surfeurNon cet homme à la chevelure blonde n'est pas un surfeur, et même si la phrase ci-dessus est de lui il n'a pas attendu que le vent se lève pour surfer sur la vague du bon vin. Benoît Chazallon et son épouse nous ont fait l'honneur de leur présence mardi dernier à la librairie l'Eternel Retour pour un Tupperwine Ardèche, avec les vins de leur domaine, le Château de la Selve. Vous cherchez le domaine? Pas de problème, Benoît vous explique: sud de la vallée du Rhône, la nationale en sortant de l'autoroute, puis la petite route à droite après le viaduc de Trifouillis. Mais si Trifouillis, comme pour aller à Pétaouchnok! Vous voyez? Oui oui Benoît merci, on voit bien... Ca me fait toujours sourire ces vignerons qui vous situent leur domaine comme si on connaissait la région, ses routes, ses lieux-dits; ils font tous ça c'est génial.

Bon passons à la soirée: Benoît nous a présenté son domaine, qu'il a repris en 2002 avec son père. Il travaille sans le dire en biodynamie (et reconnaît qu'il postule à la labellisation bio pour des raisons économiques), et attache une importance particulière aux cycles lunaires, et attention monsieur ne met pas en bouteille n'importe quand. La philosophie du domaine est pure, et simple: intervenir le moins possible dans l'élaboration du vin (de la culture de la vigne à la mise en bouteille), respecter la nature, tout ça afin de laisser le vin libre d'évoluer et de préserver ce que le terroir transmet au vin. Bon je le résume moins bien que lui mais j'espère que vous imaginez. Il est contre les vins Coca, ne veut pas faire des vins homogènes, et souhaitent des vins qui donnent des émotions, positives ou négatives. Au niveau des cépages il travaille beaucoup sur des assemblages et les vins sont vinifiés séparément. D'où le manque de précisions ci-dessous, sans notes et avec autant de subtilités je ne suis pas. Par contre il devrait y avoir des détails ici...

The tasting:

  • Rosé Maguelonne 2007: couleur rose très pâle, nez expressif et fin de fruits rouges frais type fraise/framboise. On retrouve clairement ces arômes en bouche, grande finesse, minéralité, longueur, un rosé très agréable et très bien fait. By the way la minéralité c'est le dada de Benoît: d'après ce qu'il nous a dit les progrès de la chimie font que beaucoup de choses peuvent être artificielles dans le vin: le sucre, les tanins, les arômes etc...et la seule chose que l'homme ne sait pas créer c'est la minéralité. Elle vient du terroir, c'est ce que les racines de la vigne vont chercher dans le sol, oh c'est beau.
  • Viognier, cuvée Saint-Régis 2007: pur viognier, nez typique, fruits secs type abricot sec, compote de pommes, pomme cuite, un peu pêche avancée aussi. Mêmes notions en bouche, finale légèrement acide, minérale, qui vient relever le tout. Impressionnante odeur de raisins secs qui persiste une fois le verre vide, très agréable.
  • Palissaire 2004, le vin de copains, de soif: léger, pas de tanins, jolie couleur, assemblage de cépages. Ca se boit.
  • Beaulieu 2004: bien plus tannique que le précédent, ce vin est passé 5-8 mois en fûts de chêne; ah bah oui les tanins ils viennent du bois que je me dis! Mais non, le vigneron nous explique qu'il faut arrêter de croire que le bois apporte des tanins, les tanins viennent du raisins. Bon OK, et une illusion de perdue. Et voici la seconde: les verres Mikasa qui cassent les molécules eh ben Monsieur Chazallon il est pas pour; pour lui ça casseles molécules, mais ça casse surtout le vin. Et il a déjà fait le test de dégustations dans des verres différents...donc deux illusions de moins. Mais quand même je les aime bien mes verres qui cassent les molécules.

On finit par une mini verticale Serre de Berty (on est remontés au premier millésime du domaine, 2002); un vin élevé en fûts de chêne pendant quinze moins si je me rappelle bien; des fûts de un ou deux vins je crois, en provenance de Bourgogne. Et le seul rouge dégusté ce soir qui contient de la syrah. Et en 2004 Benoît n'a pas eu de syrah; et pas de syrah, pas de Serre de Berty. Sa vigne a tout donné pour résister à la canicule en 2003, et pas eu la force de repartir en 2004.

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  • Serre de Berty 2002: il n'était pas prévu de produire du vin pour cette première année d'exploitation; mais Benoît s'est dit qu'après tout c'était l'année où il pouvait tout tenter; l'été s'est bien passé mais les choses se sont compliquées lorsque la tempête a sévit pendant les vendanges. Benoît, sur son cheval en haut de sa colline s'est alors dit: "j'attends que le vent se lève". Et le vent est venu, a séché les baies, et Benoît a pu récolter son raison, le vinifier, l'élever. 
  • Serre de Berty 2003: la fameuse année de la canicule, l'année à boire maintenant, apparemment tout le monde déstocke ce millésime. Et franchement je suis loin d'être une professionnelle mais on sent que ce vin est en bout de course.

Sans notes impossible de vous donner les cépages de ces vins, me rappelle plus. Difficile également de me rappeler de mes impressions de dégustation sur chaque vin; ce que je peux dire sur les deux précédents (il me semble), c'est qu'il y en avait un super tannique. Les papilles qui se rétractent totalement en fin de bouche, plus aucun arômes, une sensation que je n'apprécie pas du tout. Par contre dans les deux vins arômes de torréfaction, café, pruneaux à l'eau de vie une fois le verre vide, et ça j'aime déjà mieux.

  • Serre de Berty 2005: le vin parfait selon les critères oenologiques communément examinés. C'est le plus "commun" des rouges dégustés ce soir je dirais, le plus droit, le plus équilibré, et je me déçois à dire que c'est le rouge que j'ai préféré; d'habitude je préfère les vins rigolos (originaux). 

Encore un énorme merci à Fabrice qui excelle dans l'art d'organiser les Tupperwine, aux vignerons of course, à l'Eternel Retour pour l'accueil (regarder le décor sur la photo en haut, cette librairie est vraiment très sympa, on se sent vite chez soi, j'adore notamment le canapé Chesterfield qu'on voit sur la première photo, on a envie de fouiner partout pour découvrir un livre sympa) et pour avoir invité des clients à eux, ça brasse les participants et c'est toujours enrichissant. Merci à Arnaud pour les photos, et clin d'oeil à C-Drick, fidèle des Tupperwine, monsieur bons plans, professionel de la dégustation et récent créateur du blog malolaktik