Il était une fois vingt Tupperwineurs qui erraient dans les couloirs de Chatelet les Halles à la recherche d’une sortie qui les amènerait sur les berges de la Seine. Malheureusement, ce soir là la pluie tombait drue, et ils abandonnèrent l’idée d’aller pique-niquer sur les bords du fleuve. Un peu dépités mais pas résignés ils appelèrent le grand manitou des Tupperwine, Fabrice Vinsurvin. Heureusement, il avait une solution :une agréable caviste de la rue Vaneau était prête à nous accueillir. Cette caviste, Alex, on la connaît bien puisqu’elle nous avait déjà reçu en fin d’année dernière pour un Tupperwine Champagne mémorable en compagnie de Benoît Tarlant. Hier elle nous a sauvé la soirée, alors pour la remercier on lui a organisé un pique-nique géant dans sa boutique. Le bureau se couvrait de victuailles au fur et à mesure que les Tupperwineurs VIPs ou anonymes arrivaient, les uns avec les glacières, les autres avec leur sac à chaussures, certains avec des productions maisons ou des spécialités régionales. Les deux guest stars de la soirée, Maryline Lottin de Château Bas et Mireille Martin de l’Anticaille, en provenance directe des Bouches du Rhône, arrivèrent également, après moult détours dans les rues de Paris. Nous allions pouvoir commencer notre petite réunion Tupperwarewine avec ces spécialistes des vins du sud, des vins de pique-nique, et du rosé en particulier.Tupperwine_20__8_

On commence par une brève présentation du domaine Château Bas, 72 ha situé à Vernègues, en cours de conversion en agriculture biologique et qui produit 50% de rouges, 40% de rosé et 10% de blanc. La présentation est vite mise en pratique à travers un premier vin blanc, Les Pierres du Sud 2008, un assemblage de sauvignon (40%), chardonnay, rolle et grenache blanc. L’assemblage paraît intéressant sur le papier (le rolle étant un cépage arômatique, le sauvignon donnant de la structure, de la fraîcheur, le chardonnay pouvant apporter son acidité) mais est un peu décevant dans le verre. La robe est très pâle, presque transparente, et le nez est très discret, assez difficile à cerner. Le rolle donne bien un peu de corps et de rondeur à ce breuvage, le chardonnay (sans doute) une petite acidité finale rafraîchissante mais ça s’arrête là, je n’accroche pas trop. On enchaîne avec le Pierres du Sud rosé, toujours dans le millésime 2008. Un assemblage de syrah, grenache, counoise, mourvèdre et rolle. Là encore la robe est très pâle (apparemment c’est à la mode, alors ils portent une attention certaine à la couleur), couleur malabar claire ; le nez à nouveau discret et difficilement descriptible. On est sur des arômes floraux, la rose (ça va bien avec la couleur d’ailleurs je trouve) notamment. En bouche j’ai rien noté, trop difficile.

Tupperwine_20__1_On passe alors au second domaine, l’Anticaille, représenté ce soir par Mireille Martin, la peau tannée par le soleil, on sent qu’elle passe du temps dans les vignes. Le domaine fait 50 ha (dont 14 ha en « jachère » où ils cultivent du blé), n’est pas en bio (d’où débat avec sa collègue de Château Bas) mais en agriculture raisonnée, et produit à 95% du rosé. En fait son objectif premier est d’assurer la récolte, ce qu’elle n’est pas sûre de pouvoir faire si elle était en bio. Evidemment sur ce point chacun a son avis, et son homologue de Château Bas n’est pas tout à fait d’accord…Elle ne considère pas que le fait d’être en bio soit une « entrave » en quelque sorte à la quantité produite. Le domaine appartient depuis quatre générations à la famille Féraud et emploie très peu de monde (2 personnes + 1 personne à 1/3 temps pour le tracteur) par rapport à la surface dont il faut s’occuper. Je n’ai pas fait attention à la gamme mais nous n’avons goûté qu’un rosé hier soir, l’Anticaille Sainte-Victoire 2008. Je suis un peu nulle je n’ai rien noté sur ce vin alors que je me rappelle qu’il m’a plu…

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Retour à Château Bas pour la cuvée un peu plus haut de gamme, le Temple 2008. Nous sommes ici sur un rosé de saignée, un assemblage de mourvèdre, syrah et grenache. Le vin passe huit mois en barriques, des fûts qui viennent d’un ou deux vins qui viennent de Mercurey (je crois) en Bourgogne. L’objectif du vigneron dans cette cuvée est de prouver (s’il en est besoin) qu’on peut faire des rosés de garde. Eh bien sur celui-ci le résultat est plutôt réussi : un nez sur le fruit, avec des agrumes, de l’orange sanguine. Une bouche agréable, avec du gras, une caractéristique immanquable du vin qui a passé un peu de temps en fûts. Mais comme le fait remarquer Fabrice on ne retrouve les notes typiques de bois et de vanille de certains vins rouges vieillis en barriques. Quand l’épouse du vigneron évoque un accord avec un magret sauce chocolat j’ai un petit temps d’arrêt : ah ouais, ça doit pas être mal quand même !

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On finit par le rouge du domaine, une bouteille avec un B, dont je n’ai pas entendu les caractéristiques…Par contre le premier nez est une évidence, de la confiture, de cassis ou de mûre, un nez 100% sur le fruit. Certains (que je ne citerai pas) ont distingué d’autres arômes : le pétrole, ou le feudanslejardinenhiveravecdesbûcheshumides, et quelqu’un l’a trouvé « pyrotechnique ». Un vrai spécimen de feu d’artifice ce vin !

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La pluie n’aura donc pas eu raison du 20ème Tupperwine et de ses Tupper Winners. L’accueil d’Alex, à l’improviste, a été irréprochable ; les vins, ces blancs et rosés d’été, « de pique-nique », étaient tous intéressants. Les échanges avec les vignerons (onnes en l’occurrence pour cette fois) et les participants étaient riches et animés. Le fait d’inviter deux domaines de la même appellation y est pour beaucoup car ça permet à chacun des vignerons d’exprimer son point de vue sur différents sujets. On peut d’ailleurs les en remercier car ce n’est pas un exercice évident, la dégustation pouvant rapidement glisser sur la comparaison des vins des deux domaines. Et et et évidemment merci à Fabrice pour l’organisation, qui jongle avec adresse entre les plans A et B et qui a toujours autant d’idées pour de futurs Tupperwine…

PS: lui aussi a écrit un petit billet, et il a de jolies photos, c'est ici.

PS 2: que pensez-vous de ces photos XXL? :-)