Mardi dernier nous avons dégusté du Bordeaux chez Mets&Vins, rue Saussier Leroy dans le 17ème. Mets&Vins, ces cavistes chez qui les vins sont classés en fonction des mets qu'ils accompagnent le mieux: fromage, apériif, viande rouge, poisson etc...Pratique si vous ne savez pas quoi servir dimanche avec le carré d'agneau que vous allez cuisiner pour vos amis.

Ces cavistes qui aiment aussi bien manger nous recevaient donc dans leur boutique pour une formation théorique et pratique sur le bordelais. Après un petit verre de rosé de merlot bordelais en apéro Jérémy commence la présentation du vignoble bordelais: quelques chiffres d'abords, Bordeaux étant la région de tous les records en terme de production et de commercialisation (j'aime particulièrement celui-ci: dix bouteilles de Bordeaux débouchées toutes les secondes dans le monde!), puis quelques repères historiques. Mais attention, pas une énumération de dates, Jérémy ne parle pas d'histoire il nous raconte l'histoire: les romains, les anglais, Aliénor d'Aquitaine, la famille de Pontac, le Ho-Bryan, Montesquieu, le docteur Guyot, le baron de Rothschild, Jacques Chirac, tout ceux qui ont contribué à l'histoire du vin de Bordeaux étaient là mardi soir. Sans oublier la mention des premiers crus, grand crus et autres crus bourgeois, ça fait toujours bien de connaître les noms même si on en boit jamais.

Jérémy passe ensuite le relais à Pierre-Benoît (PB), l'homme qui avait comparé la syrah et le grenache à Ringo Starr et Paul Mc Cartney en mai dernier (waouh ça fait déjà presque un an!), une comparaison ludique et efficace puisque je m'en souviens encore! Ce soir nous avons trois cépages rouges, à qui va t-il les comparer: the Police? Destiny's Child? Riri, Fifi, Loulou? Bill, Hillary et Monica? Eh bien non, rien de tout ça, PB utilisera simplement son entrain et sa passion pour nous décrire les principaux cépages rouges (cabernet franc, cabernet sauvignon, merlot) et blancs du bordelais (sauvignon et sémillon): leurs caractéristiques, les vins qu'ils donnent, les arômes, les textures, les accords avec les mets. En parlant d'arômes et de mets, il est temps de passer à la pratique!

Autour d'un joli plateau de charcuteries la dégustation à l'aveugle commence par un rouge soyeux, souple, et marqué par des notes boisées. Les plus avertis (oui on est un groupe de dégustateurs avertis...:-) reconnaissent le merlot, il y a donc de fortes chances que nous soyons sur la rive droite; gagné il s'agit d'un Pomerol, Les Colombiers de Feytit 2006. La robe du second vin est plus concentrée, ça sent le poivron, c'est plus tannique. Inévitable dans une soirée bordelaise qu'un vin à dominante de Cabernet-Sauvignon dégageant cet arôme si typique de poivron! Nous sommes dans le Haut-Médoc, pour un Clos du Jaugueyron 2002. Le dernier rouge m'a beaucoup plu: déjà à l'oeil on voit les notes d'évolution, le vin part sur des touches tuilées sur le disque au bord du verre. Au nez c'est complexe, difficilement définissable (= je me rappelle plus). En bouche c'est tout doux, les tanins sont bien fondus, c'est une caresse pour le palais. Au niveau des arômes ça champignonne un peu, on a des notes de sous-bois, et la finale est sur des notes plus tertiaires (épices, tabac comme le dit Thierry, le troisième larron de WCPM). C'est bon, ça tient, ça dure, c'est vraiment un vin de grand plaisir. Un Saint-Estèphe, Cos d'Estournel 1994.

Ranger vos idées reçues, on amène le plateau de fromages avant de passer à la dégustation des blancs. On commence par un vin que j'ai bien aimé, dégageant des arômes d'ananas à plein nez (trop fastoche, c'est du sauvignon); c'est sec, vif, facile, rafraîchissant, testé avec du chèvre et du chèvre avec des herbes, moi j'ai bien aimé. Quand certains ont dit que ça sentait un peu le pipi de chat (j'ai ps trouvé, mais en même temps j'ai pas de chat) ça m'a fait un peu bizarre mais ça n'empêche que j'ai accroché sur ce sauvignon vieilles vignes 2006 du Château la Bertrande. Le second j'ai moins apprécié, c'était un peu rond et gras (plus que le premier en tous cas), moins arômatique (oui je préfère les vins faciles, c'est bon tout le monde le sait), c'était un Pessac-Léognan, Château Pontac (les revoilà ceux-là?)-Montplaisir 2006. A nouveau un grand vin pour clore la dégustation des blancs. Bon avant même d'ouvrir la bouteille on se doutait un peu qu'on aurait un sauternes...Une robe dorée, brillante, concentrée, au nez des arômes de cire, de miel, de coing, de fleur d'oranger, une bouche riche, explosive, dans laquelle les arômes et le sucre sont soutenus par une acidité discrète mais efficace. Un pur bonheur, un pur plaisir, et un accord plus qu'approprié avec la fourme d'Ambert...hummmm...j'en ai repris deux fois du Château Myrat 2001!

Une nouvelle soirée sympa et ludique avec WCPM!

Mets & Vins, 14 rue Saussier Leroy, Paris 17, M° CDG Etoile (1) ou Ternes (2)

Mes Accords Mets Vins, 10 rue Bridaine, Paris 17, M° Rome (2)