Photo0372Alex, caviste récemment installée dans le 7ème et associée de Fabrice (Lya), nous recevait hier dans sa boutique de la rue Vaneau pour le Tupperwine 13.0. Fabrice, de vinsurvin celui-ci, avait invité pour l'occasion Benoît Tarlant, digne héritier de la lignée Tarlant, famille installée à Oeuilly en Champagne depuis 1687.
Armée de mon carnet d'inspecteur gadget, j'ai pris quelques notes que je vous fait partager ce soir. Plutôt que de faire une verticale classique, Benoît nous a proposé ce soir de suivre le cycle de fabrication d'un champagne, c'est à dire de partir des jus de raisins issus de la vendange 2008 pour finir avec un champagne de 1988. La trame de ce soir est la Cuvée Louis Tarlant, cuvée phare du domaine, composée à 50/50 de pinot noir et de chardonnay. Les vignes, replantées après la seconde guerre mondiale, sont celles du lieu dit Les Crayons, et nous sommes en bas du coteau qui borde la Marne. Chaque année Benoît produit entre 0 et 10 000 bouteilles de la cuvée Louis. Prêt pour le voyage? Go!

Les Baby wines

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On commence donc avec les jus de raisins (pinot noir puis chardonnay, les deux cépages qui composent la fameuse Cuvée Louis) issus des vendanges 2008, raisins qui sont issus d'une première fermentation en fûts de chêne. Le batonnage hivernal est en cours. La robe est claire et un peu trouble, le pinot noir sent la pomme verte et la poire (plus légèrement). Le nez est clairement sur des arômes primaires de fruit, et c'est plutôt agréable. En bouche, wouaille, c'est acide tout du long!!!!! Première fois que je vois autant de gens cracher lors d'un Tupperwine! Pour un info c'est un bébé vin qui titre 10,3° d'alcool.

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Le pinot noir

Le chardonnay est plus discret au nez, et la finale est hyper marquée par l'acidité (comme les bonbon rubans verts acides). Ca fait penser au citron, personnellement ça me rappelle l'acidité de certaines limonades, sauf que là on a pas du tout le côté sucré.

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Photo0373Le teenager wine

Nous sommes ici sur un vin issu des vendanges 2005, qui a été mis en bouteille en avril 2006. C'est avant la MISE que le vigneron décide de l'assemblage et ajoute du sucre (25g/litre) et des levures champenoises au vin. Les bouteilles que nous dégustons ce soir fermentent donc depuis 2 ans et demi, et la pression à l'intérieur est montée à 6 bar. Avant de venir jusqu'à Paris les bouteilles reposaient donc tranquillement à l'horizontal (le contact entre les lies et le vin est ainsi optimal) dans les caves de la famille Tarlant. Avant le dégorgement, les bouteilles passent un petit peu de temps la tête en bas afin que les lies aillent s'accumuler dans la capsule (c'est le remuage je crois). Et là c'est THE MISSION. Le réveil brutal de l'adolescent. Il avait déjà la tête à l'envers, voilà qu'on lui trempe la tête dans un bac de saumure à environ -25°.  L'idée est d'emprisonner les lies dans un glaçon dans la capsule, et d'expulser le tout.
Problème: ce soir nous n'avons pas de bac de saumure. Heureusement, Benoît a une solution; je le laisse vous expliquer le "dégorgement à volée" (je vous conseille de mettre le son à fond et un casque, sinon on entend rien):



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Photo0378QV Discobitch

Nous sommes ici toujours sur le même assemblage (50/50 pinot noir/chardonnay), mais avec des vendanges de 1998 (80%) et des vins de réserve de 1997 et 1996. La cuvée a subi un dégorgement et un dosage léger et est donc prête pour la commercialisation. Le nez est sur le beurre, le toast, le grillé, avec quelques notes de miel selon Dan, dégustateur émérite et chroniqueur de dindonswine. En bouche les bulles sont fines et vives, et la finale nous laisse des notes beurrées/toastées sur les papilles. Quant au nom de la cuvée, Benoît nous explique qu'il avait entendu la chanson sur Radio FG; la suite, il vous la raconte dans cette petite vidéo (idem, son à fond et casque):




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Cuvée Papy, Anti-Alzeihmer
La cuvée Louis nous est ici présentée dans sa version 1988, et seul ce millésime a été utilisé cette année-là (l'info de la soirée: 2008 a été un millésime exceptionnel en Champagne, à bon entendeur...), pas de vins de réserve. Ici forcément la robe vire au doré, ça brille, ça plaît aux femmes. Et là on détecte très facilement le miel au nez, avec toujours ce côté beurré. En bouche il y a moins de bulles que dans le précédent, et c'est long, long, c'est très joli, avec des notes de coing après coup comme me l'a soufflé C-Drick.

Voilà, encore une belle soirée de passer en compagnie de Tupperwiners de plus en plus nombreux et de plus en plus aguerris et "techniques". Fabrice, excellent maître de soirée, a pu nous montrer son talent naturel pour le dégorgement à la volée (par contre je crois qu'il restait une lie dans le verre de Dan...mais bon on le pardonne!). Benoît merci pour cette dégustation pédagogique et ludique, pour ta présence avec nous mardi soir, et pour ton audace. Merci à tous et à la prochaine.

Alex caviste: 40 rue de Vaneau, Paris 7
Lya caviste: rue d'Orsel, Paris 18
Champagne Tarlant:ici