L'Hardi Vin, le caviste de la rue des dames, habitué des Tupperwine, nous accueillait mardi soir pour la quinzième (déjà?) édition des Tupperwine...quel succès! Cette fois-ci c'est le Languedoc, représenté par Alain Chabanon, qui était à l'honneur. Dans l'assemblée quelques têtes connues, l'équipe de Findawine (tout juste de retour d'Angers où Julien et Damien ont reçu le Wine Blog Trophy de meilleur blog professionnel), un internaute/oenophile/photographe, un monsieur responsable d'un guide célèbre, et quelques personnes travaillant dans la finance...

Photo0574 Alain Chabanon n'étant pas issu d'une famille de vigneron il fait partie de ces gens qui font du vin non pas par tradition familiale mais par choix. Après des études à Bordeaux et Montpellier il fait ses armes à divers endroits (Corse) et a notamment la chance de rencontrer Alain Brumont (Montus & Bouscassé en Madiran) auprès duquel il apprendra beaucoup. De retour dans le Languedoc il achète ses quinze premiers hectares de vignes (vignes qui appartenaient à la cave coopératives) sur des sols argilo calcaire et vinifie son premier millésime en 1992. L'encépagement évolue un petit peu avec la diminution des pieds de carignan. Le carignan, objet du premier débat de la soirée, car n'étant pas le fétiche de Mr Chabanon: pour lui même le plus grand des carignans ne rivalise pas avec les meilleurs syrah ou grenache! En 1995 coup de pouce du destin il fait la couverture du magazine Gault&Millau, ce qui lui apporte, si ce n'est la consécration, des clients et des débouchés.

Au second plan sur la photo, accroché à son blackberry :-), Julien Pichoff, P ou DG de Findawine.com, récent lauréat du Wine Blog Trophy à Angers

Homme de convictions il s'engage en certification bio en 2002 et est maintenant sur la voie de la biodynamie; les vendanges sont manuelles , les "traitements" limités à leur strict minimum, les levures indigènes, les rendements maîtrisés. Ces fameux rendements ont été l'occasion d'une discussion intéressante à propos de la rentabilité d'une exploitation viticole: passer d'un rendement de 27 ho/ha à 35 ho/ha permettrait de multiplier les bénéfices par 3 ou 4... 

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Fabrice, monsieur 20/20, inventeur des Tupperwine et élève attentif

On passe à la dégustation, en commençant par ses vins d'entrée de gamme (important les vins d'entrée de gamme, à ne pas zapper, car le vigneron qui fait des vins d'entrée de gamme sérieux a des chances d'être réglo et de porter au moins la même attention à ses cuvées suivantes...):

Photo0572Campredon 2007: syrah-mourvèdre + grenache-carignan, élevé un an en cuve; la robe est bien concentrée, couleur cassis. Au nez c'est une explosion de fruits, ça sent le jus de cassis ou de myrtille à plein nez, c'est gourmand à souhait. En bouche c'est très fin, les tanins sont discrets et maîtrisés, en fait j'ai retrouvé la sensation "jus de fruits" ressentie au nez. Un vrai concentré de fruits, une excellente entrée en matière!



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Le Merle aux Alouettes 2007: eh bien le petit merlot (+carignan) ne m'a pas séduite du tout; un nez discret, marqué par une odeur de réduction (essence comme dirait Titiô). J'ai pas accroché, mais visiblement ce n'était pas le meilleur moment pour le déguster, on a pas pu l'apprécier à sa juste valeur.


Photo0578Les Boissières 2004: un grenache élevé trois ans en cuve; une robe bien moins concentrée que les précédents, très limpide. Le nez est discret mais s'ouvre sur d'agréables notes de pruneaux, de réglisse, de fruits compotés, qui font penser aux vins du Rhône sud. En bouche je l'ai trouvé un peu creux, pas assez excitant, malgré une finale qui vient réhausser le tout.



L'Esprit de Fontcaude 2004: 50/50 syrah-mourvèdre, trois ans d'élevage dont 2 en barriques (barriques achetées d'occasion à des grands châteaux bordelais). On retrouve une robe plus concentrée, bien brillante. Le nez est fin, complexe, marqué par les petits fruits noirs (cassis) et les épices (types herbes séchées). En bouche c'est une agréable montée en puissance: on commence par de la douceur et du fruit et puis les tanins se révèlent peu à peu pour une finale chaude et épicée. Un vin qui parce qu'il m'a fait ressentir toutes ces sensations différentes m'a beaucoup plu!

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L'Esprit de Fontcaude 1998: le même que le précédent mais quelques années plus tard. Un nez discret (à carafer?), peut-être un peu long à se mettre en place en bouche, mais marqué par une belle puissance tannique.

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L'Esprit de Fontcaude 1998. Le monsieur à lunettes dans le verre, c'est le caviste de l'Hardi Vin
 

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Trélans 2005 (blanc sec): un assemblage de vermentino et de chenin élevé 30 mois dont 12 en barriques. J'ai bien accroché sur le nez, frais, agrumes, acide, avec derrière quelques notes de fleurs blanches. En bouche c'est rond, il y a du gras, mais ça manque un peu d'acidité et du coup ça m'a paru un peu creux car je m'attendais à retrouver ce petit côté frais et acide ressenti au nez.

Merci à tous pour cette belle soirée!

L'Hardi Vin, 109 rue des Dames, Paris 17, M° Villiers ou Rome

Les vins d'Alain Chabanon sont disponibles ici.