img_news124C'est le nom d'un salon organisé ce week-end à l'Espace Beaujon, rue du Faubourg Saint-Honoré à Paris. Jean-Pierre Robinot, artiste vigneron, organise le vernissage de son exposition "Du Peint et du Vin" et réuni pour l'occasion douze vignerons "nature". Vous pouvez retrouver leur initiatives sur leur blog. Des vins "nature" c'est quoi d'abord?? Ce sont des vins fait par des vignerons qui respectent leur terroir, leur vigne et leur raisin (traitements raisonnables voire nuls, biodynamie), et qui vinifient et élèvent leurs vins de façon la plus naturelle possible (levures indigènes, pas de souffre, pas de filtrage ni de collage). Attention je ne dis pas qu'ils respectent tous tout ces principes mais ils partagent au moins cette philosophie "nature". Ca donne des vins originaux, atypiques, avec une apparence pas parfaite, un nez qui peut déranger, mais de belles expressions de terroir, de cépages, de millésimes! Des vins qui vivent, qui s'expriment, et qui ne se ressemblent jamais! Je les ai tous rencontrés, gouté tous les vins, pris plein de notes, acheté quelques bouteilles, et je vais donc vous raconter tout ça, dans l'ordre où je les ai dégustés!

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Les vins du Domaine des Griottes

On commence par un petit tour dans le Maine et Loire, à 25 km au sud d'Angers (on doit pas être loin de chez Saurigny...), aux Domaines des Griottes, qui je viens de la découvrir, a un blog; décidément les vignerons et internet c'est une affaire qui roule. La gamme a l'air assez large d'après leur site, mais seuls trois vins nous sont proposés aujourd'hui: un chenin qui m'a marqué par son nez oxydatif, la Griotte (cabernet franc, cabernet sauvingnon), un vin minéral avec une fin de bouche terreuse, et enfin la Petite Gaterie (gamay, grolleau, pineau d'aunis), un vin sur le fruit qui passe tout seul, très bien. 8-15€.

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La Griotte, du domaine des Griottes

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On part ensuite vers le Domaine du Grand Cléré. un stand sans vigneron (François Blanchard) puisqu'il est parti déjeuner...tant pis on fait comme chez nous, il y a un blanc et un rouge, et on se sert. Le blanc est un sauvignon 2006, avec un nez oxydé (au début ça "choque" mais à la fin de l'après-midi on s'est habitué à ce nez caractéristique des vins naturels), et une bouche sur l'ananas; c'est incroyable ce jus d'ananas, avec une pointe d'acidité (agrume) qui vient relever le tout, c'est plutôt pas mal du tout. Le rouge est un cabernet franc 2006, avec un nez de cassis, et une bouche super terreuse. Son site internet c'est ici. 13,5€ chaque me semble t-il.

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On part ensuite dans le 71 , la Saone et Loire, pour aller découvrir le Domaine de l'Ancestra de Cyril Alonso. Un vigneron itinérant qui vinifie à la fois ses parcelles, et d'autres, en naturel bien sûr. On commence par un vin de table blanc, un chardonnay, un vin voilé (prochainement une note explicative parce que moi non plus je sais pas trop ce que ça veut dire...). Bon visiblement je n'ai pas de notes sur celui-ci, tant pis. On passe au Macon Chaintré 2005, un chardonnay plus typique, beurré, toasté, un vin qui a 36 mois d'élevage (24 en cuve, 12 en fûts) mais qui garde une belle acidité et une belle fraîcheur. Plutôt très bien. On enchaîne avec un Pouilly Fuissé, 36 mois d'élevage (24 en fûts, 12 en cuve), c'est plus gras, plus opulent, plus rond, j'aime moins que le précédent.

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Un vin blanc de Cyril Alonso, sans doute le Chaintré

En rouge Cyril n'avait qu'un Fleurie 2006 (gamay sur des sables), une belle robe rubis brillante, en bouche c'est léger, minéral. 10-20€.

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On se décale juste sur la gauche et nous voici avec Fanny Sabre, une jeune viticultrice bourguignonne. Bon, on a dégusté un peu à fond la caisse, et j'ai pas beaucoup discuté avec elle. Résultat j'ai trouvé un peu son histoire sur internet, ici. Bon, et évidemment j'ai pas pris de notes du coup. Mais j'ai des photos!!

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Les vins de Fanny Sabre: en blanc un Beaune 2007, un Meursault 1er Cru Sous la Velle, et un Meursault Aer cru les Charmes. En rouge un Bourgogne, un Savigny les Beaunes, un Aloxe Corton, un Pommard, tout en 2007 sauf le Pommard qui était un 2006 me semble t-il.gsg

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Photo0403On reste dans la même zone géographique mais on se dirige vers Sancerre, chez Sébastien Riffault. Ses cuvées ont des noms bizarres, normal c'est du lituanien (sa femme est lituanienne). On commence par l'Akméniné ("fait de pierre") 2007, on a toujours ce nez oxydatif, en bouche c'est droit, avec un côté lacté en finale. On enchaîne avec l'Auksinis 2006, 20 mois d'élevage, toujours le nez oxydatif, en bouche c'est épicé avec une fin de bouche poivrée. Sympa. On termine par Skeveldra 2006, le même travail que le précédent mais sur un sol silex et avec 18 mois d'élevage. C'est plus gras, plus rond. A noter que les Sancerre de Sébastien Riffault ne sont pas des Sancerre comme ceux "dont on a l'habitude"; ce ne sont pas forcément des vins d'apéro ou de fruits de mer, ce sont plus de vrais vins de repas. 15-18€

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Photo0404Nous avons ensuite rendez-vous avec Elise Brignot, vigneronne depuis le début des années 2000 à Dierre, sur les appelations Montlouis et Touraine. Trois vins nous était proposé hier: Ca va pas Etre Possible 2006, un vin de table 50/50 gamay/chenin. Une robe jaune pâle avec des reflets rouges, plutôt original et agréable comme vin. Oui mais Non 2006 est ensuite un 100% chenin, assez droit, discret. J'ai préféré la version 2005 (année solaire), plus arômatique sur la pomme, la poire, compotés; il était aussi plus rond et plus gras, bien bien.

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On se décale un peu vers la droite et nous voilà en compagnie de Frédéric Rivaton, propriétaire d'un domaine de 12 ha à Latour de France dans les Pyrénées Orientales. Il est en biodynamie depuis 2005, mais en biodynamie freestyle puisqu'il me semble qu'il n'a pas de label ou de certification. Il teste, adapte, et utilise beaucoup de macération de plantes (orties, verveine etc...). Ses vignes ont entre 60 et 100 ans.

On commence par un 100% maccabeu, ce fameux cépage ancien que j'avais découvert à Festi Bacchus (domaine Gayda). Un nez, mais un nez, horrible! Quand je vous parlais de nez qui nez qui peuvent déranger, eh bien celui-là il attaque, bien animal!! Par contre ça disparaît complètement en bouche, et on retrouve là le côté mer, minéral, iodé, typique de ce cépage je pense puisqu'à chaque fois je ressens ces impressions.

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Le maccabeu qui fouette, de chez Frédéric Rivaton

Deuxième blanc, Blanc Bec 2007, un assemblage de carignan blanc, de grenache blanc, de maccabeu et de qqch de gris (à confirmer je me perds dans mes notes...). C'est pamplemousse, au nez comme en bouche, une belle acidité d'agrumes, très bien. Il en a pas à vendre, trop nul!

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Blanc Bec 2007, Frédéric Rivaton

On passe ensuite aux trois vins rouges:

Photo0411Tombé du Ciel, un 100% carignan sur le fruit avec en bouche des notes de fruits noirs, c'est relevé, ça assèche un peu la bouche à la fin mais c'est diablement bon (et pas cher, 7,5€).

Un Côtes du Roussillon Villages vieilles vignes 2005, avec un nez sur le cassis. Le cassis Frédéric dit que c'est un signe d'oxydation (soit ça y va, soit ça en revient, et là ouf ça en revient). C'est 70% carignan, 15/15 syrah grenache, et ça a passé deux ans en cuve.

Gribouille 2006, le même assemblage que le précédent mais sur un sol schisteux. Ca a passé un an en cuve béton et un an en foudre, et c'est super astrigent!

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Tombé du Ciel, Côtes du Roussillon Villages et Gribouille, en bouteille, et dans la verre. Les rouges présentés par Frédéric Rivaton.

Cette dégustation s'est terminées par un jus de carignan 2008, avec plein de dépôt au fond de la bouteille, légèrement acide, super bon et super désaltérant. Dommage que je n'ai pas eu plus de bras sinon j'en aurais acheté plus!

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Domaine du Pech ensuite, par Magali Tissot et Ludovic Bonnelle, en AOC Buzet. Un domaine qui est biodynamie depuis près de cinq ans et qui vous raconte son quotidien ici. En rouge nous sommes sur du merlot, du cabernet franc et du cabernet sauvignon, qui sont assemblés différemment selon les années. Franchement j'ai pas trop accroché sur leurs vins, et c'est pas une question de qualité mais une question de goût. En plus ce sont plutôt des vins à garder un petit peu, des vins de repas, à carafer, donc j'avoue qu'hier j'ai pas été super séduite dont la plupart m'asséchaient la bouche. Mais bon je vais en parler quand même:

Abusé 2004, et 2003: abusé car agrément refusé et "à Buzet". Des vins qui m'ont asséché la bouche, avec des vignes sur des sols argileux.

Badinerie 2004, et 2003: minéraux, asséchants, des vignes sur des sols calcaires

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Les Abusé, et Badinerie 2003, domaine du Pech

On poursuit la dégustation avec un vin assez original, un pur cabernet Sauvignon de 2005 cultivé sur des sols calcaire et qui s'est arrêté de fermenter. La robe est noire et concentrée, c'est plutôt fruité, et en bouche c'est toujours asséchant mais c'est compensé par les 10g de sucres résiduels. Ca donne un vin vraiment sympa et original. Mais c'est 30€ la bouteille...

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Le Pech Badin 2005, 100% cabernet sauvignon du domaine du Pech

On termine par un blanc carafé à la jolie robe dorée. Il s'agit d'un sauvignon, dont le nez est toujours sur l'oxydation, et en bouche une finale incroyable sur le pain grillé!

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On retourne dans la première salle pour aller déguster les vins du Domaine Lous Grezes, un vigneron belge installé du côté d'Uzès dans le Gard. Une dégustation rapide là encore:

Un pur Chardonnay avec un an d'élevage, un nez toujours sur l'oxydation, puis sur le grillé, notes que l'on retrouve en bouche.On enchaîne avec un rouge 2006 tempranillo et carignan, un nez cassis fraise, fruits que l'on retrouve en bouche. C'est sympa mais un peu asséchant. On poursuit avec la version 2007, dans laquelle le tempranillo a été remplacé par du merlot. C'est 100% cassis au nez, et c'est mois asséchant, j'aime mieux.

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Quelques vins du domaine Lous Grezes. A droite le carignan merlot 2007

On enchaîne avec Le Lous, 90% grenache; un petit côté vernis à ongle au nez, un peu asséchant en bouche. Puis Alicia 2005, 80% alicante, 20% grenache, très crayeux en bouche. Le même en 2006, le nez est cassis, en bouche y'a des tanins, de l'acidité, ça assèche.

On termine avec gRandiOSE 2008, un rosé fait à partir de je ne sais plus quoi; c'est pas fini mais c'est déjà sympa et rigolo, une robe grenadine foncée, perlant en bouche, un nez de fraise, et une bouche de bonbon acidulé à la fraise. Très sympa.

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gRandiOSE, du domaine Lous Grezes

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Là clairement mon inexpérience de la dégustation marathon commence à se faire sentir, donc ne vous fiez pas trop à ce que j'écris (comme d'hab en fait...)

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Nous voici en compagnie du maître de cérémonie du week-end, Jean-Pierre Robinot, vigneron artiste qui inaugurait ce week-end son exposition "du peint et du vin". Un vrai personnage ce Jean-Pierre, speed et bavard à la fois, il sort à tour de bras les bouteilles de sa glacière posée sur une chaise à côté de lui; il faut suivre, et demander ce qu'on déguste, parce que ça enchaîne! Le vigneron est installé entre Le Mans et Tours, et cultive principalement du chenin évidemment. Il travaille sans filtration et sans produits chimiques. Pour la dégustation, suivez le chenin! (paye ton jeu de mot).

On commence avec Lumière de Silex 2002 (24 mois d'élevage): le nez est oxydatif (comme d'hab), en bouche c'est droit, acide et doux à la fois, un peu comme du miel d'acacia en fait. Très intéressant.

On enchaîne avec le même en 2005, un Jeane y Ere, avec les mêmes types de sensations et d'arômes.

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On poursuit avec Symphonie 2003, un vin qui a passé 18/20 mois en barriques en barrique de deux vins. Le nez est toasté, la bouche est grillée et beurrée, comme s'il s'agissait d'un chardonnay. Et on retrouve ce côté miel et acidité. Un très joli vin.

Photo0422Symphonie 2004: a "subi" 48 mois d'élevage. Le nez est oxydatif, puis sur les agrumes. En bouche c'est miel, coing, c'est patiné; c'est même un poil perlant, avec toujours une belle trame acide.

Ensuite deux vins dont je n'ai pas de photos: la cuvée Juliette Robinot 2004, des vieilles vignes avec un élevage de 36 mois. C'est plus aérien, moins arômatique et moins acide, avec une fin lactée. Ca me plaît moins.

On passe après à La Pureté de l'Eau, un rosé pétillant naturel fait à partir de pineau d'aunis. C'est framboise, c'est slurp.

On passe ensuite à l'un de mes coups de coeur, le Concerto d'Oniss. Les vignes ont entre 10 et 40 ans et le vin a été élevé 1 an en cuve. Au nez c'est framboise, en milieu de bouche c'est relevé par une touche de poivre, et la fin est grillée. Un vrai voyage que ce vin, il porte bien son nom!

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Le chef d'orchestre JP Robinot nous présente ici son Concerto d'Oniss

On termine la dégustation avec Nocturne, toujours du Pineau d'Aunis mais des vignes d'une centaine d'année, et un vin qui a passé 36 mois en fûts. On a toujours le côté framboise, mais moins de grillé. J'aime moins.

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Nocturne, par Jean-Pierre Robinot

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Dernièr domaine de la journée, pas le moins intéressant et de loin, et le vigneron le plus bavard! Gilles Vergé, du Domaine Gilles et Catherine Vergé, qui fait du Chardonnay à Viré en Bourgogne. Tout en naturel, bio, sans sulfites.

On commence la dégust' avec le Marrons Villages 2004 (ils ont pas eu l'agrément, ils étaient marrons!), c'est frais et vif, légèrement perlant. Ensuite un Viré Clessé 2004: minéral, légèrement perlant à noveau (le gaz protège le vin, dixit le vigneron), quelques notes acides d'agrumes.

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On poursuit avec Mariage Blanc 2006, un blanc plus sur le fruit, moins acide, et avec 6g de sucres résiduels et une finale sur le grillé; j'aime beaucoup.

On passe ensuite à une autre gourmandise l'Ecart 2003; année de la canicule, beaucoup de concentration dans les raisins, avec une récolte à 9 hecto/hectare. En bouche ça donne de la pomme, de la poire, du coing, une finale grillée, c'est long, c'est tendu, c'est bon. Accords suggérés par le vigneron: foie gras poelé, poulet aux morilles, ça donne envie.

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On enchaîne avec le pétillant de la maison, Bulle à Zero 2005. C'est un peu trouble, le nez est foxé, et on retrouve des notes toastées.

On finit cette journée en beauté avec le Cubilingus du domaine. Un chardonnay de 2005 je crois, un "vin d'apéro, de canon"; c'est frais et léger avec toujours ces notes grillées.

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Waouh, une dégustation marathon et certainement mon plus long compte-rendu depuis la création de ce blog. Bientôt je vais faire de la concurrence à Superfred! Merci à C-drick, spécialiste des vins naturels, qui m'avait parlé de ce salon et que j'ai retrouvé là-bas. Bravo à qui il faut pour l'organisation de ce salon, il y avait du monde sans en avoir trop, les vins étaient super intéressants et les vignerons très cools. J'aurai l'occasion de vous reparler de certains de ces vins, mes coups de coeur, puisque j'ai acheté quelques bouteilles (mais pas trop parce qu'à ramener en métro ça explose les bras). J'ai un mini regret: que le thème et la complémentarité art et vin n'aient pas été plus mis à l'honneur ce week-end...