Jeudi c'était dégustation et accords mets & vins chez un caviste un peu restaurateur dans le 17e (rue saussier leroy).

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Nous sommes reçus par Jérémie et Pierre-Benoît, deux des 3 associés de WCPM: WCP ce sont les premières lettres de leurs noms de famille, M je ne sais pas, mais l'autre signification c'est Wine & Cooking ProMotion (ils ont deux boutiques dans le 17e, la première est rue Bridaine). J'ai trouvé un reportage sur eux ici.

Première partie théorique avec une présentation de la région, de l'historique, des appellations, du type de domaines puis focus sur les cépages: grenache et syrah en rouge, roussane, marsanne, clairette et bouboulenc en blanc.

Le blanc on ne s'est pas attardé dessus, mais sur le rouge Pierre Benoît a comparé le grenache à Ringo Star et la Syrah à Paul Mc Cartney pour nous expliquer les différences entre les deux: Ringo le batteur il n'a rien de subtil mais il est là pour mettre l'ambiance dans le groupe, toujours présent mais pas de finesse. A l'image du grenache, qui très sucré apporte beaucoup d'alcool au vin, du corps, et peut constituer la colonne vertébrale d'un vin: il fait du bruit, il donne le rythme, mais tout seul ça tape sur le système et ça manque de complexité. C'est pour cela que ce cépage est rarement utilisé seul et est associé notamment dans les Côtes du Rhône à la Syrah, qui vient apporter un peu de finesse dans ce monde de brutes. La Syrah c'est Paul Mc Cartney, ça vient donner un peu de saveurs et de mélodie à l'ensemble. Ce cépage apporte ses arômes de fruits (framboise), de fleurs (violette), d'épices (poivre). Au niveau empyreumatique (yes! et un mot de recasé!) ce qui est peut être "simplement" du brulé dans le grenache va être du fumé dans la syrah. C'est plus fin et plus relevé que le grenache, c'est pour cela que ces deux cépages sont complémentaires. Pierre Benoît termine son speech par des remarques sur les accords mets&vins assez intéressantes, pour les viandes, les légumes, les fromages, en nous expliquant comment jouer avec les arômes et les textures. 

On passe à la dégustation? Dégustation à l'aveugle, pour nous forcer à exercer nos sens! La dégustation est également agrémentée de cochonailles (mousse de volaille, terrine au piment d'Espelette, saucisson de taureau, jambon cru, chorizo) et de fromages (goudat 18 et 48, tome de brebis, reblochon) pour tester en live les accords mets&vins.

  • Côtes du Rhône rosé Charvin 2006: robe rosé clair, pas très arômatique ni au nez ni en bouche, mais servi frais pour l'apéro en sortant du boulot c'est agréable. Grâce à mon expérience Foire de Paris et puisque personne n'osait vraiment se lancer dans la découverte de l'appelation j'ai tenté Lirac; bon c'était pas ça mais le mec était assez "impressionné" que je sorte ça. Comme quoi la Foire de Paris ça sert pas que à rien.
  • Rasteau

CDR_Charvin_03Côtes du Rhône rouge Charvin 2006:robe rubis, nez sur le fruit, alcool, fruits macérés. En bouche on sent moins cet alcool qui mêlé aux arômes de fruits macérés, de griotte, passe plutôt bien. Tanins discrets et soyeux

Et là PB, spécialiste des comparaisons se lance dans la comparaison entre Laurent Charvin Eric Cantona: un domaine apparemment pas évident à trouver, un vigneron qui ne demande rien à personne, qui veut juste s'occuper de ses vignes et faire son vin dans ses cuves en béton: (avé l'accent): "putain qu'est ce que tu veux? Goûter mon vin? Putain fait chier..." Au moins si vous alelz le voir vous savez à quoi vous en tenir!

  • Lirac 2005

Là je m'échappe quelques secondes regarder les bouteilles présentées dans le magasin. Je vois un Chateauneuf du Pape Domaine de Villeneuve; là je dis "ah c'est Stanislas Wallut", et PB se retourne vers moi et me demande d'un air interloqué: "tu connais?" Eh oui mon gars, le Rhône Sud ça n'a pas de secrets pour moi! Gros lol. Enorme lol même, et merci Laurent de m'avoir fait découvert ce producteur; j'ai pas encore goûté son vin mais j'ai retenu son nom et sa tête, c'est déjà ça. 

  • Chateauneuf du Pape rouge 2003: robe grenat, disque orange foncé, je dirais bien 2003, gagné! Arômes de chocolat et de café selon les animateurs...moi je n'ai rien ressenti d'extraordinaire dans ce vin.
  • Chateuneuf du Pape blanc 1999: robe dorée, ou jaune paille plutôt, on voit que ça a de l'âge; arômes légers de miel et de noix; en bouche je trouve ça décevant, on trop l'alcool et pas assez d'arômes. Je ne l'ai apprécié ni seul, ni avec les fromages! Mais je suis quand même assez contente d'avoir goûté un Chateauneuf blanc parce que ça ne me serait pas venu à l'idée d'en acheter. Maintenant l'idée d'en acheter ne viendra pas mais je sais pourquoi! 

Conclusion: déjà il faudrait vraiment que l'auteur (moi) de cet article le complète parce que là niveau dégustation c'est ni fait ni à faire. Deux, les vins du Rhône Sud ne sont définitivement pas ceux que je préfère. Trois, concept intéressant de WCPM qui pour 45€ vous fait tester six accords mets&vins avec une approche conviviale et pédagogique.