20 septembre 2009
Events
Gros événement local, le Salon du Goût et des Saveurs de Puteaux. Comme tous les ans les producteurs de fromages, saucissons, vins, produits corses, bretons et basques, et autres trucs bizarres prennent d'assaut la place de la mairie. Franchement la promenade est sympa mais on a rien vu d'extraordinaire non plus...si ce n'est le verre de jus de raisin gratuit qui sort du pressoir. Incroyable, un stand qui n'a rien à vendre et qui vous offre un verre de jus de raisin qui sort du pressoir! Plutôt sympa par cette belle journée d'été indien.

Deuxième gros événement putélolien du week-end, l'inauguration du Jardin des Vignes. Pas de besoin de beaucoup de clics sur internet pour trouver les militants de la fronde anti-jardin, qui dénoncent le coût et la longueur des travaux. M'enfin, il y avait du monde à l'inauguration, et le Premières Côtes de Puteaux, c'est pour bientôt!?
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09 septembre 2009
La foire aux vins Monoprix
Comme je le disais avant-hier, la rentrée est synonyme de foire aux vins. Sur internet, dans les grandes surfaces, impossibles de les rater elles sont partout. L'occasion de faire des bonnes affaires? Peut-être,
mais pas forcément plus que le reste de l'année non plus, puisqu'il est possible de se faire plaisir tout au long de l'année sans exploser son budget, car le vin, ce ne sont pas que les foires aux vins! Mais, puisque le vin est à l'honneur un peu partout en cette période de l'année autant en profiter! Et aujourd'hui profitons-en dans notre supermarché de proximité à tous (ou presque), Monop', dont la foire aux vins a lieu du 10 au 20 septembre. Le rayon est en général plutôt bien fourni et propose une offre variée en termes de régions et de prix. Et grande nouveauté apparue il y a moins d'un an, le label Monoprix Gourmet. Il s'agit d'un label établi par un jury de consommateurs, comme vous et moi. Lecteurs du guide Bettane & Desseauve (ou détenteurs de la carte Monoprix), 6/7 dégustateurs jouent chaque mois le rôle de jurés. Ils dégustent une vingtaine de vins à l'aveugle (on leur donne uniquement la région et le prix), et ceux qui à l'unanimité obtiennent un "je recommanderai ce vin" ou un "j'achèterai ce vin" obtiennent le fameux label. Bettane et Desseauve (critiques célèbres), dont le nom apparaît sur la collerette, valident les choix du jury de consom-acteurs, et ils ont un droit de véto (peu utilisé) au cas où il jugerait un vin "indigne" de recevoir le label. Un concept plutôt sympa et innovant, qui permet de s'y retrouver dans l'offre de son supermarché, et de dénicher des vins de plaisir prêt à boire et à des prix raisonnables.
Les vins marqués par ce label seront donc à l'honneur cette année chez Monoprix; et j'ai eu la chance d'en déguster quelques-uns en avant-première lundi dernier. Voici ceux que j'ai préférés:
Crémant du Jura brut, cave de la reine Jeanne: un vin qui ressemble à un champagne au nez, avec des notes de grillé, et qui séduit par ses fines bulles explosives. C'est frais, il y a de l'acidité, de la structure, c'est du plaisir à 6,9€ la bouteille. A noter que les caves de la reine Jeanne ont été rachetées en 1997 par Stéphane Tissot, dont la renommé n'est plus à faire dans le Jura. Page 47 du catalogue.
Riesling Bihl, Pierre Frick: je ne m'y connais pas trop en Alsace, mais j'ai apprécié ce vin. J'ai noté que c'était tendu, riche, fin et élégant, ce qui est plutôt flatteur. Peut-être une bonne façon de rencontrer l'Alsace et la biodynamie pour moins de 10€ la bouteille, dans le Monop' en bas de chez vous. Page 42 du catalogue. Et grâce à Monsieur Septime qui relaie l'information, découvrez Pierre Frick sur TF1.
En rouge je retiens un Cairanne Peyre Blanche 2007, de chez Perrin & fils: des notes de guarrigue et de fruits noirs confiturés, de l'amplitude, des tanins fondus, on tend vers des notes chocolatées et c'est agréable. Là encore pourquoi ne pas découvrir le sud de la vallée du Rhône avec cette bouteille à 8,5€? En page 24 du catalogue.
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Egalement testés pour vous:
Chablis, Jean-Marc Brocard, Organic 2007 (page 38, 11,9€): un nez de brocolis, qui m'a calmée tout de suite...Après on est plus sur du tilleul, et ça reste finalement un Chablis classique.
Pouilly Loché, clos des Rocs, Monopole 2006 (page 40, 14,9€): une appellation de Bourgogne que je ne connaissais pas. Le nez est gras et beurré, ce qui est assez cohérent avec la bouche. Une acidité juste comme il faut, et au final beaucoup d'arômes. Un vin bien fait, mais auquel il devait manquer un grain d'originalité pour qu'il me marque un peu plus.
Languedoc 2007, Hecht et Bannier (page 20, 5,9€): un nez de fraise, c'est ouvert, super parfumé, la bouche est agréable mais ça retombe tout de suite, je suis un peu restée sur ma faim.
Côteaux du Languedoc, Château l'Hospitalet La Réserve 2007 (page 21, 6,9€): "doux arômes de fruits des bois au nez, mais rien en bouche".
Collioure, Domaine Madeloc, cuvée Seral 2006 (page 22, 12,9€): nez agréable de fruits noirs, de ronces, de grillés; la bouche est en phase mais c'est costaud. C'est peut-être ce côté "costaud" qui a fait que je n'ai pas accroché sur l'instant, mais il ne faut pas oublier que l'on est jamais déçu par un Collioure!
Vacqueyras, Domaine Montirius, Les Garrigues 2007 (page 27, 12,4€): nez mûre, super parfumé et agréable, un peu décevant en bouche.
Et vous, de belles découvertes?
En attendant retrouvez toutes les informations (catalogue, opérations promotionnelles etc...) sur la foire aux vins Monoprix ici. Retrouvez également l'avis d'Emmanuel Delmas, sommelier émérite, en cliquant ici.
06 septembre 2009
C'est la rentrée! Dur, dur...
Dur dur pour le moral (la reprise du taf, les jours qui raccourcissent), dur dur pour le porte-monnaie (le cahier de textes, le nouveau survêtement...enfin, surtout les impôts en fait) et les foires aux vins...Vous ne pourrez pas y échapper elles sont partout, en particulier dans vos magazines (Le point, Marianne, la RVF etc...) et dans vos supermarchés avant d'atterir dans vos caddies. L'inconvénient c'est que dans la plupart des cas on ne sait pas ce qu'on achète; on ne voit pas bien d'où ça vient, comment c'est fait, par qui, et surtout on ne peut pas goûter...Pour ceux qui veulent goûter avant d'acheter, une seule solution pour ce week-end, Festi Bacchus! Un salon en plein air organisé depuis huit ans maintenant près du Cour Saint-Emilion à Paris. Si les premières éditions étaient dédiées aux vins du Sud-Ouest, ce sont maintenant les appellations bordelaises qui sont le plus (sur)représentées (à mon goût). Armés de notre verre à 5€ (vous pouvez amener le vôtre et déguster gratuitement, ou également "acheter" un gobelet en plastique à 3€...) nous nous attaquons aux 36 stands présents ce week-end. Dans l'esprit "en Bordeaux je ne sais pas ce qui est bon" j'influence mes co-dégustateurs d'un jour et nous évitons donc les stands de Bordeaux. Notons que ceci est une démarche purement personnelle et subjective et que je ne me permettrai pas de recommander.
Eh oui, je disais que la rentrée c'était dur dur, c'est aussi parce que la dégustation est un véritable sport, qui demande de l'entraînement, et on perd clairement en endurance pendant l'été...Les domaines rencontrés ce jour sont donc assez limités, limités à...3...eh oui ce n'est pas brillant je sais...Le pire c'est que malgré ma nouvelle trousse j'y suis allée sans stylo, donc je vous raconte pas la qualité des commentaires...M'enfin, quand c'est bon, pas la peine d'en mettre des tonnes.
Nous commençons par un domaine dont je parle régulièrement, le Château d'Aydie, en Madiran. Petite dégust' sympa en guise d'entrée en matière. Un Aramis (vin de pays des côtes de Gascogne) sec 2007, marqué par son acidité il est parfait servi frais en apéro, sur "des notes de pamplemousse et d'ananas" (7€). On enchaîne avec le même dans sa version moelleux (9€); bien mais sans plus, un moelleux qui garde de la fraîcheur et de l'acidité, qui n'est certainement pas alourdi par le sucre; pour ceux qui aiment le moelleux "léger". On goûte ensuite les Pacherenc, d'abord le sec 2007, auquel on reconnaît tout de suite un nez de pacherenc, un peu coing, pomme verte. Des quatre cépages qui le composent (gros et petit manseng, petit courbu et arrufiac (pas très sexy les noms) je ne sais pas lequel domine dans le nez mais en tous cas j'adore. Et encore, le sec (11€), a moins de personnalité que le doux (13€ les 50 cl pour le coup), dans lequel on retrouve les arômes ci-dessus mais avec de la force, représentée par le sucre, et de la complexité (l'acidité); là je m'emballe un peu mais depuis que je l'ai dégusté en cours aux Oenologues de France j'adore le Pacherenc. Je suis également repartie avec quelques bouteilles de Maydie (tannat muté), vin qui a fait fureur à chaque fois que je l'ai partagé, et qui accompagne particulièrement bien les desserts chocolatés (14€ les 50 cl).
Notre second stand nous amène dans la vallée de la vallée de la Loire, du côté de Savennières et des Côteaux du Layon (on est à l'ouest et au sud d'Angers). Le domaine de Château Soucherie de 30 ha a été repris récemment par des jeunes apparemment, qui ont donc réalisé leur premier millésime en 2008. Ils ne présentaient donc qu'un vin entièrement réalisé par leurs soins, un rouge que je n'ai pas goûté. Par contre j'ai goûté leurs Savennières "Clos des Perrières" en 2006 et 2007. Le 2006 très expressif, fin et élégant au nez, mais un peu décevant en bouche. Le 2007 élevé en fûts de chêne français (si je me souviens bien le 2006 c'était fûts de chêne américain) avait les mêmes qualités olfactives que le premier mais était plus rond en bouche. Du plaisir à 8,5€ et 12€,mais rien d'exceptionnel non plus.
Par contre les Côteaux du Layon présentent selon moi un bon rapport qualité prix. Un soin particulier est apporté au raisin pendant les vendanges (manuelles par tries successives), ce qui donne un très joli résultat pour le 2007. Une couleur dorée encore assez claire mais déjà des arômes de fruits confits, d'abricots secs, de coing, le tout soutenu par une belle acidité qui fait que le vin n'est pas lourd du tout (7,5€ la bouteille de 75 cl). La version Vieilles Vignes n'est pas mal non plus, plus concentrée, plus de force, et tout aussi plaisante (11€)!
Dernier arrêt avant pause déjeuner (il était déjà 16h quand même...) sur un stand de Faugères tenu par un gentil jeune meusieur. Autre tendance subjective de la journée, se diriger vers les stands tenus par des jeunes, que de discriminations aujourd'hui dis donc! Le gentil jeune meusieur, de 29 ans, que nous appellerons X1 (on voit tout de suite l'esprit mathématique) pour l'occasion puisque je ne connais ni son nom ni son prénom, nous présente donc sa gamme complète, du Château Haut Lignières, qu'il a repris en 2006. Eh oui, oenologue de formation, il en a eu marre de travailler pour les autres et il s'est donc endetté pour acquérir des vignes et faire ses vins. Comme pour le domaine précédent il présente donc également des cuvées qu'il n'a pas fait de bout en bout, notamment les cuvées les plus élaborées. Forkément, sans stylo et sans mémoire, je ne me rappelle plus bien de ce qu'on a dégusté, mais bon je vais me lancer quand même. Le Premier (non je ne suis pas soûle c'est bien son nom) 2006 est il me semble le premier vin réalisé par X1:
composé de cinq cépages (syrah, grenache, carignan, mourvèdre, cinsault) c'est selon X1 l'expression la plus simple de Faugères. Eh ben j'ai super bien aimé parce qu'on retrouve beaucoup de choses dans ce vin: du fruit, du corps, des tanins, des épices, un peu de longueur, beaucoup de plaisir, c'est très bien. Je pense qu'ensuite on a goûté Romy (fan de Schneider?) 2006, on a toujours les 5 cépages mais avec un peu de plus de syrah, et 50% du vin a été élevé en fûts. Alors c'est plus rond, plus ample, les tanins sont plus dilués, j'ai pas trop accroché, j'ai trouvé qu'au final ça avait moins de caractère que le premier (Premier). Les suivants que j'ai goûtés plus par curiosité qu'autre chose (je crois que c'était les Carmina Butis 2003 et 2004, je suis sûre des années mais pas du nom...) puisqu'ils n'ont pas été faits par X1, je n'ai pas trop accroché non plus. Plus complexes (3 cépages, plus d'élevage), après des Layons et des Pacherenc moelleux je ne les ai peut être pas appréciés à leur juste valeur.
Regoûté avec la tartiflette (ou une crêpe, ou un sandwich à la raclette), le Premier 2006 du château Haut-Lignières est toujours aussi plaisant et excellent. Quant à l'ambiance musicale, elle est assurée par une pena du Sud-Ouest de Paris, qui revisite les grands classiques en version fanfare!
Enfin, une nouvelle expérience sur dindonswine: Charles, que nous nommerons X2 (car on ne connaît ni son nom ni son nom), a testé pour nous, enfin pour moi, le stand le plus clinquant de Festi Bacchus, j'ai nommé So Chic Wines. Voilà sa prose:
"Vins uniquement rouges ciblant tout public mais quand même un public plutôt jeune assez aisé. Ce vin se différencie par un marketing et une com' originaux alliant le vin à la haute couture et à la mode en général. Boite créée par 2 frères provenant du domaine de la com'. Les bouteilles de vin se différencient par leur opacité (noir de couleur) et un design artistique. Ce vin peut faire l'objet de coffret cadeau et se vend notamment sous forme de fioles faisant penser à du parfum. Univers assez chic, comme la marque le dit. Alliance art, mode, et boisson.
C'est un concept sympa, un côté Marketing à exploiter... mais le fait que la bouteille soit opaque et donc que le vin ne soit pas visible m'a pas donné l'envie d'en acheter. Ca semble dur de changer l'image traditionnelle que les gens ont d'une bouteille de vin ! De plus ils font que du rouge et moi j'aime pas le rouge ;)) VIVE LE BLANC.. ça fait mal niveau part de marché.. c'est le genre de bouteille qui se vendra peut-être en boite de nuit des jeunes fils à papa.. mais pas convaincu !"
A noter que X2 ne nous dit même pas ce qu'il a bu (un Chateauneuf et un Gigondas je crois). On aurait presque l'impression qu'on pourrait mettre n'importe quoi la bouteille X2 nous aurait raconté exactement la même chose! Trop fort So Chic Wines! Et merci à X2 pour ta contribution!
30 mars 2009
Vignerons indépendants - Champerret 2009
Bien difficile de faire le salon le dimanche après-midi le week-end du changement d'heure...les vignerons sont clairement fatigués et du coup pas hyper bavards ni agréables, à partir de 15h c'est vraiment la grande foule, et en plus certains vins sont en rupture de stock!!!! Pourtant je gardais plutôt un bon souvenir de ma visite du lundi matin l'année dernière....
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On commence la visite par un domaine dont j'attendais beaucoup, François Chidaine en Montlouis, un vigneron emblématique de la région, qui est en biodynamie depuis 1999. L'accès au stand n'est pas facile, ce qui accroît encore mes attentes...On commence par deux vins secs, Les Bournais 2007, servi trop chaud, complètement fadasse, puis Les Choisilles 2006, servi plus frais, plus rond et plus arômatique que le premier mais toujours rien d'extraordinaire...Bon on va passer aux demi secs sinon on ne va pas s'en sortir, nous voici donc à goûter un Tuffeaux 2006; bon c'est pas mal, il y a un bel équilibre entre le sucre et l'acidité, mais aucune expression, pour moi un vin qui n'a aucune personnalité. Du coup je me suis arrêtée là car après trois vins si aucun ne me plaît je n'insiste pas! Je ne sais pas si c'est dû aux conditions de dégustation mais grosse déception. Pour la peine pas de photos, na.
On continue sur les blancs avec cette fois une valeur un peu plus sûre (du moins je l'espère), le Domaine Richou du côté d'Angers en Anjou et Côteaux de l'Aubance. Les Violettes 2005 m'avaient pas mal plûes avec un petit chocolat au citron vert de chez Arnaud Lahrer. A noter l'accueil sympathique sur le stand, malgré le monde, je tiens à la souligner car ce n'est pas le cas partout. Cette fois nous allons commencer par les secs, tous en Anjou blanc (chenin): d'abord le Chauvigné 2005, une entrée de gamme très intéressante (5,95€), qui a vieilli sur lies pendant un an, et qui plaît par sa fraîcheur et son acidité. Pourra accompaner un poisson cuit en papillote, des fruits de mer type langoustine ou crabe. Les Rogeries 2006 (terroir volcanique), ont passé environ 18 mois sur lies en barrique, ce qui donne un vin avec une belle robe dorée bien brillante, des notes de fruits blancs au nez, et de pamplemousse bien mûr. En bouche c'est super agréable, c'est rond et gras, mais ça garde de la fraîcheur et de l'acidité, parfait pour des poissons cuisinés en sauce. Enfin un demi sec, Les Grandes Rogeries 2007; c'est donc la parcelle des Rogeries mais le sommet, l'exposition et la maturité des raisins sont donc différents. C'est bon, il y a un bel équilibre entre le sucre et l'acidité, mais j'imagine mal quand et comment boire ça...
Les Grandes Rogeries 2007, Domaine Richou
On passe ensuite aux Coteaux de l'Aubance, en commencant par La Sélection 2007, un assemblage de divers parcelles. Un peu trop lourd et marqué par le sucre à mon goût. Le Pavillon 2007, c'est plus arômatique, bien droit et marqué par une belle trame acide qui dissipe les effets du sucre trop présents dans le vin précédent. On termine par celui que l'on avait goûté avec le chocolat, Les Violettes, mais pas dans le même millésime puisque nous avons ici le 2007: fin, élégant, et aérien. C'est subtil, arômatique, avec des notes de fruits blancs (poire) et d'agrumes, très très bon. Par contre ils ont déjà tout vendu (16,8€), dommage. Je leur prends donc une bouteille des Rogeries (9,6€).
On passe ensuite à des vins rouges et on va droit dans le sud de la France, dans l'appellation Faugères. J'ai fait un petit tour sur vinsurvin ce matin et Fabrice parle du Château des Peyregrandes comme d'un gros coup de coeur. On va donc voir ce que ça donne, sachant que Faugères n'est pas une appelation dont je ne suis pas spécialiste. On commence par le Domaine Benezech Boudal 2006, une entrée de gamme (jeunes
vignes) à 4,8€ qui me paraît un peu verte, un peu jeune, comme si les raisins (grenache, carignan, syrah, mourvèdre) n'avaient pas été assez mûrs (ou alors la jeunesse des vignes). Le Château des Peyregrandes 2006 a déjà plus de structure et de matière, mais je retrouve le nez un peu de terre humide du premier, c'est très bizarre... Les versions Prestige suivantes sont passées en barriques, le Prestige 2000 est franchement un peu passé, un peu creux, avec une robe marquée par l'évolution. En plus je demande comment ça se fait qu'il leur reste du 1999 et du 2000 et le monsieur explique qu'en 2000 ils ont produit beaucoup, parce que bon le millésime 2000 c'est marquant! Oui mais encore? Même si ça c'est sans doute beaucoup fait cette année là, c'est un peu moyen comme esprit...Le Prestige 2005 a plus de vivacité, avec des tanins encore en pleine forme, mais je n'accroche toujours pas...Et là je devrais arrêter normalement, mais la Cuvée Charlotte 2005 arrive, et comme j'ai une amie qui s'appelle Charlotte je dois absolument goûter: essentiellement composée de syrah, ce vin me plaît bien plus, il est plus arômatique avec des notes de guarrigue, les tanins sont présents mais pas trop, et on retrouve une finale poivrée typique de la syrah, avec une belle longueur. Ouf, j'en prends deux bouteilles (10,6€) et je reste sur une bonne impression! Du coup je n'ai pas testé la cuvée Marie Laurencie que Fabrice encense sur son site. Ce sera pour une prochaine fois.
On remonte un peu dans la vallée du Rhône pour aller rendre visite au Domaine de la Milière, découvert lors d'un Tupperwine et regoûté Porte de Versailles. J'avais hésité à acheter des demi bouteilles de Chateauneuf 2005, ce que j'avais regretté donc cette fois je repartirai avec! On commence quand mêmeavec le Côtes du Rhône vieilles vignes 2006, à propos duquel j'ai écrit sur ma feuille "un peu fadasse et trop tannique", je me contenterai donc de ça. On goûte ensuite le Chateauneuf 2005, qui est agréable, arômatique, tannique, bien équilibré et qui laisse présager d'un beau potentiel de vieillissement. Celui-là j'en prends, c'est sûr. Tant qu'à être là on tente le Chateauneuf 2006, qui n'est pas à la hauteur du 2005, peut-être parce qu'il est plus jeune il paraît pour l'instant plus fermé, moins expressif. A noter sur la photo la bouteille de rosé du domaine, qui fait un peu bouteille de parfum (grosse contenance), ça vous plaît comme concept? (moi pas trop).
On redescend dans le sud-ouest pour un petit passage au Château d'Aydie, histoire d'acheter une bouteille de Maydie, le compagnon idéal de vos desserts chocolatés et dont je reparlerai bientôt.
Pour finir on descend encore plus bas dans le sud-ouest avec un petit plaisir, les Jurançon moelleux d'un domaine dont la renommée n'est plus à faire: Cauhapé. On commence par Ballet d'octobre 2007, un assemblage de petit et gros manseng vendangé comme son nom l'indique en octobre. Déjà c'est bon, c'est doux, mais on sent peut-être un peu trop le sucre à mon goût, surtout par rapport à ce qui va venir après: Symphonie de Novembre 2005, du petit manseng (cépage que l'on retrouve dans le pacherenc, et dans le gaillac il me semble) uniquement, vendangé donc en novembre. Et là c'est vraiment grand, l'équilibre entre le sucre et l'acidité est très beau, ces notes coing, de miel, de pamplemousse, c'est très agréable. Les idées d'association avec des mets donnent l'eau à la bouche: jarret de veau aux abricots secs, fromage de brebis, aumonière aux pommes et raisins, mmmhhh! Le Noblesse du Temps 2006 (petit manseng vendangé décembre) n'est pas mal non plus, mais mon préféré est clairement le second.
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Conclusion de belles confirmations, une grosse déception, pas de grandes découvertes mais je n'ai pas pris le temps d'en faire, la chaleur et le monde m'en ont un peu dissuadés...
27 mars 2009
Les vignerons indépendants à Paris (Champerret)
10h, ouverture du salon des vignerons indépendants Espace Chaperret à Paris. Ce salon est le rendez-vous incontournable des amateurs de vins à Paris; ils viennent deux fois par an à Paris, en novembre porte de Versailles et en mars à Champerret. Ce dernier est quasiment deux fois plus petit que le premier cité, ce qui est plutôt agréable, ça limite le bruit, le mal de tête, et ça facilite les découvertes et les échanges. Comme d'hab vous pouvez éditer et imprimer le guide sur leur site (c'est ici). Vous ne savez pas où aller? Pas de problème dindonswine peut vous aider modestement:
Dans le Sud-Ouest vous pourrez aller voir le Château d'Aydie dont les madirans et pacherenc de vic bilh sauront vous séduire. Leur vin muté (Tannat Vintage, style porto), vaut aussi le détour. En Saint-Chinian allez donc rendre visite au Domaine des Jougla, aux vins rouges d'un bon rapport qualité prix et aux blancs aromatiques et équilibrés. On remonte un peu plus à l'est de la France et nous voici dans les Côteaux Varois dont le Domaine du Deffends est un excellent représentant. J'apprécie particulièrement leurs blancs dans lesquels on retrouve les cépages typiques du sud de la France (viognier, rolle), et il paraît que le rosé n'est pas mal non plus!
On remonte dans la vallée du Rhône avec un arrêt obligatoire au Domaine de la Millière, découvert lors d'un tupperwine à l'aveugle. Leur Chateauneuf 2005 m'avait ravi les papilles; leur chateauneuf blanc gouté au dernier salon des VI m'avait lui bluffé par son caractère tendu et ses notes citronnées. J'irais également rendre visite au Domaine Saint-Amant, dont j'ai dégusté plusieurs fois le Côtes du Rhône blanc au Café Rouge à la Défense et que j'ai apprécié à chaque fois. Pas de suggestions pour le Beaujolais mais n'hésitez pas à aller rencontrer les vignerons de cette région qui regorge d'appellations de qualité. Eh oui le beaujolais ce n'est pas que le beaujolais nouveau!
On remonte encore un peu et nous voici en Bourgogne, la région du pinot noir pour les rouges et du chardonnay pour les blancs. Les Chablis Laroche, découvert en Tupperwine, regoutés et achetés au salon, vous offriront une belle vue d'ensemble de l'expression du cépage chardonnay sur les différents terroirs du chablisien. J'irais également voir du côté du Domaine Chevalier sur les conseils d'un ami. Enfin, l vous onseille fortement les Domaine Girard (il y en a deux, et je ne sais jamais lequel aller voir, et je ne me rappelle surtout pas duquel j'ai vu...bu...), qui vous feront découvrir une appellation méconnue, le Pernand-Vergelesses, qui se décline en blancs et en rouge.
Pour ceux qui attendent des suggestions au nord de la Bourgogne (= en Champagne), ou encore plus à l'est (Alsace), autant vous dire tout de suite que je n'en ai pas! Par contre plus à l'ouest, dans la vallée de la Loire, vous pouvez aller voir le Domaine Richou, dont vous pourrez apprécier les vins rouges d'Anjou ou les blancs des côteaux de l'Aubance, des vins qui seront de plus en plus "de saison". Enfin en Montlouis j'aurais envie d'aller rencontrer François Chidaine, l'un des vignerons phare de cette appelation, située en face de Vouvray.
C'est fini pour ces petites suggestions, vous pouvez évidemment me faire part des vôtres! Quant à moi j'espère vous faire part de mes découvertes ou coups de coeur prochainement. Vous pouvez également cliquer sur le tag "vignerons indépendants" dans la colonne de droite, vous aurez ainsi accès à tous les posts qui parlent des vins et des vignerons de cette association.
23 mars 2009
Déguster dans les beaux quartiers
Un bon plan de monsieur C-drick pour ce premier week-end de printemps: le restaurant Le Basilic dans le 7ème avait invité 8 vignerons bios à venir faire déguster leurs produits. Le quartier est plutôt chic, ministères, ambassades, le resto est agréable bien que pas très adapté à l'affluence des dégustations. Car on peut parler d'affluence pour ce dimanche après-midi! De la famille et des amis des vignerons, des amateurs, des professionnels, des jeunes, des moins jeunes, les participants étaient nombreux pour découvrir les vins de huit domaines représentatifs de huit régions bien différentes comme l'atteste cette carte. Eh oui, les dégustations de vins c'est aussi une excellente occasion de réviser sa géographie:
(J'ai encore un peu de mal avec la carte donc merci de dézoomer pour la voir dans son intégralité...)
On commence par un énergumène nommé Jérémie Illouz, un oenologue de
formation qui avec son associé Mr Parlange vinifie et élève du vin à
Cahors et à Montlouis. Un invité de dernière minute qui n'est ni sur ma carte ni sur la feuille dégustation! Il n'est pas propriétaire mais achète du raisin à des vignerons, décide de la date des vendanges et produit ensuite ses vins. Ca donne le domaine Parlange & Illouz qui nous offre son premier millésime dans les deux appellations. On commence par le Clos Michet 2008, son Montlouis, des raisins issus d'une parcelle de 2 ha avec des vignes de 95 ans me semble t-il. Le vin est encore en élevage dans des barriques neuves, mais il est déjà agréable à boire: c'est sec et acide, avec une finale citronnée. Espérons que le bois l'arrondisse un peu et ça sera parfait. Son vin rouge, La Pièce 2008, un cahors, est encore en élevage lui aussi (20 mois en cuve). C'est un 100% malbec, une parcelle de 2 ha également. Au nez on a de fines notes de torréfaction, en bouche ce n'est pas trop tannique pour un cahors, j'ai trouvé la finale fruitée (cassis), et sur les épices (poivrée, ben oui ça attaque un peu le cahors quand même). Tout comme le premier c'est un vin qui se goûte déjà bien.
La dégustation fut plus rapide avec Jean-Pierre Comor du Domaine les Terres Promises dans les "Côteaux Varois en Provence". On commence par son rosé, l'Apostrophe 2008 (grenache 25%, cinsault 45%, carignan 30%), un vin qui sent bon les vacances, gourmand au nez, mais qui m'a déçu en bouche. Les arômes étaient très discrets, mais le vin faisait quand même preuve d'une belle subtilité (=trop discret pour moi...) parce qu'il y avait du fruit et du poivre. On enchaîne avec l'Antidote 2008, un 100% carignan 100% nature, un vin dans lequel le vigneron a laissé le cépage et le terroir s'exprimer. L'Abracadabrantesque 2008 (cinsault, mourvèdre, carignan) m'a plus plu, mais je n'ai pas pris de notes, quel boulet. Mais j'en ai quand même acheté une bouteille! A noter quand même le nom de la cuvée, qui n'est pas une référence au président Chirac, mais à un vers de Rimbaud (pour les curieux voir l'article de Wikipédia). Les prénoms de toutes les vendangeuses du domaine sont inscrites sur la bouteille: aux Terres Promises les filles ramassent et les garçons portent les caisses!
On termine par l'Alibi 2008, un syrah grenache élevé en cuves et en barrique. C'est chaud et tannique, je n'accroche pas trop...
L'intérieur du Basilic, rue Casimir Périer, qui nous accueillait le 22 mars 2009
On va ensuite dans le Minervois, du côté du Domaine Sénat (à deux pas de l'Assemblée Nationale c'est un comble...), un domaine que vous pouvez retrouver sur le blog Le Vin de mes Amis. Dix-huit hectares, toujours en bio, un domaine que JB Sennat a repris en 1995. On commence par la Nine 2007 (grenache, carignan, syrah, mourvèdre), le nez est sur le fruit, la finale sur le café, j'aime bien. On enchaîne avec Arpettes 2006 (merlot, carignan), on a toujours du fruit mais c'est plus rond, plus fluide, plus creux aussi, moi j'ai un peu de mal avec le merlot dans le Languedoc...On finit par un vin que j'ai trouvé excellent: Bois des Merveilles 2007 (grenache, mourvèdre, carignan, 1/3, 1/3, 1/3, passé seize mois en barriques), un vin qui m'a impressionné par son virage fruité en milieu de bouche, d'un coup on se prend un coulis de fruits rouge, c'est maîtrisé comme un virage de S.Loeb, et la finale est elle épicée, sur la guarrigue et le poivre. Une belle longueur vient prolonger le plaisir. C'est pas donné (18€) mais j'ai trouvé ça très très bon.
Deux bouteilles des vins du domaine Sennat, des vins du Minervois que j'ai beaucoup aimés!
On reste dans le Languedoc, du côté du Mas Foulaquier, en Pic Saint-Loup. On commence par Orphée 2007, un syrah grenache sur lequel je n'ai pas pris de notes. Grant 2006 (grenache carignan 50/50), un nez sur le fruit, sucré, très jus de raisin bien concentré quoi. Il y a 20 mois d'élevage en foudres de bois, la finale est grillée, épicée. Calades 2005, pas beaucoup de notes si ce n'est que le nez était boisé et que la finale asséchait méchamment la bouche...A noter leur huile d'olive, qui est excellente sur un petit morceau de pain!
Ce coq qui trônait à l'entrée du restaurant m'a beaucoup intriguée...
Un dernier domaine avant la pause café, direction Fronsac dans le bordelais, pour le Domaine Château Moulin Pey Labrie (Michel Rolland les a aidés à leurs débuts, c'est incroyable le nombre de domaines dans lesquels on retrouve la patte de cet homme). Château Moulin 2005, un 100% merlot sur le fruit, facile et agréable à boire. Château Haut Lariveau 2005, même cépage et même élevage (2 ans) , seul le terroir diffère. Ouais. Argh je me demande s'il y avait pas 5% de malbec dans celui-ci. Bref c'est pas déterminant mais sachez que dans ce vin là ou dans le suivant il y a du malbec! Le suivant c'est du Moulin Pey Labrie 2004, sur lequel j'ai pas trop accroché. Le 2008 que nous avons également dégusté est encore en élevage (la fermentation malo lactique (deuxième fermentation, celle de l'acide malique en acide lactique) n'a pas encore eu lieu) mais il se goûte déjà bien je trouve.
On va ensuite à quelques kilomètres de Nantes du côté de la Haye Fouassière, pour le Domaine de la Louvetrie qui nous faisait discuter son muscadet, ou plutôt ses muscadets, tous faits à partir du cépage Melon de Bourgogne. Le premier, Amphibolite 2008 sent incroyablement la mer, c'est très salin. En bouche c'est tendu, acide, minéral, super sec. Ca ne peut aller que sur des huîtres, mais ça doit bien aller avec. Le second, l'Hermine d'Or 2007 (2 ans d'élevage sur lies), propose un bel équilibre entre l'acidité et la rondeur. J'ai bien accroché sur le dernier, Fief du Breil 2007, qui est acide et droit en bouche, mais qui présente une finale légèrement beurré, un retour sucré, voir miellé. Un final très très agréable et une belle longueur pour bien en profiter!
Grande affluence au Basilic, pour la présentation de huit vignerons bios
Ensuite direction la Bourgogne, avec le Domaine Goisot, dont ni les rouges ni les blancs m'ont séduite. On a commencé par un Côtes d'Auxerre 2007 (photo de droite),
un chardonnay qui comme l'a dit C-Drick ressemblait quelque peu à un Chablis. On a enchaîné avec un Sauvignon 2007, et comme je préfère ceux que l'on fait du côté de Sancerre j'ai été un peu déçue, c'était trop marqué par l'acidité pour moi. En rouge le Côtes d'Auxerre 2007 était assez sympa, avec un nez de fraise et de violette, et une belle trame acide, plus marquée en finale. Le Corps de Garde 2006, un vin fait avec des raisins sélectionnés, et passé en barriques je pense. On sent que c'est plus complexe, plus tannique, mais en même temps le vin s'arrête net en finale, dommage, on reste un peu sur sa faim...
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On finit par un grand classique des vignerons bios, et un habitué des salons et dégustations parisiennes, le Domaine Catherine et Pierre Breton, dans la Loire, en Bourgueil, Chinon et Vouvray. Madame a l'air fatiguée, préoccupée, un peu speed, ça tombe bien moi aussi je commence à caler. Du coup on ne va pas tous les goûter. On comence par le Vouvray pétillant la Dilettante, l'attaque et la bouche sont uniquement marquées par les bulles, super intensives, qui cachent le mpindre arôme qui tenterait de se montrer. Ensuite une fois qu'on a bu on a des notes herbacées puis des notes presque de miel en finale. Du coup passé les bulles c'est assez sympa. On goûte ensuite le Vouvray sec, sur lequel j'ai écrit "bof". La Dilettante rouge est un vin fait avec du cabernet franc et qui est vinifié en macération carbonique (prochainement sur dindonswine: les macérations!): au nez on a du fruit, du fruit, et encore du fruit, c'est agréable. En bouche pas de tanins, ça coule tout seul, mais l'acidité ne me plaît guère, et le côté terreux encore moins... Une dernière chance avec les Perrières 2006, j'en retiens surtout le côté minéral et terreux, qui ne me plaît décidément pas...(cf dégustations aus Caves Augé au printemps dernier)
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A noter la bonne organisation du restaurant le Basilic, qui malgré un endroit pas adapté aux dégustations a su rendre l'événement convivial et intéressant; les verres et la feuille présentant les vins en libre service à l'entrée, le passage des commandes sur la terrasse, un format intéressant qui permet aux vignerons de faire déguster et non de faire les comptes. Pour les clients on ne sent pas obligés d'acheter, on achète ce qu'on veut à la fin et hop. Le format est bien également, huit vignerons, c'est bien et il n'aurait pas fallu qu'il en y ait plus! Merci et bravo à tous.
Le Basilic, 2 rue Casimir Périer, 75007 Paris, M° Solférino ou Invalides
14 décembre 2008
Buvons nature!!!
C'est le nom d'un salon organisé ce week-end à l'Espace Beaujon, rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris. Jean-Pierre Robinot, artiste vigneron, organise le vernissage de son exposition "Du Peint et du Vin" et réuni pour l'occasion douze vignerons "nature". Vous pouvez retrouver leur initiatives sur leur blog. Des vins "nature" c'est quoi d'abord?? Ce sont des vins fait par des vignerons qui respectent leur terroir, leur vigne et leur raisin (traitements raisonnables voire nuls, biodynamie), et qui vinifient et élèvent leurs vins de façon la plus naturelle possible (levures indigènes, pas de souffre, pas de filtrage ni de collage). Attention je ne dis pas qu'ils respectent tous tout ces principes mais ils partagent au moins cette philosophie "nature". Ca donne des vins originaux, atypiques, avec une apparence pas parfaite, un nez qui peut déranger, mais de belles expressions de terroir, de cépages, de millésimes! Des vins qui vivent, qui s'expriment, et qui ne se ressemblent jamais! Je les ai tous rencontrés, gouté tous les vins, pris plein de notes, acheté quelques bouteilles, et je vais donc vous raconter tout ça, dans l'ordre où je les ai dégustés!
Les vins du Domaine des Griottes
On commence par un petit tour dans le Maine et Loire, à 25 km au sud d'Angers (on doit pas être loin de chez Saurigny...), aux Domaines des Griottes, qui je viens de la découvrir, a un blog; décidément les vignerons et internet c'est une affaire qui roule. La gamme a l'air assez large d'après leur site, mais seuls trois vins nous sont proposés aujourd'hui: un chenin qui m'a marqué par son nez oxydatif, la Griotte (cabernet franc, cabernet sauvingnon), un vin minéral avec une fin de bouche terreuse, et enfin la Petite Gaterie (gamay, grolleau, pineau d'aunis), un vin sur le fruit qui passe tout seul, très bien. 8-15€.
La Griotte, du domaine des Griottes
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On part ensuite vers le Domaine du Grand Cléré. un stand sans vigneron (François Blanchard) puisqu'il est parti déjeuner...tant pis on fait comme chez nous, il y a un blanc et un rouge, et on se sert. Le blanc est un sauvignon 2006, avec un nez oxydé (au début ça "choque" mais à la fin de l'après-midi on s'est habitué à ce nez caractéristique des vins naturels), et une bouche sur l'ananas; c'est incroyable ce jus d'ananas, avec une pointe d'acidité (agrume) qui vient relever le tout, c'est plutôt pas mal du tout. Le rouge est un cabernet franc 2006, avec un nez de cassis, et une bouche super terreuse. Son site internet c'est ici. 13,5€ chaque me semble t-il.
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On part ensuite dans le 71 , la Saone et Loire, pour aller découvrir le Domaine de l'Ancestra de Cyril Alonso. Un vigneron itinérant qui vinifie à la fois ses parcelles, et d'autres, en naturel bien sûr. On commence par un vin de table blanc, un chardonnay, un vin voilé (prochainement une note explicative parce que moi non plus je sais pas trop ce que ça veut dire...). Bon visiblement je n'ai pas de notes sur celui-ci, tant pis. On passe au Macon Chaintré 2005, un chardonnay plus typique, beurré, toasté, un vin qui a 36 mois d'élevage (24 en cuve, 12 en fûts) mais qui garde une belle acidité et une belle fraîcheur. Plutôt très bien. On enchaîne avec un Pouilly Fuissé, 36 mois d'élevage (24 en fûts, 12 en cuve), c'est plus gras, plus opulent, plus rond, j'aime moins que le précédent.
Un vin blanc de Cyril Alonso, sans doute le Chaintré
En rouge Cyril n'avait qu'un Fleurie 2006 (gamay sur des sables), une belle robe rubis brillante, en bouche c'est léger, minéral. 10-20€.
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On se décale juste sur la gauche et nous voici avec Fanny Sabre, une jeune viticultrice bourguignonne. Bon, on a dégusté un peu à fond la caisse, et j'ai pas beaucoup discuté avec elle. Résultat j'ai trouvé un peu son histoire sur internet, ici. Bon, et évidemment j'ai pas pris de notes du coup. Mais j'ai des photos!!
Les vins de Fanny Sabre: en blanc un Beaune 2007, un Meursault 1er Cru Sous la Velle, et un Meursault Aer cru les Charmes. En rouge un Bourgogne, un Savigny les Beaunes, un Aloxe Corton, un Pommard, tout en 2007 sauf le Pommard qui était un 2006 me semble t-il.gsg
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On reste dans la même zone géographique mais on se dirige vers Sancerre, chez Sébastien Riffault. Ses cuvées ont des noms bizarres, normal c'est du lituanien (sa femme est lituanienne). On commence par l'Akméniné ("fait de pierre") 2007, on a toujours ce nez oxydatif, en bouche c'est droit, avec un côté lacté en finale. On enchaîne avec l'Auksinis 2006, 20 mois d'élevage, toujours le nez oxydatif, en bouche c'est épicé avec une fin de bouche poivrée. Sympa. On termine par Skeveldra 2006, le même travail que le précédent mais sur un sol silex et avec 18 mois d'élevage. C'est plus gras, plus rond. A noter que les Sancerre de Sébastien Riffault ne sont pas des Sancerre comme ceux "dont on a l'habitude"; ce ne sont pas forcément des vins d'apéro ou de fruits de mer, ce sont plus de vrais vins de repas. 15-18€
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Nous avons ensuite rendez-vous avec Elise Brignot, vigneronne depuis le début des années 2000 à Dierre, sur les appelations Montlouis et Touraine. Trois vins nous était proposé hier: Ca va pas Etre Possible 2006, un vin de table 50/50 gamay/chenin. Une robe jaune pâle avec des reflets rouges, plutôt original et agréable comme vin. Oui mais Non 2006 est ensuite un 100% chenin, assez droit, discret. J'ai préféré la version 2005 (année solaire), plus arômatique sur la pomme, la poire, compotés; il était aussi plus rond et plus gras, bien bien.
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On se décale un peu vers la droite et nous voilà en compagnie de Frédéric Rivaton, propriétaire d'un domaine de 12 ha à Latour de France dans les Pyrénées Orientales. Il est en biodynamie depuis 2005, mais en biodynamie freestyle puisqu'il me semble qu'il n'a pas de label ou de certification. Il teste, adapte, et utilise beaucoup de macération de plantes (orties, verveine etc...). Ses vignes ont entre 60 et 100 ans.
On commence par un 100% maccabeu, ce fameux cépage ancien que j'avais découvert à Festi Bacchus (domaine Gayda). Un nez, mais un nez, horrible! Quand je vous parlais de nez qui nez qui peuvent déranger, eh bien celui-là il attaque, bien animal!! Par contre ça disparaît complètement en bouche, et on retrouve là le côté mer, minéral, iodé, typique de ce cépage je pense puisqu'à chaque fois je ressens ces impressions.
Le maccabeu qui fouette, de chez Frédéric Rivaton
Deuxième blanc, Blanc Bec 2007, un assemblage de carignan blanc, de grenache blanc, de maccabeu et de qqch de gris (à confirmer je me perds dans mes notes...). C'est pamplemousse, au nez comme en bouche, une belle acidité d'agrumes, très bien. Il en a pas à vendre, trop nul!
Blanc Bec 2007, Frédéric Rivaton
On passe ensuite aux trois vins rouges:
Tombé du Ciel, un 100% carignan sur le fruit avec en bouche des notes de fruits noirs, c'est relevé, ça assèche un peu la bouche à la fin mais c'est diablement bon (et pas cher, 7,5€).
Un Côtes du Roussillon Villages vieilles vignes 2005, avec un nez sur le cassis. Le cassis Frédéric dit que c'est un signe d'oxydation (soit ça y va, soit ça en revient, et là ouf ça en revient). C'est 70% carignan, 15/15 syrah grenache, et ça a passé deux ans en cuve.
Gribouille 2006, le même assemblage que le précédent mais sur un sol schisteux. Ca a passé un an en cuve béton et un an en foudre, et c'est super astrigent!
Tombé du Ciel, Côtes du Roussillon Villages et Gribouille, en bouteille, et dans la verre. Les rouges présentés par Frédéric Rivaton.
Cette dégustation s'est terminées par un jus de carignan 2008, avec plein de dépôt au fond de la bouteille, légèrement acide, super bon et super désaltérant. Dommage que je n'ai pas eu plus de bras sinon j'en aurais acheté plus!
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Domaine du Pech ensuite, par Magali Tissot et Ludovic Bonnelle, en AOC Buzet. Un domaine qui est biodynamie depuis près de cinq ans et qui vous raconte son quotidien ici. En rouge nous sommes sur du merlot, du cabernet franc et du cabernet sauvignon, qui sont assemblés différemment selon les années. Franchement j'ai pas trop accroché sur leurs vins, et c'est pas une question de qualité mais une question de goût. En plus ce sont plutôt des vins à garder un petit peu, des vins de repas, à carafer, donc j'avoue qu'hier j'ai pas été super séduite dont la plupart m'asséchaient la bouche. Mais bon je vais en parler quand même:
Abusé 2004, et 2003: abusé car agrément refusé et "à Buzet". Des vins qui m'ont asséché la bouche, avec des vignes sur des sols argileux.
Badinerie 2004, et 2003: minéraux, asséchants, des vignes sur des sols calcaires
Les Abusé, et Badinerie 2003, domaine du Pech
On poursuit la dégustation avec un vin assez original, un pur cabernet Sauvignon de 2005 cultivé sur des sols calcaire et qui s'est arrêté de fermenter. La robe est noire et concentrée, c'est plutôt fruité, et en bouche c'est toujours asséchant mais c'est compensé par les 10g de sucres résiduels. Ca donne un vin vraiment sympa et original. Mais c'est 30€ la bouteille...
Le Pech Badin 2005, 100% cabernet sauvignon du domaine du Pech
On termine par un blanc carafé à la jolie robe dorée. Il s'agit d'un sauvignon, dont le nez est toujours sur l'oxydation, et en bouche une finale incroyable sur le pain grillé!
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On retourne dans la première salle pour aller déguster les vins du Domaine Lous Grezes, un vigneron belge installé du côté d'Uzès dans le Gard. Une dégustation rapide là encore:
Un pur Chardonnay avec un an d'élevage, un nez toujours sur l'oxydation, puis sur le grillé, notes que l'on retrouve en bouche.On enchaîne avec un rouge 2006 tempranillo et carignan, un nez cassis fraise, fruits que l'on retrouve en bouche. C'est sympa mais un peu asséchant. On poursuit avec la version 2007, dans laquelle le tempranillo a été remplacé par du merlot. C'est 100% cassis au nez, et c'est mois asséchant, j'aime mieux.
Quelques vins du domaine Lous Grezes. A droite le carignan merlot 2007
On enchaîne avec Le Lous, 90% grenache; un petit côté vernis à ongle au nez, un peu asséchant en bouche. Puis Alicia 2005, 80% alicante, 20% grenache, très crayeux en bouche. Le même en 2006, le nez est cassis, en bouche y'a des tanins, de l'acidité, ça assèche.
On termine avec gRandiOSE 2008, un rosé fait à partir de je ne sais plus quoi; c'est pas fini mais c'est déjà sympa et rigolo, une robe grenadine foncée, perlant en bouche, un nez de fraise, et une bouche de bonbon acidulé à la fraise. Très sympa.
gRandiOSE, du domaine Lous Grezes
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Là clairement mon inexpérience de la dégustation marathon commence à se faire sentir, donc ne vous fiez pas trop à ce que j'écris (comme d'hab en fait...)
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Nous voici en compagnie du maître de cérémonie du week-end, Jean-Pierre Robinot, vigneron artiste qui inaugurait ce week-end son exposition "du peint et du vin". Un vrai personnage ce Jean-Pierre, speed et bavard à la fois, il sort à tour de bras les bouteilles de sa glacière posée sur une chaise à côté de lui; il faut suivre, et demander ce qu'on déguste, parce que ça enchaîne! Le vigneron est installé entre Le Mans et Tours, et cultive principalement du chenin évidemment. Il travaille sans filtration et sans produits chimiques. Pour la dégustation, suivez le chenin! (paye ton jeu de mot).
On commence avec Lumière de Silex 2002 (24 mois d'élevage): le nez est oxydatif (comme d'hab), en bouche c'est droit, acide et doux à la fois, un peu comme du miel d'acacia en fait. Très intéressant.
On enchaîne avec le même en 2005, un Jeane y Ere, avec les mêmes types de sensations et d'arômes.
On poursuit avec Symphonie 2003, un vin qui a passé 18/20 mois en barriques en barrique de deux vins. Le nez est toasté, la bouche est grillée et beurrée, comme s'il s'agissait d'un chardonnay. Et on retrouve ce côté miel et acidité. Un très joli vin.
Symphonie 2004: a "subi" 48 mois d'élevage. Le nez est oxydatif, puis sur les agrumes. En bouche c'est miel, coing, c'est patiné; c'est même un poil perlant, avec toujours une belle trame acide.
Ensuite deux vins dont je n'ai pas de photos: la cuvée Juliette Robinot 2004, des vieilles vignes avec un élevage de 36 mois. C'est plus aérien, moins arômatique et moins acide, avec une fin lactée. Ca me plaît moins.
On passe après à La Pureté de l'Eau, un rosé pétillant naturel fait à partir de pineau d'aunis. C'est framboise, c'est slurp.
On passe ensuite à l'un de mes coups de coeur, le Concerto d'Oniss. Les vignes ont entre 10 et 40 ans et le vin a été élevé 1 an en cuve. Au nez c'est framboise, en milieu de bouche c'est relevé par une touche de poivre, et la fin est grillée. Un vrai voyage que ce vin, il porte bien son nom!
Le chef d'orchestre JP Robinot nous présente ici son Concerto d'Oniss
On termine la dégustation avec Nocturne, toujours du Pineau d'Aunis mais des vignes d'une centaine d'année, et un vin qui a passé 36 mois en fûts. On a toujours le côté framboise, mais moins de grillé. J'aime moins.
Nocturne, par Jean-Pierre Robinot
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Dernièr domaine de la journée, pas le moins intéressant et de loin, et le vigneron le plus bavard! Gilles Vergé, du Domaine Gilles et Catherine Vergé, qui fait du Chardonnay à Viré en Bourgogne. Tout en naturel, bio, sans sulfites.
On commence la dégust' avec le Marrons Villages 2004 (ils ont pas eu l'agrément, ils étaient marrons!), c'est frais et vif, légèrement perlant. Ensuite un Viré Clessé 2004: minéral, légèrement perlant à noveau (le gaz protège le vin, dixit le vigneron), quelques notes acides d'agrumes.
On poursuit avec Mariage Blanc 2006, un blanc plus sur le fruit, moins acide, et avec 6g de sucres résiduels et une finale sur le grillé; j'aime beaucoup.
On passe ensuite à une autre gourmandise l'Ecart 2003; année de la canicule, beaucoup de concentration dans les raisins, avec une récolte à 9 hecto/hectare. En bouche ça donne de la pomme, de la poire, du coing, une finale grillée, c'est long, c'est tendu, c'est bon. Accords suggérés par le vigneron: foie gras poelé, poulet aux morilles, ça donne envie.
On enchaîne avec le pétillant de la maison, Bulle à Zero 2005. C'est un peu trouble, le nez est foxé, et on retrouve des notes toastées.
On finit cette journée en beauté avec le Cubilingus du domaine. Un chardonnay de 2005 je crois, un "vin d'apéro, de canon"; c'est frais et léger avec toujours ces notes grillées.
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Waouh, une dégustation marathon et certainement mon plus long compte-rendu depuis la création de ce blog. Bientôt je vais faire de la concurrence à Superfred! Merci à C-drick, spécialiste des vins naturels, qui m'avait parlé de ce salon et que j'ai retrouvé là-bas. Bravo à qui il faut pour l'organisation de ce salon, il y avait du monde sans en avoir trop, les vins étaient super intéressants et les vignerons très cools. J'aurai l'occasion de vous reparler de certains de ces vins, mes coups de coeur, puisque j'ai acheté quelques bouteilles (mais pas trop parce qu'à ramener en métro ça explose les bras). J'ai un mini regret: que le thème et la complémentarité art et vin n'aient pas été plus mis à l'honneur ce week-end...
La nature à Paris
Deux occasions sympa de boire des vins naturels ce week-end à Paris:
1/ Buvons Nature - Espace Beaujon - 208 rue du Faubourg Saint-Honoré
Douze vignerons "nature": Catherine et Gilles Vergé, Pierre Beauger, Domaine des Griottes, François Blanchard, Elise Brignot, Frédéric Rivaton, Fanny Sabre, Jean-Pierre Robinot, Cyril Alonso, domaine du Pech, domaine Lous Grezes, Sébastien Riffault.
Plus d'infos sur leur blog.
2/ L'art d'être naturel - bateau Harmony, quai de Bercy - M° Bercy ou Cours St-Emilion
Quinze vignerons "éco-logiques", de 10h à 17h samedi 13 et de 10h à 20h dimanche 14: champagne Fleury, C&P Breton, Chateau Tour Grise, domaine Pierre Frick, Domaine Saladin, Coulée de Serrant, Causse Marines, château Lagarette, Château St-Nicolas (fiefs vendéens), château de Roquefort, domaine de la Pinte Arbois, domaine Richaud, domaine du Traginier, château La Grave, domaine Giboulot.
Vous y étiez? Racontez!
30 novembre 2008
Vignerons indépendants à Paris, suite
Malgré le monde, la chaleur, et le bruit, encore de belles découvertes Porte de Versailles à Paris.
Accompagnée de notre humble serviteur à tous nous nous rendons sur le stand du Domaine Dupasquier en Savoie. Des vins que je connais très peu, pour ne pas dire pas du tout. Mais des vins qui peuvent être intéressants pour accompagner les bonnes raclettes d'hiver (?), et pas que. Un "petit" domaine de 13 ha, plutôt tourné vers le naturel, avec une limitation des traitements et pas d'utilisation de levures exogènes. Nous avons dégusté un Jacquère 2006 et un Altesse 2005, des vins monocépages dont le nom est le cépage. Je le dis parce que je ne connais ni l'altesse, ni la jacquère...Mon préféré a été le Marestel 2005, en fait c'est un altesse 2005 issu d'un terroir spécifique, un côteau d'éboulis calcaire. Un vin passé 12 mois en foudre, peut-être encore un peu de jeune mais qui propose déjà des arômes végétaux, de foin coupé, et qui m'a surtout marquée par son équilibre et sa très fine minéralité. Un vin qui doit pouvoir se garder une dizaine d'années. J'ai bien également le Chardonnay 2005, un vin bien fait, avec de la rondeur et du gras, qui ressemble à des choses connues, qui semble moins typique que les autres vins dégustés.
Je continue mon voyage avec Fabrice dans les Côteaux du Tricastin, la fameuse région qui fait des vins nucléaires. Rencontre aevc Monsieur et Madame Hémard, du Domaine Saint-Luc. Retrouvez leur interview sur vinsurvin, vous en saurez un peu plus sur les répercussions de l'accident chez Areva, et vous apprendrez que la région est la seule qui ai fait contrôlé ses produits pour vérifier qu'ils ne présentaient pas de risque pour la santé! Le blanc (Laurine blanc 2007, un assemblage de viognier et de bourboulenc) étant épuisé on commence la dégustation par la Cuvée Emiliane 2005, un 100% syrah caractérisé par dans l'ordre son fruit, sa finesse, et sa finale très légèrement épicée. Un très bel enchaînement de sensations, très agréable. On poursuit avec l'Escale Sérine 2004, encore un 100% syrah me semble t-il, mais avec des arômes différents, du petit fruit noir, une belle expression de la syrah. Le dernier est mon préféré, en même temps il s'appelle L'Excellence de St-Luc 2005. Un assemblage original de syrah et de viognier (3%), deux cépages que j'apprécie particulièrement, donc forcément ça fait mouche. On a toujours du fruit noir, du cassis, un peu réglisse, des sensations typiques syrah mais qui sont comme adoucies par le viognier. Un vin très subtil, et que j'ai vraiment bien aimé.
Dernière rencontre grâce à Fabrice, le Domaine de Wilfried, un domaine de 36 ha proposant du Rasteau et du Cairanne. Accueil très sympathique, "équipe" (entre guillemets parce qu'ils ne sont pas super nombreux en fait) passionnée et passionnante, qui nous fait découvrir des vins puissants. Un Cairanne 2005, fait à partir de syrah grenache et mourvèdre, un vin riche, plein de matière, et qui se caractérise par ses arômes de prunes et de cerises macérées, mais pour une fois je ne suis pas gênée par l'alcool, qui ne prend absolument pas le dessus sur le reste. C'est un vin costaud, soutenu par de jolis tanins, costaud mais fin de par ses arômes en fait. Intéressant, j'aime bien. On enchaîne avec un Rasteau 2005 (60% grenache, 20% syrah, 10% mourvèdre, 10% carignan): un nez animal sur le jus de viande pas désagréable, un bel équilibre tannique, et une rétro olfaction sur le menthol hyper intéressante, car donnant une touche aérienne, de fraîcheur, pour un vin encore une fois costaud c'est du coup super équilibré, ça ne vous sape pas non plus complètement le palais. Vraiment bien. Mon regret: ne pas être repassée goûter leurs vins doux naturels, une prochaine fois peut-être...
J'ai poursuivi mon chemin dans différentes régions et j'ai été peu déçue en Montlouis, en Touraine (à noter quand même le chenin demi sec 2007 du Domaine Plou & Fils), et en Gaillac. A noter quand même l'apéritif Ratafia du Clos Troteligotte en Cahors, un 100% malbec auquel on a rajouté de l'eau de vie de vin et de prunes, c'est très marqué par la prune, c'est délicatement sucré, et ça a une jolie couleur, ce qui n'enlève rien au charme, c'est un breuvage très sympa. Mention spéciale également au Domaine du Deffends dans le Var, dont j'ai goûté le rosé 2007, léger, frais, arômatique, pas agressif du tout, très sympa, un rosé qui pourrait même se boire toute l'année. J'ai également goûté le Champ du Sesterce, un vin composé de 70% de rolle et 30% viognier: super arômatique sur les fruits blancs, et très doux bien qu'il n'y ait absolument aucun sucres résiduels. J'ai terminé par 100% viognier excellent également, révélant des arômes de pêche, d'abricots secs.
J'ai ensuite testé pour vous les cours d'initiation à la dégustation; pour être sûrs de participer en ce jour de grande affluence il faut arriver 25 min en avance...Un petit papier qui explique les trois phases de la dégustation (visuel, olfactif, gustatif) et qui donne un peu de vocabulaire et nous sommes partis pour la dégustation de trois vins:
Un Chablis 2007 du Domaine de la Meulière (découvert lors d'un Tupperwine), un 100% Chardonnay caractérisé par son acidité et son caractère citronné.
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Un Monthélie 1999 du Domaine Virely-Arcelain (Monthélie je ne connaissais même pas cette appelation...). Une robe super limpide (malgré l'âge), un nez légèrement boisé, en bouche c'est un décevant,j'attendais mieux.
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On termine avec un Faugères 2003 du Château Haut Fabrègues, la cuvée Pauline. Il me laisse surtout un souvenir de crâmé en bouche, et très (trop) riche en alcool. Bof.
28 novembre 2008
Les vignerons indépendants débarquent à Paris
Et ils débarquent en nombre ce week-end Porte de Versailles à Paris puisque ce n'est pas moins de 997 vignerons qui vous présentent leurs régions, leur travail, leurs produits!
Quelques conseils sans prétention afin de faciliter votre visite: 1) Evitez les talons, ça fait trop mal aux pieds; 2) Prévoyez au minimum un sac à dos, pour ranger les papiers, le manteau et la bouteille d'eau (il fait une chaleur à crever dans le hall) et éventuellement vos achats; 3) Avoir un diable ou un caddie en cas d'achat en "grande" quantité; 4) Ne vous trompez pas de salon, il y a le salon de l'éducation dans les parages (d'où les "j'ai envie de fumer, sa mère" entendus sur les tapis roulants...), peut-être faut-il y voir un signe, après tout le vin c'est pédagogique et c'est tout une éducation!
Bon j'y suis allée cette aprem et je n'ai suivi aucun de ses trois conseils (faites ce que je dis, pas ce que je fais...), donc j'ai un peu galéré. En plus je ne pensais pas qu'il y aurait autant de monde, donc pas facile de déguster dans de bonnes conditions, et encore moins facile d'avoir une conversation suivie. En plus comme j'avais les mains pleines (le sac à dos j'vous dit) je n'ai pas pu prendre de photos. Heureusement que j'ai goûté de bonnes choses sinon ça aurait été limite un échec total.
Premier arrêt en Bourgogne, sur le Domaine Philippe Girard, je voulais goûter leur Pernand Vergelesses blanc Les Belles Filles. Nous sommes sur du Chardonnay bien sûr, avec une robe jaune pâle. Au nez c'est gras et beurré, j'aime bien ce genre de vins. En bouche c'est rond, gras, et tendu sur la fin. Ca commence par vous carresser les papilles et sur la fin paf, ça vous réveille. J'aime bien, j'en ai pris une bouteille, pour 13,5€. A noter qu'il y a (au moins) deux domaines Girard sur le domaine puisqu'il y a également Jean-Jacques Girard, un domaine à qui j'avais acheté du Pernand rouge 1er Cru en mars, et qui fait également un Pernand blanc Les Belles Filles, sauf que je me suis rendue compte après que je m'étais un peu mélangé les pinceaux...Donc conseil n°5, préparer votre salon!
Second arrêt dans la vallée du Rhône, du côté de Chateauneuf du Pape exactement. Pas forcément des vins dont je suis fan, mais j'ai un souvenir récent d'un excellent Chateauneuf du Pape du Domaine de la Millière dégusté lors du Tupperwine à l'aveugle. Michel Arnaud est présent sur le salon, l'occasion d'aller découvrir les autres vins de la gamme. Bille en tête je commence par un Châteauneuf blanc, j'en ai goûté qu'une seule fois dans ma vie et ça ne m'a pas laissé un souvenir impérissable...mais je reste ouverte donc go. Et j'ai bien j'ai été agréablement surprise par cet assemblage de grenache blanc, clairette et bourboulenc. Une robe jaune clair, un nez encore discret mais qui laisse deviner une grande richesse arômatique. L'arôme qui m'a le plus marqué est un arôme de citron, assez incroyable. En bouche on retrouve cette complexité arômatique, assez difficile à définir pour le moment, ainsi qu'une très belle acidité; c'est équilibré, riche, frais, très très bien. Et ça peut se garder 20 ans me dit la dame! Waouh, je sais pas si j'aurai la patience....J'ai également goûté le rouge 2006, mais je n'ai pas été séduite. Les 2005 ils n'en ont plus qu'en demi bouteille, à 12,5€ la bouteille. A voir si je me laisse tenter.
Leur site internet: c'est ici.
Troisième arrêt en Corse, sur le stand du Domaine Leccia; là encore je sais ce que je veux goûter, donc peu importe mon ordre de dégustation je tape direct dans le Muscat du Cap Corse. Un 100% muscat petits grains, très joli vin qui me plaît beaucoup au nez. De légères notes d'agrumes (citron, pamplemousse) et de fruits confits. Pour le côté fruits mûrs c'est un peu comme du viognier (abricots, pêche) mais en plus lourd. En bouche c'est très fin, mais ça enrobe bien on va dire, tout le monde en profite; pas de remarque sur l'acidité je ne m'en rappelle pas; c'est que ça doit être juste bien, un manque ou une trop grande acidité m'aurait peut-être marquée. J'ai bien aimé, mais c'est pas forcément à accorder avec des mets; ça va être les mêmes styles d'accord qu'avec un Sauternes: foie gras, roquefort, desserts chocolatés ou aux fruits. Mon accord préféré ça serait clairement roquefort, avec le reste c'est trop fort. Ou seul, comme une petite gourmandise. Plus d'infos sur leur domaine sur leur site web.
Dernier arrêt dans le Roussillon, sans doute mon préféré de la journée. J'avais bien aimé ce que SuperFred avait écrit au sujet du Mas Karolina donc je me suis dit que c'était l'occasion de découvrir. Accueil top, il faut dire que le domaine bénéficie d'un bon emplacement finalement, dans un coin un peu en retrait, au moins on n'a ni l'impression d'être tassé ni d'être dans le passage. Messieurs ce sont deux femmes qui vous accueillent en plus, dont Caroline, l'oenologue qui travaille sur le domaine. A la base la famille a un domaine dans le bordelais, et 13 ha dans le Roussillon depuis 2003. Je n'étais plus dans l'humeur des liquoreux, donc j'ai goûté trois vins, un blanc sec et deux rouges. Je commence par le Vin de Pays des Côtes Catalanes 2007, un assemblage de 60% de grenache gris et 40% de maccabeu, deux cépages plutôt "rares", pas courants du moins. Et j'aime bien les domaines qui font des choses pas courantes. Un petit bien sympa, d'apéro, frais, et marqué par son caractère minéral et de légers arômes de fleurs blanches, ainsi que le style un peu "eau de mer" du maccabeu. Autant le 100% maccabeu de chez Gayda j'avais pas trop accroché autant là j'ai bien aimé (8€). J'enchaîne avec le Vin de Pays des Côtes Catalanes rouge: un assemblage 50/50 de grenache et de carignan, un nez de fruits rouges et une bouche sèche en finale; je déteste cette sensation. Recalé. Je poursuis avec le Côtes du Roussillon Villages 2005, un assemblage de grenache syrah carignan, un élevage de 18 mois dans des barriques d'un vin. Là j'aime beaucoup: un nez dominé par la cerise mais également marqué par une finesse épicée (syrah?), une bouche longue et équilibrée, des tanins fondus, de la matière, le petit côté épicé, c'est 12€ mais c'est très bien fait.
Voilà pour mes premières impressions du salon des "VI" Versailles 2008. Laissez moi un commentaire avec les vôtres!















































