Bien difficile de faire le salon le dimanche après-midi le week-end du changement d'heure...les vignerons sont clairement fatigués et du coup pas hyper bavards ni agréables, à partir de 15h c'est vraiment la grande foule, et en plus certains vins sont en rupture de stock!!!! Pourtant je gardais plutôt un bon souvenir de ma visite du lundi matin l'année dernière....

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On commence la visite par un domaine dont j'attendais beaucoup, François Chidaine en Montlouis, un vigneron emblématique de la région, qui est en biodynamie depuis 1999. L'accès au stand n'est pas facile, ce qui accroît encore mes attentes...On commence par deux vins secs, Les Bournais 2007, servi trop chaud, complètement fadasse, puis Les Choisilles 2006, servi plus frais, plus rond et plus arômatique que le premier mais toujours rien d'extraordinaire...Bon on va passer aux demi secs sinon on ne va pas s'en sortir, nous voici donc à goûter un Tuffeaux 2006; bon c'est pas mal, il y a un bel équilibre entre le sucre et l'acidité, mais aucune expression, pour moi un vin qui n'a aucune personnalité. Du coup je me suis arrêtée là car après trois vins si aucun ne me plaît je n'insiste pas! Je ne sais pas si c'est dû aux conditions de dégustation mais grosse déception. Pour la peine pas de photos, na.

On continue sur les blancs avec cette fois une valeur un peu plus sûre (du moins je l'espère), le Domaine Richou du côté d'Angers en Anjou et Côteaux de l'Aubance. Les Violettes 2005 m'avaient pas mal plûes avec un petit chocolat au citron vert de chez Arnaud Lahrer. A noter l'accueil sympathique sur le stand, malgré le monde, je tiens à la souligner car ce n'est pas le cas partout. Cette fois nous allons commencer par les secs, tous en Anjou blanc (chenin): d'abord le Chauvigné 2005, une entrée de gamme très intéressante (5,95€), qui a vieilli sur lies pendant un an, et qui plaît par sa fraîcheur et son acidité. Pourra accompaner un poisson cuit en papillote, des fruits de mer type langoustine ou crabe. Les Rogeries 2006 (terroir volcanique), ont passé environ 18 mois sur lies en barrique, ce qui donne un vin avec une belle robe dorée bien brillante, des notes de fruits blancs au nez, et de pamplemousse bien mûr. En bouche c'est super agréable, c'est rond et gras, mais ça garde de la fraîcheur et de l'acidité, parfait pour des poissons cuisinés en sauce. Enfin un demi sec, Les Grandes Rogeries 2007; c'est donc la parcelle des Rogeries mais le sommet, l'exposition et la maturité des raisins sont donc différents. C'est bon, il y a un bel équilibre entre le sucre et l'acidité, mais j'imagine mal quand et comment boire ça...

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Les Grandes Rogeries 2007, Domaine Richou

Photo0665On passe ensuite aux Coteaux de l'Aubance, en commencant par La Sélection 2007, un assemblage de divers parcelles. Un peu trop lourd et marqué par le sucre à mon goût. Le Pavillon 2007, c'est plus arômatique, bien droit et marqué par une belle trame acide qui dissipe les effets du sucre trop présents dans le vin précédent. On termine par celui que l'on avait goûté avec le chocolat, Les Violettes, mais pas dans le même millésime puisque nous avons ici le 2007: fin, élégant, et aérien. C'est subtil, arômatique, avec des notes de fruits blancs (poire) et d'agrumes, très très bon. Par contre ils ont déjà tout vendu (16,8€), dommage. Je leur prends donc une bouteille des Rogeries (9,6€).

On passe ensuite à des vins rouges et on va droit dans le sud de la France, dans l'appellation Faugères. J'ai fait un petit tour sur vinsurvin ce matin et Fabrice parle du Château des Peyregrandes comme d'un gros coup de coeur. On va donc voir ce que ça donne, sachant que Faugères n'est pas une appelation dont je ne suis pas spécialiste. On commence par le Domaine Benezech Boudal 2006, une entrée de gamme (jeunes Photo0666vignes) à 4,8€ qui me paraît un peu verte, un peu jeune, comme si les raisins (grenache, carignan, syrah, mourvèdre) n'avaient pas été assez mûrs (ou alors la jeunesse des vignes). Le Château des Peyregrandes 2006 a déjà plus de structure et de matière, mais je retrouve le nez un peu de terre humide du premier, c'est très bizarre... Les versions Prestige suivantes sont passées en barriques, le Prestige 2000 est franchement un peu passé, un peu creux, avec une robe marquée par l'évolution. En plus je demande comment ça se fait qu'il leur reste du 1999 et du 2000 et le monsieur explique qu'en 2000 ils ont produit beaucoup, parce que bon le millésime 2000 c'est marquant! Oui mais encore? Même si ça c'est sans doute beaucoup fait cette année là, c'est un peu moyen comme esprit...Le Prestige 2005 a plus de vivacité, avec des tanins encore en pleine forme, mais je n'accroche toujours pas...Et là je devrais arrêter normalement, mais la Cuvée Charlotte 2005 arrive, et comme j'ai une amie qui s'appelle Charlotte je dois absolument goûter: essentiellement composée de syrah, ce vin me plaît bien plus, il est plus arômatique avec des notes de guarrigue, les tanins sont présents mais pas trop, et on retrouve une finale poivrée typique de la syrah, avec une belle longueur. Ouf, j'en prends deux bouteilles (10,6€) et je reste sur une bonne impression! Du coup je n'ai pas testé la cuvée Marie Laurencie que Fabrice encense sur son site. Ce sera pour une prochaine fois.

Photo0667On remonte un peu dans la vallée du Rhône pour aller rendre visite au Domaine de la Milière, découvert lors d'un Tupperwine et regoûté Porte de Versailles. J'avais hésité à acheter des demi bouteilles de Chateauneuf 2005, ce que j'avais regretté donc cette fois je repartirai avec! On commence quand mêmeavec le Côtes du Rhône vieilles vignes 2006, à propos duquel j'ai écrit sur ma feuille "un peu fadasse et trop tannique", je me contenterai donc de ça. On goûte ensuite le Chateauneuf 2005, qui est agréable, arômatique, tannique, bien équilibré et qui laisse présager d'un beau potentiel de vieillissement. Celui-là j'en prends, c'est sûr. Tant qu'à être là on tente le Chateauneuf 2006, qui n'est pas à la hauteur du 2005, peut-être parce qu'il est plus jeune il paraît pour l'instant plus fermé, moins expressif. A noter sur la photo la bouteille de rosé du domaine, qui fait un peu bouteille de parfum (grosse contenance), ça vous plaît comme concept? (moi pas trop).

On redescend dans le sud-ouest pour un petit passage au Château d'Aydie, histoire d'acheter une bouteille de Maydie, le compagnon idéal de vos desserts chocolatés et dont je reparlerai bientôt.

Photo0669Pour finir on descend encore plus bas dans le sud-ouest avec un petit plaisir, les Jurançon moelleux d'un domaine dont la renommée n'est plus à faire: Cauhapé. On commence par Ballet d'octobre 2007, un assemblage de petit et gros manseng vendangé comme son nom l'indique en octobre. Déjà c'est bon, c'est doux, mais on sent peut-être un peu trop le sucre à mon goût, surtout par rapport à ce qui va venir après: Symphonie de Novembre 2005, du petit manseng (cépage que l'on retrouve dans le pacherenc, et dans le gaillac il me semble) uniquement, vendangé donc en novembre. Et là c'est vraiment grand, l'équilibre entre le sucre et l'acidité est très beau, ces notes coing, de miel, de pamplemousse, c'est très agréable. Les idées d'association avec des mets donnent l'eau à la bouche: jarret de veau aux abricots secs, fromage de brebis, aumonière aux pommes et raisins, mmmhhh! Le Noblesse du Temps 2006 (petit manseng vendangé décembre) n'est pas mal non plus, mais mon préféré est clairement le second.

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Conclusion de belles confirmations, une grosse déception, pas de grandes découvertes mais je n'ai pas pris le temps d'en faire, la chaleur et le monde m'en ont un peu dissuadés...