21 juin 2009
L'appel du 18 juin chez Senderens
Grande soirée en ce 18 juin, célèbre pour son appel de 1940. Pierre-Benoît et Jérémy, les cavistes de WCPM (1 boutique rue Bridaine et une rue Saussier-Leroy dans le 17ème) dont j'ai déjà parlé des dégustations organisaient un dîner oenologique en présence de Marc Sorrel, vigneron à Tain l'Hermitage. Pour ce dîner concocté en fonction des vins nous avions le choix entre trois grandes tables, et c'est Senderens (l'homme et le nom du restaurant) qui l'a emporté.
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Nous voici donc chez Alain Senderens (prononcer Sans-dé-reims) au 9 place de la Madeleine à Paris. Portes coulissantes à l'entrée ce qui fait que c'est impossible de voir l'intérieur sans rentrer...A l'intérieur le décor est art déco, ce n'est pas trop lourd, la plupart des tables sont occupées par des personnes de tous horizons, ce n'est pas trop guindé. Un salon est réservé pour nous au premier étage, avec vue sur la célèbre église. L'accueil est parfait et l'ambiance décontractée. Au fur et à mesure de l'arrivée des convives les serveurs distribuent discrètement mais efficacement les verres contenant le premier vin (tous les vins seront bien sûr servis à l'aveugle durant la soirée). Une robe limpide brillante, dorée claire, un nez de miel. Bon comme j'avais regardé le site de Marc Sorrel avant de venir je savais qu'on était soit sur du Crozes Hermitage soit sur de l'Hermitage. En bouche on a peu de gras, de la rondeur, et on retrouve des arômes mielleux, légèrement style pain d'épice. Pierre-Benoît nous explique alors que le vin est fait de roussanne et marsanne (c'est d'ailleurs l'un de ces deux cépages qui donne le gras au vin plus que le passage en fûts, qui se fait dans des fûts de 2/3 vins d'ailleurs) le grand jeu consiste à trouver le millésime. Le vin est riche sans être lourd, expressif, il garde de la fraîcheur, donc je pense que ce vin a plus de 5 ans. Mais pas beaucoup plus car après tout nous n'en sommes qu'à l'apéritif. Je propose donc 2003, mais j'étais bien loin du compte. Il s'agitssait d'un Crozes Hermitage 1997. Un vin (blanc de surcroît, c'est moins courant d'attendre les blancs que les rouges...) qui a 12 ans! Waouah! Franchement intéressant car c'est un vin qui garde du peps, de l'amplitude, il est à maturité mais pas fini non plus, c'est très bon moi j'aime bien.
Après cette introduction aux vins de Marc Sorrel nous passons à table histoire de poser le décor plus précisément. Pierre-Benoît nous parle du restaurant, anciennement appelé Lucas Carton (car anciennement détenu par Robert Lucas puis Mr Carton), qui appartient à Senderens depuis 1985. Il y obtient trois étoiles, mais décide de les rendre en 2005. Il souhaite transformer le Lucas-Carton en Senderens et proposer une addition plus abordable. Il récupère quand même deux étoiles mais poursuit sa marche de visionnaire (là je m'emballe un peu mais Pierre-Benoît est comme ça...): nouveau décor, épuré (ça veut pas dire que tout le monde apprécie, moi j'ai trouvé ça bof), pas de nappes sur les tables. C'est pareil en cuisine où Senderens a été le premier a proposé du foie gras cuit à la vapeur et accompagné de choux ou du homard vanille. Tout ce qui est à la mode aujourd'hui comme la cuisson légère, Senderens le fait depuis 20 ans (je m'emballe); donc ce qu'on a mangé ce soir, eh bah vous le comprendrez dans 20 ans :-) Trève d'emballement la parole est laissée au vigneron qui nous présente l'histoire de son domaine, son travail, les différentes cuvées qu'il produit. Il en profite pour nous révéler l'identité du premier vin, alors que nos estomacs commencent à se faire entendre...
C'est donc l'heure d'une petite mise en bouche:une gambas croustillante au beurre
de soja. La gambas dont on a enlevé la tête est entourée d'une sorte de feuille de brick, et tout l'intérêt de cette gambas réside dans le fait qu'elle est accompagnée d'une sauce sushi proposant une farandole de saveurs que je serais bien incapable de vous retranscrire:-( C'est fin et ça fait danser les papilles, mais je reste un peu sur ma faim, trois bouchées et envolée, à peine le temps d'apprécier l'accord avec le vin, il faut que j'apprenne à me tenir et pas que je me goinffre de la pauvre petite mise en bouche qui arrive...J'accroche de toutes façons un peu moins sur cet Hermitage 1998, dont je ne me rappelle, plus, trop dur les soirées sans notes. A noter quand même que cette mise en bouche a constitué l'accord préféré d'un certain nombre des convives.
Cette petite mise en bouche a bien rempli sa fonction, ça nous a mis en appétit! Le troisième vin, blanc toujours, est déjà dans nos verres. Il est moins "évident" que les deux premiers, un peu plus complexe, même si on retrouve au nez quelques notes de miel et des notes végétales également (?). C'est un fenouil confit aux coques et couteaux qui a l'immense honneur d'accompagner ce vin. Le fenouil est un mets assez fort quand même, les coques et couteaux qui rappellent fortement la mer (plus une émulsion avec sans doute du jus de fruits de mer...), et quelques feuilles d'aneth on top. Il faut un vin qui ait du caractère et de la structure pour sublimer ce plat! Et c'est réussi avec un Hermitage "Les Roucoules" 1999 qui je trouve relève le caractère marin du plat (notamment l'émulsion).
Confit de fenouil aux coques et couteaux, Hermitage blanc les Roucoules 1999
On enchaîne sur le plat, qui à l'oeil ne paye pas de mine: une pastilla et du mesclun. Il s'agit en fait d'une pastilla de canard, avec donc au moins du foie gras à l'intérieur. Du foie gras entre autres, car comme la plupart des vins dégustés ce soir j'ai ressenti une véritable farandole de saveur en bouche. La pastilla était notamment accompagnée d'une ligne ressemblant à l'oeil à du caramel (il devait en fait y avoir du citron, là-dedans ou dans la pastilla d'ailleurs) et surposé de pistaches. C'est terrible parce que ça paye vraiment pas de mine, ça pourrait être lourd, et en fait c'est super fin et excellent. Même le mesclun est excellent!! Pour accompagner tout ça deux vins rouges, deux Hermitage dont nous ne connaissons pas le millésime, mais qui proviennent de deux parcelles différentes (donnant la cuvée classique et la cuvée Le Gréal), à nous de trouver lequel est lequel, le millésime, et lequel va le mieux avec le vin. Première dégustation avant l'arrivée du plat, avec à droite le verre rond et à gauche le verre "anguleux". Dans le verre rond on a un vin expressif, très poivré, typique syrah, un superbe équilibre en bouche, des tanins fondus, un grand plaisir. Le verre anguleux est bien plus discret en premier nez, en bouche il ne me paraît pas très bien en place, c'est tannique, ça accroche la bouche, j'aime moins.
En bouche énorme surprise; le premier vin est un peu effacé par le plat, seul son côté épicé ressort, un accord pas extraordinaire. Par contre avec le second vin, c'est sublime. Je pense que le "gras" du plat (foie gras) permet de faire disparaître le côté tannique du vin, qui paraît alors très souple. L'aération a sans doute permis de le libérer un peu, il est plus structuré et se marie merveilleusement bien avec le citron du plat. Une expérience incroyable: une bouchée de pastilla avec un peu de sauce "caramel" et une gorgée de vin et vous avez l'impression d'avoir un jus de citron riche et pas trop acide dans la bouche. Extrêmement surprenant de la part d'un vin rouge!
Hermitage 1999, pastilla de canard et son mesclun, Hermitage Le Gréal 1999
Toute la table était d'accord sur le meilleur des vins seuls et en accord avec le plat. Par contre je crois qu'on s'est plantés sur lequel est le plus haut de gamme, ainsi que sur les millésimes évidemment, parce que le vin plus tannique faisait plus jeune que l'autre...En fait une fois qu'on a eu la solution c'était facile. Il s'agissait en fait du même millésime, 1999, et le vin qui était meilleur seul était la cuvée classique (le vin est à maturité), et le vin qui s'accordait le mieux avec le plat était le vin le plus haut de gamme, un vin de gastronomie. Un jeu ludique bien agréable qui nous a permis d'exercer nos sens à tous.
Petite pause dans le dîner des vins de Marc Sorrel pour un moment privilégie, la visite des cuisines et la rencontre avec Frédéric, le chef de ce soir. La soirée est déjà bien avancée donc tout est rangé et il n'y a plus grand monde en cuisine. Il nous explique un peu l'organisation de l'espace (sauce, viande, patisserie etc...), comment se passe le coup de feu, la sélection des cuisiniers etc...Moi je lui ai posé une question, sur la présence de Mr Senderens en cuisine. Quand on voit des reportages à la télé les grands chefs sont toujours en voyage, en conférence, en inauguration, mais on les voit rarement mettre la main à la patte. Frédéric nous explique là que Mr Senderens est là tous les jours entre 10h et 16h ("sauf quand il est en consulting" quand même) et qu'il est à l'origine et à la finalisation de toutes les recettes qui sont à la carte. Dernier exemple en date le rouget sauce chorizo. Les cuisiniers ont réalisé la recette en respectant les consignes de Senderens, puis ils l'ont réalisé à leur façon, et enfin l'ont faite une troisème fois en prenant le meilleur des deux premiers essais. La recette finale est ensuite validée par Senderens. Je ne me rappelle plus combien de temps ça prend entre l'idée de la recette et son apparition à la carte, mais pour le rouget vous pourrez en déguster à partir de mardi prochain. Par contre cette recette me disait quelque chose; normal je l'avais vue sur M6, à Un Dîner Presque Parfait (référence de heut niveau);dire que Senderens trouve l'inspiration sur M6...:-)
Retour à l'étage pour le pré-dessert: un Gervita sur son lit de fraise comme a dit mon voisin...En fait c'était panacotta à la fraise, mais ça n'avait rien d'extraordinaire et en plus y'avait pas de vin avec, trop nul...
Remarque le grand avantage c'est que nous en avons d'autant plus apprécié notre dessert! Grand moment le dessert, avec un classique de chez Senderens, un coulant de Samana (chocolat millésimé 1997) avec cerises Amarena, le tout accompagné par un vin doux, pas un vin de Marc Sorrel. Là encore le jeu réside dans la découverte du vin (appellation et millésime). Le dessert est excellent et vraiment original, c'est une sorte de fondant au chocolat en forme de galette. Ca a l'air mou mais ça se tient quand même, je n'avais jamais vu ça. C'est 100% chocolat et franchement très bon. Les trois demi cerises autour sont un régal également et se marient merveilleusement bien avec le chocolat. On atteint presque le paradis en buvant alors une gorgée de vin, un accord splendide.Pour la première étape est de découvrir l'appelation. A notre table nous avons trois Banuyls, un pineau des Charentes et deux Rasteau. J'avais opté pour le rasteau afin de rester cohérente avec la région de la soirée, la vallée du Rhône. Il s'agissait en fait bien d'un banuyls, nous pouvions donc tenter notre chance sur trois millésimes. Je crois qu'on a commencé par proposer 2000, 2001 et 2003, mais Dan a changé le 2001 auquel je pensais (j'étais en grande forme ce soir-là) en un 2002. Il a bien fait puisqu'il s'agissait effectivement d'un Banuyls 2002! Deux "joueurs" parmi la bonne vingtaine de participants restaient en course à ce stade de la compétition. Ils allaient donc devoir se départager en répondant à une question posée par Marc Sorrel, qui demanda en quelle année son grand-père avait acquis la parcelle du Gréal. Gros débat mais Dan, très inspiré ce soir, suit la suggestion donnée par quelqu'un hors course et propose 1928. Son "adversaire" (qui a pourtant passée la soirée à la table de Marc Sorrel:-), et je mets bien "ée" car il s'agissait d'une femme) propose 1927, mais c'est bien 1928, et Dan remporte donc une bouteille d'Hermitage 2007 Marc Sorrel, quelle star! Pour en revenir au Banuyls il s'agissait d'un Banuyls Tradition du Domaine Vial-Magnères.
Coulant de SAMANA et Banyuls, que du bonheur pour le palais et les papilles!
C'est sur ce merveilleux accord mets & vins que prend fin notre voyage en vallée du Rhône chez Mr Senderens. Des produits de grande qualité, deux hommes qui aiment le travail bien fait, un subtil équilibre entre tradition et modernité, merci à tous pour cette soirée mémorable!
Senderens, 9 place de la Madeleine, Paris (M°1 Madeleine, RER A Auber)
PS: coût de l'opération, 170€ tout de même...
03 juin 2009
Tupperwine 18: Rhône en Seine
Eh oui quel succès pour les Tupperwine de Fabrice, nous en sommes déjà à l'épisode 18. Les participants sont de plus en plus nombreux, les endroits de plus en plus fous, et les vignerons toujours d'aussi grande qualité. C'est sur l'eau que nous étions mardi soir, au
niveau du bras de la monnaie, un passage étroit juste en face de Notre-Dame; c'est là qu'est amarée le Six-Huit, la péniche avec de la musique, du vin, et de la bonne ambiance dedans. L'endroit est tout simplement magique. Michel Arnaud, du Domaine de la Millière dans la vallée du Rhône, nous a honoré de sa présence hier soir. Au programme la dégustation de son Chateauneuf blanc, du Côte du Rhône, du Côte du Rhône Villages, et une verticale de Chateauneuf du Pape. Alléchant, non?
Le pont est noir de monde; les passants se demandent ce qu'il se passe, les japonais nous prennent en photo, distribution des verres, feuille de dégustation et stylo en main, nous sommes prêts à attaquer. On commence donc par le Chateauneuf blanc 2008 (j'avais adoré leur 2007 gouté au salon des vignerons indépendants, dont les arômes de citron m'avaient marquée). Nous avons ici une robe très claire, presque transparente, et un nez plutôt discret bien que laissant deviner des arômes de citron et de miel. La bouche n'est pas encore super expressive, amer, une belle acidité, une finale assez courte. Peut-être encore un peu jeune pour qu'on puisse apprécier cet assemblage de grenache, clairette et bourboulenc à sa juste valeur.
Chateauneuf du Pape blanc 2008, Domaine de la Millière
On enchaîne avec les rouges et on commence avec un Côtes du Rhône 2006. Une belle robe pourpre, limpide, au nez des petites notes de crêpe caramel. Ah non, ça c'est le gars derrière nous qui depuis qu'on est arrivés nous nargue avec ses crêpes salées et sucrées...Plus sérieusement, après aération, je lui ai trouvé des notes de poivre à ce vin. En bouche il y a de la matière, c'est tannique sans assécher la bouche, ce qui est du au cépage grenache (assemblé à de la syrah et du mourvèdre) d'après Michel. Une excellente entrée en matière.
Côtes du Rhône rouge 2006, Domaine de la Millière
Le Côtes du Rhône Villages 2006 nous emmène vers des notes plus fruitées. La robe est similaire au précédent ("typique", "couleur villageoise", dixit XXXX), le nez est sur le fruit noir, je dirais les mûres et les ronces qui vont avec, en septembre, quand les fruits sont mûrs et les ronces presque sèches. Nous sommes ici sur un assemblage de grenache, cinsault et mourvèdre. C'est sympa mais je crois que j'ai préféré le précédent. Et puis on commence un peu à se disperser, c'est l'heure de la pause...

Côtes du Rhône Villages rouge 2006, Domaine de la Millière
La pause, la pause, on fait des pauses maintenant dans les Tupperwine?? Eh oui, c'est pause ravito, on craque pour des assiettes de fromages et de charcuteries, certains estomacs sur pattes ne pouvaient plus résister. Et qu'est que ça fait du bien de grignoter un morceau, accompagné des vins de Michel Arnaud. Eh oui le coin Tupperwine on ne le reverra, car la dégustation se poursuit à table. Le Chateauneuf rouge du domaine, en version 2007 puis 2006. Le 2007 ne s'exprime pas encore totalement mais le 2006 a déjà beaucoup de choses à raconter; il marche sur les traces du 2005, découvert lors d'un Tupperwine, déjà!
Encore une très très belle soirée, presque un Tupperwine d'un nouveau genre, merci et bravo à tous, et vivement la prochaine "réunion"!
26 mars 2009
Dîner Lyonnais
Un jeune entrepreneur d'origine lyonnaise nous conviait hier soir à un dîner lyonnais, avec produits en provenance directe de la capitale des Gaules. Le fil conducteur de la soirée: un magnum de Chateauneuf du Pape 1999 du Domaine des Fines Roches. On commence par un saucisson lyonnais, tout simplement excellent, goûtu et pas gras. Le vin révèle à ce moment là des arômes plutôt fruités (fruits noirs sauvages, type mûre, ou cassis) en bouche, et épicés en finale. Je suis assez surprise par le caractère léger et fluide du vin, je m'attendais à un vin bien plus charpenté, plus "lourd", avec plus de matière. Je ne sais pas si ce sont ses dix ans d'âge qui l'ont assoupli mais ça donne en tous cas un vin qui passe tout seul.
On poursuit avec un plat typiquement lyonnais, et testé récemment (c'est ça qui est horrible avec un blog, tout le monde sait ce que vous avez fait, bu, mangé), du saucisson cuit à la pistache. Franchement j'aime beaucoup, là encore le saucisson était excellent, charnu et bien cuisiné. Ici ce sont plutôt les arômes boisé et fumé du vin qui se sont révélés, ainsi que quelques tanins.
Enfin après un peu de glace nous finissons la bouteille avec un peu de chocolat Kinder Surprise Grand Cru. Et franchement ce vin va plutôt bien avec le chocolat. Et là je ne sais pas pourquoi mais pour moi le vin dégageait des arômes d'olives noires. Il y'en a qui vont penser que je fume la moquette mais c'est raiment ce que j'ai senti, les olives noires qu'on prend à l'apéro, ou sur des pizzas. Bon ça va pas avec le chocolat mais c'est plutôt agréable comme sensations! Merci au cuisinier pour la soirée!
18 mars 2009
Le Mauzac
Le Mauzac n'est pas seulement un cépage de la région de Gaillac, c'est aussi un resto à vins dans le 5ème à Paris, à deux pas du jardin du Luxembourg. La rue est calme, le restaurant est à l'ombre des maronniers, la terrasse doit être agréable l'été. A l'intérieur le cadre est plutôt joli, chaleureux, pas chargé, avec un joli bar et quelques bouteilles, vides sur la corniche au plafond, pleines à divers autres endroits. Ce que j'aime particulièrement c'est que la salle se découpe assez naturellement en divers "coins" ou "espaces", ce qui fait que chaque table garde son intimité et le volume sonore de la salle reste du coup modéré. Ces différents espaces et renfoncements font d'ailleurs l'originalité du lieu dans on trouve un arbre, un espèce de portail romain, des ardoises avec les vins du jour pour chaque jour de la semaine, des appliques en forme de grappes de raisin...L'accueil est courtois et le service cordial. Un point noir quand même: le Red Pif de chez Vinumentis apparaît sur la carte alors que d'après le serveur ils n'ont jamais réussi à en avoir...Moyen, et manque de bol c'est celui là qu'on voulait!!!
A la carte nous avons de la cuisine française très traditionnelle, magret, andouillette, onglet, accompagnés en gros de haricots verts ou de pommes de terre, rien de bien original. Il y a également un large choix de foie gras, mais ce n'est pas donné. L'assiette de saumon (fumé, cuit, mariné etc...) avait l'air sympa, la planche de charcuterie d'Auvergne et la planche de fromages apparaissent idéales pour des entrées ou des fromages conviviaux. Pour nous c'était saucisson cuit lyonnais à la pistache, et c'était bon! Pour accompagner tout ça évidemment nous nous sommes dirigés vers la vallée du Rhône, et nous avons commencé par choisir le Red Pif, que donc ils n'avaient pas. Sur le conseil du serveur (qui de toutes façons comme n'importe quel serveur n'a que des vins "très biens") nous avons donc opté pour un Cairanne 2005 cuvée Léa Felsch du Domaine Catherine Le Goeuil, un domaine en bio apparemment. La robe est intense, sombre, et le nez est tout de suite expressif sur la guarrigue, les aiguilles de pin, notes que l'on a retrouvées tout au long du repas. Au nez comme en bouche nous sommes assez peu sur le fruit, plutôt sur des notes de grillé, un peu épicé. Les tanins sont discrets, le vin passe tout seul, avec une finale plutôt pas très longue. En même temps ce n'est pas ce que l'on demandait à ce côtes du rhône villages, qui a parfaitement accompagné notre saucisson lyonnais.
A noter que pour ceux qui respectent à la lettre les recommandations des diverses agences de santé vous pouvez modérer votre consommation de vin et emporter chez vous la bouteille non terminée (c'est toujours la grande classe de se ballader dans la rue avec une bouteille à moitié vide...). Je tenais également à dire que la carte des vins est plutôt bien faite, cohérente, équilibrée en termes de représentation des différentes régions, et variée en termes de styles et de prix, chacun y trouvera son compte.
Le Mauzac, 7 rue de l'Abbé de l'Epée, 75 005 Paris, RER Luxembourg
21 décembre 2008
Rasteau et foie gras
Eh oui ce week-end c'était Noël avant l'heure. Comme c'est chiant de passer son temps à manger le 24 et le 25 décembre autant commencer avant. Comme ça on peut se remettre et éliminer entre temps, et puis c'est moins convenu. Pour l'occasion pôpa nous proposait un rasteau vdn de la cave de Rasteau. Une robe d'une jolie couleur violet rosé, un nez discret au début peut-être dû à la température un peu fraîche. Il révèle ensuite d'agréables arômes de cerise et de torréfaction. En bouche c'est une vraie douceur, on retrouve des notes de cerises à l'eau de vie, de cacao, et c'est encore meilleur une fois "réchauffé" par la température ambiante. Le petit côté sucré et fruité du vin s'accorde à merveille avec le foie gras, ça vous changera des liquoreux, des Sauternes ou des Jurançon, qui peuvent être un peu lourd et manquer de fraîcheur pour aller avec le foie gras.
Rasteau Signature 2006, vin doux naturel de la cave de Rasteau;
Mais au fait, c'est où Rasteau?
C'est là, juste à l'ouest de Vaison la romaine
Et avec votre foie gras, qu'est ce que vous pouvez bien boire d'autre? Eh bien pour rester dans les rouges je vous conseillerai un Madiran? Pourquoi? Déjà cet accord respecte une règle bien pratique, celle de la régionalité. Oui je viens d'inventer ce mot, tout ça pour dire qu'en accordant un plat et un vin d'une même région vous avez quand même peu de chance de vous louper. Revenons-en à nos moutons, foie gras et Madiran. Imaginez le foie gras qui vous tapisse la bouche; et là imaginez que vous buvez un vin tannique (cépage tannat), qui glisse littéralement sur votre tapis de foie gras, et qui vous révèle progresseivement des notes de cerises et d'épices, qui s'accordent merveilleusement bien avec le foie gras que vous avez cuit et assaisonné vous-même...C'est que j'avais testé ici.
Et vous qu'en dites-vous?
25 mai 2008
Rhône Sud
Jeudi c'était dégustation et accords mets & vins chez un caviste un peu restaurateur dans le 17e (rue saussier leroy).
Nous sommes reçus par Jérémie et Pierre-Benoît, deux des 3 associés de WCPM: WCP ce sont les premières lettres de leurs noms de famille, M je ne sais pas, mais l'autre signification c'est Wine & Cooking ProMotion (ils ont deux boutiques dans le 17e, la première est rue Bridaine). J'ai trouvé un reportage sur eux ici.
Première partie théorique avec une présentation de la région, de l'historique, des appellations, du type de domaines puis focus sur les cépages: grenache et syrah en rouge, roussane, marsanne, clairette et bouboulenc en blanc.
Le blanc on ne s'est pas attardé dessus, mais sur le rouge Pierre Benoît a comparé le grenache à Ringo Star et la Syrah à Paul Mc Cartney pour nous expliquer les différences entre les deux: Ringo le batteur il n'a rien de subtil mais il est là pour mettre l'ambiance dans le groupe, toujours présent mais pas de finesse. A l'image du grenache, qui très sucré apporte beaucoup d'alcool au vin, du corps, et peut constituer la colonne vertébrale d'un vin: il fait du bruit, il donne le rythme, mais tout seul ça tape sur le système et ça manque de complexité. C'est pour cela que ce cépage est rarement utilisé seul et est associé notamment dans les Côtes du Rhône à la Syrah, qui vient apporter un peu de finesse dans ce monde de brutes. La Syrah c'est Paul Mc Cartney, ça vient donner un peu de saveurs et de mélodie à l'ensemble. Ce cépage apporte ses arômes de fruits (framboise), de fleurs (violette), d'épices (poivre). Au niveau empyreumatique (yes! et un mot de recasé!) ce qui est peut être "simplement" du brulé dans le grenache va être du fumé dans la syrah. C'est plus fin et plus relevé que le grenache, c'est pour cela que ces deux cépages sont complémentaires. Pierre Benoît termine son speech par des remarques sur les accords mets&vins assez intéressantes, pour les viandes, les légumes, les fromages, en nous expliquant comment jouer avec les arômes et les textures.
On passe à la dégustation? Dégustation à l'aveugle, pour nous forcer à exercer nos sens! La dégustation est également agrémentée de cochonailles (mousse de volaille, terrine au piment d'Espelette, saucisson de taureau, jambon cru, chorizo) et de fromages (goudat 18 et 48, tome de brebis, reblochon) pour tester en live les accords mets&vins.
- Côtes du Rhône rosé Charvin 2006: robe rosé clair, pas très arômatique ni au nez ni en bouche, mais servi frais pour l'apéro en sortant du boulot c'est agréable. Grâce à mon expérience Foire de Paris et puisque personne n'osait vraiment se lancer dans la découverte de l'appelation j'ai tenté Lirac; bon c'était pas ça mais le mec était assez "impressionné" que je sorte ça. Comme quoi la Foire de Paris ça sert pas que à rien.
- Rasteau
Côtes du Rhône rouge Charvin 2006:robe rubis, nez sur le fruit, alcool, fruits macérés. En bouche on sent moins cet alcool qui mêlé aux arômes de fruits macérés, de griotte, passe plutôt bien. Tanins discrets et soyeux
Et là PB, spécialiste des comparaisons se lance dans la comparaison entre Laurent Charvin Eric Cantona: un domaine apparemment pas évident à trouver, un vigneron qui ne demande rien à personne, qui veut juste s'occuper de ses vignes et faire son vin dans ses cuves en béton: (avé l'accent): "putain qu'est ce que tu veux? Goûter mon vin? Putain fait chier..." Au moins si vous alelz le voir vous savez à quoi vous en tenir!
- Lirac 2005
Là je m'échappe quelques secondes regarder les bouteilles présentées dans le magasin. Je vois un Chateauneuf du Pape Domaine de Villeneuve; là je dis "ah c'est Stanislas Wallut", et PB se retourne vers moi et me demande d'un air interloqué: "tu connais?" Eh oui mon gars, le Rhône Sud ça n'a pas de secrets pour moi! Gros lol. Enorme lol même, et merci Laurent de m'avoir fait découvert ce producteur; j'ai pas encore goûté son vin mais j'ai retenu son nom et sa tête, c'est déjà ça.
- Chateauneuf du Pape rouge 2003: robe grenat, disque orange foncé, je dirais bien 2003, gagné! Arômes de chocolat et de café selon les animateurs...moi je n'ai rien ressenti d'extraordinaire dans ce vin.
- Chateuneuf du Pape blanc 1999: robe dorée, ou jaune paille plutôt, on voit que ça a de l'âge; arômes légers de miel et de noix; en bouche je trouve ça décevant, on trop l'alcool et pas assez d'arômes. Je ne l'ai apprécié ni seul, ni avec les fromages! Mais je suis quand même assez contente d'avoir goûté un Chateauneuf blanc parce que ça ne me serait pas venu à l'idée d'en acheter. Maintenant l'idée d'en acheter ne viendra pas mais je sais pourquoi!
Conclusion: déjà il faudrait vraiment que l'auteur (moi) de cet article le complète parce que là niveau dégustation c'est ni fait ni à faire. Deux, les vins du Rhône Sud ne sont définitivement pas ceux que je préfère. Trois, concept intéressant de WCPM qui pour 45€ vous fait tester six accords mets&vins avec une approche conviviale et pédagogique.
06 mai 2008
Guigal, Côtes du Rhône, 2004
Guigal, forcément tout le monde connaît. La première fois que j'en ai entendu parler c'était à mes cours d'oenologie, à l'Union des Oenologues de France, le cours sur la vallée du Rhône évidemment.
Pour découvrir la vallée du Rhône rouge et Guigal en particulier on m'a conseillé de commencer par le Côte du Rhône. Un 2004 à 5,99€ à la foire aux vins Auchan et hop voilà 2 bouteilles de Guigal en cave.
Quelques infos "techniques":
Géologie du sol: sols très variés : sédiments, calcaires granitiques. Alluvions et cailloux.
Encepagement:55% Syrah, 35% Grenache, 8% Mourvèdre, 2% autres
Age moyen des vignes: 35 ans environ.
Vinifications: vinifications traditionnelles, températures des fermentations contrôlées. Longues macérations.
Elevage: 1 an et demi en foudres de chêne.
Rendements: 41 HL / hectare
Production: 2.500.000 bouteilles.
Dégustation faite après le Peca Peca, donc forcément celui-ci paraissait un peu fade après l'explosion de fruits du vin de Stéphane Loisel.
Robe rouge profond
Nez léger de fruits rouges, comme des baies par exemple. Et notes d'épices, voire notes boisées, sans doute dû à l'élevage en foudre de chêne.
En bouche c'est agréable à boire, tanins discrets, bien équilibré avec les fruits qui sont eux aussi discrets. C'est un vin qui n'a rien d'extraordinaire mais j'ai quand même l'impression que le nom de Guigal est synonyme de travail bien fait. A regoûter de toutes façons dans d'autres conditions!


















