17 octobre 2009
Château Haut-Lignières - Jérôme Rateau
Rencontré à Bercy où il présentait ses Faugères,
Jérôme Rateau du Château Haut-Lignières,
A bien voulu se prêter à une grande première,
Sans tapis rouge ni grandes manières;
Ce blog au nom pourri,
Vous propose en effet aujourd'hui,
Son interview sans langue de bois ni chichis,
Pour vous éviter l'ennui!
Une interview à la Ardisson,
Que j'ai nommée "Slip ou caleçon".
Désolée pour cette envolée poétique digne d'un élève de CE2...Pour info, nous sommes donc dans l'Hérault (34), chez Jérôme Rateau, qui fait du vin de Faugères au Château Haut-Lignières depuis 2007. Sur 12,6 ha il travaille cinq cépages principaux (syrah, greanche, mourvèdre, carignan, cinsault) sur un terroir schisteux, pour produire 55 à 60 000 bouteilles/an (du calme, du calme, y'en aura pour tout le monde!). Bonne lecture!
- Vendanges manuelles ou mécaniques ?
Rouge! Sans conteste. Pour l’épicurien que je suis c’est
dans les vins rouges que je trouve mon bonheur, et en tant que viticulteur
c’est dans leur élaboration que je m’éclate! Tant dans le travail des cuves
pendant les vinifications que lors des assemblages. Mais je ne délaisse pas
blanc sec et rosé pour autant. Ce sont des vins que j’adore, désaltérant
et plus facile d’accès. Et toujours synonyme de joie et de bon moment car je
les consomme bien souvent au soleil et avec mes amis. Nous élaborons déjà du rosé
au Château Haut Lignières mais vous avez raison pour l’instant il n’y a pas de
blanc (l’appellation Faugères blanc étant toute récente) mais j’ai planté mes premières
vignes de blanc l’hiver dernier : roussane, grenache blanc et vermentino.
Maintenant il faudra être patient pour déguster nos premiers blancs d’ici
quelques années.
Rosé, la question ne se pose même pas! En tout cas en ce qui me concerne! Nous produisons un rosé de saigné haut de gamme, sec, fruité, très désaltérant avec beaucoup de rondeur, impossible à élaborer par coupage (et puis nous ne faisons pas de blanc pour l’instant !). Mélanger blanc et rouge pour faire du rosé ??? Je ne vois pas l’intérêt au moins du point de vue gustatif; après si cela permet aux grands groupes de produire des vins de consommation courante en masse à moindre coup tout en trompant le consommateur sur ce qu’il boit ??? Mais c’est avant tout un respect du consommateur que de produire des vins vrais, j’ai presque envie de dire « naturels » mais c’est un autre débat !
Alors là…la question est vaste, surtout depuis le reportage
d’Envoyé Epécial récemment diffusé sur France 2 qui m’a fait sortir de mes gonds !
Globalement je trouve l’idée du bio louable et allant dans le bon sens pour
nous tous. Après j’ai deux problèmes avec le bio.
Le premier qui est la tendance actuelle à sacraliser le bio
comme « évidemment meilleur » que le non bio, systématiquement dénigré.
Je ne supporte plus les personnes en extase devant des vins aux odeurs douteuses
liées à des états sanitaire calamiteux des raisins, et qui vous répondent que
« ça c’est le vrai goût du vin ». Je ne dis pas que les vins bio sont
mauvais, au contraire et il y en a de très bons exemples à Faugères parmi mes
collègues viticulteurs, mais les ayatollah du bio non merci, il y a de bons et
de mauvais vins bios et non bios!
L’autre problème que j’ai c’est de penser que balancer du
cuivre et du souffre en grande quantité sur la vigne, et donc dans les sols (car
ces produits sont lessivés par la pluie) pollue les sols, surtout quand ceux-ci
sont acides. Alors l’idée du bio j’adhère complètement, il est indispensable
d’aller dans ce sens, mais je ne suis aujourd’hui pas convaincu par les méthodes
employées. Alors en attendant de trouver mieux, de mon coté je pratique la
« viticulture raisonnée » ça veut pas dire grand-chose….mais en 2009
j’ai divisé par 3 mes traitement en appliquant cette philosophie.
Bien que mes vins aient été médaillés par Decanter cette année, définitivement dindonswine ! Votre blog apporte un peu de fraîcheur et d’ouverture d’esprit sur le monde du vin qui est de plus en plus fermé, élitiste et convenu. En effet je trouve que l’ensemble de la presse spécialisée du vin enfonce des portes ouvertes depuis bien trop longtemps maintenant, ils ne prennent plus de risque, ne critiquent plus, et surtout ne découvrent plus. Il y a un célèbre producteur de Saint- Emilion qui tient un blog très populaire qui dénonçait il y peu cet état de fait…depuis quand a-t-on vu un journaliste poussé la porte d’un chai autre que celui d’un cru renommé pour autre chose que se faire passer la brosse à reluire ???? Je suis un peu dur mais c’est la triste réalité. Je lisais récemment un classement des meilleurs vins du Languedoc…je ne dis pas ça pour moi je n’ai pas la prétention d’en faire partie…mais ne sont classés que ceux qui ont participé…en ce qui me concerne je n’étais même pas au courant que l‘on pouvait participer…cherchez l’erreur !
Oui parce que notre région a su resté sauvage et authentique, Faugères fait partie du parc naturel du haut Languedoc qui est en cela protégé, et surtout l’aire d’appellation a été très bien délimitée à l’époque car ici on trouve une certaine homogénéité de terroir que l’on a pas dans certaines AOC. Chez nous, que ce soit dit...c'est du schiste!
Merci Jérôme pour cette interview qui nous permet de mieux connaître votre travail, vos opinions, et bien sûr le Château Haut-Lignières et la région de Faugères!!!!!
Pour une première, je trouve que c'est plutôt très réussi! Que je dédicace à mes "collaborateurs" que je saoûle (c'est le cas de le dire) régulièrement avec mon blog: Bug, Sly, Dan et Al.
13 septembre 2009
Tupperwine 21: vacances...
C'est désormais une tradition pour Fabrice, quand il part en vacances il ramène des trésors et les partage avec ses Tupperwiners dans un Tupperendroit. L'endroit en question était L'Assiette Aveyronnaise, derrière la bourse de commerce et pas très loin des Halles. Vous voyez le Pied de Cochon? Eh bien c'est dans cet alignement de restos là.
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Pour les vacances, Fabrice Vinsurvin est parti cet été dans le sud, le Languedoc-Roussillon, du côté d'Estagel, Maury, Banuyls, Collioure (et sa célèbre église). Ces villes évoquent clairement le soleil, la chaleur, la concentration des raisins...et des vins. On va boire du lourd ce soir. Et à l'aveugle s'il vous plaît. Oui parce que Vinsurvin fait les choses bien. Il dégotte un resto dans l'un des quartiers les plus touristiques de Paris, nous réserve la mezzanine pour qu'on soit à l'aise, et prépare les bouteilles pour qu'elles soient à température optimale, les cache, les numérote, et sort ses petites fiches pour nous en dire un peu plus sur chaque vin. Déformation professionnelle il distribue les feuilles blanches à l'arrivée des convives. Heureusement l'angoisse (de la feuille blanche, ndlr) ne nous taraude pas trop longtemps étant donné la qualité de ce qui nous attend.
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Premier vin très bien, la preuve mon verre est presque vide. Bien qu'anihilé (peut-être par le froid) on a un nez de viognier évident: opulent, fruité, sur la pêche blanche. Il y a un petit creux en milieu de bouche pendant lequel se révèle l'amertume du vin, et la rétro est sur les fruits blancs. On a un nez et une bouche cohérents, c'est plaisant et rafraîchissant, on a de la tenue, tout ce qu'il faut pour bien commencer une dégustation. C'était quoi? Les Terrasses Blanches 2008, du Domaine des Schistes. Pour les cépages j'avais complètement faux ce vin est fait avec 80% de blanc et 20% de grenache gris.
Le nez du second blanc est plus expressif, marqué par l'amertume, avec une robe ultra claire. La bouche est elle plus discrète, on ne sent que l'acidité, au début. Il s'ouvre peu à peu avec le réchauffement. Domaine de l'Edre, vin de pays des côtes catalanes 2008. Mauvaise élève je n'ai même pas noté les cépages!
Passons aux rouges. Notons qu'un rhume naissant (ou une grippe A) m'a progressivement empêché d'apprécier certains vins...
On commence avec un Fitou 2006, Cuvée des 4. Quatre vignerons qui sélectionnent certaines de leurs parcelles de syrah, carignan, grenache pour produire cette cuvée collective. Une partition à huit mains donc, assez vif (un nez puissant, des tanins encore à fleur de peau), mais qui s'ouvre peu à peu sur des notes un peu plus subtiles de réglisse, ce qui laisse présager une évolution agréable. A revoir dans quelques années peut-être.
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On enchaîne avec du costaud, regardez-moi cette robe:
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Encre, extrêmement concentrée, noire, tout comme la couleur des fruits qui me viennent à l'esprit en me penchant sur le verre: la mûre. C'est un nez 100% confiture de mûre. Les 3 cépages sont élevés séparément pendant 14 mois, mais on ne le sent pas trop, ce qui est appréciable. Les tanins sont présents mais pas dérangeants, ils donnent au contraire beaucoup de matière à ce vin, qui se caractérise également par une très belle longueur. Une belle découverte que ce Terrasses rouges 2007 du Domaine des Schistes.
On enchaîne avec un vin philosophique. Le problème est qu'il est assez difficile de dissocier le vin du projet, qui se veut équitable. Allez, je me lance, on commence par le vin: un assemblage de syrah et de grenache 2006, un bel équilibre entre le nez et la bouche, malgré quelques notes de crâmé. J'ai pas pris de notes mais il m'a paru beaucoup mieux quand je l'ai regoûté à la fin. Un bon vin bien fait, qui donne du plaisir. C'est Walden 2006, un projet d'Hervé Bizeul. Décidément qu'est ce qu'il est présent ce monsieur dans la région! Quelques mots sur son projet quand même: des vignerons qui ne peuvent pas forcément vinifier leurs raisins les vendent à Hervé Bizeul à la seule condition de lui fournir des raisins mûrs et sains. Hervé Bizeul les vinifie et les commercialise, en grande partie sur internet, et à un prix lui permettant de rémunérer les vignerons participant au projet correctement. Et pourquoi Walden? En hommage au récit Walden, d'Henry David Thoreau, publié en 1854. Le poète et philosophe américain raconte son expérience de vie seul dans une cabane au bord d'un étang, "A
l'écoute des saisons, des rivières, des animaux, de la terre et des
plantes, il explique simplement la joie d'une vie contemplative en
harmonie avec la nature et des émotions, simples mais intenses, que
celle-ci procure".
Plus d'infos sur walden.fr, et dans l'interview d'Hervé Bizeul par JP Coffe. Comme quoi on peut faire du commerce équitable à côté de chez soi!
Carrément Rouge 2008, du Domaine de l'Edre; un vin aérien et léger, avec de la matière. Je ne parle plus d'arômes, le rhume a du avoir raison de moi!
Nous revoici en compagnie de la star régionale, Hervé Bizeul, pour un vin de son domaine, le Clos des Fées. Le nez est fin, élégant et complexe, épicé, complètement en cohérence avec la bouche. J'ai noté "un côté aérien et qui reste, sans assécher", et franchement c'est fort. C'est un Côtes du Roussillon villages 2007. Au risque de me faire taper dessus je vais dire pourquoi ce ne fut pas mon préféré de la soirée: parce qu'il était peut-être un peu trop lisse et trop parfait à mon goût!
Et pour finir un Collioure 2007 (syrah, grenache, carignan) de Pierre Gaillard, du Domaine Madeloc,
dégusté hier (et d'un jour à l'autre je ne ressens pas la même chose c'est ouf) chez Monoprix. Comme pour la plupart des vins de cette soirée on a encore de la concentration, et un très joli nez. Le milieu de bouche est un peu décalé, déséquilibré.
Bon ce post est tellement long que j'ai la flemme de faire une conclusion. Si ce n'est dire quand même que les vins étaient de qualité et plaisants, et après tout c'est une des premières choses qu'on leur demande. Un peu costauds pour une soirée d'été, mais bien dans l'air du temps, et avec un arrière goût de vacances. Du coup cette photo servira de conclusion:
29 avril 2009
Satisfait et remboursé
C'est le deal que vous propose le domaine Bérénas, à Nébian dans le Languedoc, un domaine repris par Christophe Tison et son épouse en 2005. Un domaine de plus de vingt hectares produisant sept vins répartis en quatre familles: Collines d'Oc blanc & rouge, l'Ixia rosé, l'Impatiens blanc & rouge et l'Iris blanc & rouge.
Ce qu'ils vous proposent aujourd'hui c'est de découvrir leurs vins grâce à leur caisse découverte (2 blancs, trois rouges, un rosé pour 67€) et de vous rembourser cette caisse sous forme de bons d'achat pour une prochaine commande. En gros si ça vous plaît, vous pouvez avoir deux caisses pour le prix d'une! Un bon moyen de découvrir les vins de ce domaine, de vous plaire plaisir ou de faire plaisir.
Et comme je suis sympa et que je sens que vous hésitez encore avant d'acheter une caisse, je vais vous dire que vous pourriez déguster leurs vins le 5 mai prochain lors d'un Tupperwine qui leur sera consacré...chut, c'est secret...
Par contre pour les caisses dépêchez-vous, il n'y en aura pas pour tout le monde il n'en y a que 1001, comme les nuits...(paye ta blague)
01 mars 2009
Farewell Tasting 1
Un pique-nique presque improvisé et me voilà obligée de descendre à la dernière minute dans ma cave chercher de quoi combler mes invités. Pour le dessert je leur avais déjà promis le vin de glace, ça c'est fait, mais pour le plat je suis prise au dépourvue. Je cherche une bouteille de Saint-Chinian que l'on m'avait offerte, pas moyen de remettre la main dessus, super (pourtant on ne peut pas dire que ma cave soit grande...). J'ai bien des Chablis Defaix, des Bordeaux à garder, des Bordeaux de tous les jours, des Bourgogne que je ne sais jamais quand servir, des Cahors ou des Madiran, mais non, je cherche une bouteille du sud, vallée du Rhône ou Languedoc Roussillon. Et là ouf, sur la première étagère, j'aperçois une jolie bouteille avec un haut violet brillant (un haut de fille quoi), un vin fait par des filles et que j'avais apprécié au dernier salon des vignerons indépendants: Côtes du Roussillon Villages 2005 du Mas Karolina:
La bouteille trouvée restait plus qu'à la déguster. Même trop frais et pas ouvert à l'avance le vin dégage un joli nez de fruits noirs mûrs, compotés: cerise noire, mûre, cassis. La robe, super concentrée, presque noire, fait elle aussi penser à ce genre de fruits. En bouche c'est fin, il y a de la matière mais ça reste léger. Les tanins sont complètement fondus, je me demande si le passage en barrique d'un vin n'aurait pas un peu patiné le vin (moi j'aime bien). Finale pas super longue, mais bien relevée, poivrée, ce qui met parfaitement en valeur le chorizo (=> pour les gens qui aiment les plats "qui piquent") que nous avions ce midi là.
Par contre attention au deuxième effet kiss cool: quelques minutes après, même pendant le repas, on sent quelque peu les effets de l'alcool; normal, le vin titre 15°, waouah, je vous garantis qu'on les sent! Donc à consommer avec prudence, lors d'un repas copieux!
04 février 2009
Tupperwine Alain Chabanon
L'Hardi Vin, le caviste de la rue des dames, habitué des Tupperwine, nous accueillait mardi soir pour la quinzième (déjà?) édition des Tupperwine...quel succès! Cette fois-ci c'est le Languedoc, représenté par Alain Chabanon, qui était à l'honneur. Dans l'assemblée quelques têtes connues, l'équipe de Findawine (tout juste de retour d'Angers où Julien et Damien ont reçu le Wine Blog Trophy de meilleur blog professionnel), un internaute/oenophile/photographe, un monsieur responsable d'un guide célèbre, et quelques personnes travaillant dans la finance...
Alain Chabanon n'étant pas issu d'une famille de vigneron il fait partie de ces gens qui font du vin non pas par tradition familiale mais par choix. Après des études à Bordeaux et Montpellier il fait ses armes à divers endroits (Corse) et a notamment la chance de rencontrer Alain Brumont (Montus & Bouscassé en Madiran) auprès duquel il apprendra beaucoup. De retour dans le Languedoc il achète ses quinze premiers hectares de vignes (vignes qui appartenaient à la cave coopératives) sur des sols argilo calcaire et vinifie son premier millésime en 1992. L'encépagement évolue un petit peu avec la diminution des pieds de carignan. Le carignan, objet du premier débat de la soirée, car n'étant pas le fétiche de Mr Chabanon: pour lui même le plus grand des carignans ne rivalise pas avec les meilleurs syrah ou grenache! En 1995 coup de pouce du destin il fait la couverture du magazine Gault&Millau, ce qui lui apporte, si ce n'est la consécration, des clients et des débouchés.
Au second plan sur la photo, accroché à son blackberry :-), Julien Pichoff, P ou DG de Findawine.com, récent lauréat du Wine Blog Trophy à Angers
Homme de convictions il s'engage en certification bio en 2002 et est maintenant sur la voie de la biodynamie; les vendanges sont manuelles , les "traitements" limités à leur strict minimum, les levures indigènes, les rendements maîtrisés. Ces fameux rendements ont été l'occasion d'une discussion intéressante à propos de la rentabilité d'une exploitation viticole: passer d'un rendement de 27 ho/ha à 35 ho/ha permettrait de multiplier les bénéfices par 3 ou 4...
Fabrice, monsieur 20/20, inventeur des Tupperwine et élève attentif
On passe à la dégustation, en commençant par ses vins d'entrée de gamme (important les vins d'entrée de gamme, à ne pas zapper, car le vigneron qui fait des vins d'entrée de gamme sérieux a des chances d'être réglo et de porter au moins la même attention à ses cuvées suivantes...):
Campredon 2007: syrah-mourvèdre + grenache-carignan, élevé un an en cuve; la robe est bien concentrée, couleur cassis. Au nez c'est une explosion de fruits, ça sent le jus de cassis ou de myrtille à plein nez, c'est gourmand à souhait. En bouche c'est très fin, les tanins sont discrets et maîtrisés, en fait j'ai retrouvé la sensation "jus de fruits" ressentie au nez. Un vrai concentré de fruits, une excellente entrée en matière!
Le Merle aux Alouettes 2007: eh bien le petit merlot (+carignan) ne m'a pas séduite du tout; un nez discret, marqué par une odeur de réduction (essence comme dirait Titiô). J'ai pas accroché, mais visiblement ce n'était pas le meilleur moment pour le déguster, on a pas pu l'apprécier à sa juste valeur.
Les Boissières 2004: un grenache élevé trois ans en cuve; une robe bien moins concentrée que les précédents, très limpide. Le nez est discret mais s'ouvre sur d'agréables notes de pruneaux, de réglisse, de fruits compotés, qui font penser aux vins du Rhône sud. En bouche je l'ai trouvé un peu creux, pas assez excitant, malgré une finale qui vient réhausser le tout.
L'Esprit de Fontcaude 2004: 50/50 syrah-mourvèdre, trois ans d'élevage dont 2 en barriques (barriques achetées d'occasion à des grands châteaux bordelais). On retrouve une robe plus concentrée, bien brillante. Le nez est fin, complexe, marqué par les petits fruits noirs (cassis) et les épices (types herbes séchées). En bouche c'est une agréable montée en puissance: on commence par de la douceur et du fruit et puis les tanins se révèlent peu à peu pour une finale chaude et épicée. Un vin qui parce qu'il m'a fait ressentir toutes ces sensations différentes m'a beaucoup plu!
L'Esprit de Fontcaude 1998: le même que le précédent mais quelques années plus tard. Un nez discret (à carafer?), peut-être un peu long à se mettre en place en bouche, mais marqué par une belle puissance tannique.
L'Esprit de Fontcaude 1998. Le monsieur à lunettes dans le verre, c'est le caviste de l'Hardi Vin
Trélans 2005 (blanc sec): un assemblage de vermentino et de chenin élevé 30 mois dont 12 en barriques. J'ai bien accroché sur le nez, frais, agrumes, acide, avec derrière quelques notes de fleurs blanches. En bouche c'est rond, il y a du gras, mais ça manque un peu d'acidité et du coup ça m'a paru un peu creux car je m'attendais à retrouver ce petit côté frais et acide ressenti au nez.
Merci à tous pour cette belle soirée!
L'Hardi Vin, 109 rue des Dames, Paris 17, M° Villiers ou Rome
Les vins d'Alain Chabanon sont disponibles ici.
13 janvier 2009
Un dimanche à Paris
Le dimanche à Paris c'est le jour qui précède le lundi au soleil. Et il y en avait du soleil ce week-end sur la capitale, ce qui fait plutôt du bien après les pluies verglaçantes et la neige. Et il y en a des choses à faire à Paris le week-end, patiner devant l'hôtel de ville, l'équipe de France de handball à Bercy, ou trois heures de queue pour aller voir Picasso et les maîtres au Grand Palais. Pour moi c'était "de Miro à Warhol" au Musée du Luxembourg. C'est moins people, c'est plus modeste, donc il y a moins de queue; de toutes façons les places avaient été prises à l'avance à la Fnac.
L'expo est très sympa, courte mais efficace, les styles sont éclectiques, car couvrant une large période et de noubreuses écoles différentes; attention on en arrive progressivement aux rapports avec le vin. Même si ce n'est pas pas l'oeuvre que j'ai préférée voici celle de Amédée Ozenfant (1886-1966):

Composition à la Carafe (1926-1930), A. Ozenfant
Je me suis dit que les verres ne devaient pas casser les molécules...
La transition est toute trouvée avec les verres du bar restaurant Le Père Louis à deux pas du Musée du Luxembourg. J'ai déjà parlé de l'endroit ici et là, mais jamais des verres du bar, qui ne sont pas très jolis, tout bas, ronds, un peu ballons, pas très agréables pour déguster du vin...les verres du restaurant sont bien mieux, c'est souvent comme ça et je ne comprends pas pourquoi!!!!
A gauche le bar, à droite la carte des vins au mur
Et qu'y ai-je bu? Eh bien la même chose que la dernière fois, à savoir un Corbières Tresmoulis 2005 des Celliers Saint-Martin. La fille me dit qu'il est très bien, mais je le sais, j'ai choisi en connaissance de cause! Ce vin est vraiment à découvrir, il a tout ce qu'il faut pour vous satisfaire après l'expo Miro-Warhol!
Un verre de Corbières Tresmoulis 2005 et un verre de Collioure Cuvée des Peintres. Et en bonus, "situer Corbières sur une carte"...
Thomas Dutronc a beau ne plus aimer Paris, moi j'aime!
Au Père Louis, 38 rue Monsieur le Prince, 75 006 Paris
28 octobre 2008
Comme une lettre à la poste
Peut-on trouver une bouteille plus originale pour l'anniversaire d'un papa qui fait collection de timbres?
J'avoue j'ai acheté cette bouteille (chez Lya, caviste à Paris) uniquement à cause de l'étiquette. Ca peut être un moyen de faire de belles découvertes, alors pourquoi pas. 4,50€, rangée dans les malles à "médicaments" par Fabrice, le caviste. Il s'agit d'un vin de pays des côteaux Flaviens 2007, fait par la famille Castillon du Château Ermitage du côté de Saint-Gilles du Gard. Ce vin est composé de syrah (45%) et grenache (45%) avec des vignes d'une dizaine d'année, et de vieux carignan (10%) avec des vignes qui ont plus de cinquante ans. Plus d'infos sur ce vin ici, le domaine a un site plutôt bien fait avec pas mal d'infos.
La robe est rubis claire, bien brillante, pas très concentrée. Pas mal de larmes sur le verre, peut-être dûe à l'alcool? Le premier nez est plutôt discret et pas très structuré, je suis incapable de dire ce que c'est. Après aération ça se précise un peu, sur la cerise noire fraîche et croquante, et la mûre. En bouche c'est fluide et gouleyant, pas beaucoup de matière, peu de tanins, peu d'acidité, c'est vin croquant avec des notes de réglisse. Plutôt sympa, passe bien avec la pizza de ce soir (non nous n'avons pas mangé de pizza ni bu ce vin pour l'anniversaire de mon père, c'était un autre jour). Bien pour 4,5€, faudrait pas que ce soit plus cher. Le genre de vin qui fait voyager un peu en France et qui permet un premier contact avec un domaine.
Je vous raconte l'histoire de l'étiquette quand même? Fastoche c'est écrit sur la bouteille: "Victor Castillon (né en 1865) a été promu Officier du Mérite Agricole le 20 avril 1922. Il recevait par cette lettre les félicitations du Ministre pour la qualité de son vin". Et du coup il (ou ses descendants) ont fait de cette lettre une étiquette!
04 juillet 2008
Rozé & pétanque party
J'avais hâte de trouver l'occazion de déboucher une bouteille de Rozé du Pas de l'Escalette, ce Rozé dont la couleur et les arômes m'avaient beaucoup marqué à Bû. L'oocazion c'était une pétanque party mardi dernier au jardin des Tuileries. Il faisait beau et chaud, l'occazion idéale. Voici donc le déroulé de la soirée:
Apéro Cazal Viel
Laurent Miquel c'est un pote de Dan donc on a régulièrement (enfin pas assez souvent) l'occazion de déguster les différentes cuvées de Cazal Viel, domaine situé entre Saint-Chinian et Béziers, la ville de Dan. Enfin du moins la ville où il atterit pour aller dans son village, et la ville d'un soi-disant club de rugby au glorieux passé. Bref ce soir le thème c'était rosé donc a pu apprécier le Saint-Chinian vielles vignes rosé, un vin obtenu à partir des cépages grenache, syrah, cinsault. C'est frais, c'est fruité, arômatique, et ça avait pas mal de corps et de structure pour un rosé. J'aime bien. Mais il faudrait que je regoûte! :-)
Pétanque
Trop fastoche on a éclaté nos adversaires avec Dan. Menés 9-12 dans la première manche on met 5 points d'un coup pour l'emporter 13-12. Ils ont été assomés et ne nous ont jamais inquiétés par la suite. Ils s'entrainent pendant les vacances et on remet ça à la rentrée.
Rozé victoire
Bon j'avoue on a entamé le Rozé avant de fêter la victoire. Alors déjà première impression pas top en allant chercher la bouteille à la cave la couleur n'est pas "malabar" comme elle l'était à Bû. Alors je me dis qu'à Bû j'avais peut-être trop bu et que j'avais halluciné sur la couleur mais quand je regarde la photo de FGsuperfred je me dis qu'à Bû ce vin avait vraiment une couleur extraordinaire. Passons à la dégustation: à l'ouverture de la bouteille assez fermé au nez, un peu fade en bouche, pas très expressif. En fin de soirée c'était déjà plus expressif au nez, avec de légers arômes de fruit rouges frais, la gourmandise ressentie a Bû commençait à revenir. Par contre en bouche toujours très très discret. Donc un peu déçue sur le coup.
Les toris premières photos c'est le Rozé à la maison et la dernière c'est le Rozé à Bû. Incroyable la différence de couleur.
Comme il en restait du Rozé, j'ai voulu faire mon "travail" de dégustatrice jusqu'au bout, et je regoûte consciensieusement (trop dur à écrire) et régulièrement le vin. Et vendredi j'ai été agréablement surprise de redécouvrir les arômes de fraise et de framboise ressentis à Bû: là c'était une évidence, des arômes expressifs et tout en finesse. Super agréable. En bouche RAS le rhume m'empêche de faire le boulot...donc je vous raconterais plus tard il m'en reste encore un peu...
09 juin 2008
Saint-Chinian
Deux Saint-Chinian ont été bus hier soir: l'un de 2003 du domaine des Jougla (cuvée Signée rouge acheté 7,85€ au salon des vignerons indépendants), l'autre de 2005 du vignoble de la Goya (moins de 5€ en grande surface).
Nous avons commencé par le premier cité (Jougla), sur un poulet/ananas/riz haricot vert bien bon. Robe grenat, un peu fermé au début, mais qui a exprimé tout son potentiel par la suite: de la finesse, des arômes de fruits mûrs, compotés, on ne sent pas le bois bien qu'il me semble qu'il soit passé en fûts, et tanins complètement fondus qui donnaient une finale assez douce et appréciable, qui finalement allait plutôt pas mal avec notre plat.
Et hop, une photo de paparazzi:
Le second était différent, plus jeune, une robe toujours grenat mais moins dense moins profonde; arômes de fruits mais moins évolués que sur le précédent; tannique et amer en finale; j'en avais qu'une bouteille mais je l'aurais bien retenté dans 1 ou 2 ans.
Et bravo à Tiffany Amber-Thiessen pour les cup cakes:
04 mai 2008
La Pie Rouge, Peca Peca 2006
Suite du dej entre collègues: La Pie rouge. Le vin du pote d'un collègue.
Le gars qui réalise un peu notre rêve enfoui à tous, faire son propre vin.
Bon comme il le raconte dans son blog tout n'a pas toujours été facile, mais il a bien été aidé par Hervé Bizeul (Clos des Fées) qui a mis à sa disposition du matériel. Pour l'instant il achète des raisins et élève ensuite son vin. Le La Pie Rouge 2006 est donc son premier millésime, et son Peca Peca est plutôt réussi!
Quelques caractéristiques techniques:
Assemblage : Grenache noir 70%, Carignan noir 25% et Syrah 5%
Terroir : Village de Maury (Pech Lauzie et Cabirou Bas) Schistes et marnes schisteuses
Vendanges manuelles en comportes de 50 litres (env. 40 kg de raisins) les 16 et 17 septembre 2006. Egrappage complet.
Macération de 15 jours avec 2 remontages quotidiens et un délestage par jour en phase pré-fermentaire.
Elevage en cuve.
Mise en bouteille le 20 juillet 2007.
Le vin a une jolie couleur rubis (bon je ne suis pas encore top en couleur la bibliothèque qui se construit dans mon cerveau n'est pas encore très garnie...), pas opaque du tout, c'est très joli dans un verre Mikasa (qui casse les molécules).
Nez sur le fruit, rouge et frais (le fruit, pas mon nez).
En bouche c'est léger, agréable, facile à boire; pas de tanins qui assèchent la bouche, ça se boit tout seul!
Servi avec des salades de pâtes (recettes sur demande) et un plateau de charcuterie c'était top! Je crois que le succès a vraiment été unanyme. Certains m'ont fait remarquer que le vin s'était considérablement ouvert deux heures après ouverture donc j'y prêterai attention la prochaine fois.
Et pour finir quelques détails qui peuvent faire la différence: la bouteille lourde, verre épais, "cul profond", tout de suite ça fait très qualitatif; tout comme le bouchon qui reprend le logo La Pie Rouge, ainsi que l'emballage autour du bouchon (ça doit avoir un vrai nom ce truc mais je suis sûre que vous voyez de quoi je veux parler). Même le carton de 6 fait classe je trouve!
Merci Stéphane et bonne continuation!
Note: VinsurVin parle de La Pie Rouge






































