Photo0936Dur dur pour le moral (la reprise du taf, les jours qui raccourcissent), dur dur pour le porte-monnaie (le cahier de textes, le nouveau survêtement...enfin, surtout les impôts en fait) et les foires aux vins...Vous ne pourrez pas y échapper elles sont partout, en particulier dans vos magazines (Le point, Marianne, la RVF etc...) et dans vos supermarchés avant d'atterir dans vos caddies. L'inconvénient c'est que dans la plupart des cas on ne sait pas ce qu'on achète; on ne voit pas bien d'où ça vient, comment c'est fait, par qui, et surtout on ne peut pas goûter...Pour ceux qui veulent goûter avant d'acheter, une seule solution pour ce week-end, Festi Bacchus! Un salon en plein air organisé depuis huit ans maintenant près du Cour Saint-Emilion à Paris. Si les premières éditions étaient dédiées aux vins du Sud-Ouest, ce sont maintenant les appellations bordelaises qui sont le plus (sur)représentées (à mon goût). Armés de notre verre à 5€ (vous pouvez amener le vôtre et déguster gratuitement, ou également "acheter" un gobelet en plastique à 3€...) nous nous attaquons aux 36 stands présents ce week-end. Dans l'esprit "en Bordeaux je ne sais pas ce qui est bon" j'influence mes co-dégustateurs d'un jour et nous évitons donc les stands de Bordeaux. Notons que ceci est une démarche purement personnelle et subjective et que je ne me permettrai pas de recommander.

Eh oui, je disais que la rentrée c'était dur dur, c'est aussi parce que la dégustation est un véritable sport, qui demande de l'entraînement, et on perd clairement en endurance pendant l'été...Les domaines rencontrés ce jour sont donc assez limités, limités à...3...eh oui ce n'est pas brillant je sais...Le pire c'est que malgré ma nouvelle trousse j'y suis allée sans stylo, donc je vous raconte pas la qualité des commentaires...M'enfin, quand c'est bon, pas la peine d'en mettre des tonnes.

Nous commençons par un domaine dont je parle régulièrement, le Château d'Aydie, en Madiran. Petite dégust' sympa en guise d'entrée en matière. Un Aramis (vin de pays des côtes de Gascogne) sec 2007, marqué par son acidité il est parfait servi frais en apéro, sur "des notes de pamplemousse et d'ananas" (7€). On enchaîne avec le même dans sa version moelleux (9€); bien mais sans plus, un moelleux qui garde de la fraîcheur et de l'acidité, qui n'est certainement pas alourdi par le sucre; pour ceux qui aiment le moelleux "léger". On goûte ensuite les Pacherenc, d'abord le sec 2007, auquel on reconnaît tout de suite un nez de pacherenc, un peu coing, pomme verte. Des quatre cépages qui le composent (gros et petit manseng, petit courbu et arrufiac (pas très sexy les noms) je ne sais pas lequel domine dans le nez mais en tous cas j'adore. Et encore, le sec (11€), a moins de personnalité que le doux (13€ les 50 cl pour le coup), dans lequel on retrouve les arômes ci-dessus mais avec de la force, représentée par le sucre, et de la complexité (l'acidité); là je m'emballe un peu mais depuis que je l'ai dégusté en cours aux Oenologues de France j'adore le Pacherenc. Je suis également repartie avec quelques bouteilles de Maydie (tannat muté), vin qui a fait fureur à chaque fois que je l'ai partagé, et qui accompagne particulièrement bien les desserts chocolatés (14€ les 50 cl).

Notre second stand nous amène dans la vallée de la vallée de la Loire, du côté de Savennières et des Côteaux du Layon (on est à l'ouest et au sud d'Angers). Le domaine de Château Soucherie de 30 ha a été repris récemment par des jeunes apparemment, qui ont donc réalisé leur premier millésime en 2008. Ils ne présentaient donc qu'un vin entièrement réalisé par leurs soins, un rouge que je n'ai pas goûté. Par contre j'ai goûté leurs Savennières "Clos des Perrières" en 2006 et 2007. Le 2006 très expressif, fin et élégant au nez, mais un peu décevant en bouche. Le 2007 élevé en fûts de chêne français (si je me souviens bien le 2006 c'était fûts de chêne américain) avait les mêmes qualités olfactives que le premier mais était plus rond en bouche. Du plaisir à 8,5€ et 12€,mais rien d'exceptionnel non plus.

Photo0927                Photo0928

Par contre les Côteaux du Layon présentent selon moi un bon rapport qualité prix. Un soin particulier est apporté au raisin pendant les vendanges (manuelles par tries successives), ce qui donne un très joli résultat pour le 2007. Une couleur dorée encore assez claire mais déjà des arômes de fruits confits, d'abricots secs, de coing, le tout soutenu par une belle acidité qui fait que le vin n'est pas lourd du tout (7,5€ la bouteille de 75 cl). La version Vieilles Vignes n'est pas mal non plus, plus concentrée, plus de force, et tout aussi plaisante (11€)!

Photo0933Dernier arrêt avant pause déjeuner (il était déjà 16h quand même...) sur un stand de Faugères tenu par un gentil jeune meusieur. Autre tendance subjective de la journée, se diriger vers les stands tenus par des jeunes, que de discriminations aujourd'hui dis donc! Le gentil jeune meusieur, de 29 ans, que nous appellerons X1 (on voit tout de suite l'esprit mathématique) pour l'occasion puisque je ne connais ni son nom ni son prénom, nous présente donc sa gamme complète, du Château Haut Lignières, qu'il a repris en 2006. Eh oui, oenologue de formation, il en a eu marre de travailler pour les autres et il s'est donc endetté pour acquérir des vignes et faire ses vins. Comme pour le domaine précédent il présente donc également des cuvées qu'il n'a pas fait de bout en bout, notamment les cuvées les plus élaborées. Forkément, sans stylo et sans mémoire, je ne me rappelle plus bien de ce qu'on a dégusté, mais bon je vais me lancer quand même. Le Premier (non je ne suis pas soûle c'est bien son nom) 2006 est il me semble le premier vin réalisé par X1: Photo0934composé de cinq cépages (syrah, grenache, carignan, mourvèdre, cinsault) c'est selon X1 l'expression la plus simple de Faugères. Eh ben j'ai super bien aimé parce qu'on retrouve beaucoup de choses dans ce vin: du fruit, du corps, des tanins, des épices, un peu de longueur, beaucoup de plaisir, c'est très bien. Je pense qu'ensuite on a goûté Romy (fan de Schneider?) 2006, on a toujours les 5 cépages mais avec un peu de plus de syrah, et 50% du vin a été élevé en fûts. Alors c'est plus rond, plus ample, les tanins sont plus dilués, j'ai pas trop accroché, j'ai trouvé qu'au final ça avait moins de caractère que le premier (Premier). Les suivants que j'ai goûtés plus par curiosité qu'autre chose (je crois que c'était les Carmina Butis 2003 et 2004, je suis sûre des années mais pas du nom...) puisqu'ils n'ont pas été faits par X1, je n'ai pas trop accroché non plus. Plus complexes (3 cépages, plus d'élevage), après des Layons et des Pacherenc moelleux je ne les ai peut être pas appréciés à leur juste valeur.

Photo0935          Photo0938

Regoûté avec la tartiflette (ou une crêpe, ou un sandwich à la raclette), le Premier 2006 du château Haut-Lignières est toujours aussi plaisant et excellent. Quant à l'ambiance musicale, elle est assurée par une pena du Sud-Ouest de Paris, qui revisite les grands classiques en version fanfare! 

Enfin, une nouvelle expérience sur dindonswine: Charles, que nous nommerons X2 (car on ne connaît ni son nom ni son nom), a testé pour nous, enfin pour moi, le stand le plus clinquant de Festi Bacchus, j'ai nommé So Chic Wines. Voilà sa prose:

"Vins uniquement rouges ciblant tout public mais quand même un public plutôt jeune assez aisé. Ce vin se différencie par un marketing et une com' originaux alliant le vin à la haute couture et à la mode en général. Boite créée par 2 frères provenant du domaine de la com'. Les bouteilles de vin se différencient par leur opacité (noir de couleur) et un design artistique. Ce vin peut faire l'objet de coffret cadeau et se vend notamment sous forme de fioles faisant penser à du parfum. Univers assez chic, comme la marque le dit. Alliance art, mode, et boisson.

C'est un concept sympa, un côté Marketing à exploiter... mais le fait que la bouteille soit opaque et donc que le vin ne soit pas visible m'a pas donné l'envie d'en acheter. Ca semble dur de changer l'image traditionnelle que les gens ont d'une bouteille de vin ! De plus ils font que du rouge et moi j'aime pas le rouge ;)) VIVE LE BLANC.. ça fait mal niveau part de marché.. c'est le genre de bouteille qui se vendra peut-être en boite de nuit des jeunes fils à papa.. mais pas convaincu !"

A noter que X2 ne nous dit même pas ce qu'il a bu (un Chateauneuf et un Gigondas je crois). On aurait presque l'impression qu'on pourrait mettre n'importe quoi la bouteille X2 nous aurait raconté exactement la même chose! Trop fort So Chic Wines! Et merci à X2 pour ta contribution!