13 avril 2009
Good Friday
Not so good en fait, puisqu'il s'agit du vendredi saint et que tous les vignobles de la péninsule de Niagara étaient fermés pour l'occasion! Ca n'empêche pas de profiter des célèbres chutes, de la rivière et du lac Ontario mais GRRRR quand même. Pour l'usine à touristes que constitue la région c'est décevant! Parce que ici on ne se pointe pas à l'improviste, tout est indiqué et organisé, c'est une vraie industrie (à touristes). Aucun risque de tomber sur un vignoble du genre "tourner à droite au croisement avec le D62, longer le chemin de terre jusqu'à la cabane, le domaine est là". Et ce n'est pas faute d'avoir essayé, la fille du Visitor Information a appelé tous les domaines! Je n'ai donc que quelques photos à proposer même pas très intéressantes puisque les ceps sont taillés bien ras. On remarque juste que comme au Québec l'été dernier c'est complètement plat, et que la plupart des domaines disposent de la fameuse éolienne qui réchauffe l'air au printemps pour éviter les gelées:
Heureusement les magasins pour touristes restent ouverts et vous proposent les produits locaux: confiture de Chardonnay et de Icewine...
27 février 2009
Farewell tasting 2
Vous vous rappelez du vin de glace de l'Orpailleur? Celui que la dame m'a vendu sans même que je le goûte! Eh bien finalement je n'ai pas tenu bien longtemps avant d'ouvrir la bouteille puisque je l'avais achetée en août dernier...Je vous avais à l'époque présenté ce domaine, le premier domaine viticole crée au Québec (c'était ici). Malheureusement vous n'aurez pas de photos de ce très joli vin puisque la bouteille a été bue avant même que je n'ai le temps d'immortaliser sa belle robe dorée! Pour rappel il s'agit donc d'un vin issu de raisins surmaturés (cépage vidal 100%) d'octobre et janvier. Les raisins vidés de leur eau sont alors concentrés en jus et en sucre.
Au nez les sensations de mes dégustateurs d'un jour fusent: orange amère, pamplemousse, miel. Ca fait pas rêver des arômes comme ça franchement? C'est varié, c'est complexe, c'est frais, franc, et doux à la fois. C'est super agréable. En bouche c'est un excellent vin pour prendre conscience des différentes zones sensibles de la langue (sucré, amer, acide notamment) car on retrouve toutes ces impressions de façon légère et nette.Du sucre (miel, cire), le côté amer de l'orange un peu confite comme au nez, l'acidité comme dans le jus de pamplemousse, une liqueur concentrée, mais pas lourde du tout, un excellent vin de dessert qui allait parfaitement avec nos cannelés bordelais! Et une très belle longueur en bouche, avec des notes de coing, de miel, plus sur le côté sucré qu'acide, très agréable.
Il fallait bien que ce dessin soit sur ce blog tellement il est utile et intéressant, et pas que dans le cadre des dégustations de vin!
30 janvier 2009
Vendredi du Vin #21
Les vendredis du Vins ce sont des dégustations online organisées par Rémy (je crois) et qui attirent des blogueurs d'un peu partout dans le monde. Chaque mois le "président" temporaire propose un thème, et les participants racontent leur dégustation sur leurs blogs, et le président fait ensuite la synthèse.
Ca faisait un bout de temps que je recevais les mails avec les thèmes mais à chaque fois j'avais une "bonne excuse" qui m'empêchait de participer...:-) Cette fois-ci le thème proposé par Julien m'a tout de suite plu, et j'ai tout de suite su que j'avais la bouteille parfaite pour participer: dégustation d'un vin provenant d'un pays différent des 10 principaux pays producteurs de vin. J'avais depuis presque un an une bouteille de vin de Syrie que mes parents avaient ramené de voyage et je ne savais pas à quelle occasion l'ouvrir. Je me suis dit que c'était le moment.
Saint-Siméon 2006, Alep, Syrie
Impossible de trouver la moindre information sur cette bouteille sur internet. Je connais donc l'année (2006), à peu près l'endroit (Alep en Syrie, même si ce n'est pas très précis), mais aucune info sur les cépages ou un éventuel domaine...Vous allez donc devoir vous fier uniquement à mes commentaires d'amatrices:
Comme vous le voyez la robe est très nette, brillante, concentrée, avec une couleur cerise noire. Au nez c'est expressif tout de suite, des notes de fruits noirs (cassis, mûre) et de poivre. On sent de la chaleur, que ce vin est relevé. En bouche c'est très fluide, pas de tanins, pas très long, et avec une première impression fruitée sur la cerise noire et le cassis. La finale est plus épicée, chauffe un peu la bouche, un poil astringent, et grillée. Ce vin assez déroutant (qui pendant une seconde ressemble à des choses que je connais, et la seconde d'après me perd complètement) ne peut pas s'accorder avec tout mais va parfaitement avec une viande rouge grillée. J'aurais bien aimé le tester avec du pâté sud-africain (une recette épicée à base de viande hachée) mais je n'en aurai pas l'occasion puisque c'était ma seule bouteille!
Conclusion: un vin sympa, surprenant, qui exprime toute la chaleur de son pays, mais qui n'est pas extraordinaire non plus. A moins que n'étant pas familière avec je ne l'ai pas apprécié à sa juste valeur...En même temps on ne va pas en Syrie pour boire du vin...Merci Julien pour ce thème, ça fait effectivement du bien de sortir des sentiers battus! Une invitation au voyage réussie: Là tout n'est qu'ordre et beauté, luxe, calme et volupté (désolée fallait que je l'écrive pour montrer que je connais le poème...)
20 novembre 2008
Giacomo Vico chez Casa Vino
Je n'en ai jamais parlé sur ce blog mais Casa Vino, un bar à vins italiens a ouvert début octobre à Nantes. Ce bar est le bébé d'Armel Michenaud, émérite Audencia que j'avais rencontré lors d'une dégustation des vins de Giacomo Vico (déjà) à Paris. Armel nous raconte d'ailleurs sur son blog la création, puis l'ouverture et la vraie vie de son bar. Vous pouvez suivre ses périgrinations au jour le jour ici. D'ailleurs je n'ai pas de jolie photos de l'intérieur, ou de la devanture, pour en voir vous pouvez aller là, ou là.
C'est un peu flou et pas très lumineux mais nous sommes chez Casa Vino avec le boss Armel à gauche, et Giacomo le vigneron italien à droite.
Hier nous avions donc rendez-vous avec Giacomo, le bel italien. Vous le voyez une fois et comme moi vous tombez amoureuse mesdames. Il n'était pas venu en Ferrari cette fois, mais son chauffeur Laurent Baraou était là. Nous avons dégusté deux blancs, dux rouges, et un rouge pétillant.
Le Roero Arneis 2007, fait avec le cépage du même nom, est un jeune blanc à la robe jaune pâle et aux reflets dorés. C'est un vin assez discret mais très fin et élégant, qui séduit par des notes florales au nez, et des notes herbacées en bouche. C'est un vin fait qui manque de caractère pour moi, je préfère les vins plus expressifs. Certains l'ont apprécié pour son caractère typique du Piémont, ce cépage existant que sur ce terroir il me semble.
Giacomo Vico, Roero Arneis 2007
J'ai largement préféré le second blanc, un Langhe Chardonnay 2004. Une robe dorée bien plus vive et un bien plus ouvert, sur des notes beurrées. Comme son nom l'indique c'est un 100% Chardonnay, passé quelques mois en fûts neufs. En bouche c'est rond, c'est gras, c'est aromatique avec de la vanille et de la pomme. J'aime bien.
On passe au premier rouge, le Langhe Rosso, un assemblage de Barbera et de Nebbiolo (le cépage du brouillard), de deux millésimes différents, 2005 et 2006. Une belle robe rubis, des notes de cerises et de fruits rouges, en bouche c'est soyeux, tannique à point, j'aime beaucoup.
Le second rouge m'a bien plus également, un Roero 2005 je crois, un 100% nebbiolo. Une robe un peu plus intense que le précédent, et un nez plus subtil. On retrouve les notes de cerise, plus quelques arômes tertiaires et des épices. Très bien.
C'est là qu'Alan le magicien fait irruption dans le bar. Il nous en a fait voir de toutes les couleurs, bravo. Heureusement qu'il n'a pas fait disparaître les vins de Giacomo!
Et on termine en beauté avec un vin original que j'aime beaucoup. J'en boirais pas des quanités industrielles mais en dessert c'est un régal. Ce fameux Birbet (Bébert pour les intimes), fait avec le cépage Brachetto del Roero. C'est une fermentation un peu spéciale dont vous trouverez la description ici. C'est un vin fraise: une couleur fraise et un nez et une bouche de yaourt aromatisé à la fraise. C'est exactement ce que j'avais ressenti la première fois que je l'ai dégusté. Et franchement j'ai trouvé que ça allait très bien avec les mini tiramisu d'Armel.
Très belle soirée à Nantes dans le magnifique bar d'Armel. Merci à tous!!
Vous rêvez de rencontrer Giacomo Vico et de déguster ses vins; rendez-vous le 22 novembre à Bû! Plus d'infos ici.
Vous rêvez de rencontrer Armel et de passer une excellente soirée italienne à Nantes: ça se passe au 18 rue de Briord, à 3 min à pied de Bouffay.
24 octobre 2008
Le tour du monde en 12 vins
Nouvelle soirée de cours hier soir, toujours à l'Union des Oeunologues de France dans le 13ème. On poursuit notre apprentissage avec les vins du monde. Douze vins dégustés, de dix pays différents: Brésil, Nouvelle-Zélande, Australie, Liban, Chili, Israel, Afrique du Sud, Etats-Unis, Uruguay, Canada.
Comme d'hab j'ai écrit sur ma fiche de dégustation des notes et des appréciations très personnelles (bof, nul, pas mal, original), et je vais vous en épargner certains. Quoique, je vais quand même les citer et vous faire part de mon classement:
Les Nuls: ces vins n'expriment rien
- Serra Gaucha: Chandon brut réserve, un méthode traditionnelle Chardonnay, Pinot Noir, Riesling du Brésil
- Vallée de la Bekaa, Château Kefraya, Blancs de Blanc 2007: un viognier, sauvignon, clairet, ugni blanc, chardonnay qui nous vient du Liban
- Establecimiento Juanico Tannat roble Don Pascual 2006: un vin d'Uruguay, qui ne vous propose rien au nez et rien en bouche. En plus c'est sec et ça assèche la bouche. Un scandale quand on sait ce que l'on fait avec le tannat dans le Madiran!
Les Bofs: des vins intéressants (ou pas) mais qui ne m'ont pas séduit
- The Black Stump Verdelho Chardonnay Pinot grigio 2007: un vin du sud-est de l'Australie fait avec du pinot gris, du chardonnay et du Verdelho
- Barkan Réserve Altitude Cabernet sauvignon élevé en fûts de chêne: un vin d'Israel bien fait, avec un nez expressif sur la mûre et la ronce, une belle robe rubis, des tanins fondus, de la matière, mais qui manque de finesse.
- 1865 Carmenere single vineyard 2006: un vin de la Valle del Maule au Chili, fait avec du Carmenere
- AVA Central Coast Western Cellars Zinfandel 2007: un vin intéressant de Californie aux Etats-Unis, bien fait, sur les fruits mûrs, les fruits compotés, et doté d'un bel équilibre sucre-acidité.
- Settler's Cove Shiraz cabernet sauvignon 2005: une robe rubis brillante, une bouche tout en souplesse, des tanins fondus, une finale sur le fruit. Un vin sympa d'Australie.
Les coups de coeur, pour leurs qualités, le plaisir, ou leur originalité
- Sentinel Sauvignon blanc single vineyard 2007: le top de la soirée pour moi, un sauvignon de Malborough en Nouvelle-Zélande, soit disant le meilleur terroir d'expression du sauvignon. Je confirme j'ai adoré ce nez de fruits exotiques, d'orange mûre, sur la goyave (vous savez, le jus qu'on sert à Florence Foresti?). C'est expressif, c'est dépaysant. En bouche c'est frais, rond, long, avec une dernière note fruitée en finale, c'est très beau. On lui pardonne sa robe un peu palotte et sa capsule à vis!
- Luis Felipe Edwards Chardonnay gran reserva 2007: un chardonnay du Chili, un vin surprenant, qui ne laisse pas indifférent. Un nez discret, qui ne demande qu'à se stabiliser, une belle bouche acide avec une finale piquante presque poivrée assez originale. Un chardonnay comme je n'en avais jamais bu.
- Escapades pinotage 2006 (Stellenbosch): ah le pinotage d'Afrique du Sud, ce fameux croisement entre le pinot noir et le Cinsault. Une belle robe intense et des arômes fumé, boisé, de cuir au nez. En bouche c'est fort, sur le brûlé, l'épicé, avec un milieu de bouche sur le cuir (si si je vous assure!). On a l'impression qu'il y a du sucre, je ne sais pas d'où ça vient mais apparemment ça plaît aux américains.
- La face cachée de la pomme, cidre de glace, Neige 2006: comme son nom l'indique un cidre de glace, en provenance du Canada. Comme pour le vin du même nom les pommes gèlent et on en extrait le jus dont la teneur en eau est limitée. Au nez c'est sur la compote de pommes et la tarte tatin, en bouche on retrouve l'acidité de la pomme, et la finale est grasse et légèrement beurrée. Une belle gourmandise pas trop lourde pour finir sur une note sucrée!
Je vous rassure on a pas fait que picoler lors de cette soirée on a aussi eu pas mal d'infos théoriques sur la viticulture des différents pays traversés. Fort intéressant ma foi.
24 août 2008
Les Brome, Lac Brome
Enfin un domaine situé sur un vrai coteau !!!!! Rien que pour ça on se sent dans un endroit plus familier. En plus « d’en haut » on a une vue plutôt sympa sur le lac.
Accueillies par une dame charmante dont je ne connais pas le prénom, et qui avait travaillé avant à l’Orpailleur. La question que je suis obligée de poser, pourquoi avoir quitté l’Orpailleur ?? Parce qu’il y avait trop de travail, et pas toujours intéressant, elle en avait marre de faire cinq visites guidées par jour. Elle a aimé la « jeunesse » (que ce soit l’âge du domaine ou l’âge de ceux qui y travaillent) des Brome, la dynamique, les projets etc…
Pas de visites ce jour-là donc nous avons eu le droit à une heure de présentation particulière, pendant que dans la salle derrière une équipe s’affairait à mettre en bouteille le vin de glace.
Bon là y'a plus personne sur la photo mais quelques minutes avant il y avait encore quelques personnes qui mettaient en bouteille le vin de glace. Elle se fait à la main car les bouteilles sont plus petites (200 ml) et ils n'ont pas de machine adaptée.
Ce domaine existe depuis 2000, a ouvert au public depuis 2005, a une superficie de 10,5 ha, et plante 10 000 nouveaux pieds de vigne par an. A noter que dans la plupart des domaines que nous avons visité, du moins les domaines crées récemment, il y a des projets d’agrandissement ou d’extension, et ce toujours de manière raisonnée. Ils souhaitent accorder plus d’importance à la qualité qu’à la quantité.
Les "étiquettes" bleues ce sont les nouveaux plants
Douze cépages sont cultivés aux Brome : Riesling, Chardonnay, Geisenheim, Baco Noir, Vidal, Seyval Blanc, Seyval Noir, De Chaunac, Maréchal Foch, Cabernet Franc, Saint-Pépin, Pinot Noir . Le domaine qui en termes de cépage, d’emplacement, et d’esprit se rapproche le plus de nos vignobles français !
Pourquoi le vin de glace est toujours fait avec du vidal ? Parce qu’il a une peau plus épaisse et qu’il résiste mieux aux températures négatives tout en gardant du jus. Pour info avec 100 kg de raisin on obtient environ 85l de jus alors qu'avec 100 kg de raisin de glace on obtient moins de 15l de jus.
Dégustation
Rosé: très clair, frais et léger, le vin de l'été qui ne vous fera pas mal à tête!
Blanc sec Cuvée Charlotte: la fille du domaine s'appelle Charlotte, elle a donc sa cuvée! Vin très agréable, des notes de fleurs blanches au nez, minéral et frais en bouche, acidité discrète en finale ce qui fait que ce vin est étonnament doux pour un sec!
Blanc demi sec Vidal avec 15% de Chardonnay: un vin très très agréable à boire, très bien décrit sur leur site.
Rosé plus foncé (Péché): assemblage de seyval noir et de maréchal Foch, avec une robe bien plus intense que le premier rosé. Un vin qui ne me laisse pas un souvenir impérissable.
De Chaunac: au nez des petits fruits noirs et rouges, des notes de bleuets et de canneberges pour citer les fruits locaux (j'ai bu du jus de canneberge et manger un muffin aux bleuets donc forcément j'étais influencée...) et surtout une dominate terreuse pas désagréable, car ce vin est doté d'un bel équilibre entre tous les éléments qui font ses caractéristiques.
Cuvée Julien: nommé ainsi car le fils du domaine s'appelle Julien. Assemblage de Maréchal Foch, de Chaunac et Baco. Des notes fruitées dominent au nez comme en bouche. De la cerise noire, de la mûre, de la fraise des bois. Très agréable.
Baco: un vin caractérisé par des notes épicées, au nez comme en bouche, notamment le poivre.
De Chaunac Réserve passé 16 mois en fûts : boisé et encore plus terreux que le premier de Chaunac
Et en bonus les vins de glace:
Vin de glace régulier 2005 : au nez agrumes pamplemousse, acidité ; en bouche on retrouve des notes de miel et de fruits secs mais toujours avec une très belle acidité caractérisées par des notes d'agrumes. J'en ai acheté une bouteille j'espère pouvoir la garder un moment, et je vous en reparlerai!
Vin de glace fûts de chêne 2004 : au nez des notes plus subtiles d’épices de vanille, un peu comme un whisky. Excellent et très fin mais trop typé pour moi.
Cette rencontre restera un excellent souvenir!!!!
Ici la technique de protection de la vigne pour l’hiver n’est pas la même qu’à l’Orpailleur : on met simplement de la paille aux pieds des vignes pour les protéger du froid. Idem pour le vin de glace, ici une fois cueillis les raisins ne sont pas attachés à la vigne, ils mûrissent dans leurs caisses, sous la grange.
21 août 2008
L'Orpailleur
Crée en 1982 par deux français et deux québécois, qui étaient persuadés qu’ils pouvaient faire pousser de la vigne au Québec, la première récolte du domaine a eu lieu en 1985.
Pourquoi se sont-ils installés ici ? Trois raisons : la première donnée par notre guide est que l’emplacement est stratégique commercialement parlant : un peu plus d’une heure de Montréal, pas très loin de la frontière américaine, à trois heures de Québec. Bizarre comme première raison, j’étais un peu étonnée qu’elle commence par celle-ci. Seconde et troisième raison un peu plus classiques, le climat et le terroir. Comme tous les domaines visités le domaine bénéficie d’un micro climat avec une saison végétative plus longue qu’ailleurs, et un sol fait d'argile et d'ardoise.
Comment protègent-ils la vigne du froid ? En recouvrant les pieds de vigne de terre : comme on le voit sur la photo les rangées de vigne sont assez espacées ce qui permet de creuser une tranchée au milieu et de remonter la terre de chaque côté sur les pieds de vigne. Ca s'appelle le buttage.
Enfin, pour lutter contre les gels de printemps, après avoir pendant de longues années utilisé l’altogel (des torches à l’huile qu’il faut allumer une par une et surveiller consciencieusement pour s'assurer que les vignes ne prennent pas feu...) le domaine a opté pour une éolienne, au milieu de la parcelle. En tournant elle remue l’air, et fait ainsi remonter l’air chaud qui est au ras du sol. Ceci permet de maintenir au niveau des bourgeons une température qui les empêche de geler. A noter qu’une éolienne suffit à « réchauffer la parcelle » mais que la butte que l’on voit sur la photo n’est pas atteinte par l’éolienne ; et en fait il n’y a pas besoin car la température sur la butte est supérieure à celle de la parcelle devant.
Le domaine produit 10 vins (divin?),du blanc, du vin gris, du vin de glace et du vin muté. La visite guidée fut très agréable et très instructive. Je vais d'ailleurs tenter de mettre en ligne une vidéeo, parce que c'est beaucoup plus joli avec l'accent (on entend pas bien mais c'est adorable):
Les jarres que l'on voit en haut sur cette photo contiennent un vin muté, c'est à dire que l'on a ajouté de l'eau de vie (de l'alocool) pour stopper la fermentation. Ce vin passe six ans dehors dans ces jarres quelque soit la température extérieure, qui sont ouvertes, d'où évaporation, d'où le nom de ce vin, La Part des Anges.
Le pressoir, un pressoir français; à l'intérieur deux plaques se rapprochent progressivement pour presser le raisin. Pour le vin de glace le pressoir est plus petit et c'est un ballon qui se gonfle à l'intérieur et presse ainsi le raisin:
Passons à la dégustation:
Blanc fûts de chêne : un 100% seyval blanc doté d'une belle acidité, et d'un boisé complètement fondu. Un blanc léger mais qui a du caractère.
Vin gris : trois cépages composent ce vin, le seyval blanc, le muscat de New York, et le geisenheim. La première chose qui marque sur ce vin c'est sa robe. Une couleur à laquelle on est clairement pas habitués: gris clair avec des reflets violacés, tout en transparence et en nuances, "saumonné" comme c'est écrit sur leur site, un peu peau de saumon en fait. Au nez et en bouche c'est clairement litchi, litchi et encore litchi. Quelques notes florales et exotiques également, de celles que l'on retrouve dans certains vins d'Alsace. Ca surprend, c'est agréable et efficace, par contre j'aurais du mal à le servir car c'est très typique et très original et je ne vois à quoi l'associer. Et seul ça me paraît trop "fort". Si vous connaissez et que vous avez des suggestions n'hésitez pas.
La Marquise: encore un 100% seyval blanc, fortifié, très sucré, arômes de fruits macérés, de pruneaux à l’eau de vie, et qui titre 17% d'alcool. Trop fort pour moi.
Blanc régulier : le même 100% seyval blanc que le premier, mais sans le passage en fûts de chêne: un peu fade par rapport à celui qui est passé en fûts, peut-être aussi parce qu’on l’a goûté après la marquise….
Résultat j'ai acheté une bouteille du blanc fûts de chêne, et une bouteille de leur vin de glace. Notre guide l'a très très bien vendu et je l'ai donc acheté sans le goûter. Bouh, pas bien...Mais quel plaisir de raconter son histoire quand je l'ouvrirai (même s'il est pas bon :-), de toutes façons il sera forcément bon avec une belle histoire comme ça!).
20 août 2008
Les Blancs Côteaux & La Mission
Les Blancs Côteaux ce sera un peu mon carton rouge de la série car l'accueil était assez froid, le site n'était pas tip top en bordure de la route passante, donc je ne garderai pas un grand souvenir de ce domaine. Si ce n'est que j'ai goûté pour la première fois de ma vie un cidre de glace, obtenu avec les mêmes principes qu'un vin de glace sauf que ce sont des pommes à la place du raisin. Eh bien c'est très fort, très sucré, ça fait penser à du cidre pas frais et sans bulle (en plus raffiné évidemment), et voilà c'est tout, rien de bien séduisant.
Par contre j'ai acheté un rouge La Vieille Grange dont je ne me rappelle plus des caractéristiques et qui était pas mal. Mais un peu cher pour ce que c'était.
Bienvenue à la dégustation payante des Blancs Coteaux...
C'était dimanche donc les propriétaires (des français) n'étaient pas là, donc je ne vais pas avoir grand-chose à raconter et ça ne sert à rien que je réécrive ce qui est sans doute mieux écrit sur leur site internet. La seule chose que j'ai retenu c'est que le vingoble a été crée par un couple de Mexicano Québécois et c'est pour cela que le domaine s'appelle La Mission, un mot qui est le même en anglais, espagnol et français. J'ai bien aimé la localisation du domaine aussi, et son style un peu ranch américain. J'ai dégusté plusieurs vins mais celui que j'ai retenu c'est un Vendanges Tardives de Vidal, il était très très fin, avec une pointe d'acidité, j'en ai acheté une bouteille donc j'en reparlerai quand je la déboucherai.
A venir: les domaines coups de coeur de dindonswine au Québec...
18 août 2008
Les Pervenches, Farnham
Premier domaine visité et premier domaine de la route des vins. On a eu un peu de mal à trouver vu qu’il y a la rue Boulais et le Chemin Boulais ; et contrairement à ce qu’on pourrait penser le chemin est bien plus long et plus large que la rue…
Bref on a quand même trouvé, un domaine au milieu de nulle part, sur le plat, le seul domaine bio du Québec (ils ont mis quatre ans à obtenir leur certification). Le domaine fait 6 ha, existe depuis 1991 (repris par les propriétaires actuels en 2000) et produit 4 vins (2 blancs et 2 rouges), pour environ 10 à 15 000 bouteilles par an.
Sur les quatre vins du domaine deux étaient en rupture de stock, et sur les deux restants le blanc n’était pas en dégustation car presque en rupture de stock. Résultat nous avons goûté le Solinou 2007 (nommé ainsi car la fille des propriétaires s’appelle Soline), un rouge composé de Maréchal Foch, Seyval Noir, zweigelt, baco noir et Frontenac, et acheté le Seyval-Chardonnay. Premier contact avec ces cépages aux noms originaux, des cépages hybrides (interdits en France dans les AOC, pour les autres appellations je ne sais pas) qui résistent bien aux températures extrêmes de l’hiver québécois.
Solinou 2007 : robe rubis foncé, une couleur du style des vins de Bordeaux ; un premier nez discret de petits fruits rouges et noirs qui s’ouvre complètement après quelques minutes sur une farandole de petits et de gros fruits noirs : de la cerise noire, de la mûre, de la groseille, du cassis, des arômes que l’on retrouve en bouche. Les tanins sont très discrets mais le vin possède une belle acidité qui lui donne structure et droiture.
Leur site internet c'est ici.
Update: dégustation du Seyval-Chardonnay 2007
La fameuse bouteille que j'ai achetée étant donné qu'elle n'était pas en dégustation: "un vin blanc sec tout en rondeur et sensualité" comme ils écrivent sur leur site internet. Et je suis entièrement d'accord. Servi à température ambiante l'arôme qui domine au nez c'est clairement le beurre. Arôme que l'on peut retrouver sur un vieux champagne, un vieux Chablis, ou un Meursault. D'ailleurs le vin est vinifié en barriques selon les traditions bourguignonnes. Je ne sais pas nécessairement ce que sont les traditions bourguignonnes mais on voit où le maître des lieux puise son inspiration. Le vin est rond et légèrement gras, il laisse de belles larmes lentes sur les parois du verre. En bouche on retrouve ce beurré, une belle ampleur et une finale légèrement acide, parfait pour notre apéro canadien improvisé.
Le lendemain servi plus frais l'arôme de beurre a disparu (est neutralisé par le froid??), et c'est l'acidité qui domine. Les larmes sont encore belles mais j'ai l'impression que le frois anésthésie un peu le vin. Une fois réchauffé on retrouve des arômes de beurre plus léger que la veille, et en bouche des notes d'agrumes type pamplemousse, et acidité bien sûr. Heureusement que le dollar est pas cher parce que à 15$ la bouteille ça serait pas forcément une bonne affaire...En même temps c'est un vin que Québec, donc soyons indulgents ils n'ont pas un climat facile ces raisins!
20 juillet 2008
Die Weinerei, Berlin
L'Allemagne est plus connue pour être le pays de la bière que celui du vin. En effet les allemands se promènent dans la rue ou les transports en commun une bouteille de bière à la main, boivent de la bière aux terrasses des cafés, et il y a des capsules partout dans la rue. Il m'empêche, ma soeur m'a fait découvrir un endroit plutôt original pour boire du vin à Berlin, la Weinerei. Jusqu'à aujourd'hui je croyais que c'était un endroit super original, connu uniquement des berlinois alternatifs, mais en fait on en parle dans le NY Times, donc c'est pas tant que ça une découverte...Sur le chemin le nom des stations devient évocateur:
"Rue du Maître du Vin" pour ceux qui ne parlent pas allemand
Quelques minutes de marche en sortant du métro à Rosenthaler Platz et nous voici donc dans cette fameuse Weinerei; un bar qui fait un angle, sans enseigne, qui paie pas de mine, avec quelques tables (moches) sur le trottoir. On entre, on va retrouver les amis espagnols de ma soeur qui sont déjà là. Notons que nous ne ne nous faisons pas "agresser" par un serveur parce que nous sommes rentrées et n'avons pas commandé dans les trois minutes. On discute, et on retourne à l'entrée pour nous faire expliquer le concept: on paye 1€ par personne l'entrée, on nous donne un verre vide, on peut manger au buffet à partir de 20h30, et en sortant on paye le prix qu'on pense pour ce qu'on a consommé. Hallucinant, non?
Un aperçu de l'endroit et de l'ambiance
Sur le comptoir trônent six bouteilles de rouge, et cinq bouteilles de blanc dans un seau d'eau fraîche.
Apéro time, on commence par un blanc. Pas envie de mettre de commentaire, c'est un vin qui m'a plu au moment où je l'ai bu (dédicace à Dan). Légèrement perlant, on voyait quelques fines bulles dans le verre, qui se sont confirmées sur la langue. Belle couleur dorée intense, en bouche des arômes de pomme et de poire. Excellente entrée en matière dans cet endroit complétement fou.
On enchaîne avec un rouge d'Espagne pour accompagner le repas (buffet avec un gratin de pommes de terre, de la salade avec une vinaigrette à la fraise, et différents belegtes brötchen), un Tempranillo 2005, Castillo de Clavijo, du vignoble Criadores de Rioja. Argh je connais rien à l'espagnol c'est trop chiant. Là encore j'ai pas super envie de faire de commentaire, c'est un vin qui allait bien avec le moment et l'endroit. Sur le fruit, équilibré, avec des tanins discrets. Très agréable.
Sur ce je ne peux que vous conseiller d'aller passer quelques jours à Berlin. Un aller retour entre 60 et 100€ en s'y prenant bien avec Easy Jet, un coût de la vie sensiblement inférieur à celui de Paris, et donc des sorties, bars restos pour une bouchée de pain. Et en matière de bars, de restos et de sorties originaux Berlin regorge d'endroits plus fous les uns que les autres. Pensez-y pour les week-end du 15 août et de la Toussaint! Plus de bons plans pour Berlin ici.
Weinerei, angle Fehrberlliner Strasse/Veteranenstrasse, M° Rosenthalerplatz

















































