18 juillet 2009
Wild Tasting
Ce n'est pas la première fois que je participe à ce genre de dégustations. Toujours le même concept, un endroit improbable, quelques dégustateurs anonymes réunis, et des bouteilles un peu moins anonymes, elles, qui viennent de partout et de nulle part. Aujourd'hui l'organisation était meilleure que la première fois, il y avait largement de quoi boire et manger, et tester quelques accords mets et vins. Différentes régions étaient représentées, divers couleurs également. En fait la seule chose qui a péché pour la dégustation c'est que le blanc n'était pas au frais. Résultat on a dû commencé par un Pauillac 2003, Château La Tour l'Aspic.
Franchement pas mal du tout, une belle robe limpide, brillante, et sur laquelle on note déjà quelques notes d'évolution. Un nez franchement expressif, élégant, qui mérite de s'y reprendre à plusieurs fois pour le cerner. On est légèrement sur le fruit mûr mais je serais bien incapable de dire lesquels, du fumé, du boisé, mais ça reste très naturel on a pas non plus l'impression de croquer dans un fût. En bouche c'est franchement très fin, des
tanins complètement fondus, de la structure, de la richesse, et un plaisir qui dure en bouche. Je trouve définitivement que les Pauillac sont une caresse pour les papilles. Très bien avec un sauciflard coupé fin, mais on ne peut s'empêcher de penser à carré d'agneau bien tendre...
Une rapide recherche sur le net m'apprend que nous avons ici à faire à un crû bourgeois, second du château Haut-Batailley. Plus d'infos sur ce vin sur la fiche descriptive ici. Où le trouver? Aucune idée, ce vin nous venait d'un caviste breton. Si aller, en cherchant un peu sur le net vous saurez où l'acheter, ou vous le commanderez sur le net!
Le blanc est enfin à point. Et il s'agit d'un grand blanc! Du moins pour nous. Nous sommes sur le
Viognier Vérité (2007), fait par Laurent Miquel, le pote de Dan, celui de qui vous pouvez vivre la vie ici. La gamme en dessous c'est le Viognier Nord Sud, qui est déjà très expressif et qui procure déjà beaucoup de plaisir (voir ici). Là, c'est franchement très grand. Un nez d'une richesse! Des notes d'abricot, frais ou sec, de la pêche blanche, et des notes limites exotiques genre litchi ou mangue. On retrouve ce genre d'arômes en bouche, ce qui est toujours agréable; le tout est soutenu par une acidité discrète, et on dénote même quelques saveurs poivrées (blanc le poivre, comme le vin) en fin de bouche (c'est écrit sur leur site, je ne l'aurais pas dit sans cette influence mais c'est vrai). La longueur est très très belle, beaucoup de plaisir sur ce vin qui séduit tout le monde.
'
On reste chez Laurent Miquel mais on passe au rouge, le Saint-Chinian Bardou 2005. Un 100% syrah très typique, sur les épices et le poivre en bouche. Le nez reste assez frais, avec des notes mentholées, réglissées, je n'ai pas ressenti le bois alors qu'apparemment le vin est passé en fût. On a là un vin bien équilibré, élégant et fin, qui correspond assez bien à ce que Laurent Miquel cherche à faire.
'
On descend encore un peu plus au sud, du côté de Collioure, la ville célèbre pour son église...Nous sommes en compagnie d'un Collioure 2007, Domaine de la Casa Blanca. Franchement même si les papilles commencent à être émoussées là encore nous avons un vin très agréable. Je le trouve un peu chargé en alcool (on dit puissant dans ces cas là, si on veut avoir l'air de s'y connaître et d'avoir du vocabulaire...), mais c'est peut-être dû à l'accumulation. On est donc sur de la puissance et de la concentration (dans le verre on ne voit rien à travers le vin), des notes de garrigue, on imagine assez facilement une pente recouverte d'herbes et d'arbustes séchés en été, descendant doucement vers la mer...ouh, il est temps que les vacances arrivent! PS: le Collioure est très bien passé avec un vieux Comté.

Collioure 2007, Domaine de la Casa Blanca. Apparemment un vigneron indépendant que vous pourrez donc peut-être retrouver lors du prochain salon des vignerons indépendants.
On garde le plus original pour la fin. Original au moins pour moi, car je n'avais jamais bu ni vu un tel
breuvage. Vous connaissez le Macdo? Le MacDrive? Le Mac Chicken? Eh bien voici le Macvin, du Domaine Geneletti, nous sommes donc dans le Jura, et sur une appellation qui existe depuis 1991. Wikipedia nous explique comment c'est fait: les raisins (poulsard, pinot noir, trousseau, chardonnay et savagnin sont les 5 cépages jurassiens) sont récoltés tard, pour qu'ils soient concentrés en sucre. Le jus de raison non fermenté (non transformé en alcool) appelé le moût est élevé 12 mois en fûts de chêne. A un litre de ce breuvage on en ajoute deux de marc du Jura (raisin fermenté distillé, ça donne un alcool qui titre 47/50° d'alcool...). En résumé on mélange du jus de raisin concentré en sucre et élevé en fût à de l'eau de vie de raisin élevée en fût elle aussi. On attend que le tout se fonde, que l'alcool, le jus de raisin et le fumé s'harmonisent, et voici le Macvin. Le nôtre titrait 17,5° je crois, la couleur était magnifique, blanc avec des reflets rosés (bon en fait c'est peut-être qu'il restait un peu de rouge dans mon verre...). Un nez superbe également. Comme dirait l'un des participants anonymes: "au nez on ne sait pas si c'est un vin ou un alcool". On est un peu sur les fruits macérés de grand-mère, le pruneau, la mirabelle. Servi frais c'est très agréable, pas lourd du tout. C'est rustique mais c'est bon. "Lors d'une soirée d'été qui dure un peu, parfait après le barbec". Bon nous on l'a mangé avec ma tarte tatin au chocolat (spéciale dédicace à Guillaume), pas trop mal pour un premier essai et la deuxième fois de ma vie que je faisais un caramel....
Une bien belle dégustation sauvage!
13 juillet 2009
En vrac...
Oui quelques commentaires en vrac, pas de tag, pas de catégories, c'est pas classé, c'est en vrac quoi. Mais ça ne veut pas dire que c'est moins intéressant ou moins bon!
'
Château des Peyregrandes, cuvée Charlotte 2005: un Faugères plein de fruits compotés, confiturés, de la mûre, du cassis, et un petit côté boisé également, peut-être encore trop présent. Mais c'est agréable et facile, et parfois c'est bien appréciable!
Acheté 10,6€ au salon des VI 2009 Champerret (voir ici).
De l'Ombre à la Lumière, vin de table de Bordeaux 100% sémillon, 
David Poutays: je crois que j'en ai six bouteilles, et comme la première ouverte était loin de plaire je n'en ouvre pas souvent...mais là je me suis lancée, j'ai retenté le coup. Eh bien c'est toujours pareil: à l'ouverture on a un mélange de renfermé (qui passe) et de fruits blancs, et ça pétille! Mais genre ça se voit bien dans la bouteille et dans votre verre, c'est pas juste perlant! En bouche c'est très sucré, sur la poire, ça crée un gros déséquilibre. Clairement ça se boit parce que je pense que c'est un bon produit, mais difficile de prendre du plaisir avec ce vin un peu spé...
Anjou blanc Les Rogeries 2006, Domaine Richou: ouvert au nez, ce chenin de Loire vous offre directement d'agréables notes de pêche
blanche et de pamplemousse. Passé 18 mois en fûts, c'est son gras et son amplitude qui m'ont marqués en bouche. Nous avons ensuite un retour tout en finesse de l'acidité agrumes pour une finale tout en équilibre. J'ai trouvé que ça allait assez bien avec le saumon fumé! Acheté 9,6€ au dernier salon des VI.
Voilà pour les quelques impressions en vrac!
09 juillet 2009
Un peu d'eau dans mon vin
Il était une fois vingt Tupperwineurs qui
erraient dans les couloirs de Chatelet les Halles à la recherche d’une
sortie qui les amènerait sur les berges de la Seine. Malheureusement, ce
soir là la pluie tombait drue, et ils abandonnèrent l’idée d’aller pique-niquer
sur les bords du fleuve. Un peu dépités mais pas résignés ils appelèrent
le grand manitou des Tupperwine, Fabrice Vinsurvin. Heureusement, il avait
une solution :une agréable caviste de la rue Vaneau était prête à nous
accueillir. Cette caviste, Alex, on la connaît bien puisqu’elle nous avait
déjà reçu en fin d’année dernière pour un Tupperwine Champagne mémorable
en compagnie de Benoît Tarlant. Hier elle nous a sauvé la soirée, alors
pour la remercier on lui a organisé un pique-nique géant dans sa boutique.
Le bureau se couvrait de victuailles au fur et à mesure que les Tupperwineurs
VIPs ou anonymes arrivaient, les uns avec les glacières, les autres avec
leur sac à chaussures, certains avec des productions maisons ou des spécialités
régionales. Les deux guest stars de la soirée, Maryline Lottin de Château
Bas et Mireille Martin de l’Anticaille, en provenance directe des Bouches
du Rhône, arrivèrent également, après moult détours dans les rues de Paris.
Nous allions pouvoir commencer notre petite réunion Tupperwarewine
avec ces spécialistes des vins du sud, des vins de pique-nique, et du rosé
en particulier.
On commence par une brève présentation du domaine Château Bas, 72 ha situé à Vernègues, en cours de conversion en agriculture biologique et qui produit 50% de rouges, 40% de rosé et 10% de blanc. La présentation est vite mise en pratique à travers un premier vin blanc, Les Pierres du Sud 2008, un assemblage de sauvignon (40%), chardonnay, rolle et grenache blanc. L’assemblage paraît intéressant sur le papier (le rolle étant un cépage arômatique, le sauvignon donnant de la structure, de la fraîcheur, le chardonnay pouvant apporter son acidité) mais est un peu décevant dans le verre. La robe est très pâle, presque transparente, et le nez est très discret, assez difficile à cerner. Le rolle donne bien un peu de corps et de rondeur à ce breuvage, le chardonnay (sans doute) une petite acidité finale rafraîchissante mais ça s’arrête là, je n’accroche pas trop. On enchaîne avec le Pierres du Sud rosé, toujours dans le millésime 2008. Un assemblage de syrah, grenache, counoise, mourvèdre et rolle. Là encore la robe est très pâle (apparemment c’est à la mode, alors ils portent une attention certaine à la couleur), couleur malabar claire ; le nez à nouveau discret et difficilement descriptible. On est sur des arômes floraux, la rose (ça va bien avec la couleur d’ailleurs je trouve) notamment. En bouche j’ai rien noté, trop difficile.
On passe alors au second domaine, l’Anticaille,
représenté ce soir par Mireille Martin, la peau tannée par le soleil, on
sent qu’elle passe du temps dans les vignes. Le domaine fait 50 ha (dont
14 ha en « jachère » où ils cultivent du blé), n’est pas en bio (d’où
débat avec sa collègue de Château Bas) mais en agriculture raisonnée, et
produit à 95% du rosé. En fait son objectif premier est d’assurer la récolte,
ce qu’elle n’est pas sûre de pouvoir faire si elle était en bio. Evidemment
sur ce point chacun a son avis, et son homologue de Château Bas n’est
pas tout à fait d’accord…Elle ne considère pas que le fait d’être en
bio soit une « entrave » en quelque sorte à la quantité produite. Le domaine
appartient depuis quatre générations à la famille Féraud et emploie très
peu de monde (2 personnes + 1 personne à 1/3 temps pour le tracteur) par
rapport à la surface dont il faut s’occuper. Je n’ai pas fait attention
à la gamme mais nous n’avons goûté qu’un rosé hier soir, l’Anticaille
Sainte-Victoire 2008. Je suis un peu nulle je n’ai rien noté sur ce vin
alors que je me rappelle qu’il m’a plu…
Retour à Château Bas pour la cuvée un peu plus haut de gamme, le Temple 2008. Nous sommes ici sur un rosé de saignée, un assemblage de mourvèdre, syrah et grenache. Le vin passe huit mois en barriques, des fûts qui viennent d’un ou deux vins qui viennent de Mercurey (je crois) en Bourgogne. L’objectif du vigneron dans cette cuvée est de prouver (s’il en est besoin) qu’on peut faire des rosés de garde. Eh bien sur celui-ci le résultat est plutôt réussi : un nez sur le fruit, avec des agrumes, de l’orange sanguine. Une bouche agréable, avec du gras, une caractéristique immanquable du vin qui a passé un peu de temps en fûts. Mais comme le fait remarquer Fabrice on ne retrouve les notes typiques de bois et de vanille de certains vins rouges vieillis en barriques. Quand l’épouse du vigneron évoque un accord avec un magret sauce chocolat j’ai un petit temps d’arrêt : ah ouais, ça doit pas être mal quand même !
On finit par le rouge du domaine, une bouteille avec un B, dont je n’ai pas entendu les caractéristiques…Par contre le premier nez est une évidence, de la confiture, de cassis ou de mûre, un nez 100% sur le fruit. Certains (que je ne citerai pas) ont distingué d’autres arômes : le pétrole, ou le feudanslejardinenhiveravecdesbûcheshumides, et quelqu’un l’a trouvé « pyrotechnique ». Un vrai spécimen de feu d’artifice ce vin !
La pluie n’aura donc pas eu raison du 20ème Tupperwine et de ses Tupper Winners. L’accueil d’Alex, à l’improviste, a été irréprochable ; les vins, ces blancs et rosés d’été, « de pique-nique », étaient tous intéressants. Les échanges avec les vignerons (onnes en l’occurrence pour cette fois) et les participants étaient riches et animés. Le fait d’inviter deux domaines de la même appellation y est pour beaucoup car ça permet à chacun des vignerons d’exprimer son point de vue sur différents sujets. On peut d’ailleurs les en remercier car ce n’est pas un exercice évident, la dégustation pouvant rapidement glisser sur la comparaison des vins des deux domaines. Et et et évidemment merci à Fabrice pour l’organisation, qui jongle avec adresse entre les plans A et B et qui a toujours autant d’idées pour de futurs Tupperwine…
PS: lui aussi a écrit un petit billet, et il a de jolies photos, c'est ici.
PS 2: que pensez-vous de ces photos XXL? :-)
04 juillet 2009
EWBC 2009: avis aux bloggueurs français oenophiles
Je vous parlais il y a peu de temps de la deuxième conférence européenne des bloggueurs sur le vin (European Wine Bloggers' Conference) qui aura lieu à Lisbonne fin octobre prochain. Un week-end de rencontres, de visites, de dégustations, de débats, le tout pour 95€, repas, boissons et visites compris. Apparemment les bloggueurs français ne se sont pas inscrits en masse, c'est pourquoi l'un des organisateurs a lancé un appel en enregistrant cette petite vidéo:
"
Avis aux amateurs...









