dindonswine

Le blog qui fait glou glou et qui parle du vin sous toutes ses formes!

23 juin 2009

Concours des vins bios: le palmarès

Je vous parlais la semaine dernière de mon expérience de juré au concours des vins bios (aussi appelé concours amphore) et organisé par Pierre Guigui. Le palmarès n'étant pas encore publié je ne pouvais pas me permettre de citer des noms, car il serait assez malvenu de citer des noms de domaines qui n'ont pas été récompensé. Maintenant que le palmarès est plublic (ici), je peux donner plus de détails!
Tout d'abord sur la région pour laquelle j'ai officié, le Sud-Ouest: nous avons attribué quatre récompenses, deux médailles d'argent, et deux prix spécaiux car concernant des domaines en cours de conversion bio.

Les deux médailles d'argent ont été attribuées à deux Cahors 2006, du même domaine, La Capelle Cabanac (vigneron indépendant), un domaine découvert lors d'un Tupperwine. La Cuvée Prestige (fiche) obtient chez moi le score de 80/100. Une robe super concentrée presque noire, un nez est intense de fruits noirs, le vin est riche et bien structuré. Sa fraîcheur lui confère un bel équilibre et il séduit de par la souplesse de ses tanins. La Cuvée XL (fiche) obtient chez moi le score de 67/100 "seulement" car j'ai trouvé le vin un peu dur, trop concentré, avec une finale asséchante. Son passage de 18 mois de en fûts de chêne neuf y est peut-être pour quelques chose, et le temps estompera peut-être ces impressions.

Les deux Mentions Spéciales attribuées à des domaines en conversion bio ont elles aussi été attribuée à deux vins du même domaine. Il s'agit du Château Grinou, dont nous avons récompensé le Bergerac blanc Sauvignon 2008 et le Bergerac Rouge 2008 Réserve. Après recoupement (j'ai le n° des échantillons mais n'ayant pas regardé après pour tous à quels vins ça correspondait je ne sais pas forcément ce que j'ai goûté...) je pense pouvoir dire que leur rouge a obtenu chez moi le score de 93/100! Un pur merlot en barriques neuves selon le site du domaine, dont le nez est ouvert, épicé, sur les fruits noirs et mûrs (cerise, mûre). En bouche c'est légèrement fumé, et l'équilibre entre les différents arômes, les tanins, la matière, est admirable. J'ai écrit sur ma feuille "un vin riche, avec des choses intéressantes dedans". Por info la bouteille est vendue 6,75€ sur le site du domaine. Côté blanc je ne sais pas avec certitude à quel échantillon correspond le vin médaillé...dommage car j'en ai un qui a obtenu le score de 88/100... 

D'autres domaines dont vous avez déjà entendu parler ici ont également à l'honneur:

Le Moitié Vide Moitié Plein du Domaine des Terres de Solence (vin de pays du Vaucluse rouge 2006), découvert lors du lancement du guide Gault&Millau obtient une belle médaille d'or.

Le Gewurtztraminer Grand Cru Sonnenglanz du Domaine Jean Becker (blanc, 2007), découvert lors d'un... Tupperwine mémorable avec Martine Becker, obtient une médaille d'argent. Martine, rapide ("pressée" en fait) et généreuse, nous avait fait découvrir plus de dix vins du domaine et nous avait expliqué les spécificités du terroir alsacien. Le Gewurtztraminer Rimelsberg (blanc, 2007) du domaine obtient une médaille de bronze, tout comme le Riesling Grand Cru Froehn (blanc, 2007).

Photo0813Enfin, je tenais à mentionner ce vin car je l'ai dégusté en free tasting après le concours et j'ai beaucoup apprécié. C'est un Clos de Vougeot 2006 du Domaine de la Vougeraie qui a obtenu une médaille de bronze. Ce même domaine obtient une médaille d'argent ainsi que le prix Marc Jolivet pour son Gevrey-Chambertin rouge Les Evocelles 2006.

Posté par Dindonswine à 20:23 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,

21 juin 2009

L'appel du 18 juin chez Senderens

Grande soirée en ce 18 juin, célèbre pour son appel de 1940. Pierre-Benoît et Jérémy, les cavistes de WCPM (1 boutique rue Bridaine et une rue Saussier-Leroy dans le 17ème) dont j'ai déjà parlé des dégustations organisaient un dîner oenologique en présence de Marc Sorrel, vigneron à Tain l'Hermitage. Pour ce dîner concocté en fonction des vins nous avions le choix entre trois grandes tables, et c'est Senderens (l'homme et le nom du restaurant) qui l'a emporté.
'
senderensNous voici donc chez Alain Senderens (prononcer Sans-dé-reims) au 9 place de la Madeleine à Paris. Portes coulissantes à l'entrée ce qui fait que c'est impossible de voir l'intérieur sans rentrer...A l'intérieur le décor est art déco, ce n'est pas trop lourd, la plupart des tables sont occupées par des personnes de tous horizons, ce n'est pas trop guindé. Un salon est réservé pour nous au premier étage, avec vue sur la célèbre église. L'accueil est parfait et l'ambiance décontractée. Au fur et à mesure de l'arrivée des convives les serveurs distribuent discrètement mais efficacement les verres contenant le premier vin (tous les vins seront bien sûr servis à l'aveugle durant la soirée). Une robe limpide brillante, dorée claire, un nez de miel. Bon comme j'avais regardé le site de Marc Sorrel avant de venir je savais qu'on était soit sur du Crozes Hermitage soit sur de l'Hermitage. En bouche on a peu de gras, de la rondeur, et on retrouve des arômes mielleux, légèrement style pain d'épice. Pierre-Benoît nous explique alors que le vin est fait de roussanne et marsanne (c'est d'ailleurs l'un de ces deux cépages qui donne le gras au vin plus que le passage en fûts, qui se fait dans des fûts de 2/3 vins d'ailleurs) le grand jeu consiste à trouver le millésime. Le vin est riche sans être lourd, expressif, il garde de la fraîcheur, donc je pense que ce vin a plus de 5 ans. Mais pas beaucoup plus car après tout nous n'en sommes qu'à l'apéritif. Je propose donc 2003, mais j'étais bien loin du compte. Il s'agitssait d'un Crozes Hermitage 1997. Un vin (blanc de surcroît, c'est moins courant d'attendre les blancs que les rouges...) qui a 12 ans! Waouah! Franchement intéressant car c'est un vin qui garde du peps, de l'amplitude, il est à maturité mais pas fini non plus, c'est très bon moi j'aime bien.

Après cette introduction aux vins de Marc Sorrel nous passons à table histoire de poser le décor plus précisément. Pierre-Benoît nous parle du restaurant, anciennement appelé Lucas Carton (car anciennement détenu par Robert Lucas puis Mr Carton), qui appartient à Senderens depuis 1985. Il y obtient trois étoiles, mais décide de les rendre en 2005. Il souhaite transformer le Lucas-Carton en Senderens et proposer une addition plus abordable. Il récupère quand même deux étoiles mais poursuit sa marche de visionnaire (là je m'emballe un peu mais Pierre-Benoît est comme ça...): nouveau décor, épuré (ça veut pas dire que tout le monde apprécie, moi j'ai trouvé ça bof), pas de nappes sur les tables. C'est pareil en cuisine où Senderens a été le premier a proposé du foie gras cuit à la vapeur et accompagné de choux ou du homard vanille. Tout ce qui est à la mode aujourd'hui comme la cuisson légère, Senderens le fait depuis 20 ans (je m'emballe); donc ce qu'on a mangé ce soir, eh bah vous le comprendrez dans 20 ans :-) Trève d'emballement la parole est laissée au vigneron qui nous présente l'histoire de son domaine, son travail, les différentes cuvées qu'il produit. Il en profite pour nous révéler l'identité du premier vin, alors que nos estomacs commencent à se faire entendre...

Photo0817C'est donc l'heure d'une petite mise en bouche:une gambas croustillante au beurrehermitage_blanc_1998_M de soja. La gambas dont on a enlevé la tête est entourée d'une sorte de feuille de brick, et tout l'intérêt de cette gambas réside dans le fait qu'elle est accompagnée d'une sauce sushi proposant une farandole de saveurs que je serais bien incapable de vous retranscrire:-( C'est fin et ça fait danser les papilles, mais je reste un peu sur ma faim, trois bouchées et envolée, à peine le temps d'apprécier l'accord avec le vin, il faut que j'apprenne à me tenir et pas que je me goinffre de la pauvre petite mise en bouche qui arrive...J'accroche de toutes façons un peu moins sur cet Hermitage 1998, dont je ne me rappelle, plus, trop dur les soirées sans notes. A noter quand même que cette mise en bouche a constitué l'accord préféré d'un certain nombre des convives.

Cette petite mise en bouche a bien rempli sa fonction, ça nous a mis en appétit! Le troisième vin, blanc toujours, est déjà dans nos verres. Il est moins "évident" que les deux premiers, un peu plus complexe, même si on retrouve au nez quelques notes de miel et des notes végétales également (?). C'est un fenouil confit aux coques et couteaux qui a l'immense honneur d'accompagner ce vin. Le fenouil est un mets assez fort quand même, les coques et couteaux qui rappellent fortement la mer (plus une émulsion avec sans doute du jus de fruits de mer...), et quelques feuilles d'aneth on top. Il faut un vin qui ait du caractère et de la structure pour sublimer ce plat! Et c'est réussi avec un Hermitage "Les Roucoules" 1999 qui je trouve relève le caractère marin du plat (notamment l'émulsion).

Hermitage_blanc_Les_Roucoules_1999_M                      Photo0818

Confit de fenouil aux coques et couteaux, Hermitage blanc les Roucoules 1999

Photo0824On enchaîne sur le plat, qui à l'oeil ne paye pas de mine: une pastilla et du mesclun. Il s'agit en fait d'une pastilla de canard, avec donc au moins du foie gras à l'intérieur. Du foie gras entre autres, car comme la plupart des vins dégustés ce soir j'ai ressenti une véritable farandole de saveur en bouche. La pastilla était notamment accompagnée d'une ligne ressemblant à l'oeil à du caramel (il devait en fait y avoir du citron, là-dedans ou dans la pastilla d'ailleurs) et surposé de pistaches. C'est terrible parce que ça paye vraiment pas de mine, ça pourrait être lourd, et en fait c'est super fin et excellent. Même le mesclun est excellent!! Pour accompagner tout ça deux vins rouges, deux Hermitage dont nous ne connaissons pas le millésime, mais qui proviennent de deux parcelles différentes (donnant la cuvée classique et la cuvée Le Gréal), à nous de trouver lequel est lequel, le millésime, et lequel va le mieux avec le vin. Première dégustation avant l'arrivée du plat, avec à droite le verre rond et à gauche le verre "anguleux". Dans le verre rond on a un vin expressif, très poivré, typique syrah, un superbe équilibre en bouche, des tanins fondus, un grand plaisir. Le verre anguleux est bien plus discret en premier nez, en bouche il ne me paraît pas très bien en place, c'est tannique, ça accroche la bouche, j'aime moins.

Photo0823

En bouche énorme surprise; le premier vin est un peu effacé par le plat, seul son côté épicé ressort, un accord pas extraordinaire. Par contre avec le second vin, c'est sublime. Je pense que le "gras" du plat (foie gras) permet de faire disparaître le côté tannique du vin, qui paraît alors très souple. L'aération a sans doute permis de le libérer un peu, il est plus structuré et se marie merveilleusement bien avec le citron du plat. Une expérience incroyable: une bouchée de pastilla avec un peu de sauce "caramel" et une gorgée de vin et vous avez l'impression d'avoir un jus de citron riche et pas trop acide dans la bouche. Extrêmement surprenant de la part d'un vin rouge!

Hermitage_1999_M      Photo0825      Hermitage_rouge_Le_Gr_al_1999_M

Hermitage 1999, pastilla de canard et son mesclun, Hermitage Le Gréal 1999

Toute la table était d'accord sur le meilleur des vins seuls et en accord avec le plat. Par contre je crois qu'on s'est plantés sur lequel est le plus haut de gamme, ainsi que sur les millésimes évidemment, parce que le vin plus tannique faisait plus jeune que l'autre...En fait une fois qu'on a eu la solution c'était facile. Il s'agissait en fait du même millésime, 1999, et le vin qui était meilleur seul était la cuvée classique (le vin est à maturité), et le vin qui s'accordait le mieux avec le plat était le vin le plus haut de gamme, un vin de gastronomie. Un jeu ludique bien agréable qui nous a permis d'exercer nos sens à tous.

Photo0828Petite pause dans le dîner des vins de Marc Sorrel pour un moment privilégie, la visite des cuisines et la rencontre avec Frédéric, le chef de ce soir. La soirée est déjà bien avancée donc tout est rangé et il n'y a plus grand monde en cuisine. Il nous explique un peu l'organisation de l'espace (sauce, viande, patisserie etc...), comment se passe le coup de feu, la sélection des cuisiniers etc...Moi je lui ai posé une question, sur la présence de Mr Senderens en cuisine. Quand on voit des reportages à la télé les grands chefs sont toujours en voyage, en conférence, en inauguration, mais on les voit rarement mettre la main à la patte. Frédéric nous explique là que Mr Senderens est là tous les jours entre 10h et 16h ("sauf quand il est en consulting" quand même) et qu'il est à l'origine et à la finalisation de toutes les recettes qui sont à la carte. Dernier exemple en date le rouget sauce chorizo. Les cuisiniers ont réalisé la recette en respectant les consignes de Senderens, puis ils l'ont réalisé à leur façon, et enfin l'ont faite une troisème fois en prenant le meilleur des deux premiers essais. La recette finale est ensuite validée par Senderens. Je ne me rappelle plus combien de temps ça prend entre l'idée de la recette et son apparition à la carte, mais pour le rouget vous pourrez en déguster à partir de mardi prochain. Par contre cette recette me disait quelque chose; normal je l'avais vue sur M6, à Un Dîner Presque Parfait (référence de heut niveau);dire que Senderens trouve l'inspiration sur M6...:-)

Retour à l'étage pour le pré-dessert: un Gervita sur son lit de fraise comme a dit mon voisin...En fait c'était panacotta à la fraise, mais ça n'avait rien d'extraordinaire et en plus y'avait pas de vin avec, trop nul...

Photo0831

Remarque le grand avantage c'est que nous en avons d'autant plus apprécié notre dessert! Grand moment le dessert, avec un classique de chez Senderens, un coulant de Samana (chocolat millésimé 1997) avec cerises Amarena, le tout accompagné par un vin doux, pas un vin de Marc Sorrel. Là encore le jeu réside dans la découverte du vin (appellation et millésime). Le dessert est excellent et vraiment original, c'est une sorte de fondant au chocolat en forme de galette. Ca a l'air mou mais ça se tient quand même, je n'avais jamais vu ça. C'est 100% chocolat et franchement très bon. Les trois demi cerises autour sont un régal également et se marient merveilleusement bien avec le chocolat. On atteint presque le paradis en buvant alors une gorgée de vin, un accord splendide.Pour la première étape est de découvrir l'appelation. A notre table nous avons trois Banuyls, un pineau des Charentes et deux Rasteau. J'avais opté pour le rasteau afin de rester cohérente avec la région de la soirée, la vallée du Rhône. Il s'agissait en fait bien d'un banuyls, nous pouvions donc tenter notre chance sur trois millésimes. Je crois qu'on a commencé par proposer 2000, 2001 et 2003, mais Dan a changé le 2001 auquel je pensais (j'étais en grande forme ce soir-là) en un 2002. Il a bien fait puisqu'il s'agissait effectivement d'un Banuyls 2002! Deux "joueurs" parmi la bonne vingtaine de participants restaient en course à ce stade de la compétition. Ils allaient donc devoir se départager en répondant à une question posée par Marc Sorrel, qui demanda en quelle année son grand-père avait acquis la parcelle du Gréal. Gros débat mais Dan, très inspiré ce soir, suit la suggestion donnée par quelqu'un hors course et propose 1928. Son "adversaire" (qui a pourtant passée la soirée à la table de Marc Sorrel:-), et je mets bien "ée" car il s'agissait d'une femme) propose 1927, mais c'est bien 1928, et Dan remporte donc une bouteille d'Hermitage 2007 Marc Sorrel, quelle star! Pour en revenir au Banuyls il s'agissait d'un Banuyls Tradition du Domaine Vial-Magnères.

Photo0832        Photo0833

Coulant de SAMANA et Banyuls, que du bonheur pour le palais et les papilles!

C'est sur ce merveilleux accord mets & vins que prend fin notre voyage en vallée du Rhône chez Mr Senderens. Des produits de grande qualité, deux hommes qui aiment le travail bien fait, un subtil équilibre entre tradition et modernité, merci à tous pour cette soirée mémorable!

Senderens, 9 place de la Madeleine, Paris (M°1 Madeleine, RER A Auber)

PS: coût de l'opération, 170€ tout de même...

Posté par Dindonswine à 22:40 - Rhône - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

17 juin 2009

European Wine Blog Conference

wineblogger230C'est ma collègue de dégustation du concours des vins bios qui m'a parlé de cet événement, un week-end de rencontres entre des wine blogger européen. Je n'en avait jamais entendu parlé avant mais quelques recherches sur le net m'ont permis d'en savoir plus.
La première édition, organisée par les filles du blog Catavino, a eu lieu l'été dernier à Logrono en Espagne et a réuni plus de 30 participants. Au programme des tables rondes autours des blogs et du vin, des déjeuners et dîners, et des visites de domaines. Le tout pour la modique somme de 50€, seul le transport est à la charge des participants, qui doivent également amener ou envoyer quelques bouteilles représentatives de leurs régions/préférences à partager avec leurs collègues blogguers. Pour ceux que ça intéresse le programme de l'année dernière est disponible ici, et visiblement ma collègue dégustatrice en a gardé un souvenir mémorable! 

Assez parlé du passé tournons-nous vers l'édition 2009 qui aura lieu à Lisbonne au Portugal du 30 octobre au 1er novembre prochain. Pour un blogger le coût de ce week-end est de 95€ et comme l'an dernier ce prix inclut l'hébergement, les repas boissons comprises, les conférences et tables rondes, une dégustation de vins portuguais et une visite de domaines. A ce prix là je pense que c'est impossible d'être déçu!! Le thème de cette année est "The future of the social wine brand" (je suis incapable de traduire...) mais le programme des ateliers et débats n'est pas encore arrêté car ce sont les participants qui contribuent à le définir. Tout ça a l'air bien alléchant, non? Si vous voulez en savoir plus c'est ici!

Posté par Dindonswine à 23:04 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

15 juin 2009

Concours National des Vins issus de Raisins de l'Agriculture Biologique

image_hotel_exterior_frontview_1Aujourd'hui avait lieu à Paris à l'hôtel de Castiglione la 13ème édition du concours national des vins de raisins issus de l'agriculture biologique. Ce concours, organisé par Pierre Guigui (rencontré lors d'un Tupperwine), "vitrine de la viticulture biologique dans son ensemble, indépendant et reconnu par l'ensemble de la profession, contribue (si besoin, ndlr) à donner une image positive de la démarche bio, au travers de son sérieux, de sa reconnaissance par les instances professionnelles du vin et de la bio, et par le grand nombre de sollicitations, en qualité d'experts, dont font l'objet les organisateurs". Oui je sais la phrase est longue mais elle n'est pas de moi et je ne voulais pas la tronquer ou la reformuler. Et je ferai un post prochainement sur la viticulture bio, enfin j'essaierai parce que ce n'est pas évident de s'y retrouver.
'
Pour moi c'est déjà un événement en soi que d'aller errer rue du Faubourg Saint-Honoré car je n'ai pas l'habitude d'aller "magasiner" dans ce quartier. Ca l'est encore plus quand je rentre dans un hôtel quatre étoiles, vous savez ces hôtels avec des grooms et des voituriers devant et dont on se demande souvent comment c'est à l'intérieur et qui séjourne dans ces endroits...Et bien là il fallait y aller, rentrer dans le tourniquet, et découvrir qu'à l'intérieur c'est tout ce qu'il y a de plus normal: pas d'effervescence particulière, pas de stars avec des lunettes noires, pas de hall monumental non plus, juste un bel endroit. Quelques marches à gravir et nous voici dans l'antichambre du concours; rapide pointage pour savoir qui est là et avoir son numéro de table; puis quelques minutes d'attente avant de démarrer les hostilités. Dans l'assemblée, d'une bonne soixantaine de personnes, une grande majorité d'hommes  (qui ont de la bouteille, en tous cas de mon point de vue:-), quelques têtes connues (de moi) mais impossible de remettre un nom sur un visage. Il y a là des cavistes, des sommeliers, des négociants, et sans doute bien d'autres encore. Ils semblent tous se connaitrent, ça sert des pinces, ça se fait la bise, visiblement il n'y a pas beaucoup de néophytes comme moi...En même temps c'est le but puisque le jury est un jury de professionnels. Mais je ne sais pas s'il y avait d'autres bloggers par exemple!

sudouest_carte

10h, on entre dans l'antre (quel style!). Pour moi direction la table numéro 8, rencontre de mes a(l)c(o)olytes, et surtout découverte de la région pour laquelle je serai juré: le Sud-Ouest. Cool, c'est une région que j'apprécie, même si j'ai été "surprise" par les appellations proposées: Vin de Pays des Côtes de Gascogne (blanc), Bergerac (blanc, rouge, rosé), Irouléguy (blanc et rouge) et Cahors (rouge). "Surprise " dans le sens où ce ne sont pas les appellations que je connais le mieux, par rapport au Madiran, Gaillac ou Pacherenc. Autour de moi à ma table deux "étrangers": un américain qui exporte du vin français aux Etats-Unis et en Chine depuis plus de vingt ans (il est cité dans cet article du NY Times, à propos du Beaujolais Nouveau, et qui date de 1992), et une australienne qui a un domaine en Australie, qui étudie au Masters of Wine à Londres et dont vous trouverez un portrait ici. Moi qui bosse pas mal en anglais et dont la boss est australienne je n'étais pas dépaysée! Mais j'étais hyper contente de les avoir à ma table et d'avoir pu échanger avec eux, en anglais et en français, de divers sujets tournant autour du vin. Ah, j'oubliais, mon idole, Philippe Faure-Brac, parrain du concours, était aussi présent!

Photo0811

Echantillons numérotés, étiquettes et formes de bouteille cachées, jurés concentrés, c'est ça le concours des vins de raisins issus de l'agriculture biologique!

Photo0814Maintenant que le décor est planté on passe à la dégustation, une dégustation de concours, une première pour moi. Même si mes collègues sont plus expérimentés que moi nous lisons attentivement la fiche présentant les instructions. Chacun dispose d'une feuille présentant (région, appellation, couleur, millésime) les quatorze vins à déguster, d'une feuille constituant l'échantillon de calage, et de plusieurs feuilles permettant de noter différents aspects du vin (visuel, olfactif intensité, olfactif qualité, gustatif qualité, gustatif persistance et impression générale, avec un coefficient de 2/3 plus important pour le dernier critère) ainsi que ses impressions. Le total nous donne une note sur 100. Avec mes compagnons de tablée nous avons dégusté les vins ensemble, Photo0809sans pour autant échanger nos impressions avant d'avoir attribué notre note finale. A la fin nous remplissons une feuille qui présente la note moyenne pour chaque échantillon, l'attribution éventuelle de médailles, et quelques commentaires. Cet exercice est difficile et intéressant à la fois. Intéressant parce que quand nous comparons nos impressions nous nous rendons compte que parfois nous sommes tous les trois complètement d'accord (sur le bien comme sur le moins bien), et parfois nous avons trois avis complètement différents! L'attribution éventuelle de médailles est également un "casse-tête" car ce n'est pas évident du tout d'émettre un avis à partir de trois notes...Et ça l'est encore plus pour moi qui n'ait absolument aucune expérience de ce genre d'exercice! Mais bon on a quand même réussi à s'accorder à peu près. 

Photo0812

Tous ces échantillons dégustés en un peu plus de deux heures!

Après cette intense matinée de dégustation nous remettons notre feuille au responsable du concours. On nous débarrasse les bouteilles que l'on amène sur une grande table en bout de salle. Quel alignement! Et on peut enfin voir ce que l'on a dégusté, et ce que tous les autres ont dégusté! Un buffet nous permet de nous restaurer tout en goûtant aux vins présentés au concours. Quelques domaines connus et reconnus (de moi) font partie du groupe de cols, mais je ne les citerai pour les raisons que vous comprendrez.

Voilà, ma première expérience "concours" touche à sa fin et ce fut comme souvent très enrichissant et intéressant: j'ai découvert comme marche un concours (on se demande toujours comment sont attribuées les médailles, notes et récompenses, en voici une illustration, qui montre j'espère la transparence et la pertinence du processus de "notation"), j'ai dégusté des vins qui m'ont plu, et j'ai rencontré des pros du vin ouverts, passionnés et passionnants, et de carrures internationales en plus! Merci à Pierre Guigui de m'avoir permis de faire cette expérience, j'espère quant à moi que j'ai été à la hauteur (en fait je sais que non...) et que j'aurai d'autres occasions de participer à des événements de ce type. 

Posté par Dindonswine à 23:01 - Sud-Ouest - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

07 juin 2009

de la Bourgogne à Perpignan: le grand Ecart

Une soirée faite de tests culinaires et des accords oenologiques qui vont avec, et au cours de laquelle le vin blanc et la Bourgogne en particulier ont eu une belle place. Dès l'entrée, avec un Chablis Vieilles Vignes 2005 de chez Daniel-Etienne Defaix qui accompagnait du saumon fumé, vinaigrette, pomme granny. J'attendais la salinité, la fraîcheur et le côté mentholé de ce vin, mais il m'a surpris par de très agréables arômes de miel, une belle tenue en bouche et une longueur fraîche et efficace; des notes briochées, un peu gras, ce petit côté du miel et une très belle alliance avec le plat; une très belle surprise, et une fois encore la preuve que le vin évolue, souvent pour le plus grand bonheur de nos papilles.

Photo0790                 Photo0789

Le plat avait été cuisiné spécialement pour le vin; acheté à Buvons Nature en décembre 2008 le vigneron Gilles Vergé avait proposé deux accords possibles: foie gras poelé et poulet aux morilles. J'avais choisi la seconde proposition pour hier soir, avec des tagliatelles fraîches. Franchement le plat en lui-même est un régal (oui, j'aime me lancer des fleurs), et l'accord avec le vin était pas mal non plus. Le vin c'était l'Ecart 2003, un vin fait en Bourgogne à Viré par Gilles et Catherine Vergé. Des vignerons qui ont un domaine de 5 ha à Viré, qui travaillent de la façon la plus naturelle possible, et qui n'ajoutent pas de souffre à leurs vins. Vous en saurez plus sur le domaine en allant voir les quelques pages qui leur sont consacrées ici.

'bb
Photo0786La bouteille, fermée à la cire, n'est pas la plus facile que j'ai eue à ouvrir; j'ai ensuitePhoto0785 carafé le vin, environ 2h, afin de dissiper d'éventuelles notes foxées et que le vin puisse exprimer tous ses arômes. Au nez "ça sent fort", et certains trouvent qu'il a un nez "sucré". Que nenni que nenni c'est bien à un Chardonnay sec que nous avons à faire, des vignes âgées de plus de 85 ans et la fameuse année de la canicule. Je ne sais pas si la couleur dorée du vin provient de la concentration ou de l'évolution, mais c'est en tous cas du plus bel effet. Un vin expressif au nez, et qui une fois passées les notes naturelles dévoile de suite des notes de fruits mûrs type pomme au four, ce qui est en cohérence avec sa robe, j'apprécie. En bouche c'est complexe, beaucoup de sensations, des arômes qui arrivent, viennent, s'en vont, reviennnent: du fruit mûr, du miel, une acidité qui ressemble à celle des agrumes, et du grillée du grillé du grillé, avec une finale, grillée. Moi franchement j'aime bien, les arômes, la tenue, le caractère, et c'est vrai que ça va bien avec le plat. C'est slurp.

Photo0796                Photo0795

 

Photo0791Direction le sud pour le dessert, d'origine italienne, mais ici revisité. Nous étions sur un tiramisu au pain d'épice, et pour l'accompagné un vin déjà testé avec du pain d'épice: Elixir du Roy, un Rivesaltes 2008 élevé en barriques et dégusté lors du Tupperwine Vin & Chocolat en novembre dernier. Une robe ambrée et limpide, un nez super expressif sur les fruits confits, compotés, le pruneau, le miel à nouveau (c'était très miel ce soir-là). Les larmes épaisses coulent tranquillement sur la paroi du verre, c'est très joli. On retrouve en bouche les mêmes notes qu'au nez, c'est sucré, fruité, fin, on a de l'écorce d'orange et un peu d'acidité vient nous alléger les papilles, le vin de Pierre Schneider a plu à tout le monde. L'accord avec le sucre du dessert, le pain d'épice au miel et aux fruits confits était lui aussi très réussi.

Photo0792  Photo0797


Posté par Dindonswine à 17:39 - Bourgogne - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags :

03 juin 2009

Tupperwine 18: Rhône en Seine

Photo0773Eh oui quel succès pour les Tupperwine de Fabrice, nous en sommes déjà à l'épisode 18. Les participants sont de plus en plus nombreux, les endroits de plus en plus fous, et les vignerons toujours d'aussi grande qualité. C'est sur l'eau que nous étions mardi soir, auPhoto0774 niveau du bras de la monnaie, un passage étroit juste en face de Notre-Dame; c'est là qu'est amarée le Six-Huit, la péniche avec de la musique, du vin, et de la bonne ambiance dedans. L'endroit est tout simplement magique. Michel Arnaud, du Domaine de la Millière dans la vallée du Rhône, nous a honoré de sa présence hier soir. Au programme la dégustation de son Chateauneuf blanc, du Côte du Rhône, du Côte du Rhône Villages, et une verticale de Chateauneuf du Pape. Alléchant, non?

Le pont est noir de monde; les passants se demandent ce qu'il se passe, les japonais nous prennent en photo, distribution des verres, feuille de dégustation et stylo en main, nous sommes prêts à attaquer. On commence donc par le Chateauneuf blanc 2008 (j'avais adoré leur 2007 gouté au salon des vignerons indépendants, dont les arômes de citron m'avaient marquée). Nous avons ici une robe très claire, presque transparente, et un nez plutôt discret bien que laissant deviner des arômes de citron et de miel. La bouche n'est pas encore super expressive, amer, une belle acidité, une finale assez courte. Peut-être encore un peu jeune pour qu'on puisse apprécier cet assemblage de grenache, clairette et bourboulenc à sa juste valeur.

Photo0775

Chateauneuf du Pape blanc 2008, Domaine de la Millière

On enchaîne avec les rouges et on commence avec un Côtes du Rhône 2006. Une belle robe pourpre, limpide, au nez des petites notes de crêpe caramel. Ah non, ça c'est le gars derrière nous qui depuis qu'on est arrivés nous nargue avec ses crêpes salées et sucrées...Plus sérieusement, après aération, je lui ai trouvé des notes de poivre à ce vin. En bouche il y a de la matière, c'est tannique sans assécher la bouche, ce qui est du au cépage grenache (assemblé à de la syrah et du mourvèdre) d'après Michel. Une excellente entrée en matière.

Photo0777

Côtes du Rhône rouge 2006, Domaine de la Millière

Le Côtes du Rhône Villages 2006 nous emmène vers des notes plus fruitées. La robe est similaire au précédent ("typique", "couleur villageoise", dixit XXXX), le nez est sur le fruit noir, je dirais les mûres et les ronces qui vont avec, en septembre, quand les fruits sont mûrs et les ronces presque sèches. Nous sommes ici sur un assemblage de grenache, cinsault et mourvèdre. C'est sympa mais je crois que j'ai préféré le précédent. Et puis on commence un peu à se disperser, c'est l'heure de la pause...

Photo0778
Côtes du Rhône Villages rouge 2006, Domaine de la Millière

La pause, la pause, on fait des pauses maintenant dans les Tupperwine?? Eh oui, c'est pause ravito, on craque pour des assiettes de fromages et de charcuteries, certains estomacs sur pattes ne pouvaient plus résister. Et qu'est que ça fait du bien de grignoter un morceau, accompagné des vins de Michel Arnaud. Eh oui le coin Tupperwine on ne le reverra, car la dégustation se poursuit à table. Le Chateauneuf rouge du domaine, en version 2007 puis 2006. Le 2007 ne s'exprime pas encore totalement mais le 2006 a déjà beaucoup de choses à raconter; il marche sur les traces du 2005, découvert lors d'un Tupperwine, déjà!

Encore une très très belle soirée, presque un Tupperwine d'un nouveau genre, merci et bravo à tous, et vivement la prochaine "réunion"!

Photo0781                   Photo0784

Posté par Dindonswine à 22:40 - Rhône - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
Tags : ,
« Accueil  1