dindonswine

Le blog qui fait glou glou et qui parle du vin sous toutes ses formes!

25 octobre 2009

Le goût du Pouvoir

Le bouquin du désormais célèbre Jonathan Nossiter, réalisateur de Mondovino, et auteur donc de ce livre. L'aurait-il écrit (2007) pour surfer sur le succès du film (2004)? Parce que sinon franchement, qui le connaît ce gars? Heureusement, passé le "cinéaste et autrefois sommelier, j'ai la chance d'avoir un double regard sur le vin" de la quatrième de couverture, le résumé fait plutôt envie: "anti-guide du vin", "parcours subjectif des endroits de Paris où l'on peut déguster", "portraits de vignerons", etc...Franchement j'avais bien aimé le film, donc je me lance dans le bouquin. Et plutôt que de le raconter, quoique je vais quand même vous dire qu'il est conforme à ce qui est écrit en 4ème de couv, je vous faire part de quelques petites citations qui m'ont fait corner la page:

"Comme nous, un vin devient plus intéressant quand il se confronte à des difficultés. Les prétendues grandes années engendrent souvent des vins moins nerveux, moins complexe, moins excitants-comme cela peut arriver avec des gens gâtés dès le berceau". Une idée que l'on retrouve tout au long livre, notamment au travers de vignerons (Roumier en Bourgogne ou Joguet du côté de Chinon) qui font déguster à Nossiter les vins de millésimes pas faciles, voire mauvais; du moins ils ne sortent pas THE bouteille, celle avec laquelle ils sont sûrs de faire mouche. On a l'impression qu'ils ont plus de facilité à raconter un vin difficile, et qu'ils lui trouvent plus d'intérêt, de complexité. Tout le monde fait un bon vin les bonnes années, par contre dans les millésimes où la météo n'est pas au rendez-vous c'est moins évident...C'est comme en sport finalement: Federer il préfère gagner 3-2 après un match acharné, que 3-0 avec aucun point qui dépasse trois échanges; et nous, les consommateurs spectateurs, on préfère aussi le match indécis. Donc sur point là , je suis d'accord avec Jonathan. Et à la fin du livre, Jonathan a une révélation: "je me dis tout à coup que le vin, au même titre que les individus, a besoin de subir certaines épreuves de progresser". Là j'ai envie de faire un parallèle avec une référence sportive que seule moi ou presque peut comprendre: c'est comme JP Gatien qui explique que s'il n'avait pas perdu la finale des JO à Barcelone en 92 il ne serait pas devenu champion du monde à Göteborg en 1993. Eh oui, bien vu Jonathan, la défaite de JP Gatien l'a fait progresser. Maintenant le vin n'est pas une personne, mais bon...

"Le côté surréaliste de cette soirée me fait penser, une fois de plus, à Gombrowicz et ses réflexions absurdes sur la maturité (notamment dans Ferdydurke et Cosmos". Oui Jonathan est un intellectuel, alors il faut aussi s'attendre à ne pas comprendre toutes les références...Heureusement Wikipedia est là pour nous aider. et il vaut mieux car quelques pages plus loin..."On est de nouveau chez Gombrowiscz, dans la sphère de Ferdydurke, où le héros est condamné, adulte, à revivre ses années de lycée". Dans le même style j'aurais envie de mettre toute la page 406: Nossiter y cite en 20 lignes Edward Bradley, Homère, Ulysse, Pénélope, les années 30, le fascisme, et si j'ajoute 5 lignes on a aussi Edward Gibbon. Oui y'a des moments faut vraiment s'accrocher pour suivre Jonathan.

"Car l'expérience de boire, de déguster un vin n'est pas loin de celle qu'on cherche avec n'importe quel film ou roman. Il y a une histoire, avec un début, un milieu et une fin". Après quand on dit "alors il raconte quoi ce vin", tout le monde se fout de nous. Mais le vin il raconte quand même une région, un terroir, le travail et les convictions d'un homme, d'une entreprise, d'une multinationale, une année, bref plein de choses! Y'a rien de pire qu'un vin qui ne raconte rien. On le boit et rien qui se passe, aucune émotion. Les vins qu'on aime ou pas racontent une histoire, les vins boisés racontent une histoire, les vins pas chers racontent une histoire, mais alors celui qui raconte rien, c'est la loose totale.

"Mais dès que tu emploies des mots associatifs, convenus, du monde du vin, comme "réglisse, goût de cerise". Oui Jonathan Nossiter, ancien sommelier, a dépassé ce stade des mots convenus. Lui, il parle d'émotions. Mais purée il y a des gens (moi la première:-) qui payent pour apprendre et connaître ce vocabulaire Jonathan! Ceci dit l'idée des cours est plutôt culturelle, conviviale, et personnelle: connaître ses goûts, savoir ce qu'on aime ou pas et pourquoi, et savoir quoi servir, à qui, quand, pour quelle occasion (très important le moment). Et puis après, intello ou pas, c'est des vins de plaisir qu'on cherche, des vins qui ont des choses à raconter. En plus, le pauvre Jonathan est tellement au-dessus de tout, qu'il ne comprend pas le langage des critiques: "Génial! Toi non plus alors. Les vignerons ne comprennent pas non plus le langage tarabiscoté des critiques!" Voilà si vous voulez être à la mode, dîtes que vous ne comprenez pas le langage des critiques, et n'employez pas de mots associatifs ou convenus.

Quelle idée du plaisir peuvent bien se faire les gens qui viennent faire leurs courses chez Auchan? Certes cette phrase est sortie de son contexte, mais je tiens à préciser que Nossiter ne parle pas de vin à ce moment-là, mais des courses en général. Oui, il faut quand même signaler qu'à plusieurs reprises dans le livre on sent qu'on est pas du même monde avec Jonathan. On va pas dans les mêmes restaurants, on boit pas les mêmes vins, on dîne pas avec les mêmes stars, et visiblement on fait pas nos courses au même endroit lol!

Une citation de Robert Vifian, patron du Tan Dinh, dans un quartier miteux de Paris (7ème) : "Pour moi, les alliances du vin sont basées sur la complémentarité ou l'analagie. Tu maries deux personnes qui se ressemblent ou deux personnes qui se complètent. Style un gros avec un maigre, ou bien deux semblables". Voilà j'aime bien cette technique de base des accords mets & vins, et c'est facile à retenir.

Nossiter qui interviewe un vigneron bourguignon (Christophe Roumier): "Te sens-tu submergé par le poids du terroir". Vous pouvez répéter la question? Pour des interviews plus "funs", rien de mieux que dindonswine.

Nossiter consacre également tout un chapitre à Senderens , "qui forme, avec Joël Robuchon et Alain Ducasse, le trio des chefs les plus célèbres de France". Waouh, j'ai mangé chez lui! Et je dois dire que le portrait pas très positif qu'il en fait est assez à l'image de ce que j'avais ressenti ce soir-là. Soirée qui reste néanmoins un grand souvenir pour la qualité de certains plats et les vins dégustés (qui eux n'avaient rien à voir avec Senderens).

Voilà, quelques bonnes ou mauvaises raisons de lire (ou pas) le bouquin de Nossiter, que j'ai pris, quand même, plaisir à dégsuster.

6,95€ dans toutes les bonnes crémeries.

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10 février 2009

De l'importance du moment...

Et de la prudence à avoir envers les vins médaillés...

"Les Grands Vins Jugés au Pif", c'est le titre d'un article extrait du journal allemand Der Spiegel et proposé cette semaine dans Courrier International. C'est à l'occasion du plus vieux concours de vins d'Amérique, la California State Fair, que l'auteur nous fait part des études du chercheur californien Robert Hodgson, qui a suivi les dégustateurs de ce concours sur quatre années; celui-ci s'est intéressé aux "qualités" des dégustateurs professionnels chargés de déguster les 1000 crus rouges et blancs goûtés pendant la foire. Ceux-là mêmes qui ne goûtent plus que 75 vins par jour, au lieu du double auparavant...

Le premier point abordé par ce chercheur concerne l'importance du moment de la dégustation (dédicace): il a proposé les mêmes vins aux mêmes dégustateurs à des moments différents, et a constaté que les appréciations des mêmes personnes sur les mêmes crus considérablement variaient considérablement en fonction du moment de la dégustation. "Seuls 10% des juges ont donné une appréciation similaire lors des deux fois où ils ont goûté le même produit". Les mêmes dégustateurs ont attribué il y a deux ans une médaille d'or à un vin à 2$ distribué en grande surface en Californie, vin qu'ils ont préféré à ceux plus élaborés et plus complexes de la Napa Valley...

L'article cite ensuite une étude du français Gil Morot, qui a trompé 54 "spécialistes de Bordeaux" (je ne sais pas trop ce que recouvre cette expression) en colorant du vin blanc en rouge...Et enfin des psychologues de Mayence qui ont montré que même la lumière ambiante pouvait avoir une influence sur le jugement d'un vin...

Quelques conclusions que je tire de cet article, qui ne révolutionnent pas le monde pour autant:

- se fier aux distinctions des vins (médailles, étoiles, guides etc...) n'est pas forcément un gage de qualité

- quand on voit qu'il y a des chercheurs ou des psychologues qui se penchent sur le sujet on sent qu'il doit y avoir du business là-dessous...

- ce côté business des concours et prix est confirmé dans l'article qui indique que "le chiffre d'affaires mondial du vin devrait continuer de progresser d'environ 8% par an jusqu'en 2012; il est confirmé également par les vignerons: Superfred qui parle de son ami Patrick Grisard salué par Michel Bettane dans le Monde, Alain Chabanon qui nous parle du coup de pouce du magazine Gault&Millau, ou encore le néo vigneron Stéphane Loisel qui affiche fièrement (et on le comprend) sur son blog sa présence dans le guide Hachette!

C'est assez paradoxal de constater le poids, si ce n'est l'importance de ces prix ou récompenses, et de l'autre côté la façon dont ils sont attribués. Une suggestion: goûter vous-mêmes et faites-vous vos propres opinions!

Artcile lisible en page 14 de Direct Matin du 9 février 2009 (ici)

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10 janvier 2009

Vin bio

Le célèbre caviste Laurent Baraou cause de vin bio (logiques et dynamiques) sur France Inter. C'était dans l'émission d'Isabelle Giordano (Service Public) jeudi dernier entre 10h et 11h. L'ordre du jour de l'émission est ici, les commentaires des internautes , et vous pouvez podcaster l'émission pour l'écouter comme moi sur votre Ipod dans le métro.
Résultat je suis un peu partagée: d'un côté c'est bien qu'on parle de vin et de vin bio sur nos grandes ondes, de l'autre on reste un peu sur sa faim. Je ne pense pas que l'émission ait éclairée les gens qui n'y connaissent rien. On retient surtout que c'est le bazar, il y a des labels, des cahiers des charges, chacun fait un peu ce qu'il veut dans son coin et approfondit plus ou moins son approche du bio. Ceux qui ne savaient pas qu'il pouvait y avoir plein de produits chimiques un peu toxiques dans le vin sont maintenant au courant, espérons que ça ne les dégoûte pas de boire du bon vin! Tout ça est aussi dû au format de l'émission, les sujets sont survolés, les débats vite clos, difficile de parler du vin bio en moins d'une heure d'émission!

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30 novembre 2008

France 2 au salon des VI

"Le vin s'embourgeoise et se féminise", c'est le titre d'un reportage passé au journal de 20h de France 2 le samedi 29 novembre (visible ici). Reportage intéressant dans lequel vous n'apprendrez rien d'exceptionnel: la consommation de vin diminue, on déguste, on recherche la qualité, le partage, et on fait attention à l'accord mets & vins. Vous apprendrez quand même que 80% des vins achetés en France le sont par des femmes! Par contre ils ne précisaient pas le circuit de distribution, parce que de ce que j'ai vu au Salon la population acheteuse était plutôt masculine...Le reportage révèle également que les français considèrent que le vin est le second aliment le plus dangereux pour la santé après la charcuterie! C'est balaud parce que les deux vont bien ensemble! Par contre le coca et les barres chocolatées ça n'a pas l'air d'inquiéter outre mesure nos compatriotes!! Bon, la conclusion est toujours la même, la modération. Vin et charcuterie avec modération, coca et barres chocolatées avec modération, alimentation équilibrée et sport, et tout va bien.
En tous cas je suis complètement d'accord avec le titre de leur reportage!

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05 octobre 2008

Ce dont on parle dans In Vino BFM est aussi sur Dindonswine!

logo_ivbfmJe pense qu'Alain Marty et ses acolytes Philippe Faure-Brac (mon idole) et David Cobbold lisent dindonswine. Ils ont parlé aujourd'hui (vous pouvez écouter l'émission ici) de l'appellation Saint-Chinian et ont cité un domaine qui me tient à coeur, même si je ne le connais pas bien encore: le Domaine Cazal Viel de la famille Miquel. Les amis de Dan!! Eh oui ce sont des stars, et on avait goûté leur rosé lors d'une pétanque mémorable. A quand une dégustation Cazal Viel pour dindonswine?

concorde

Autre sujet du jour pour In Vino BFM, le vin sur la compagnie Air France: une compagnie aérienne responsable d'une publicité énorme pour le vignoble français. 860 000 bouteilles de vin, 10 millions de bouteille de 17,5 cl sont consommées chaque année sur Air France (20 millions d'euros de budget). Les cartes de vins (pour les First ou Business, pour vous et moi on a beaucoup moins de choix...) sont établies par des éminents sommeliers. Et moi j'avais bu un Viognier Chardonnay en allant à Montréal, servi dans une magnifique bouteille de 17,5 fermée par une capsule, un vin bien agréable, commenté sur dindonswine. Dindonswine, le blog en avance sur son temps:-)

PS: désolée pour ce post craquage...

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24 septembre 2008

Vins de France et du Monde

Photo0120C'est le nom de la collection de petits bouquins proposés par Le Figaro et la RVF. Perso j'ai acheté le numéro un en grande surface mais la voie normale c'est de l'avoir chaque samedi avec le Figaro. Il y a en effet 20 numéros, qui sortiront au fur et à mesure. Le premier numéro est à 1,5€, les suivants 5,5€ je crois.

Pour 1,5€ c'est franchement bien fait, ça aborde les thèmes principaux des régions en question: histoire, traditions, climat, terroir, cépages.

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Mon idole donne également des conseils sur les accords mets/vins, et quelques recettes vous sont proposées.

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Il y a ensuite des fiches plus ou moins intéresantes sur les châteaux/domaines célèbres ou atypiques , les cavistes de la région, la cote des millésimes, la constitution d'une cave, et il y a à la fin quelques fiches de dégustation qui pourront aider les novices à exercer leurs sens (oeil, nez, bouche, les arômes sont donnés il n'y a plus qu'à cocher!)

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Conclusion: pour 1,5€ c'est vraiment bien fait, pour 5,5€ c'est un peu cher pour ce que c'est!

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14 septembre 2008

Une grande année

2005? Non, le film!

Ce film est sorti en janvier 2007, je ne sais pas s'il a fait parlé de lui, en tous cas moi ça me disait rien. Pourtant il y a des vedettes: réalisé par Ridley Scott avec Russel Crowe et Marion Cotillard, et Didier Bourdon méconnaissable dans son rôle de vigneron.

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Max (Russel Crowe), trader à la City, hérite du domaine de son oncle Henry, qui avait une propriété dans le Lubéron où enfant, il passait ses vacances. Son premier réflexe est de vendre la propriété et les vignes, afin de dégager un bénéfice maximum. Mais il est temporairement suspendu de ses fonctions de trader et décide de passer quelques jours à la Siroque, aux côtés des vignerons Duflot, et de la fille illégitime d'Henry, arrivée des Etats-Unis et à qui pourrait revenir le domaine. Il retape la maison, le jardin, la piscine, et chaque objet, chaque pièce, lui rappelle son enfance avec son oncle. La cave de la maison est magnifique, et pleine de Château La Siroque (un vin dégoûtant) et de Coin Perdu, un vin délicieux et extrêmement rare.

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Comme souvent les sentiments triomphent, l'amour et le respect pour son oncle, l'amour naissant pour la région, l'admiration et le respect des vignerons Duflot, et accessoirement l'amour pour la jeune fillede la région (Marion Cotillard, faudrait être difficile pour ne pas tomber sous le charme), qu'il renverse en voiture mais qu'en fait il l'avait rencontré chez son oncle quand il était petit. Quelle histoire j'en ai les larmes aux yeux (lol), trop fort les américains.

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Bref tout se finit bien, tout le monde est content, le méchant trader aux dents qui rayent le parquet est devenu un gentil propriétaire du sud de la France amoureux d'une fille de la région, il n'a pas vendu le domaine ni licencier les vignerons, tout va bien! La fille illégitime ne réclame pas la propriété, et Max apprend que le vin Coin Perdu est produit à la Siroque! Vraiment balèze les américains.

Comme vous le voyez l'histoire n'est pas extraordinaire, mais le film est franchement sympa: pas chiant, les paysages sont franchement magnifiques (j'espère que ça a vraiment été tourné en France), la propriété itou, avec piscine et terrain de tennis (mais super stylés et bien intégrés dans le paysage, la piscine n'est pas blanche et bleue fluo par exemple), la réalisation bien faite avec des flashs du passé où on voit Max petit avec son oncle, et Russel Crowe est plutôt bon. Ne l'achetez pas mais si vous avez l'occasion de le voir n'hésitez pas!

Source photos: allocine.fr      

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27 août 2008

Mondovino

J'ai adoré ce film documentaire diffusé par France 3 hier et que je voyais pour la première fois. Jonathan Nossiter, sommelier, journaliste et cinéaste, donne la parole à tout le monde, sans monopoliser l'écran, et en posant les bonnes questions. Les "acteurs" sont excellents et parmi les poids lourds du monde viticole: Parker, Mondavi, Michel Rolland etc...A côté de ces mastodontes il y a aussi quelques irréductibles gaullois qui s'attachent à défendre le terroir français et dont le fer de lance est la lutte contre le méchant gros capitaliste américain...

Mes coups de gueule:

  • Michel Rolland, oenologue d'un nombre incalculable de domaines en France et dans le monde; le vin dans ces domaines est adapté à son goût (vive l'uniformisation), et ces soi disant vignerons qui l'appellent à longueur de journée comme si ce gars était médecin et allait leur sauver la vie c'est insupportable. Et quelle arrogance, avec son chauffeur et son rire narquois à tout bout de champs, des fois il parle de lui à la troisième personne, c'est d'un mépris, d'une suffisance...brrr. Grrrr plutôt.
  • Les attachées de presse, les gens du marketing, et les directeurs financiers des différents domaines qu'on a vus: j'ai du mal à entendre parler de domaines viticoles comme on parle des plus grandes multinationales sur Bloomberg TV...
  • Les bulldogs de Robert Parker: mais qu'est ce que c'est que ça????!!!

Mes coups de coeur:

  • Définitivement le pti gars qu'on voit à la fin, je ne sais plus si c'est au Brésil ou en Argentine, qui fait du vin et que ça lui rapporte même pas de quoi se nourrir. Le terrain n'est pas propice à la vigne mais ce gars tient à sa terre et tient à y faire du vin. C'est le plus attachant et le plus généreux de tous les "personnages" du film.
  • Les paysages aux Etats-Unis: certains sont magnifiques

A quand la suite?

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24 août 2008

A lire, à voir

A lire...un article du Monde sur le marché chinois du vin: les consommateurs, la production locale, la réputation du vin français au pays des JO; c'est ici.

A voir...Mondovino, le docu film de Jonathan Nossiter sorti en 2003. C'est mardi à 20h50 sur France 3, et comme je ne l'ai jamais vu je vais regarder.

Résumé: Jonathan Nossiter, cinéaste mais aussi sommelier, s'interroge sur l'avenir du vin. Pour répondre à ses questions, il a voyagé en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud, armé d'une petite caméra. De la Sardaigne à New York, en passant bien sûr par le Bordelais et la Bourgogne, il a rencontré les professionnels du vin, qu'ils soient producteurs, oenologues ou «flying winemakers», c'est-à-dire consultants. Ce voyage à travers les territoires viticoles montre que deux visions du vin s'opposent dans une société mondialisée. Tandis que des vignerons bourguignons comme Hubert de Montille veulent défendre leur terroir et leur histoire, des consultants comme Michel Rolland ne voient pas d'objection à faire partout le même vin pour séduire les consommateurs...

Source: programme-tv.net

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09 mai 2008

Sur le Chemin des Vignes, Claude chapuis

PICT3495Déjà le titre est plutôt sympa et fait presque rêver pour les parisiens comme moi pour qui la parcelle de vigne la plus proche est quand même à quelques kilomètres; quoique.

Le sous-titre donne lui aussi envie de débuter la lecture: "Tout ce qu'on ne vous a pas encore dit sur les vins de Bourgogne". L'auteur est né en 1948 dans une famille de vignerons d'Aloxe-Corton et il est maintenant professeur à l'ESC Dijon où il enseigne la culture française aux étudiants étrangers; plutôt cool. Cool pour lui d'enseigner sa passion, sa culture, son pays, et cool pour les étudiants d'avoir à faire à un professeur forcément passionné et passionnant.

La Bourgogne j'aime bien, pour différentes raisons. Un des premiers vins qui m'a marqué fût un Vosne Romanée, puis il y a eu le Pernand cher à Papel, et puis plus récemment le Châblis de Daniel-Etienne Defaix, le cours Bourgogne de l'Union des Oenologues, ou encore le Saint-Aubin du dej entre collègues. Et puis il y a deux trois trucs que je trouve attirants dans cette région: les deux cépages majeurs que sont le Pinot Noir et le Chardonnay, les Clos, et l'influence des moines sur la vigne dans cette région. Tout ça fait que mon oeil a tout de suite été interpellé par ce bouquin à la bibliothèque de Puteaux.

Je ne vais pas tout vous raconter mais je peux vous dire qu'en 120 pages (ne vous inquiétez pas c'est écrit gros) Claude Chapuis nous raconte la viticulure bourguignonne sous différents angles: historique, religieux, pratique, littéraire, philosophique, commercial. Et je dis bien "raconte" car ce livre se lit comme une histoire, et le texte est ponctué de citations toutes plus justes les unes que les autres. Et c'est le vin comme je le conçois: le partage et la convivialité, l'histoire, la géographie, la géologie, la météo, la chimie, les techniques de viticulture, mais aussi la religion, la philosophie, les livres, le marketing etc... Et ce livre vous parle de tout ça tout en restant en Bourgogne, c'est pas magnifique?

Claude Chapuis cite de plus tout un tas d'auteurs dans son bouquin, donc ceci orientera mes lectures futures (et les vôtres j'espère!)

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