il sera forcément bon avec une belle histoire comme ça!).
20 août 2008
Les Blancs Côteaux & La Mission
Les Blancs Côteaux ce sera un peu mon carton rouge de la série car l'accueil était assez froid, le site n'était pas tip top en bordure de la route passante, donc je ne garderai pas un grand souvenir de ce domaine. Si ce n'est que j'ai goûté pour la première fois de ma vie un cidre de glace, obtenu avec les mêmes principes qu'un vin de glace sauf que ce sont des pommes à la place du raisin. Eh bien c'est très fort, très sucré, ça fait penser à du cidre pas frais et sans bulle (en plus raffiné évidemment), et voilà c'est tout, rien de bien séduisant.
Par contre j'ai acheté un rouge La Vieille Grange dont je ne me rappelle plus des caractéristiques et qui était pas mal. Mais un peu cher pour ce que c'était.
Bienvenue à la dégustation payante des Blancs Coteaux...
C'était dimanche donc les propriétaires (des français) n'étaient pas là, donc je ne vais pas avoir grand-chose à raconter et ça ne sert à rien que je réécrive ce qui est sans doute mieux écrit sur leur site internet. La seule chose que j'ai retenu c'est que le vingoble a été crée par un couple de Mexicano Québécois et c'est pour cela que le domaine s'appelle La Mission, un mot qui est le même en anglais, espagnol et français. J'ai bien aimé la localisation du domaine aussi, et son style un peu ranch américain. J'ai dégusté plusieurs vins mais celui que j'ai retenu c'est un Vendanges Tardives de Vidal, il était très très fin, avec une pointe d'acidité, j'en ai acheté une bouteille donc j'en reparlerai quand je la déboucherai.
A venir: les domaines coups de coeur de dindonswine au Québec...
18 août 2008
Les Pervenches, Farnham
Premier domaine visité et premier domaine de la route des vins. On a eu un peu de mal à trouver vu qu’il y a la rue Boulais et le Chemin Boulais ; et contrairement à ce qu’on pourrait penser le chemin est bien plus long et plus large que la rue…
Bref on a quand même trouvé, un domaine au milieu de nulle part, sur le plat, le seul domaine bio du Québec (ils ont mis quatre ans à obtenir leur certification). Le domaine fait 6 ha, existe depuis 1991 (repris par les propriétaires actuels en 2000) et produit 4 vins (2 blancs et 2 rouges), pour environ 10 à 15 000 bouteilles par an.
Sur les quatre vins du domaine deux étaient en rupture de stock, et sur les deux restants le blanc n’était pas en dégustation car presque en rupture de stock. Résultat nous avons goûté le Solinou 2007 (nommé ainsi car la fille des propriétaires s’appelle Soline), un rouge composé de Maréchal Foch, Seyval Noir, zweigelt, baco noir et Frontenac, et acheté le Seyval-Chardonnay. Premier contact avec ces cépages aux noms originaux, des cépages hybrides (interdits en France dans les AOC, pour les autres appellations je ne sais pas) qui résistent bien aux températures extrêmes de l’hiver québécois.
Solinou 2007 : robe rubis foncé, une couleur du style des vins de Bordeaux ; un premier nez discret de petits fruits rouges et noirs qui s’ouvre complètement après quelques minutes sur une farandole de petits et de gros fruits noirs : de la cerise noire, de la mûre, de la groseille, du cassis, des arômes que l’on retrouve en bouche. Les tanins sont très discrets mais le vin possède une belle acidité qui lui donne structure et droiture.
Leur site internet c'est ici.
Update: dégustation du Seyval-Chardonnay 2007
La fameuse bouteille que j'ai achetée étant donné qu'elle n'était pas en dégustation: "un vin blanc sec tout en rondeur et sensualité" comme ils écrivent sur leur site internet. Et je suis entièrement d'accord. Servi à température ambiante l'arôme qui domine au nez c'est clairement le beurre. Arôme que l'on peut retrouver sur un vieux champagne, un vieux Chablis, ou un Meursault. D'ailleurs le vin est vinifié en barriques selon les traditions bourguignonnes. Je ne sais pas nécessairement ce que sont les traditions bourguignonnes mais on voit où le maître des lieux puise son inspiration. Le vin est rond et légèrement gras, il laisse de belles larmes lentes sur les parois du verre. En bouche on retrouve ce beurré, une belle ampleur et une finale légèrement acide, parfait pour notre apéro canadien improvisé.
Le lendemain servi plus frais l'arôme de beurre a disparu (est neutralisé par le froid??), et c'est l'acidité qui domine. Les larmes sont encore belles mais j'ai l'impression que le frois anésthésie un peu le vin. Une fois réchauffé on retrouve des arômes de beurre plus léger que la veille, et en bouche des notes d'agrumes type pamplemousse, et acidité bien sûr. Heureusement que le dollar est pas cher parce que à 15$ la bouteille ça serait pas forcément une bonne affaire...En même temps c'est un vin que Québec, donc soyons indulgents ils n'ont pas un climat facile ces raisins!
16 août 2008
La Route des vins au Québec
Eh si, malgré le froid polaire de la région en hiver on fait du vin au Québec!!!!!
Bon pas de depuis longtemps je vous l'accorde, le premier (Les Côtes d'Ardoise) a vu le jour en 1980. Seize domaines font maintenant partie des 132 kms de route des vins, route qui existe depuis 2003. Bon je n'ai pas fait les 132 kms ni les seize domaines mais j'ai recontré des gens formidables qui parlent de leur région et de leurs vins avec beaucoup de passion et de dynamisme, qui font des vins originaux (comme les vins de glace par exemple) et de qualité. Tour d'horizon des vignobles visités, impressions de dégustations, recontres & photos bientôt sur dindonswine!!!
15 août 2008
La SAQ
La SAQ c'est la Société des Alcools du Québec, c'est à dire la société qui a le monopole de la vente d'alcool au Québec. Certes on retrouve de l'alcool type bière voire même vin dans les supermarchés et les dépanneurs (l'arabe du coin s'appelle ici le dépanneur) mais le magasin de vin du Québec c'est la SAQ, que l'on retrouve donc à la fois en centre ville ou dans les principaux centres commerciaux. Les magasins sont plutôt bien achalandés en vins du monde, avec une grosse représentation de la France, et une très faible représentation des vins locaux. C'est assez déconcertant de retrouver des noms connus tels que Faugerey de Beauclair, Château d'Aydie, Cazal Viel, Guigal etc à 7000 km de la France.
Je vous rassure les prix aussi sont déconcertants, pour les vins français comme pour les vins québécois! Le Côtes du Rhône 2004 Guigal est en promotion à 18,10$!!! Heureusement que le taux de change nous est favorable, parce que si l'euro avait la même valeur que le dollar ça ferait cher la bouteille que j'ai par ailleurs achetée au printemps dernier moins de 6€ à la Foire aux Vins Auchan...Idem pour le Chateau D'aydie 2005, c'était hors de prix, tout comme le vin de glace de l'Orpailleur, payé 28$ au domaine et affiché à 32$ à la SAQ...
En discutant avec les canadiens on se rend assez vite compte que ces prix exhorbitants les dissuadent assez rapidement de boire du vin et on comprend qu'ils préfèrent la bière, locale ou internationale. Ceci dit j'en ai quand même rencontrés (et des vrais canadiens, pas des expats') qui avaient du vin dans leur cave, et pas mal de vin français. Moi ça me surprend toujours de voir autant de vin français à 7000 kms de la France...même s'il est de plus en plus concurrencé par les vins du nouveau monde quel succès et quelle renommée pour notre beau vignoble!
11 août 2008
Apporter votre vin
Eh oui c'est comme ça à Montréal, et peut-être ailleurs au Canada: on peut (il faut) apporter son vin dans la plupart des restaurants si on veut accompagner notre repas. Je ne sais pas s'il y a une raison juridique à cela, je vais mener l'enquête. En tous cas économiquement c'est plutôt intéressant pour le client, ça l'est sans doute moins pour le restaurateur quand on voit le prix du vin au restaurant en France.
Par contre ce qui est un peu embêtant c'est qu'il est difficile de prévoir le vin quand on ne sait pas ce qu'on va manger...Ca me rappelle un boss qui lors d'un déjeuner avec la Direction Générale a répondu ceci quand on lui a demandé dans un restaurant neuilléen s'il avait choisi le vin: "ben, je ne sais pas ce qu'on mange..." Eh oui pas facile le Québec...
PS: aucun commentaires ou question sur le "festival de la crevette", merci...
09 août 2008
Air France
Voici donc ce qui est proposé par Air France pour accompagner vos repas sur Paris-Montreal:
En blanc un Viognier Chardonnay 2007 La Baume ou un Côtes du Lubéron La Vieille Ferme 2007 Perrin et fils. En rouge un vin de Pays d'Oc Cabernet Merlot 2007 La Baume ou un Côtes du Ventoux La Vieille Ferme 2007 Perrin et fils.
Vinsurvin faisant une pub incommensurée au Lubéron j'ai voulu prendre celui de cette région. Manque de bol ils n'en avaient plus. L'hôtesse me propose un rouge à la place. Eh ben non si je demande un blanc c'est que j'ai envie de boire un blanc, donc va pour le Viognier Chardonnay.
Sur le coup ce n'était pas extraordinaire, il était peut-être un peu trop frais. Un nez plus que discret, en bouche de légers arômes de fruis type pêche blanche, le fruité du viognier quoi. Et acidité dominante.
C'était beaucoup mieux le lendemain, une fois réchauffé et trimballé un peu partout. Nez toujours discret mais bouche bien plus expressive de fruité, avec l'acidité qui reste derrière tous ces arômes, ce qui est bien plus aréable!





































